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 And you break apart the things I had.

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Constance Morel
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MessageSujet: And you break apart the things I had.   Mar 10 Mai - 3:08
{ Ce topic se déroule dans l'après-midi de la deuxième journée de l'Intrigue de Poudlard }

C'est là, à ce moment là que le tableau se décroche.
Moi, cette histoire de tableaux, ça m'a toujours fait une drôle d'impression. Ils restent accrochés pendant des années et tout à coup, sans que rien se soit passé, j'ai bien dit rien, vlam, ils tombent.



    Constance fut incapable de se rappeler combien de temps elle n'a pu s'endormir normalement.Ce n'était pas même Emily, Seth ou Vitaly.Elle ne pouvait se permettre un caprice d'un tel égoïsme. La nouvelle s'était propagée dans la matinée, confirmée personnellement par les Carrow à l'adresse de leur Brigade qui s'était chargée de la transmettre dans les rangs des élèves. Un important groupe des quatre maisons avait bel et bien été enfermé en représailles à une tentative de rébellion.Qu'était-il censé arriver à ceux en retrait, qui, comme elle, n'avaient pu être présents au bon moment ? Devront-ils payer les frais de leur neutralité ? Qu'arriverait-il aux enseignants, aux préfets et au personnel ? Finiront t-ils froidement assassinés par des mangemorts dont la stupidité n'a d'égal que leur cruauté ? Le Trio d'Or arrivera t-il à temps pour protéger leur école de l'assaut de Lord Voldemort ?Enfermés.Rester allongée dans son lit à baldaquin dont la douce chaleur se propageait dans son corps parut soudain insupportable : le soupir désespéré qu'elle lança en se levant fit écho dans le silence de son dortoir. Il lui sembla soudain sentir son vêtement comme trop serré ; elle fit les frais du trop long tour qu'elle avait fait dans le parc la veille en sentant son nez bouché. Constance se trouva laide. Le désarroi dans lequel elle se trouvait s'était mu en un mépris sans borne pour son entrain, ses manières bourrues et son sourire presque forcé. Et, après ? Allait-elle donc joyeusement poursuivre son introspection alors que ses amis étaient probablement transis de froid et morts de faim ? Pendant combien de temps pourrait-elle poursuivre son soliloque intérieur sans remords ? Appréciait-elle ses dénigrements avec la même amertume lorsqu'elle pensait aux Bradsburry ou au sourire figé sur le visage de Vitaly ? Elle eut chaud, puis froid.Constance leva ses bras pour placer ses mains en face de ses yeux. Où était-il, ce sang invisible, cette trace d'un désespoir imbécile ? Où étaient-elles, ces traces de boue immondes entre ses ongles ? Qu'avait-elle lancé de sa baguette, jusqu'alors ? Juste de quoi amuser ses camarades, faire pouffer ses enseignants, juste de quoi écoper des heures de retenue dont elle était incapable de se satisfaire. Comment appréciait-elle le mépris qu'elle distinguait désormais dans le regard de Noah ?Et sans raison aucune, des larmes perlèrent lentement dans le coin de ses yeux. L'adolescente se redressa, le souffle court et les joues rouges. Ils iraient bien. L'enjeu était plus important. Il ne s'agissait pas de s'inquiéter de son confort ou de cultiver sa stupide aisance. Ils reviendraient, tout rentrerait dans l'ordre. Elle pourrait de nouveau se moquer gentiment d'Oliver quand Emily passerait près d'elle, ressentirait de nouveau le tiraillement caractéristique lorsqu'elle voudrait se confier à Emily sur son absence de vie amoureuse, rayonnerait dans le regard de Seth, rirait dans ses bras.Ils gagneraient la guerre, Voldemort sera vaincu et la justice sera faite.Avec une lenteur inhabituelle, Constance s'élança vers les douches où elle tenta vainement de s'extirper de sa latente impression de dégoût. Au repas du midi, elle n'avait pas lésiné sur le sucre et la boisson et elle s'était traînée aux cuisines jusqu'à la tour des Poufsouffle avec un rassasiement écœurant. Le zèle qu'elle passait à saluer des tableaux et à s'excuser envers les armures du château lorsqu'elle allait trop vite était d'habitude bien trop excessif. Elle traversait désormais les couloirs en parfaite anonyme, insouciante de savoir ce qu'il arrivait à Nick-Quasi-Sans-Tête ou la Dame Grise. Peeves seul parvenait parfois à la faire réagir, souvent occasionnant des réactions violentes.Constance irait voler. Sentir l'air lui fouetter le visage valait toutes les introspections du monde.La fois dernière où elle avait entraperçu le professeur Russel était bien trop lointaine. Ce n'était pas l'espoir de voir un adulte qui la rassurait – elle ne souhaitait en réalité converser avec personne – mais voir que le temps ne l'avait pas altéré était inestimable. Constance chaussa ses souliers spécifiques au Quidditch, mit une tenue sportive qu'elle entoura de sa cape d'étoffe noire d'encre. Un dernier regard éteint à son lit dont elle referma les rideaux et la jeune fille rousse se jeta un sort de désillusion couplé à un second qui faisait disparaître le claquement de ses pieds contre le sol.Ravalant la boule qui lui obstruait la gorge, la jeune femme se dirigea d'un pas tremblant vers la sortie de la tour. Ce ne fut que lorsqu'elle arriva vers les cuisines – sans croiser âme qui vive – qu'elle réalisa qu'elle avait oublié son balai. D'un juron promptement lancé en pénétrant de nouveau dans la chambrée des septièmes années, elle s'appliqua à jeter un enchantement provisoire d'invisibilité sur le balai.Elle ne croisa personne. Poudlard était comme endormi.Elle serrerait Vitaly dans ses bras, nicherait son visage dans la chevelure d'Emily et embrasserait Seth en lui assénant des coups inutiles sur le torse. Son regard croiserait celui de son ami et plus rien d'autre ne compterait au monde. Elle lui raconterait avec entrain combien elle l'espoir que Célestine trouve la parole un jour se renforçait. Elle taperait dans la main de Nelson, aurait un petit sourire pour sa cousine, elle –Alors qu'elle descendait enfin les marches du château à vive allure, légèrement rassérénée, débarrassée de ces subterfuges magiques de dissimulation, Constance sentit les premières gouttes de pluie tomber dans ses cheveux. Avec un regard presque amusé à l'adresse des nuages gris, elle s'assit sur une pierre à bout arrondi, inspira puis expira pendant de longues minutes. La promesse du terrain de Quidditch, devant elle. La certitude qu'elle pourrait profiter de la pluie pour oublier ses pensées, oublier le souvenir encore vivace du sourire de Lockweder, l'expression de terreur d'un Serdaigle de douze ans. Mais elle ne put interrompre la progression infernale de la pluie : elle arrivait devant les portes du terrain trempée, reniflant, les joues rouges et inutilement transpirante.Elle n'eut pas le temps de s'étonner des portes déjà ouvertes qu'un orage éclatait. Ses pas se pressèrent, elle se fit plus rapide et bientôt, Constance ouvrait la porte du bureau qui menait aux différents vestiaires. Elle eut un glapissement incontrôlé, sentit ses membres se tendre et son pouls s'accélérer. Le professeur Russel. Sa rougeur s'accentua, ses mains tremblèrent, elle eut un sourire nerveux, fit tomber son balai. « Je, euh .. Je .. Je viens voler ... » Et sa voix trop lente se brise.


Incompréhensible. C'est une de ces choses, il faut pas trop y penser, sinon tu sors de là, t'es fou. Quand tu ouvres le journal et lis que la guerre a éclaté. Quand tu vois un train et tu te dis « je me tire ». Quand tu regardes dans la glace et tu comprends que tu es vieux. Quand Novecento, sur l'Océan en plein milieu, leva les yeux de son assiette et me dit : « À New-York, dans trois jours, je descends. »




    Don't listen to a word I say.– Hey !– The screams all sound the same.– You're gone, gone, gone away,I watched you disappear.All that's left is a ghost of you.– Now we're torn, torn, torn apart, there's nothing we can do,Just let me go, we'll meet again soon.– Now wait, wait, wait for me, please hang around– I'll see you when I fall asleep. ✖


L'ABSENTE.


Dernière édition par Constance Morel le Lun 30 Déc - 22:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: And you break apart the things I had.   Sam 28 Mai - 22:40
« A thing of beauty is a joy for ever:
Its loveliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing. »
, John Keats.




    Les périodes noires de l'Histoire apparaissent toujours comme passées, révolues. Personne ne se dit qu'un jour, il ou elle en vivra une. Celles qu'on étudie en pensant « Heureusement, je n'étais pas né. Comment de telles choses ont pu se passer ? ». Jusqu'à ce qu'un beau jour vous vous réveilliez en vous disant « Alors, c'est comme ça... ».
    Hier, aujourd'hui, demain, ces journées tout aussi noires les unes que les autres allaient bel et bien s'ajouter aux pages de cette Histoire si effrayante et obscure.
    Tous les matins, c'est ce à quoi Ethan, simple professeur de vol dont l'existence était à peu près banale, sans grande importance, pensait. Son sentiment de culpabilité s'était décuplé; il était là, presque impuissant, cherchant sa place dans ce tumulte sans précédent. Bien sûr, il ne cautionnait pas les actes des Forces du Mal, bien qu'il fût resté dans une position plus ou moins confortable jusqu'à présent – il n'avait pas fait preuve d'acte aussi courageux que certains -, mais au fond de lui, il était persuadé que les élèves avaient besoin d'un support qui apparaissait comme loin de tout cela – lui, professeur de vol peu bavard et à première vue assez farouche, espérait constituer ce support. Il aurait aimé être l'épaule sur laquelle on pleurait, il aurait aimé être celui à qui on se confiait. Il aurait aimé se sentir utile. Mais c'était à peine si les élèves accordaient un quelconque crédit au Quidditch – les jours heureux étaient loin, ils avaient laissé place à l'obscurité la plus totale, et il faut croire que ce sport, jadis honoré par les sorciers, ne savait leur apporter aucun réconfort. C'était pourtant une des choses grâce à laquelle Ethan goûtait à cette liberté perdue. Et chaque fois qu'il volait, il se disait ô combien il aimerait partager cette liberté que chacun recherchait, tout au long de sa vie certes, mais encore plus en ce moment.

    Ce jour-là ne fut pas une exception. Il s'était réveillé, ce mélange de sentiments lui pesant sur le coeur, avec pour seule pensée que voler lui ferait un bien fou. Sans doute. Le temps était sombre, à l'image de la journée qui allait s'écouler. Les nuages pesaient sur le château, si bas, et un orage semblait menacer le domaine. Le vent soufflait si fort qu'Ethan pouvait entendre sa fenêtre trembler. Sans prendre la peine de mettre un peu d'ordre dans sa chambre, Ethan enfila sa combinaison de Quidditch, mordit un bout de ce biscuit négligemment posé sur sa table de nuit et se brossa les dents rapidement, avant de donner un coup de baguette pour envoyer des bouts de papiers – déchirés, chiffonnés – à la poubelle. Écrits que le sorcier jugeait insatisfaisants, mornes, sans vie. Sans doute était-ce la période qui ternissait ses écrits. Ethan n'aimait pas cela. Ce qu'il appréciait dans la littérature, et plus particulièrement la poésie, c'était cette touche de liberté, de différent, cette évasion rendue possible par le renouveau, la découverte de ce qu'on pensait banal. Sans forcément embellir les choses, la poésie présentait une vision nouvelle, remplie d'images, de sons... Mais cette sensation de frustration le rendait on ne peut plus à fleur de peau – il n'arrivait pas à écrire. Son alternative était donc le Quidditch, qui restait une de ses grandes passions. Beaucoup de gens lui demandaient pourquoi il volait seul, car on le voyait passer des heures dans le ciel, à une vitesse plus ou moins rapide, sans forcément faire des figures toutes plus impressionnantes les unes que les autres. « A quoi tu penses, quand tu voles? ». La vérité, c'est qu'il ne pensait pas à grand chose. Et c'était là ce qu'il aimait. Son esprit n'était pas occupé par un millier de choses qui lui entachaient déjà sa journée. Ethan était persuadé qu'était là un des buts principaux du sport, tout du moins pour lui. Plus que de se dépasser, surmonter ses limites, il s'agissait de faire le vide dans son esprit. Être concentré sur la sensation de l'air sur sa peau, profiter des images et bruits alentour, ce qu'on oublie de faire chaque jour de notre vie. Et parfois, se sentir exténué, savoir que nos jambes ne répondent plus, notre coeur est sur le point de faillir – pourtant, pourtant, se sentir bien. Se sentir vivant.

    C'est dans cette optique qu'Ethan poussa doucement la porte menant aux vestiaires, son balai à la main. Il le déposa sur un des bancs qui longeaient les vestiaires avant de se diriger vers son bureau, où étaient rangés cognards et souaffles, mais surtout le vif d'or qu'il avait prévu de poursuivre en ce jour pluvieux. C'est avec une pointe d'angoisse qu'il se saisit de la boîte qui le contenait. Oui, angoisse. Avant de se lancer, le brun ressentait toujours cette espèce de boule qui vous noue l'estomac. Chaque vol était une sorte de défi, défi qui s'amplifiait quand Ethan restait à terre pour plus de deux jours. Il avait peur de ne plus savoir voler, tout simplement. La main légèrement tremblante, il s'apprêta à aller chercher son balai quand il entendit le grincement de la porte, qui s'entrouvrit, laissant apparaître le début d'une chevelure qui lui était familière – rousse, flamboyante, brillante et dansante, elle dégageait une sensation qui arracha un battement de coeur sonore à Ethan. Constance se cachait derrière cette crinière, évidemment. Son visage si doux et si tendre se dessina. Ses yeux – myriade de couleurs – se dévoilèrent et son sourire timide rappela à l'enseignant combien il se sentait coupable d'éprouver tant d'émotions à sa simple vue. Elle était belle, pure, innocente. Elle était tout ce qu'Ethan aurait voulu retranscrire dans un poème, mais cela lui paraissait si loin, si difficile à atteindre, que rien que le fait d'y songer le décourageait.

    La voix de Constance, douce mais hésitante, rompit le « boum boum » du coeur d'Ethan. « Je, euh .. Je .. Je viens voler ... » Elle venait voler. Bien sûr qu'elle venait voler... Pour quelle autre raison serait-elle venue jusqu'ici, à vrai dire? Secrètement, le brun s'auto-flagella pour avoir eu une idée similaire à celle de la jeune fille – venir voler. Cette rencontre amplifiait ses remords autant que son envie de voler... Mais avec elle. Il fut, un instant, pris par un certain dilemme – celui de rester ici ou repartir dans sa chambre, songer à des écrits, mais la peur qu'il arrive une quelconque chose à la Poufsouffle résolut rapidement ce dilemme.

    L'espace d'un instant, l'enseignant resta coi, avant de vite se ressaisir. « Mlle Morel, vous prenez là une fort bonne initiative – quoiqu'un peu risquée, n'est-ce pas? ». Il esquissa un sourire aux allures forcées et reprit. « J'espère que ma présence sur le terrain ne vous posera pas de problème. » Il repartit donc de plus belle chercher son balai et, une fois celui-ci dans sa main, se dirigea vers la porte qui donnait sur le terrain. Il l'entrouvrit, laissant le vent s'engouffrer dans la salle, accompagné d'un bruit sifflant et d'un froid d'ores et déjà mordant. « Me permettrais-je de réclamer votre compagnie sur le terrain, mlle Morel? ». Sa main se resserra autour de la poignée. Ethan espérait être le plus convaincant possible, dans ce faux naturel, ce comportement construit de toutes pièces. Il ne voulait laisser aucune chance à l'étudiante de déceler un quelconque faux pas dans ses agissements.

    Le vent était fort, la pluie retentissait, et il était là, planté comme un imbécile face à cette pureté teintée de joie, cette innocence aux allures rebelles. Il souhaitait s'en séparer. Il souhaitait la protéger.
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Constance Morel
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MessageSujet: Re: And you break apart the things I had.   Mar 31 Mai - 23:15
It is an experience beyond thought
    Il fallait ramasser le balai au sol, reprendre contenance, imaginer un sourire prompt et spontané, l'offrir à son enseignant comme figure de son bonheur inatteignable. Il fallait oublier Seth, oublier Emily, oublier ses amis dans la détresse afin d'entretenir son narcissisme, apprivoiser sa vanité, attiser sa mélancolie, éclipser son affliction. Il fallait prétendre à un égarement fugace, une impertinente perte d'assurance, sinon quoi sa venue sur le terrain perdait tout son sens. Il aurait fallut que le professeur Russel soit absent, qu'il laisse le stade ouvert, comme une promesse.

    Pourtant, elle l'avait à lui adresser quelques allégations, même contrites, sur son utilisation abusive du stade – plus que pour assouvir un désir que pour faire évoluer sa technique, s'entraîner ou même simuler une partie. C'était de ces besoins que le regard ambré de Seth ne pouvait satisfaire, que le sourire d'Emily ne pouvait assouvir. C'était sentir cette magie éclater, l'inviter à un tour dans les airs, une nouvelle découverte d'elle-même. Une sérénade sans timbre, une sarabande fantaisiste à laquelle ne pouvait se soustraire mais ô combien délicieuse. Et sans doute voulait-il partager cela avec lui-même ?

    La gorge nouée, Constance se baissa lentement pour attraper son balai, qu'elle enserra de ses deux mains avant de le tenir droit contre sa poitrine. Une étrange force communicative en émanait et, progressivement, l'adolescente se sentit plus détendue. Au fond, il était préférable que ces peurs s'échappent, enfin, à la première bouffée d'air qu'elle inspirerait quand elle serait dans les airs et la présence du professeur ne pouvait être dérangeante. L'impérieux besoin de s'oublier était de nul doute trop fort pour qu'elle se perde dans des questionnements infinis. Il fallait voler. Elle crut entendre à moitié son assentiment – quelle était cruelle, au fond, il y avait si longtemps qu'elle .. qu'ils .. Quelle piètre fantaisiste elle faisait ! Y avait jamais t-il eu un lien entre elle et le professeur sinon une accointance pour le Quidditch ? Constance chassa ces pensées stupides en rejetant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.


    « Au contraire, professeur ! Je suis vraiment désolée de devoir vous imposer ma présence .. À dire vrai .. » Elle réussit à mimer un faible rire plein de fausse gêne. Hypocrite morveuse. « .. Je vous dois quelques excuses. C'est .. cela fait de nombreuses fois que je me rends sur le terrain depuis le début de l'année, à des heures impossibles .. hum .. » Une chaleur diffuse emprisonna son visage, fit rougir ses joues. « Je crois que j'aurais dû vous écouter, quand vous m'avez proposé un poste dans l'équipe de Poufsouffle, en deuxième année. » Elle tenta de préciser sa pensée par un regard équivoque. « En fait .. je n'ai jamais osé parce qu'il m'a toujours été impossible de considérer le Quiditch comme une source de gloire, c'est comme .. Un remède inexplicable. » Constance était de ces étudiantes à qui les confidences à des adultes ne dérangeaient pas, Seth et Vitaly aimaient au demeurant s'en moquer copieusement. Mais qu'étaient ces confidences-ci sinon des épanchements éphémères, un abandon au bénéfice de leur solitude soudaine face au monde ? « Oh, désolée .. Je parle vraiment beaucoup, évi .. évidemment, nous pouvons y aller. »

    L'odeur de la pluie anglaise était particulière. Depuis sa plus tendre enfance, Constance avait appris que chaque pays possédait un climat qui implantait son identité. Nostalgique, sa mère lui avait constamment murmuré du bout des lèvres que les imprévus causés par les pluies aussi inattendues qu'inopinées l'avait contrainte à avoir éternellement un parapluie moldu dans son sac – Constance s'était ensuite demandée pourquoi est-ce qu'elle ne lui préférait pas un sort sorcier, un capuchon, une coiffe, qu'importe. Son père prétendait adorer le temps en Grande-Bretagne, critiquait celui de son pays d'origine, bien trop humide à son goût. Au delà toutefois du bruit cadencé de la pluie, la félicité de Constance atteignait son paroxysme lorsque ses pieds foulaient le sol humide et qu'un crissement résonnait à ses oreilles. Prendre ensuite son balai, s'élancer de quelques mètres, accélérer sa marche, enfin se jeter sur le manche de son objet magique. « C'est dommage qu'il pleuve .. heureusement, ce n'est pas une très forte pluie .. » Constance vérifia que sa baguette était bien dans la poche intérieure de sa tenue, attrapa un élastique avec lequel elle attacha ses cheveux en un chignon lâche. Le grotesque de la situation – elle parlait, après tout, de la pluie et du beau temps avec un professeur – la rattrapa.

    Cela n'avait finalement plus d'importance – les professeurs, ceux à qui l'on accordait depuis toujours un crédit éternel – séquestraient leurs élèves, disposaient de leur droit de vie, de mort. Les Carrow n'avaient pas de respect pour être considérés comme des enseignants – ils étaient bons à traîner dans la boue. Une montée d'acide contre son palais la fit frissonner. Les valeurs étaient chamboulées. Malgré leur impunité, leur innocence, Constance sut qu'elle ne pouvait plus offrir la même estime aux adultes qu'elle avait toujours honoré. Mais Ethan Russel .. Presque un intrus, de ceux-là .. Elle ne pouvait distinguer l'autorité de la tristesse, dans son regard – toutes deux se confondaient, distillaient ses angoisses, car Constance y décelait sa sincérité, cette candeur réfractaire qu'on ne pouvait que pardonner ..
    « Mais j'espère que vous êtes tout aussi motivé que moi, parce que la lutte va être des plus coriaces ! » S'échappa de sa bouche un rire léger, cristallin – bien loin de son état, presque en larmes, d'il y a quelques minutes. « Toutefois .. Je ne peux m'incliner devant votre virtuose et je ne devrais pas avoir le culot de vous relever un défi .. Nous ne jouons pas sur le même rang. » Le vent leur fouette le visage, Constance a soudain envie de lui parler des élèves dans la Cage, lui quémander des explications sur l'atmosphère auprès des professeurs, certainement aussi électrique que celle des élèves. Les récents évènements lui apparurent comme étrangers, devant la beauté du stade, du calme olympien de ses colonnes, mais aussi, peut-être, de la présence apaisante du professeur près d'elle.




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MessageSujet: Re: And you break apart the things I had.   Mar 26 Juil - 1:49
« Cette main vivante, à présent chaude et capable
D’ardentes étreintes, si elle était froide
Et plongée dans le silence glacé de la tombe,
Elle hanterait tes journées et refroidirait tes nuits rêveuses
Tant et tant que tu souhaiterais voir ton propre cœur s’assécher de son sang
Pour que dans mes veines coule à nouveau le flot rouge de la vie,
Et que le calme revienne dans ta conscience – regarde, la voici, –
Je te la tends. »


    Ses pieds s'enfonçaient dans la boue à mesure qu'Ethan avançait sur le stade, balai à la main.
    Il avait laissé Constance le précéder, ne pouvait détacher ses yeux de sa chevelure agitée par le vent et parsemée de quelques gouttelettes de pluie. Son pas semblait dynamique – à l'inverse du professeur, dont la démarche était lasse, les pas traînants. A côté de Constance, la silhouette fantomatique de Lucy – elle était là pour lui rappeler que ses agissements étaient mauvais. Pour elle, pour lui, pour Constance, pour sa conscience. D'un clignement d'yeux, cette silhouette disparut et vint se loger dans un coin de sa tête – il entendait la voix de sa fiancée : « Et moi, alors ? Tu en fais quoi, de moi ? ». Du passé, un fantôme. Elle était là sans réellement être là, il la voyait, tous les jours. Il y pensait, tous les jours. Mais seulement pour se dire qu'elle n'était plus cette femme qu'il avait crue aimer. C'était cette gamine de dix sept ans, pas à sa place dans une cage dont les barreaux étaient invisibles – pour l'instant. C'était cette gamine au visage d'ange, dont les yeux brillaient, avide de rêves et de liberté. Un oiseau qui ne demandait qu'à prendre son envol, c'est ce qu'elle était. Lui, avec cette attirance malsaine, ne faisait que resserrer l'étau qui la comprimait déjà. Pourtant, il était dénué de toute volonté. Si on lui avait dit qu'il croiserait Constance – seuls, presque en tête à tête -, il aurait fait demi tour. Puis demi tour à nouveau. Il avait cette envie irrésistible de la voir, de la sentir, de saisir le bout de sa chevelure. Elle devait être douce, oui, elle devait être douce...

    Elle s'éloignait, petit à petit, faisait quelques pas de plus en plus rapides et prenait son envol. « Elle est faite pour voler ». C'est ce qu'Ethan avait toujours pensé. Il appréciait cette aisance à se fondre avec le vent, voler comme si c'était la première et dernière fois. Paradoxalement, faire abstraction de tout ce qu'il y avait autour tout en en prenant compte. Indéniablement, Poufsouffle aurait gagné la coupe si elle volait pour eux. En tant qu'attrapeuse, oui, elle aurait été une merveilleuse attrapeuse.

    Prenant son envol à son tour, Ethan la rejoint en ayant pris soin de lâcher le vif d'or dans les airs auparavant. Voler aux côtés de Constance, c'était agréable et contrariant à la fois. Il semble inutile de préciser en quoi c'était agréable. Contrariant, en revanche, car cela procurait à Ethan tout le contraire de ce qu'il attendait du Quidditch : pensée sur pensée, il était incapable de faire le vide dans sa tête, obnubilé par la présence de la rousse sur le terrain, cela le ramenait à ses rêves comme à ses cauchemars ;sa culpabilité, il la ressentait puissance mille, son amour... C'était bien pire. Elle était si belle, quand elle volait.

    « Ce n'est pas cette pluie qui va vous empêcher d'attraper le vif d'or, miss Morel ? ». Ethan tentait tant bien que mal de dissimuler sa gêne sous un air taquin, comme un professeur en de bons termes avec une de ses meilleures élèves.
    Elle avait relevé ses cheveux, naturellement. Son cou, sa peau immaculée, apparaissaient. Ethan fut pris de frissons qui parcoururent son corps entier. Il avait cette envie malsaine de déposer ses lèvres dans son cou, sentir le souffle de la belle sur sa peau... Constance le ramena à la réalité, de sa voix lointaine – le brun se rendit compte qu'il n'était plus aux côtés de la Poufsouffle mais plusieurs mètres derrière, le regard dans le vague. Ethan secoua la tête et accéléra pour se trouver à nouveau aux côtés de Constance.

    L'idée d'un petit jeu avec elle l'enchanta comme le perturba. Avec elle plus qu'avec n'importe qui, il ne savait pas comment s'y prendre – il s'agissait bien de Constance, après tout. Celle qui retournait son cœur presque autant que les derniers événements à Poudlard le torturaient – lui et sa conscience, lui et ses éternels questionnements, lui et...

    « Et c'est pour cette raison là que je vous laisse un tour de terrain d'avance – à vous de voir si la brillance du vif d'or ne se confond pas avec la pluie. » Ethan esquissa un sourire, tandis que la pluie se faisait de plus en plus forte, les bourrasques de vent plus présentes, qui faisaient vaciller son balai, les premiers éclairs visibles. L'ambiance au château ne devait pas être meilleure.
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Constance Morel
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MessageSujet: Re: And you break apart the things I had.   Mer 3 Aoû - 10:18



A nos âmes dans la nuit
Le dernier jour est arrivé
A nos âmes dans l'oubli
Juste un dernier jour accordé
A nos larmes dans le gris
Le dernier jour est arrivé

    C'était un défi de tout ce qu'il y avait de plus sincère.
    Une opportune invitation à l'oubli. Parler devenait dérisoire sinon encombrant. C'était être empli d'insignifiance que se targuer d'être gracieux devant l'ivresse que provoquait une envolée avec un balai. C'était être fou que se prétendre agile face aux caprices de l'éther. Sans doute serait-ce ce qui pouvait expliquer l'enthousiasme de Constance lorsque ses amis parlaient du terrain de Quidditch de Poudlard. Une joie qui donnait le vertige, un transport voluptueux ; mais qu'étaient ces instants de recueillement que Constance trouvaient si paisibles maintenant que le professeur était prêt d'elle ? Quel était l'expression manifeste sur son visage sinon celle d'une vivifiante anxiété, une griserie que même les après-midis d'amour avec Noah ne pouvaient surpasser ? Le temps semblait se suspendre.

    Les ongles de Constance frottaient le manche du balai à s'en briser, avec un acharnement et une ferveur qu'elle pensait atrophiés, dissimulés par ce trop grand désespoir de savoir ses camarades en danger de mort. Ce fut le bruit du vif d'or libéré qui l'encouragea à délaisser le sceptre du château pour s'amuser de l'immensité du stade, de l'odeur de la petite pluie qui imprégnait son uniforme et de la voix d'Ethan Russel près d'elle. N'aurait-elle pourtant pas l'occasion de s'admonester plus tard ? À s'être penchée trop en avant lorsqu'elle avait pris son envol, son cœur avait brutalement accéléré – mais sa cadence ralentissait tandis que la voix du professeur se rapprochait d'elle.

    Ils ne s'étaient pas lancés dans une conversation comme Constance l'imaginait – ils étaient silencieux.

    Le sentiment de honte fut si fort qu'il parut ébranler le maintien pourtant infaillible de son balai. De sa façon si particulière, il parvenait lentement à l'apaiser, ainsi posté à quelques mètres d'elle, le regard fasciné par la trajectoire circulaire du vif d'or. Constance avait une fois de plus cru à une embuscade, un leurre plein de bons sentiments – une cohésion aussi douce était pourtant impossible, en les temps qui courraient ! Il était vain de penser qu'une inhérence pouvait persister, qu'il pouvait encore exister des endroits dont les Carrow ne s'étaient pas emparé. Constance éprouva alors le besoin de le remercier, crut sentir des larmes de joie brutale, de contentement animal poindre au coin de ses yeux – n'était-ce toutefois pas sarcastique de le remercier d'être aussi désintéressé ? Que régnerait-il s'il avait été inquiet comme tous les autres, sinon l'angoisse pesante d'un monde dirigé par Voldemort, où l'allégeance à des principes fanatiques s'avérait être la seule alternative possible ? La quiétude de leur moment devait se poursuivre – il était stupide de le gâcher par des considérations aussi matérielles quand l'immensité du monde était entre ses doigts, que le vent lui fouettait le visage.

    Il lui facilitait la tâche, une fois de plus – toute suffocation avait disparu, les battements de son cœur avaient repris leur rythme habituel et derrière les gouttelettes d'eau de plus en plus épaisses, une rougeur envahissait ses joues. Le professeur, placide, de sa tranquillité déraisonnable, le coin de la bouche fendu en un sourire malicieux, lui jetait les derniers dés. Avec les quelques pouvoirs d'obéissance demeurant, Constance s'élança dans un tour vers les cerceaux des buts du souaffle, surveillant d'un œil la lancée du vif d'or. Si Constance avait ressenti du respect et une grande considération pour son professeur, la confiance qu'il lui inspirait désormais était sans faille. C'était ces quelques mots d'une dangereuse innocence qui venaient d'estomper sa méfiance.

    Mais la pluie et le battement de l'eau contre les gradins empêchaient Constance de voler avec sa fluidité habituelle ; ses mains devenaient moites et elle avait de la difficulté à tenir correctement son balai. Elle préféra s'éloigner de quelques mètres des gradins pendant qu'elle entamait son deuxième tour du stade, se forçant à ignorer la silhouette de l'enseignant qui continuait à l'observer. Le vif d'or semblait impossible à atteindre – que signifierait ce divertissement si elle échouait ? Il n'était plus question de quelques notes fugaces et éphémères, remportées grâce à son travail et à son acharnement, il n'était plus question de satisfaction d'un professeur mais d'éteindre sa détresse et rétablir sa dignité. Attraper le vif d'or et repartir du stade le cœur moins lourd, la peine plus supportable.

    Ce ne fut pourtant pas un tour ou deux que Constance s'échinait à effectuer pour rattraper le minuscule objet volant, mais des dizaines qu'elle ne comptait plus tant sa tête lui tournait et tant sa vue s'amenuisait à cause de la pluie qui battait contre son oreille. Son professeur de vol n'était plus qu'une forme incertaine qu'elle devait s'empêcher de heurter – peut-être était-elle aussi un peu trop rapide. D'habitude soignées, Constance sentait maintenant que les quelques mèches sur son front étaient tant abîmées par la pluie qu'elles collaient à sa peau et laissaient s'écouler des gouttes d'eau qui roulaient sur ses joues, se mêlant à celles qui continuaient de tomber du ciel.

    Et alors que le vif d'or lui semblait si proche et qu'elle accélérait la vitesse de son balai, penchée en avant, la main tendue, elle frôla le professeur Russel, distinguant son regard vif et inquiet. Mais cela n'avait plus aucune importance ; il lui fallait ce vif – ce n'était plus l'affaire que de quelques minutes désormais. Elle rentrerait trempée et pleine de sueur dans la salle commune des Poufsouffle, se forcerait à ne pas regarder le lit vide d'Héroïne et finirait sa soirée endormie dans son lit, omettant de dîner.

    Le volatile était capricieux – ses yeux la piquèrent quelques secondes tant elle plissait le regard pour parvenir à le voir : la réédition devait se faire sans violence, en pleine possession des quelques capacités rationnelles qu'il lui restait, avec les principes raisonnables qui l'ont toujours dirigée. Serrant les dents, les vêtements gondolant d'eau, Constance se dirigea vers le sol où elle atterrit les jambes tremblantes, les poings serrés, ses ongles raclant la paume de ses mains. Laissé abandonné au sol, le balai avait perdu toute sa prestance, cédé inerte par la jeune fille qui demeura tendue, le visage dur et le regard fixé au sol. Elle avait échoué. Et Constance ne souhaitait plus aucune indulgence, dès alors. Ethan Russel devait lui demander de quitter le terrain, sinon elle déciderait de le faire de son propre chef. La pluie était presque devenue violente – un orage se faisait déjà sentir.

    Lorsque Constance releva le bras, elle fut surprise de la vive douleur qui le traversa, fermant quelques secondes les yeux avant de remonter sa manche pour découvrir une longue estafilade près de son coude. La brûlure s'intensifia quand les premières gouttes de pluie la touchèrent – la Poufsouffle s'apprêtait à sortir sa baguette, à y effectuer les premiers soins afin d'éviter une infection mais entendre les pas de son professeur sur l'herbe mouillée la fit paniquer. Constance se crut sur le point de pleurer ; il n'en fut rien ; quand il se trouva près d'elle toutefois, elle releva le regard de l'herbe verte, la voix presque rocailleuse – il était utopiste de croire qu'elle rentrerait dans son dortoir sans être malade – ses yeux verts croisèrent ceux de son homologue, presque brillants, emprunts d'un sentiment innommable.
    « Je suis désolée, professeur. » Et une seconde supplémentaire à rester ici paraissait insupportable : étrangement précautionneuse, Constance se retourna, amassa le balai en trahissant une grimace de douleur avant de se diriger vers la porte fermée du local aux balais, adjacente au bureau principal et aux vestiaires, observant les gradins inondés. Lorsqu'elle arriva enfin près de la porte, Constance fondit en larmes.




    Don't listen to a word I say.– Hey !– The screams all sound the same.– You're gone, gone, gone away,I watched you disappear.All that's left is a ghost of you.– Now we're torn, torn, torn apart, there's nothing we can do,Just let me go, we'll meet again soon.– Now wait, wait, wait for me, please hang around– I'll see you when I fall asleep. ✖


L'ABSENTE.
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And you break apart the things I had.

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