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 Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10

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MessageSujet: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Ven 22 Juil - 18:53
Groupe n° 10 : Vitaly V. Johns, Ruki E. Johns, Benedict Gascoyn-Cecil.

Vous êtes dans la salle de cours d'astronomie, au cinquième étage de Poudlard. Elle n'est pas inondée. Des nuages noirs apparaissent au dessus de vos têtes. Une pluie incessante commence alors à tomber des nuages. Rapidement, vous vous apercevez que ses goûtes brûlent vivement les vêtements et la peau.

Les lieux choisis sont des lieux accessibles par tous, c'est donc à vous de justifier votre présence dans ce lieu. Vous pouvez lancer des sorts, en accord avec votre niveau. Le MJ interviendra dans votre sujet pour faire évoluer votre situation. Cette partie de l'intrigue va être courte, soyez donc rapide dans vos réponses.
Rappel : les baguettes des nés-moldus fonctionnent de nouveau.
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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Dim 24 Juil - 0:25
..


Un malheur n’arrive jamais seul. C’est ce à quoi aurait dû songer le serdaigle, trop occupé à griffonner les dernières notes du cours sur son parchemin. Lui qui était toujours surexcité et bruyant en dehors des cours, il était toujours impressionnant pour les autres de le voir aussi calme et concentré dès qu’un professeur prenait la parole. C’était si inattendu de sa part que c’était un peu comme s’il avait une double personnalité. Ses amis ne manquaient pas de le taquiner là-dessus. Certains élèves qu’il appréciait moins lui avaient même donné le charmant surnom de « Ruki le schyzo », en ricanant qu’à Serdaigle, entre lui et Luna, il n’y avait que des cinglés. Autrefois, lorsque ça lui arrivait, Ruki explosait de rire, et gratifiait ces jeunes gens d’un super punch les envoyant directement chez Mme Pomfresh. Au fil des années, le métisse avait appris à ne plus prêter attention à ce genre de moqueries. Même s’il lui arrivait, de temps en temps, de donner une bonne correction à ceux qui prenaient le risque de le pousser à bout. C’est drôle, ils se faisaient de plus en plus rares. Peut-être parce que ceux à qui il avait brisé des os l’appelaient désormais « Ruki le monstre », et tremblaient en voyant ses sourires radieux. A cette pensée, Ruki ne put s’empêcher de ricaner. Bien-fait-pour-euuux.

Soudain, la cloche de Poudlard se mit à sonner, annonçant la fin des cours de la journée. Le professeur s’interrompit, donna les devoirs pour le prochain cours et quitta la pièce. Un brouhaha enthousiaste s’éleva dans la salle : les élèves étaient heureux d’être enfin libérés, et de pouvoir relâcher la pression. Assis à son pupitre, Ruki s’étira longuement en poussant un petit soupir. Les cours étaient toujours très intenses pour lui, mais c’était en cela qu’ils étaient d’autant plus passionnants. Un de ses camarades de classe vint lui murmurer quelque chose à l’oreille. Le jeune homme éclata de rire. Le Ruki délirant était de retour.
Il sortit de la classe avec quelques amis de sa maison, et le petit groupe prit le chemin du dortoir des serdaigles en riant bruyamment. Ruki adorait cette sensation, juste après les cours, de liberté et de légèreté. Et il était bien loin de se douter qu’il n’allait pas profiter longtemps de ce bonheur fugace.

Une fois dans le dortoir, il posa son sac plein de livres sur son lit et se mit à fouiller énergiquement dans sa commode. Il en tira les quelques fonds du chaudron qui lui restaient de sa dernière descente chez honeydukes –il faudrait qu’il y retourne bientôt, en une semaine il avait presque tout dévoré- et sortit en gambadant du dortoir, du gâteau plein la bouche. Saluant quelques amis au passage, il descendit joyeusement l’escalier jusqu’à l’étage des serpentards pour aller chercher sa victime du jour. Un habitué, malgré lui, de ses caprices bizarres. Le récidiviste !

Il interrogea quelques uns de ses amis vert et argent traînant dans les couloirs, et finit par mettre la main sur le pauvre Benedict, qui revenait innocemment de son cours de potions. Les mains dans les poches de sa robe de sorcier, le pas dansant, le serdaigle chantonna, l’air distrait :

« Beeenediiict. »

Il se planta devant lui, et déclara, avec un regard très sérieux :

« Viens avec moi. Maintenant. »

A ces mots, Ruki prit les livres de Benedict, les mit dans les bras d’un autre vert qui passait par là, en lui demandant d’aller les déposer pour lui au dortoir. Puis, comme toujours, sans même lui laisser le temps de protester –la spécialité du serpentard- il traîna joyeusement Benedict par le bras à travers les couloirs, en s’expliquant :

« Ce soir, on peut voir une constellation qui ne se montre pas souvent, et Elliyöt est déjà occupé avec une nana, donc tu viiiens avec moiii. »

Soudain, il se stoppa net, se retourna vers son ami et ajouta :

« Ca te fera pas de mal, de bosser un peu, pour une fois. C’est bon pour ta p’tite tête de génie. »

Sur ce, il donna deux petits coups sur le front de Benedict, comme s’il frappait à une porte, avec un petit sourire stupide, en penchant légèrement la tête. Puis, il reprit sa course, tenant fermement le bras de sa victime pour qu’elle ne puisse pas s’échapper. Eh oui. Mine de rien, « le monstre » avait de la force.
Il le guida avec entrain jusqu’en salle d’astronomie, et se précipita sur le premier télescope. Il déposa religieusement l’objet au centre de la pièce, et commença à faire les réglages nécessaires. Au ciel, les nuages rosés du crépuscule annonçaient la tombée prochaine de la nuit. Ils ne devraient donc pas attendre très longtemps avant de pouvoir admirer le spectacle stellaire qui les attendait. Soudain, Ruki reconnut une voix qu’il n’appréciait pas vraiment. Il se retourna, en faisant la grimace. Un intrus.

« Vivi, qu’est-c’que tu fous là ? Va t’eeen, baaaka. C’est MON territoire, ici. »

A ces mots, il reprit ses réglages, sans prêter attention aux deux autres derrière lui ; cependant, un détail plus important attira son attention. Dans la lentille du télescope, il aperçut des nuages noirs. Il leva alors ses yeux d’encre vers le ciel. Le ciel s’assombrissait à une vitesse impressionnante. Non seulement c’était fichu pour son petit plan de la soirée, mais surtout, c’était de très mauvaise augure. Un frisson lui parcourut l’échine.
Brusquement, quelques gouttes tombèrent. Ruki se redressa, et leva sa paume vers le ciel. Il ferma un œil. Ca faisait mal.

* Ce n’est pas de l’eau, c'est… de l’acide ? Une pluie d’acide ? *

Les yeux écarquillés, il contempla un instant les cieux noirs ; la pluie devint de plus en plus forte, de plus en plus dense. Protégeant son visage avec ses bras, il s’écria, à l’attention des deux autres :

« Attention, de l’acide ! Dépêchez-vous ! »

Le danger avait fait revenir le Ruki sérieux. Celui-ci s’empressa de sortir sa baguette, et s’écria, levant son bras vers le ciel :

« Protego ! »

Une barrière magique apparut au bout de sa baguette, le protégeant quelques instants de la pluie. Pourvu que cela suffise pour l’instant.
Ruki se mordit les lèvres. Mais pourquoi une pluie d’acide ? Pourquoi maintenant ? Que pouvait-il bien se passer à Poudlard ? Et surtout, que faire ?

« Il faut qu’on sorte d’ici ! » Cria-t-il, se tournant de nouveau vers les deux autres, attendant un signe d’eux.

Le pauvre. Si seulement il savait que c’était le chaos dans le château entier.



Dernière édition par Ruki E. Johns le Lun 25 Juil - 23:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Dim 24 Juil - 18:22
Vitaly regarde les gouttes qui tombent et s'attaquent au bouclier magique d'un air mort, la bouche entr'ouverte et ses yeux vides. Vide. Il a très froid, et il regarde, droit, la pluie d'acide tomber sur eux. Son regard mort va de Ruki à Benedict, il ne sait pas ce qu'il fait là. Il s'est réveillé ici, rien de plus. Il ne sait même plus vraiment ce qu'il a pris pour être aussi lent, mais c'est très agréable. A la fois il veut mourir, et puis, il se sent tellement bien aussi. Tellement posé. Peut-être que c'était juste du shit. Mais très bon, le shit. Il regarde la pluie qui tombe de son air con. Les piaillements de l'asiatique sont très agaçants, et Benedict ne sert à rien, il l'observe, il observe les traits fins, les cheveux blonds qui tombent sur son visage, l'air concentré alors qu'il regarde les gouttes tomber, sa main qui vient empoigner la baguette comme pour se défendre. Se défendre de la pluie, c'est ridicule, une pluie d'acide, peut-être oui. ça a entamé un peu la veste de cuir que Vitaly a passé par dessus son uniforme - elle est rouge et il ne sait pas pourquoi il la porte. C'est la veste que Maria lui a offert pour son dernier anniversaire. Il regarde longuement le petit trou à l'endroit où l'acide est venu ronger, ça s'est arrêté au niveau de la doublure. C'est moche, ça lui donne envie de pleurer, il réagit à retardement et se recule un peu, lentement, de ses pats lents, jusqu'au mur de la salle d'astronomie, il manque de renverser un télescope qu'il rattrape avec une main ferme. Ses réflexes le surprennent lui-même, il laisse échapper un petit rire de surprise, ne portant aucune attention aux deux autres.
Il vient se coller au mur et les regarde finalement. Leurs deux silhouettes. Ruki fait à peu près la même taille que Vitaly - le brésilien est peut-être un peu plus grand. Il observe. C'est à ça qu'ils ont l'air, Vitaly et Benedict, quand ils sont à côté ? Vitaly fait si petit, si frêle que ça ? Benedict donne l'impression qu'il pourrait écraser tous ceux qui porteraient sur lui un regard de mépris et celui de Vitaly est neutre, presque froid, un peu amer, triste. Il ne sait pas ce qu'il fout là, il ignore ce que dit Ruki, ne cherche pas à comprendre les mots qui lui parviennent, alors que ses paumes viennent se coller contre les murs de pierre froide. Elle est petite cette salle, tout de même. Il se défait le cou pour regarder la pluie qui vient brûler le sort du Serdaigle, c'est très beau. ça lui fait penser à des feux d'artifice. Quand il était enfant, Vitaly adorait ça. Il se mettait dans les bras de Maria et il lui disait qu'il trouvait ça magique. Il était petit alors. Quand il le dit encore parfois, maintenant elle rigole et se moque. Ce n'est pas ça la magie, elle lui dit. Vitaly a toujours admiré Maria pour ne pas être jalouse de ce qu'il a. Lui, il sait qu'à sa place, il serait mort de jalousie. Ce n'est pas comme si Vitaly était doué, ce n'est pas comme s'il avait pu lui montrer quoi que ce soit, vu l'interdiction sur les sorts hors de Poudlard. Mais tout de même, il sait qu'il crèverait de jalousie. Maria, elle, elle s'en fout. Elle dit qu'humain (elle n'arrive pas à dire moldu) ou sorcier (il lui dit que les sorciers sont humains mais elle fait la moue), l'important c'est d'être heureux, et qu'elle fera toujours en sorte que Vitaly le deviendra. ça lui arrache toujours un rictus désabusé plein d'amour. Maria ne pourra pas le rendre heureux. Personne ne le peut.

A mesure que la pluie tombe l'acide ronge le sort et quelques gouttes commencent déjà à tomber sur le sol, sur la pierre, sur le tapis au centre, d'un bleu un peu pâli par les années, que Vitaly observe avec attention. Il marche au rallenti, n'est pas conscient de ce que font les deux autres, peu importe, peu importe. Il s'en fout. Vitaly s'en fout. Il vit par instinct et par lenteur, dans une sorte de bulle étrange qui le garde ailleurs et seul. Il observe Benedict mais ne l'entend pas, n'arrive à peine à s'extasier sur sa beauté. Il est ailleurs. Vitaly a retrouvé usage de la magie en même temps que les autres. Il l'a retrouvée sur son lit, sous son oreiller, là où il l'avait laissée, et l'oreiller en lui-même, comme le matelas, avaient été légèrement brûlés. L'odeur était terrible. Mais il avait retrouvé sa baguette, une partie, une extension de lui-même. Vitaly n'avait jamais réussi à se sentir sorcier, pas même quand on le punissait pour l'être malgré son sang, il s'est toujours posé beaucoup de questions sur sa légitimité à se trouver là, à Poudlard, au milieu de ces gens étranges qu'il ne comprend pas. Et pourtant, d'avoir ressenti cette perte, Vitaly a enfin compris. Il a enfin compris réellement que peu importe, il avait besoin de la magie, sorcier ou moldu, peu importe. Comme beaucoup depuis, il use et re use de magie pour rien, pour des petites choses sans intérêt, même pour trier la beuh, y'a des sorts efficaces. Il essaye même de se dire qu'une fois que les cours auront réellement repris (toutes ces histoires sur les symptômes sont quand même flippantes, non ?), il sera bon élève pour essayer d'apprendre à s'en servir réellement, de pouvoir lancer des sorts quotidiennement, de pouvoir se battre.
Vitaly marche d'un pas lent vers le tapis, il observe les gouttes qui tombent une à une, rapidement, de plus en plus nombreuses, sur l'objet en laine et il le regarde se désagréger à une vitesse terrible. Il observe ça de ses grands yeux noirs avec un air halluciné. C'est trop fort. Sortir d'ici ? Mais pourquoi donc. Qu'ils crèvent donc tous ici, tous ensemble. ça serait superbe. Terriblement dramatique. Il lève ses yeux vers son frère. Il le déteste toujours autant, peu importe son état. Il parle d'une voix calme.

« Si c'est de l'acide, suffit de prendre de l'eau de javel. ça fera une super réaction et l'acide ne nous touchera plus. »

Il ignore les regards hallucinés des deux sorciers. Bah oui. C'est connu. Maria fait des études de chimie et Vitaly l'a fait réciter tout l'été. Les sorciers n'utilisent pas d'eau de javel ? Pourtant il doit en avoir Rusard, c'est un cracmol, alors il ne doit pas utiliser de sort pour nettoyer les couloirs. Hum ?

« ça vous dérangerait tant que ça de mourir ici ? ça nous ferait une belle mort », il fait plus pour lui-même que les deux autres, « très dramatique. »

Il préférerait mourir en héros, dans les bras de Voldemort, et il serait pleuré par tous, même par Harry. Il fixe le tapis et finalement se redresse, la baguette dans la main il pense très fort à faire apparaitre un parapluie en or, une fois, deux fois, sans grand succès. Il finit par articuler clairement la formule, et l'objet apparait dans son poing. Il regarde Ruki et son regard halluciné, il lâche plein de mépris.

« Tu devrais faire de même. L'or ne se fait pas ronger par l'acide. »
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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Dim 24 Juil - 20:16

    Benedict a autre chose à foutre que de regarder les étoiles ; ce n’est pas comme s’il ne dormait pas à chaque cours de de Ventus, ce n’est pas comme s’il n’emportait pas sous son blazer un petit oreiller qu’il dépose sous sa nuque lorsqu’il s’agit de se coucher dans l’herbe pour observer les astres à minuit ; la cervelle de Benedict se met résolument en grève après vingt et une heure, et il ne fait jamais. Jamais. Jamais de zèle. Il emmerde Ruki. Il a eu une journée chiante comme la pluie, il a dû subir les conneries terriblement languissantes qu’énonce Slughorn d’une voix monotone, il s’est encore fait vertement reprendre par Mcgonagall qui savoure chacune de ses erreurs et ne peut de toute évidence pas supporter sa petite face de connard pourri gâté, et ses camarades le font chier. Trop atrocement fascinés par les symptômes de ci ou ça – qu’est-ce qu’on en a à branler, qu’ils crèvent ! -, trop hypnotisés par les ragots – machin à baisé truc, la belle affaire -, trop cons, trop cons, trop cons. Tout le monde est putain de con. Ca le saoule. Il veut retrouver sa mère et vomir sur la stupidité de l’univers pendant des heures. Des heures et des heures et des heures de félicitations narcissiques et de brandy ambré, de somnolence au cœur du fauteuil tendu de pourpre lorsque la litanie insultante cesse et s’endort. Ca fait longtemps qu’elle n’a pas envoyé des sucreries et une lettre dégoulinante d’affection adorable – qu’est-ce que tu fous, maman, tu vas pas me dire que t’as trouvé une putain d’hobby. C’est LUI, sa hobby. Si elle se met à le négliger, en plus.

    Il se laisse trainer par Ruki en silence, le visage fermé, il dit simplement qu’il a des devoirs, qu’il l’emmerde, mais, faible, paresseux, agacé, il ne s’écarte pas, il ne le frappe pas, il ne l’insulte pas, il suit d’un pas branlant, de mauvaise grâce, en marmonnant des propos cinglants qui font seulement rire Ruki. Les Johns le font chier à rire de tout. Qu’ils crèvent eux aussi. Il en a ras le bol des connards hilares, ça lui donne la migraine.

    Ils arrivent en haut de la tour en quelques minutes, emportés par le pas surexcité de Ruki qui ne prend son pied qu’en fixant les étoiles. A croire que le télescope diffuse des pornos. Benedict reste en retrait quelques secondes, les mains dans les poches, son grand corps adossé contre le mur, son long visage boudeur et lointain ; sa bouche masculine, ses traits virils, ses yeux adultes s’amollissent et se courbent en une moue juvénile et enfantine, modèlent sur sa jolie figure une grimace de môme au bord du caprice, une mimique de gosse perturbateur. Bientôt vont jaillir de ses lèvres des vomissements d’insultes acariâtres. Il hait les étoiles. IL HAIT LES ÉTOILES. Il ne veut pas voir Ruki. Il veut se claquemurer dans son dortoir et se jeter dans son lit, tirer les rideaux, regarder le noir, regarder le noir et finalement s’endormir. Nourrir ses poissons tranquillement, tout seul, apaisé, et observer leurs bouches rondes claquer au cœur des bulles. Il aime bien ses poissons. Ils ne sont pas chiants, eux, ils le laissent apaisé, ils lui rendent son affection tranquillement, deux secondes sur trois, le temps de faire le tour du bocal de cristal. Putain. Et Vitaly est là ; Ruki s’excite immédiatement, le vire. Benedict tourne le regard vers lui, croise son regard morne, miroir du sien sans doute, il aurait presque envie de fuir avec lui – son humeur est à l’image du jour, du jour de merde qu’ils passent. Il n’a même pas le temps de se dire qu’il baiserait bien Vitaly et sa gueule ennuyée que la situation empire.

    « Attention, de l’acide ! Dépêchez-vous ! »

    Par réflexe, stupide, Benedict lève les yeux et regarde les nuages noirs qui se forment à la vitesse de l’éclair au dessus de leurs têtes ; immédiatement, lorsque l’onde touche la chair, lorsqu’elle ronge le creux d’une de ses pommettes, il ferme les yeux et voûte la nuque. La pluie mange son cuir chevelu à petites gouttes, roule et brûle son crâne, tombe à ses pieds comme des perles de feu. Son blazer résiste quelques secondes, mais bientôt il devine les courants d’air qui caressent sa peau découverte par les trous du tissu, bientôt il grimace sous la démangeaison de l’averse diamantée ; le protego de Ruki ne servira à rien, il le sait avant même d’ouvrir de nouveau les paupières pour voir le bouclier se désagréger. Il réfléchit à toute vitesse, immobile, stable, mort contre son mur, le regard terne et le visage dissimulé. Bizarrement il ne ressent aucune panique. Il est simplement amorphe. Aucun écho ne résonne dans son crâne ou dans sa poitrine, il n’entend pas son cœur, il n’entend pas son souffle, il est las, las avec une telle violence que les mots de Vitaly sont une délivrance.

    « ça vous dérangerait tant que ça de mourir ici ? ça nous ferait une belle mort. Très dramatique. »

    Il tourne la tête vers lui et l’observe alors qu’il fait apparaître un parapluie d’or, après un ou deux échecs. Ruki semble ahuri, ahuri de la débrouillardise de ce petit con sans ressources ; Benedict aussi, il est étonné, mais il s’en fout. Soudain, l’idée de la mort, le piaillement de Ruki qui veut fuir, tout cela remet en marche son instinct de survie endormi, réveille sa vigilance, lui agrippe la gorge et l’étrangle : bien sûr qu’il ne veut pas crever, pas crever, pas crever. Il ne veut pas, il n’a rien fait, il ne fera sans doute jamais rien, mais quand même, il en a rien à branler, putain, il s’aime trop pour claquer sous une averse de merde, il répond d’un ton sec et glacial :

    « Arrête de dire n’importe quoi, petit con, tu mérites pas de crever en héros et je suis trop beau pour clamser. »

    Il rejoint à grandes enjambées le rouge, fait signe à Ruki de le suivre, et s’installe nonchalamment sous le parapluie d’or ; son blazer traîne en lambeaux sur sa chemise trouée. On dirait qu’il a écrasé des dizaines de cigarette sur ses fringues. Sa main s’abat sur le manche du parapluie, au dessus de celle de Vitaly, il baisse les yeux sur le brésilien.

    « Fais nous de la place. »

    Il laisse lui même un espace pour Ruki ; il ne demande pas d’où vient l’astuce de Vitaly. Il ne voudrait pas croire à son intelligence ; Vitaly reste un corps, un corps sans cervelle, un beau corps qu’il désire sans penser, c’est tellement plus agréable. Il baisse les yeux, observe le sol humide, coincé entre les deux Johns – comment en est-il venu à les apprécier de près ou de loin, ces deux imbéciles ? -, il dit machinalement, à voix basse et sans réellement y réfléchir, sans respect et sans intérêt, il pense déjà à ses poissons – et si ça pleut comme ça partout, est-ce que l’acide tombé dans le bocal les tuera ? - :

    « Merci. »

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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Dim 24 Juil - 23:49
Les craintes de Ruki étaient fondées. Malgré son talent en sortilèges, le bouclier magique qu’il avait créé finit par se désagréger lentement au contact de la pluie d’acide. Ruki pesta, et, ne perdant pas un instant, il mit sa capuche et pointa sa robe de sorcier avec sa baguette.

« Impervius ! » Cria-t-il, agacé.

Sa robe de sorcier brilla, et se fit complètement imperméable à l’acide. Bon. Ca lui donnerait quelques secondes de protection en plus pour réfléchir à une solution. Heureusement qu’il avait réagi vite, la pluie n’avait eu le temps que de faire quelques petits trous dans ses vêtements, et de l’égratigner un peu au visage.
Comment se sortir de cette galère, maintenant ? Ruki se mordit les lèvres au sang. Il avait beau réfléchir, il ne voyait pas comment les tirer tous les trois de ce pétrin. Soudain, il entendit son détestable petit frère parler de javel. Le métisse, pour toute réponse, lui lança un regard incrédule. Non mais il était complètement à l’ouest, celui là ? Où est-ce qu’ils allaient trouver de l’eau de javel, dans un moment pareil ? Et puis d’abord, comment ce crétin connaissait les propriétés chimiques de la javel et de l’acide ? Ah, mais bien sûr. Maria. Ruki ferma les yeux, et revisita mentalement la scène : Vitaly qui faisait réviser leur sœur pour ses examens de la fac. Il se disait bien, aussi, qu’il était impossible pour un être aussi bête qu’un troll d’être au courant d’une chose pareille. Il pourrait remercier Maria, ce sale gosse.

Et puis, comme si ça ne lui suffisait pas de déblatérer des inepties, le petit frère servit aux deux autres son humour noir. Enfin, Ruki préférait croire pour lui que c’était de l’humour. Parce que l’idée ne lui semblait pas vraiment attirante. Crever ici, avec lui ? Plutôt subir le baiser du détraqueur ! Comme Benedict s’était occupé de lui clouer le bec, Ruki se contenta de grogner et de lancer au brésilien un « Urusee yo, baaaka. », le regard meurtrier. Il n’avait vraiment pas besoin de ce genre de commentaires maintenant.
Le pire pour lui fut sûrement de voir le troll sous forme humaine dégainer un superbe parapluie d’or, arguant que l’or résistait à l’acide. Le serdaigle écarquilla les yeux, complètement abasourdi. Mais oui. Pourquoi est-ce qu’il n’y avait pas pensé ? Pourquoi est-ce que c’était cet idiot désespérant qui avait trouvé le meilleur moyen de les protéger ? Ruki pesta une nouvelle fois. Franchement, il devraient tous les deux grandement remercier Maria.

Grognant dans son coin de cette défaite contre son idiot de petit frère, lui qui était le plus intelligent de la famille, Ruki se résigna à rejoindre les deux autres sous le parapluie d’or, en traînant des pieds. Sentant des remords, il visa tour à tour de sa baguette les blessures de chacun des deux autres, en marmonnant :

« Episkey. »

Instantanément, les blessures légères de son petit frère et de Benedict disparurent. Ruki ajouta, en détournant le regard, d’un ton sec :

« Réparez vos vêtements vous mêmes. »

Il fallait qu’il garde des forces pour plus tard, il n’allait pas s’amuser à jeter des sorts à tort et à travers alors que le pire les attendait sûrement encore. Silencieux, il bouillait de rage. Il n’arrivait pas à y croire. Battu par son petit frère, sur son propre terrain. Si dieu existait, il ne devait pas beaucoup l’aimer.
Que faire maintenant ? Ils n’allaient pas rester là, à attendre que la pluie s’arrête. Pourtant, il n’y avait pas d’autre solution. Même s’ils arrivaient à s’enfuir, sortir d’ici ne semblait pas non plus une bonne idée. S’il pleuvait de l’acide ici, qui sait ce qu’il se passait dans le reste de l’école ! Cela avait-il un rapport avec la boîte de Madras ? Se vengeait-t-elle d’avoir été jetée dans le lac ? Ruki ne voyait pas d’autre explication. Un frisson le secoua. C’était mauvais, très mauvais. Le serdaigle serra ses poings à en faire éclater ses phalanges. Il détestait cet horrible sentiment d’impuissance.



Dernière édition par Ruki E. Johns le Lun 25 Juil - 23:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Lun 25 Juil - 1:15

« Episkey. »


Vitaly ouvre un peu ses yeux en regardant son frère. Sa main libre, celle qui ne tient pas le parapluie, a glissé entre les doigts de celle de Benedict sans attendre son approbation, sans chercher à le regarder, sans croiser son regard, il a pris ses doigts. Sans y réfléchir. Vitaly ne sait pas s'il est amoureux, il ne se pose pas encore clairement la question, il attend que Maria lui demande, il attend que Constance le taquine, mais. Mais Benedict le perturbe, tout du moins, Benedict le titille. Il regarde sa main, sa peau qui s'était perlé de marque d'acides qui lui avait brûlé la peau – marque à présent disparue. Ruki n'a jamais été vraiment son frère, Ruki n'a jamais été vraiment gentil, Ruki lui a toujours dit qu'il souhaitait sa mort, Ruki l'a toujours rabaissé plus bas que terre pour essayer de mieux marcher sur son cadavre. Pourquoi il le sauve ? Vitaly est naïf. Il croit à la haine, il croit à l'amour, il croit que l'un et l'autre sont parfaitement délimités, par une ligne blanche, et que la ligne est impossible à franchir. Vitaly est con, et il croit que Ruki le déteste, et il croit détester Ruki avec force. Il bat un peu des cils, il garde le parapluie contre lui, c'est lourd un peu, et Benedict est grand, pourquoi ce n'est pas lui qui le porte ? Le gosse doit garder le bras tendu pour que Benedict ne se prenne pas les bords dans l'œil. Mais il pourrait mourir de plaisir. Il l'a remercié, avec mépris, avec froideur, mais le merci qui a passé ses lèvres était bien réel n'est-ce pas ?

Il regarde l'asiatique avec ses yeux sombres, lentement, calmement, il est toujours lent mais semble peu à peu revenir à la réalité, alors que les tableaux autour d'eux ont fui avec des cris perçants, et que les tapis disparaissent, la veste de Benedict est inexistante, lambeau sur ses épaules sublimes, il observe son frère qui a l'air aigri, la bouche pincée, il le déteste d'avoir servi à quelque chose, c'est ça ? Il le déteste d'avoir trouvé une solution, il comprend lentement, ce que Ruki pense. Ça devient évident à mesure qu'il les regarde de ses yeux rageurs. Ah. Il voulait les sauver lui. Il ne comprend pas pourquoi Vitaly peut avoir eu une idée. Mais ce n'est pas la faute de Vitaly, c'est la faute de Maria, pourquoi il le prend mal ? Vitaly, il n'est pas intelligent, il est bête, et il regarde Ruki, et il est désolé, il a envie de lui dire qu'il ne faut pas le prendre comme ça, que bien sûr qu'il est con, bien sûr. Bien sûr qu'il est nul. Que c'est qu'un troll. D'ailleurs c'est presque sa moyenne, Troll. Zéro. Il se sent désolé. Ils ne veulent pas mourir avec lui ? Ce n'est pas ça mourir en héros. Et c'est vrai. Benedict est trop beau pour mourir. Il lève ses yeux vers le blond.

« Moi aussi je suis trop beau, tu ne trouves pas ? »


Il dit ça comme un gosse, ça fait naitre un rictus amusé sur sa face, et puis il observe son frère, il demande naïvement.

« Tu ne viens pas t'abriter ? »


Il croit peut-être avoir trouver une solution. Il croit peut-être que c'est fini. Ce n'est pas vrai. Vitaly fait semblant. Il a toujours fait semblant – semblant d'être bête, semblant d'être heureux. Il ne sait pas. Le mensonge et la réalité se mélangent trop souvent pour ne faire qu'un grand paysage brumeux, un monde où l'on ne peut pas voir plus loin qu'à un mètre devant soi, quelque chose de flou et de froid, où la moindre parole doit être vérifié, où le moindre sourire semble amer. Il n'y a que Maria qui soit vrai – mais il doit arrêter de compter sur elle, de toujours se reposer sur sa soeur, peu importe combien il l'aime. Peu importe si elle l'aime. Vitaly doit apprendre. Il doit apprendre à vivre pour lui-même, un peu, il doit faire l'expérience d'être seul, d'être adulte. Il doit arriver à vivre. Pour et par lui-même. Mais à cet instant plus que tout autre, le brun se sent amoureux. Ce n'est pas le moment. Peut-être qu'il se sent amoureux justement parce que ce n'est pas le moment, parce qu'il ne devrait pas, et son cœur s'emballe dès qu'il se pose sur le visage parfait de Benedict resté silencieux à ses côtés.

Il se tourne vers Benedict, lâchant sa main et tendant le bras au dessus d'eux, il fait un geste sec de sa baguette et pense très fort la formule pour réparer sa veste, abandonnant le frère qui de son côté, boude comme un gosse de ne pas avoir eu le beau rôle – il est pathétique en fait non.
Il éclate de rire imbécilement. La veste a miraculeusement disparu des épaules du serpentard au lieu de réapparaitre comme neuve, il se tord un peu sous l'hilarité passagère et donne un coup avec le parapluie dans la tempe du gosse au passage (sûrement, ou sur le crâne, il ne sait pas), il se jette à moitié sur lui pour s'excuser :

« J'suis trop pas doué ! Excuse ! »


Il l'enlace bêtement et regarde son frère avec une lueur et défi et susurre à l'oreille du blond.

« C'est la faute de Ruki, y'a certaines responsabilités qu'il ne faut pas me laisser. »


Comme si c'était le moment de laver le linge sale.
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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Lun 25 Juil - 12:36
Le nuage rend inaccessible une partie de la pièce. C'est alors qu'une bande de lutins de Cornouailles débarquent par une fenêtre de la pièce. Les petits êtres commencent à essayer de vous sauter dessus pour vous causer toutes sortes d'embêtements comme vous tirer les oreilles ou les cheveux, essayer de planter votre propre baguette dans vos yeux ...

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Ven 29 Juil - 11:07
    Benedict n’a que faire de leurs querelles de famille ; il n’a que faire de leurs coups de génie ponctuels. Il remercie Ruki d’un sourire bref, et forcé, et légèrement hautain, tandis que la douleur brève et pontillante des brûlures reflue face au sortilège. Il aurait sans doute dû y penser. L’idée que les deux Johns fassent tout le travail et soient indirectement à son service le satisfait néanmoins, et contrairement à Ruki, il n’entre pas dans la compétition tête baissée ; qu’il s’amuse. Il agira lorsqu’il y sera obligé. Baguette prête, les yeux posés sur les nuages noirs, il scrute les ténèbres qui emplissent et baignent la face opposée de la pièce ; c’est quoi, d’ailleurs, ce foutoir ? Depuis quand des périls mortels leur foncent dessus dans l’enceinte du château ?! Ils ne sont tous à la même enseigne que le binoclard, maintenant ? Conneries. Encore la faute des nés-moldus, sans doute. Encore la faute des sangs-de-bourbe, plutôt – il faut vraiment qu’il se réhabitue au bon vocabulaire, il se ramollit avec l’inactivité, le pauvre amour ; et d’ailleurs. Il baisse les yeux sur la main de Vitaly qui enlace les siennes, sur ses doigts maigres qui se glissent dans les interstices qui séparent les siens. Il regarde la peau brune sur sa chair pâle et lève le regard, le visage inexpressif, la pupille contemplative. Vitaly n’a vraiment aucune pudeur, ou peut-être aucune fierté ; Benedict rit réellement cette fois – brièvement néanmoins -, et hoche la tête, complaisant et paternaliste.

    « Mais oui, t’es beau, pétasse. »

    Seulement, il faut que l’imbécile fasse du zèle, et sa main s’arrache pour reprendre sa baguette ; d’un coup d’œil interrogateur – il avait déjà abandonné l’idée qu’avait lancée Ruki, il se fiche bien des travaux de couture et n’a pas l’intention de perdre du temps à réparer son blazer poinçonné de gouttes acidifiées -, il suit le mouvement du bras mince, l’arc de la baguette, et ressent soudain une légèreté subtile qui caresse ses épaules et coule sur ses flancs. Ahein. Il hausse les sourcils et regarde ses bras seulement couverts de sa chemise immaculée. Il lève les yeux et regarde Vitaly en soulevant un sourcil – donc, le parapluie d’or, c’était un coup de bol, c’est ça ? Il grimace quand le parapluie lui heurte le crâne et pousse un soupir clairement las, clairement agacé, clairement plus mature lorsque l’idiot implore son pardon avec trois risettes et un petit gloussement, en s’accrochant à son cou comme à une bouée maussade, il lui roucoule à l’oreille. Benedict jette un œil à Ruki – il a vaguement envie de rire de nouveau, ne serait-ce que parce qu’ils sont ridicules à s’insulter mutuellement, à s’engoncer dans leurs conflits ennuyeux alors qu’ils prennent une douche de feu liquide, également parce que Vitaly est une putain de gamine, une gamine qui s’amuse à son cou sous le parapluie d’or, et que la journée va être, ignoblement, intensément, terriblement longue ; peut-être que c’est un rire de désespoir qui lui chatouille la gorge. Il réplique d’un ton neutre, sans s’attendrir sur le bébé rieur qui s’agrippe, ni s’acoquiner avec le métisse qui tire la gueule.

    « Tu vois, Ruki. La prochaine fois, tu empêcheras ton frère de faire des bêtises. C’était quand même une veste doublée de soie. »

    Tant qu’à rester là, il garderait bien la même position. Le parapluie est juste au dessus de sa tête, et il est résolument à l’abri ; et puis, de face, Vitaly fait bouclier et son stupide petit corps maigre et souple bouge avec lui comme une fringue épouse le mouvement. Quand il ne le voit pas, il est tranquille, il ne pense jamais à lui, il n’en parle que pour vomir sur lui et ses semblables des horreurs jouissives, mais lorsqu’il entre dans le cercle de son sacro-saint espace vital, lorsqu’immédiatement il s’éclaire, se colle, ondule comme un hybride juvénile de pute, une chimère efféminée, un môme qui vacille entre le sérieux et le rire avec insouciance, Benedict a dû mal a en décrocher les yeux. Sans doute qu’il a envie de baiser et qu’il aime bien dominer. Il pense à ça, en silence, les yeux dans le vague au dessus de la chevelure de Ruki, il pense à ça sans s’insérer dans leur dialogue sec et glacial, il ne s’éveille que lorsqu’il voit la première lueur azur. L’ombre bleue arrive à toute vitesse. L’ombre bleue n’est pas seule ; face à la fenêtre, il reste bouche bée, abasourdi, et voit s’abattre sur la salle une myriade d’horribles lutins de Cornouailles. Il a un temps de réaction, il n’est pas de ces êtres actifs qui dégainent à la première menace, mais il s’exclame néanmoins, un peu à retardement, plus rapide que les autres tout de même :

    « Putain ! »

    Les créatures foncent sur eux en ricanant follement, leurs ailes de mouches vibrant violemment dans l’air humide, et Benedict baisse la tête lorsque l’un deux fonce, tous doigts dehors, droit sur ses précieuses prunelles ; bordel ! BORDEL ! La pluie ne suffisait donc pas ?! La pluie d’ACIDE ne suffisait donc pas ?! Il pousse Ruki vers le centre du parapluie et vise le plus proche des lutins d’une baguette intraitable.

    « Reducto ! »

    Plusieurs monstres sont projetés en arrière ; certains heurtent le mur et tombent inconscients ; d’autres reviennent au pas de course en gloussant, le sourire jusqu’aux oreilles ; Benedict réitère. Encore. Et encore. Reducto. Reducto. Quelques uns s’écrasent contre les parois. La plupart reviennent ; il tourne la tête une seconde.

    « Suis moi avec le parapluie, Vitaly. »

    Vitaly. Ah putain, il en oublie les insultes ; il détourne le visage et se retrouve face à face avec un lutin qui entreprend de lui arracher les cheveux dans un caquètement de canard schyzophrène ; la horde d’horreurs les encercle presque. Bordel, il connaît la formule, il se rappelle de la formule, Lockhart leur avait inculqués, il se souvient, il se souvient très bien, Lockhart n’avait pas réussi à la faire fonctionner, mais il y a une formule, il se souvient, il se souvient ; il arrache le lutin qui le triture et le jette sur le sol, le visage congestionné de fureur ; il DÉTESTE les bestioles. IL DÉTESTE. Il pointe sa baguette sur un groupe.

    « Stupefix ! »

    Il avance sur l’ennemi, rageur, mais ses sortilèges n’en touchent qu’un ou deux à la fois, les lutins s’écartant immédiatement dans les faisceaux lumineux ; il adopte un rythme effréné qui lui brûle le bras ; il s’agace, sa voix enfle, et il est obligé de décrocher les petits connards de ses manches, de son crâne ou de son pantalon lorsqu’ils trompent sa vigilance et s’agrippent à lui – peut-être à eux, derrière, il ne fait pas attention.

    « Reducto ! Impedimenta ! Stupefix ! REDUCTO ! »

    C’est quoi, cette foutue formule, c’est quoi ? C’est quoi, cette formule ? C’est quoi ? Fait CHIER. Il connaît cette formule. Il était là, il se foutait de la gueule de ce bellâtre gominé, lui et draco crachaient sans arrêt des insultes, il connaît, il connaît. Il connaît !

    « Stupefix ! »

    Il connaît ! Il connaît ! OUI ! Putain ! Avec un rire de triomphe dans la voix, il gueule une nouvelle fois :

    « Mutinlutin Malinpesti ! »

    Il pousse un soupir de soulagement, un sourire victorieux accroché à la figure, lorsque les lutins s’immobilisent soudain et planent doucement dans l’air, inoffensifs et englués ; il les regarde descendre lentement vers le s…
    Une seconde ; et ils se remettent immédiatement en mouvement dans un grand ricanement sadique, et attaquent de plus belle. De toute évidence, il a raté son sort.

    PUTAIN !

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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Sam 30 Juil - 1:47
A la vue des yeux adorateurs de son petit frère, battant des cils, Ruki eût un haut le cœur. Non mais qu’est-ce que c’était que ce mode groupie tendance pouffiasse ? Ce regard dégoulinant d’amour, et la dose astronomique de phéromones qui s’échappait du corps de Vitaly ? Non ! STOP ! On arrête le massacre ! Tout de suite ! Ruki ne comptait pas du tout voir ces deux là flirter devant lui. En tous cas, il n’avait vraiment pas envie de voir ça. Un frisson le secoua. Rien que d’y penser, ça le dégoûtait. Mais il y avait ses mots aussi. Ses mots dignes d’une adolescente à peine pubère de l’équipe des pom-pom girls devant le bellâtre du lycée. Mieux : il ne lui manquait que la robe rose bonbon à froufrous, et on aurait dit une parfaite petite idol japonaise en pleine action. Ruki tira la langue, écœuré, tout son visage se contorsionnant. Et Benedict qui rentrait dans son jeu. Non, franchement, c’était trop, là. Il préférait encore la pluie d’acide à ce spectacle mièvre et insupportable. Et comme si ça ne suffisait pas, Vitaly lui demanda, à ce moment crucial où son dégoût avait atteint sa limite, s’il ne venait pas s’habriter. Le frère aîné lança à son cadet un long regard dubitatif. Non mais ça ne va pas dans ta tête, Vivi ? Tu vis dans un monde rose Barbie, rempli d’arcs-en-ciel et de petits poneys, ou quoi ? Non seulement tu me forces à assister à ce spectacle plus que répugnant, mais en plus tu veux que je t’apporte des cupcakes roses et blancs et vous serve le thé, à toi et à ton prince charmant (un peu trop vulgaire et ténébreux pour un héros de conte) ? Non mais tu m’as pris pour qui, Princesse Vivi, le lapin blanc d’Alice ? T’es sûr que tu n’as pas un peu abusé des pétards que tu n’achètes sûrement pas chez Zonko ? Qu’est-ce que tu veux de moi, en fait ? Que je vous marie sous le parapluie, ou que je me suicide ? Les deux, c’est ça ? J’le savais. Saleté.

Perdu dans ses pensées, il fut rapidement rappelé à la réalité par son petit frère et son nouveau coup de génie. Ruki baissa ses yeux écarquillés sur la chemise de Benedict, ébahi, et les releva lentement vers son crétin de petit frère. Ruki savait que Vitaly était un cas, un pas doué, un boulet, mais à ce point là… Dire qu’il avait encore une toute toute toute petite once d’estime pour lui. Levant les yeux au ciel, le serdaigle préféra ne faire aucun commentaire. Il se contenta de pousser seulement un long soupir exaspéré. Mais il n’était pas au bout de ses peines. Voilà que le gaffeur en question en profitait pour se moquer de lui. Ruki se tourna vers l’intéressé, et le gratifia d’un grand sourire stupide. Le sourire qu’il affichait lorsqu’il avait une envie mortelle de frapper quelqu’un. Je t’ai dit de réparer tes vêtements, crétin, pas de nous faire une démonstration de ton intarissable bêtise ! Et Benedict qui s’y mettait aussi. Non mais qu’est-ce que j’en ai à faire de tes fringues, Ken ? Demande à Barbie de te filer les siennes, tiens ! Non mais c’est bon, quoi, allez-y, achevez moi, si c’est ce que vous voulez. Je mourrai en héros pour vous avoir supportés tous les deux jusqu’au trépas. Et dire que c’était lui, le plus chiant, d’habitude. Abusé, quoi ! Une fois de plus, le serdaigle ne répondit pas, et se contenta de détourner le regard, ruminant intérieurement. Bande d’abrutis. Comme si on avait besoin de ça maintenant.

Et comme pour punir le pauvre serdaigle de son monologue de complainte intérieur, la situation, déjà critique, ne fit qu’empirer. Attiré par des cris suraigus lui transperçant les tympans, Ruki se tourna vers la fenêtre, d’où il vit émerger, abasourdi, une horde de lutins bleus. Oh non. Pas ça. Pas maintenant. Comme si la pluie d’acide ne suffisait pas, voilà qu’on leur envoyait l’espèce la plus insupportable de créatures magiques de toute la création. Pas les lutins des Cornouailles ! Le métisse pesta dans sa langue maternelle. Super ! Quel joyeux souvenir de sa jeunesse, et de ce boulet de Lockhart ! Mais le jeune homme eût-il à peine le temps de cligner des yeux que les vilaines petites bestioles se ruaient déjà sur eux, leur tirant les cheveux, leur pinçant le visage, hurlant à en faire exploser les vitres avec leurs petites voix perçantes. Par réflexe, Ruki posa ses mains sur ses oreilles, pour se protéger de ce son insupportable. C’est là que Benedict, prenant les choses en main, le poussa subitement sous le parapluie. Le voyant étourdi par le bruit et le geste brusque de son ami, un lutin en profita pour venir lui arracher sa baguette des mains. Le métisse, pris au dépourvu, se mit à hurler des insultes en japonais sur la bestiole, tandis que Benedict s’échinait à se battre seul contre tous, tel un cowboy solitaire. Prenant à mains nues ceux qui s’approchaient un peu trop de lui et de son petit frère (enfin, pas parce qu’il le protégeait en bon grand frère, mais parce que Vitaly tenait le parapluie, voyons !) il jette de temps en temps un coup d’œil vers Benedict pour voir s’il s’en sort. Mais celui-ci se démène, s’énerve et s’acharne en vain : même en enchaînant les formules, il ne parvient pas à trouver le sort qui convient pour neutraliser les bestioles. Ruki s’étonna de l’entendre utiliser le sortilège de Lockhart. C’était un sort extrêmement difficile, pas étonnant que même lui n’y arrive pas. Ruki se mit à son tour à fouiller dans sa mémoire. De quel sortilège avait-il parlé avec la petite Granger, au sujet de ces lutins, justement ? Celui qu’elle lui avait dit avoir utilisé pour s’en débarrasser ? Ah, si seulement il avait une pensine ! Et surtout, sa baguette ! Brusquement, sûrement motivé par les cris de plus en plus insupportables des lutins qui commençaient à sérieusement lui taper sur les nerfs, il se souvint ; tremblant, mû par l’excitation, il arracha sa baguette à Benedict, et s’écria, en pointant la masse de lutins avec :

« Immobulus ! »

Les lutins s’immobilisèrent instantanément, et cessèrent leur insupportable vacarme. L’acide se chargerait probablement de faire le reste… Le serdaigle poussa un long soupir de soulagement, et lança, l’air plus apaisé :

« Accio baguette ! »

A ces mots, sa chère baguette qu’un des lutins lui avait ravie revint entre ses mains ; balbutiant des excuses, un sourire gêné aux lèvres, il rendit sa baguette à Benedict, et retourna sous le parapluie, en massant ses paupières. Ouf ! Un problème de moins. Dès qu’il sortirait d’ici et que toute cette galère prendrait fin, il irait faire un gros câlin à Granger pour le tuyau. Heureusement qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de raconter ses exploits !

« Bon… Qu’est-ce que vous croyez qu’on va nous envoyer, maintenant ? Un basilic ? » Ne put s’empêcher de lancer le métisse, d’un ton railleur.

Son propre humour noir ne le faisait même pas rire. En plus, il vouait une haine sans limites aux serpents. En tous cas, si ça continuait ainsi, la suite des évènements ne s’annonçait vraiment pas réjouissante. Comme il avait envie de se tirer d’ici, d’aller prendre un bon dîner et d’aller directement se coucher. Enfin, ce n’était sûrement pas prêt d’arriver…

Ps : Merci de m’avoir laissé le sort, Ô Lord BGC xD
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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Sam 20 Aoû - 15:48
Soudain, les créatures fuient. L'eau redescend. Les événements étranges se dissipent. Le château, dévasté par cette terrifiante période de chaos, est méconnaissable. Mais, par miracle, il n'y a eut aucun mort, seulement des blessés et une expérience marquante pour les esprits. L'horreur et la Malédiction de la Boîte de Madras sont terminées.
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MessageSujet: Re: Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10   Aujourd'hui à 5:22
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Intrigue ▬ Chapitre 6 P2. Groupe n°10

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