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 [Intrigue] Just feelin' madly powerful. What about you ? (Constance)

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MessageSujet: [Intrigue] Just feelin' madly powerful. What about you ? (Constance)   Mer 6 Juil - 20:01

    La démarche arrogante, il se rendait à la Grande Salle, hâtif d’imposer sa présence à l’orgueilleuse table des Gryffondor. Dans les couloirs, il lançait des regards grandiloquents, bousculait, haussait le ton. Lorsqu’on ne le regardait pas, il interpellait, d’une voix goguenarde, éternellement affairé à capter l’attention de ceux qui le croisaient. Certains le toisaient dédaigneusement, d’autres l’ignoraient royalement, certains tendaient étrangement la main vers lui, quelques-uns cachaient leurs yeux de peur, il y en avaient même qui lui répondaient encore plus fort, agressifs. Aloysius Breckenridge, aveugle et gourmand, se régalait de tous ces sentiments mélangés à son égard. Il riait de leur haine, se réjouissait de leur crainte ; il n’appréhendait que leur condescendance injustifiée.

    Il était assez tard, il revenait de la salle commune, il pleuvait. Surpris par quelque rafale de pluie écrasée sur la vitre du couloir, Aloysius freina sa course effrénée, posa son regard injecté de sang sur l’averse d’automne, et enfin apaisé, il sentit le démon palpiter en lui.
    Il n’était pas dans son état normal. Il le savait. Mais il ne contrôlait rien.
    Poudlard. La Cage. La névrose. Tous ces regards inhabituels. La magie détraquée.
    Il contempla ses mains, hagard. Elles étaient crispées, suintantes, tremblantes. Il serra les poings, fronça les sourcil, se passa la main dans les cheveux, frôla la pierre rude du château ; un cri, une larme ; il sentit sa conscience dériver à nouveau.
    Il sourit au ciel gris, triomphant, et tourna la tête. Il se sentait puissant. Enfin.

    Il gifla un première année de passage, juste pour le geste, cracha sur une armure, jeta l’un de ses livres au sol et reprit sa marche. On lui frôla l’épaule ; il tira sa baguette et, d’un grand geste dédaigneux, fit violemment tomber une Serdaigle aux mèches blondes d’un Flipendo agressif. Il rit, furieusement satisfait, rengaina le bâton, poussa sauvagement un sixième année qui se mit à crier comme un môme, atteignit enfin les escaliers, prit le chemin du deuxième étage en quête d’un détour bienvenu à imposer plus longuement sa violence aux passants du château. Il dut attendre que les rangées de marches coulissantes menassent à cette destination et, courroucé, Aloysius renversa d’un nouveau sortilège de Repoustout un tableau bavard. Personne ne le reprenait pour ses gestes. Personne ne faisait attention à lui. Il descendit l’escalier d’une traite, triomphant, et posa les pieds sur le long tapis du couloir du deuxième étage.

    Et il s’adoucit brutalement, une fois encore, comme exhumé d’un sommeil cauchemardesque. Il se rappelait vaguement ce qu’il venait de faire et, rasséréné, marcha encore, plus lentement, en crainte du retour de cette chimère implacable. Il guettait les portes, il surveillait les murs, écœuré par un relent de dégoût envers lui-même. Il avait peur. Il se sentait fragile, influençable, vacillant. A tout moment, sa folie pouvait lui attirer les pires ennuis. A tout moment, ses gestes pouvaient surprendre, ses sortilèges pouvaient blesser. Où allait-il, déjà ? Il avait faim. Etait-ce l’heure du dîner ? Il ne savait même plus. Il observa sa robe de sorcier ; elle était propre. Il jeta un œil à son sac ; il était vide. Il s’assit sur un rebord de mur. Qu’est-ce que tout cela signifiait ? S’il se rendait à la Grande Salle, pourquoi être passé par le deuxième étage ? S’il revenait des cours, pourquoi n’avait-il aucun livre ? Toutes ces questions absurdes le tourmentaient. Il n’était plus lui-même. Il eut une brusque réminiscence de la fenêtre inondée de pluie du troisième étage ; il se sentait sale. Il ne s’était jamais senti aussi mal, en fait. Sa tête lui tournait. Il avait la sensation qu’on le menait à la baguette. Pourquoi ? Comment ? Qui ?
    Il se releva, la démarche hésitante, il avança, fixant bêtement le plafond ouvragé, sans raison.
    Il heurta quelqu’un. Surpris, il l’observa : Constance Morel, la Poufsouffle aux yeux sincères.
    Il lui avait refusé des excuses. Il lui avait refusé son attention. Allait-il parvenir à lui épargner sa folie ? Il ne savait plus. Il ne contrôlait plus rien.

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Constance Morel
Nombre de chapitres écrits : 834
Sang : Songeuse.
© avatar, icon, signature : Lush (avatar), Tumblr (signature) ;, Of Monster And Men (lyrics).
Date d'inscription : 28/06/2009
Chocogrenouilles : 0
MessageSujet: Re: [Intrigue] Just feelin' madly powerful. What about you ? (Constance)   Sam 9 Juil - 3:32

Looking through distorted eyes
Beautiful disaster
Adding up a million lies
So much for “ever after”
Building up your wall
Everything you wanted
Fit the pieces into holes we used to crowd away
Giving in or leaving this now
Now we have what we have become
All the tears


    Le sentiment d'apaisement n'était jamais apparu.
    Après la libération des élèves de la Cage, Constance pensait que la joie de revoir ses amis se transformerait en une délicate quiétude, qu'elle se ferait, finalement, au despotisme des Carrow. La colère et la frustration la tenaillaient sans qu'elle puisse correctement y faire face. Qu'étaient les regards de joie d'Emily et de Seth si elle était incapable de ressentir ce qu'ils avaient vécu, qu'elle empeste d'une compassion révoltante, accompagnée d'une colère absolue ? Que signifiait les mots gentils que Vitaly lui murmurait à l'oreille si elle ne leur apportait aucune réponse ? Elle aurait dû être avec eux, souffrir en leur compagnie. Tandis que Héroïne aspirait à manger le plus délicieux des cookies, au sein de ce cachot miteux, entassée avec des dizaines d'autres, Constance avait eu la prétention de faire une virée en balai, dans le stade de Quidditch. Tandis que les plus véreux des membres de la Brigade dégustaient scandaleusement un bridge moldu, s'amusant avec de la monnaie sorcière, Constance s'occupait avec ses devoirs, la tension à son comble.

    Plus que de voir ses amis, Constance avait espéré les voir retrouver leur légitimité d'élève, malgré les séquelles inévitables qu'engageraient un tel évènement. La nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre : les nés-moldus étaient incapables d'utiliser leur baguette. D'abord envahie par un profond sentiment d'incrédulité, Constance avait finalement réalisé l'ampleur du sabotage. Cela dépassait depuis trop longtemps maintenant leur condition d'élèves car Voldemort, par l'intermédiaire des Carrow, s'attaquait aux plus vulnérables et les privait de la seule défense dont ils disposaient. Si elle avait passé des nuits à pleurer ses amis pendant leur enfermement, Constance comprenait ici ce que signifiait de véritables nuits d'insomnie. Incapable de se lamenter pour une cause précise sinon le chaos dans lequel plongeait Poudlard, Constance était condamnée à broyer du noir. Son sentiment de lassitude se développait peu à peu, insidieuse gangrène qui l'étouffait. Le pernicieux émoi des élèves causé par les symptômes de la mystérieuse boîte qui étaient sur toutes les bouches flattait le découragement qui envahissait Constance.

    Le matin même, elle avait utilisé une chouette du château pour envoyer une lettre à ses parents où elle leur demandait des nouvelles de Célestine. Il était rigoureusement interdit de faire référence à la tyrannie des Carrow – il fallait faire comme si tout allait au mieux. Pendant le petit-déjeuner, une conversation sur la duplicité de certains Serpentard avait éclaté à la table des Poufsouffle. À basse voix, les plus indifférents face à la discrétion générale clament leur dégoût, d'autres se font plus discrets. Morne, Constance triture le blason noir et jaune de sa maison sans abonder dans un sens ou dans l'autre, incapable de se lancer dans un débat inutilement manichéen – épuisant. L'odeur de l'abondance des plats, celle qui remonte de manière si agréable dans ses narines, d'habitude, lui donne envie de vomir. Le luxe n'était pas de mise. Constance sait cependant que ce n'est pas de l'avis de Seth, qui doit exulter de telles victuailles après tant de jours passés à compter les dalles d'un sol sale, affamé et abattu.

    Rajustant le col de son uniforme défraîchi par les récents évènements, Constance laissa son regard divaguer sur un groupe de premières années qui s'éparpilla dans une joyeuse cacophonie qui calma sa brûlante réflexion.

    Contre sa poitrine, les mains tremblantes, Constance observa le baldaquin noir et jaunâtre qui entourait son lit. Une pluie légère répercutait sa cadence le long de la fenêtre des dortoirs des septièmes années. Il ne lui sembla jamais avoir vu l'horreur du monde avec une telle concision. Le froid extérieur semblait digne d'une terre nordique, celle des « esquimaux » comme aimait l'appeler sa mère. Avec un soupir qui se bloqua le long de sa gorge, Constance se calfeutra lentement sous ses couvertures. Ses yeux se fermèrent : elle s'endormit rapidement et la fatigue prima sur les méandres morbides de son esprit. Elle se leva après ce qu'il lui semblait quelques minutes plus tard : elle eut un sursaut en observant sa montre, voyant que la soirée était déjà entamée. Oubliée, la carafe d'eau déposée sur la console près de son lit, l'eau se répandit sur ses vêtements. Un long moment de réflexion sur le sort qu'elle accorderait au fond restant de la carafe acheva de la réveiller.

    Constance traversa la Salle commune des Poufsouffle et décida d'aller rendre des livres qu'elle avait gardé de sa sixième année qui lui étaient désormais inutiles. Le sac sur son épaule semblait tanguer bien trop fort – ses maux n'étaient, après tout, que de mauvais conseillers. Les courants d'air automnaux la faisaient frissonner. Resserrant le châle aux couleurs de sa maison contre son cou, Constance accéléra le pas – il était probable que la bibliothèque soit fermée. Elle réalisa avec stupeur que certains escaliers étaient inemployables : elle se résolut à faire un détour en passant par le deuxième étage, silencieux, semblant désert.

    Elle passa sa langue sur le bout de ses lèvres, anxieuse. Le sac semblait peser des tonnes et, telle une née-moldue, Constance était persuadée de s'exposer à des représailles si elle pratiquait la magie. Il lui suffirait, pourtant, d'un simple enchantement allégeant le sac .. Elle réalisa soudain avec violence combien Seth lui manquait, combien leurs échanges plein de complicité du mois de septembre semblaient désormais lointains .. Mais Constance devait s'y résoudre, considérer que Seth Bradsburry n'était plus réellement l'adolescent qu'elle avait connu. En ces quelques jours, il avait vécu des choses donc elle avait à peine conscience. Peut-être que leur amitié, ainsi, se troublerait, peut-être qu'elle n'accepterait plus de le fréquenter, presque par caprice .. Ça n'avait aucun sens : elle irait voir Emily, Emily, la rassurante Emily qui lui remettrait les idées en place. Et tout irait bien, avec Seth, avec Vitaly, avec Aiden, avec Héroïne. Elle tenterait de les rassurer comme à son habitude, et ..

    Le bruit mat que fit son sac en tombant en sol releva son rythme cardiaque, plus que la collision avec un individu qu'elle identifia comme un Gryffondor. Il lui semblait qu'elle le connaissait ..
    « Salut, Aloysius .. Pardon. Tu sais, je ne regardais pas devant moi .. » Le ton était morne et lent – elle réalisait qu'elle avait du mal à regarder l'adolescent dans les yeux. Elle n'avait jamais réellement réussi à comprendre la mystérieuse colère qui l'avait envahi, un jour qu'elle passait près de lui .. Avaient-ils cependant le temps de se rappeler de cette époque insouciante ? Ce n'était assurément pas le moment pour utiliser la ruse des conversations existentielles. Et rien ne lui disait qu'Aloysius, qu'elle connaissait si peu, ne pouvait pas être dangereux en les temps qui courraient.


We never thought we’d see the day when
The trappings of your life would seem to disappear
Going through the vacancy you leave behind
Not what you have promised,
Not what you believed


Spoiler:
 




    Don't listen to a word I say.– Hey !– The screams all sound the same.– You're gone, gone, gone away,I watched you disappear.All that's left is a ghost of you.– Now we're torn, torn, torn apart, there's nothing we can do,Just let me go, we'll meet again soon.– Now wait, wait, wait for me, please hang around– I'll see you when I fall asleep. ✖


L'ABSENTE.
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