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 Amber Isabel Simmons | Revenons en arrière, encore une fois...

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Amber I. Simmons
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MessageSujet: Amber Isabel Simmons | Revenons en arrière, encore une fois...   Jeu 26 Avr - 3:22
Amber Isabel Simmons

Oh, Comme des larmes d'or qui de mon cœur s'égouttent, feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.


Amber Isabel Simmons, de son nom complet, est une jeune fille qui a vu le jour un beau 18 novembre, en 1979, alors que la neige ne faisait que commencer à tomber sur le Royaume-Uni. Elle est présentement en huitième année à Poudlard, espérant en finir rapidement avec cette école qui ne lui rappelle que de mauvais souvenirs. Elle est née d’une mère sorcière de sang-mêlé, d’un père moldu. Son patronus prend la forme d’un somptueux lynx boréal ; son épouvantard, pour sa part, prend plusieurs formes variées. Que ce soit une lumière trop vive rappelant étrangement les phares d’une voiture en cavale, il peut aussi prendre la forme fatale de son défunt ami, le visage ensanglanté. Sa forme la plus basique reste cependant son père, fou, cheveux hirsutes et bière brisée à la main, s’avançant vers elle d’une manière menaçante.

Amber a une peur bleue de la violence ; il est donc normal que la présence de Mangemorts dans l’école la perturbe tout autant. Elle reste profondément marquée par la mort de Dumbledore, rajoutant à sa démence certaine des cicatrices peut-être jamais réellement guérissables. Si elle avait la force de se mettre d’un côté, sûrement aurait-elle depuis longtemps rejoint l’A.D. Cependant, sa situation actuelle l’en empêche, tout autant que sa peur du contact humain, des autres et tout en particulier de ces menaces qu’elle ne cesse d’entendre. Amber tente toujours de se faire le plus petite possible, ne voulant se mêler aux problèmes, ne voulant que finir cette année et sortir d’ici au plus vite.
HISTOIRE
Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies, vous tombez, mariant pâles, vos harmonies.

Il faut ramener. Ressasser et revenir en arrière pour comprendre. Comprendre comment deux personnes au début si différentes, et pourtant si semblables, s’unirent au départ, comme beaucoup d’autres. Une relation comme les autres, étrange mais bien là et bien vivante. L’amour en tant que tel peut toujours frapper dans les moments les plus étranges. Et les plus subtils. C’est ceux-là dont on se rappelle toute notre vie, mais qui pour les autres passent inaperçus. Un amour vif et prenant. Une petite attirance au départ. Commencée par un jeu de regards. Des étés chauds et accueillants. Un arbre dans lequel chantait des oiseaux venant de s’y percher et de faire leur nid, entre les feuilles des éclats de lumière oscillants dans le vent – et sous ces branches, sous ces feuilles et au pied de l’arbre, assise dans l’herbe, une jeune femme. Son regard brun s’attarde sur des mots, d’autres mots encore qui figurent dans une page, puis une autre. Un livre à la main, elle lit à l’ombre de cet arbre, dans ce parc, appréciant la brise, le chant des oiseaux et la simple chaleur estivale. Elle n’a à l’époque que dix-huit ans, cette jeune fille replaçant doucement une mèche rougeâtre derrière son oreille. Dix-huit ans ; une sortie bien ordinaire d’une école pourtant extraordinaire. Et parmi tous ceux qui ignorent, car leur regard ne leur permet pas de voir ces choses qu’elle a vues toute sa vie, toute son existence. Pour eux, ces autres gens, ces passants, ces silhouettes défilant devant son regard noisette, elle n’est rien de plus qu’une jeune fille lisant un livre, petit sourire en coin.

Et pourtant, elle est beaucoup plus qu’une simple jeune fille. Elle est une sorcière, tout juste diplômée de Poudlard, ayant en tête un métier pourtant bien commun pour les moldus ; les forces de l’Ordre. Mais pas n’importe lesquelles. Celles venant de la magie. Avec des criminels magiques, eux aussi. Au Ministère de la Magie, la police magique est bien connue. Peut-être bien toute aussi respectée que la police moldue…

Oh, mais ça, personne ne pourrait bien le savoir.

Pas même ce jeune homme. Il est toujours aussi inconscient, à ce moment, de tout ce monde qui pour lui ne reste que dans les livres de fantaisies. Rien de plus que des comptes de fée. Des histoires qui fascinent les enfants, ou, parfois, qui les effraient.

Bien sûr, tout cela n’a rien à voir avec cette jeune femme, là-bas. Qui lit sous un arbre. Une jolie jeune fille, même. Il ne la remarque à peine, interpellé par ses amis qui jouent un peu plus loin, ballon à la main. Ils s’amusent, entre gars, à peine plus vieux que la jeune femme. Il a peut-être dix-neuf ans, dans ce temps. Un jeune homme timide, mais pourtant rempli d’amour et d’entrain. Un grand romantique, un homme très près de ses émotions. Il fallut un ballon lancé trop loin par un ami ; cette personne qui se décida à aller le chercher, c’était lui. Ce jeune homme blond aux yeux d’un vert émeraude profond. Et ce ballon fut le premier contact réel. Ce qui fit le lien entre ces deux personnes bien différentes venant d’endroits complètement différents. Le ballon fit comme un signe du destin, à tomber si près d’elle qu’elle dut lever ses yeux de son livre pour poser son regard dans le sien alors qu’il le ramassait. Il y eut un échange de paroles…

Et bien sûr, ce simple bonjour, au fil des jours et de la routine établie par les deux jeunes adultes, devint quelques paroles, pour finalement finir par des phrases, par des sorties. Par une amitié qui se changea quelques mois plus tard en amour. Et d’un amour profond, qui, au fil des années, évolua pour en devenir un qui était là pour rester. Qui aurait pu croire qu’un simple ballon serait le début de toute une histoire ? Une jolie histoire d’amour entre un jeune moldu et une jeune sorcière. Ils ne se cachèrent jamais rien ; même avant que la relation ne devienne réellement sérieuse, de peur de se faire rejeter. La belle rouquine n’avait jamais rien caché de son statut de sorcière. Et même après le mariage, ce statut qu’avait sa femme ne l’avait jamais dérangé. Des années ensuite, de cet amour puissant, est venue une nouvelle réjouissante : Celle d’un nouveau membre dans cette famille douillette et chaleureuse.

Une petite fille, qui, même à ses débuts dans cette famille, fut accueillie avec tout l’amour qu’elle avait besoin. Et ces sourires, ces éclats de rire enfantins, cette promesse de bonheur ne pouvait être niée. Dans la première année, d’apprendre à la petite à marcher, à parler, à tout faire fut comme un enchantement. Plus encore alors que sa curiosité se mettait à déborder. Amber, ainsi nommée pour ses cheveux tout aussi flamboyants que sa mère, démontre déjà, toute jeune, des capacités de réflexion qui ne sont pas communes à des enfants de cet âge. Une curiosité qui fait signe de son intelligence. Intelligence qu’elle tient de sa mère, dans ces grands yeux émeraude qu’elle tient de son père. Déjà toute jeune, avide d’apprendre, elle n’hésite pas à poser toutes les questions, à tout demander. Et à deux ans, elle sait déjà écrire son nom, ou les bases de celui-ci, en lettres étrangement trop grandes et trop élancées.

Tant de temps passé dans une famille qui vous aime, à ne pas avoir conscience de tout le mal autour, qui entoure les gens. L’innocence d’un enfant. Une innocence rapidement changée et échangée quand on vieillit. Mais ces souvenirs peuvent rester longtemps. Les souvenirs d’un enfant. Quand on pleure. Quand on revient dans ces souvenirs et des ces émotions. Quand la nostalgie revient hanter. Ou même quand, doucement, on fait voler un cerf-volant sous une brise, dans un grand champ ; des souvenirs qui restent imprégnées et qui nous font regarder le monde, une nouvelle fois, avec des yeux fascinés. Cette fascination qui ne revient jamais pour les choses les plus anodines. Et ce lien qui se forme pour ceux qui protègent. Le lien puissant qui unit Amber à ses parents, à ce moment. La fascination devant la magie de maman, ses tours pour lesquels elle demande toujours plus grand sourire aux lèvres alors qu’elle lui apprend toutes ces petites choses qui lui seront utiles une fois à Poudlard, et sa fascination devant papa qui fait la vaisselle, papa qui lit avec elle le journal. Papa qui a tout fait avec elle. Elle aime tant ses parents.

Jamais quelque-chose n’aurait pu leur arriver. Dans sa tête, maman fait le bien, maman elle apprend à des gens à être gentils et à partager. Et papa il aide à illuminer les maisons. Il n’y a aucun danger. Dans une tête si innocente, rien n’aurait bien pu leur arriver, à ses parents.

Et pourtant…

Le métier de sa mère comporte tellement de dangers. Il n’y eut qu’un seul sort. Un sort mal lancé, ratant sa cible et la frappant en pleine poitrine, pour mettre fin à ce bonheur sans fin qui unissait jadis cette famille. Et alors, il y eut un père qui se mit à s’inquiéter après quelques heures sans nouvelles. Des heures interminables, où, avec un sourire forcé, il continue de s’occuper d’une jeune Amber, qui, alors âgée de deux ans, ne se doute de rien. Il y a peut-être seulement ce sentiment d’insécurité face à son père – on dit que les enfants ressentent quand quelque-chose ne va pas. Ils suivent. Ils absorbent les humeurs des gens autour d’eux. Et son père n’allait pas, en cette journée. Et puis, quelqu’un cogne à la porte. Un homme vêtu drôlement que le père ne connaît pas, avec un air de dépit au visage. Peut-être aurait-il dû le connaître comme un des collègues de sa femme. L’air qu’il arbore ne dit rien de bon à la fillette, qui, dans les bras de son père, se met à pleurnicher, comme si elle savait qu’une mauvaise nouvelle viendrait. Et cette mauvaise nouvelle vient. Son père referme la porte et la serre dans ses bras, en pleurant, et sans qu’elle ne comprenne, elle, elle demande avec toute son innocence où est sa mère.

Elle l’appellera pendant des jours et des nuits entières sans qu’elle ne vienne à elle, sans qu’elle ne réponde à ses appels. La mort est un concept qu’elle ne peut comprendre.

Encore peut-elle comprendre qu’à la maison, la situation se dégrade. Papa travaille encore, mais papa revient à la maison et ne peut s’arrêter de pleurer. Il devient plus silencieux, troublé. Amber ne sait quoi faire, ne sait comment réagir à ça. Elle n’est qu’une enfant. Elle ne comprend pas le deuil, la dépression. Elle comprend seulement que sa maman est partie, et qu’elle ne reviendrait peut-être pas. Ce manège dure plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années. Il continue de s’occuper d’elle, mais pas avec autant d’amour, mais avec une certaine tristesse, un manque d’entrain. Elle ne l’a jamais revu sourire. Personne ne l’a vu sourire depuis ce moment. Son père venait de perdre la chose la plus importante à sa vie, comme sa dernière famille, et pourtant, sa petite fille, tout ce qui lui restait, ne pouvait rien faire pour le consoler. Elle restait là, comme témoin d’une dégradation, de la dégradation de son père qui continuait pourtant de l’aimer, mais bien différemment qu’avant, dans une ambiance bien étrange pour une jeune fille qui continuait de grandir.

Et à cinq ans, il y eut les premières manifestations de la magie. À ses cinq ans, il y eut tout aussi bien les premières traces de folie chez son père. Amber, innocente petite chose, joue dans sa chambre ; ses poupées se mettent à voler bien malgré elle. Si à ce moment son père n’était pas rentré, peut-être que tout cela ne serait jamais arrivé. Mais comme un simple ballon, une poupée volante est un commencement. Il n’y eut qu’une réprimande. Une poupée qui s’effondre au sol. Un regard hésitant et larmoyant de la part d’Amber. Un père qui s’enfuit de la chambre, comme pris de terreur, mais aussi de rage. Non, jamais plus son père ne voudrait entendre parler de la magie. Pas après qu’elle lui ait enlevé son amour. Son seul amour. La seule personne à qui il avait pu tenir d’une telle manière. S’il venait à perdre Amber de la même manière… Que pourrait-il bien faire ? La magie, à tout jamais, il voulait bannir la magie de sa vie, de celle qu’il ne pourrait protéger sans cette horrible chose.

Mais cette magie continua de se manifester. Dans les semaines, les mois qui suivirent. Continuèrent les réprimandes, devenant de plus en plus insistantes, de plus en plus violentes. La violence verbale, seulement en commençant. Et d’autres mois passent. Cette violence commence à évoluer. Elle finit par devenir plus physique. Plus douloureuse. Des coups, des gifles. Des manifestations plus violentes de magie à chaque fois. Amber prend peur. Son père n’est plus le même. Et c’est pire… C’est pire quand il se met à boire. Mais pas toujours. Non, heureusement. Pas toujours.

Mais elle, à l’école, que doit-elle dire alors que son enseignant lui demande pourquoi à l’école elle se renferme, pourquoi elle ne joue pas avec les autres et qu’elle préfère se tenir loin des gens, pourquoi elle se forme un tel cocon pour se protéger ; pourquoi ses bras sont couverts de bleus. Elle préfère la solitude, ment-elle, alors que les autres, voyant ses bleus, ne font que lui parler dans le dos, par sa différence ne veulent pas jouer avec elle. Elle ne fait que faire des mauvaises chutes. Que des mauvaises chutes. Elle est tombée, elle s’est cognée. Non, personne ne lui fait ça. C’est elle-même. Maladroite. Maladroite, mais tout le monde la croit. Pour ces mensonges hésitants. Et de jour en jour, elle se forge une carapace pour ne plus se faire mal, pour se montrer plus forte. Pour ne pas se faire mal. Elle ne fait mal à personne, prétend détester les autres avant de se faire détester par eux. Dans le fond, elle espère seulement une amitié. Dans les premières années de sa scolarité, les autres la rejettent pour sa différence. Elle se sait différente, les autres enfants le sentent, mais ne peuvent déterminer. Elle est seulement étrange, cette petite fille. Étrange car parfois autour d’elle les choses se brisent. D’ailleurs, peuvent-ils réellement savoir pourquoi elle a si peur ? Et elle se met à croire que personne ne l’aime, et ainsi se fait plus distante, plus distante encore quand les années continuent, alors que pourtant, c’est d’amour qu’elle aurait besoin. Un amour que son père, sombrant dans la folie et lentement dans l’alcoolisme, ne peut lui donner.

Mais qui peut le savoir, si elle-même le nie, par peur, si elle-même ne veut rien avouer, car tout ce qui cause ce conflit est quelque-chose qu’elle ne peut dire ? La magie. Elle reste dans le silence à cause de la magie.

C’est ce qui la suit, autant que ses bonnes notes grâce à son écoute exemplaire en classe, son temps passé à la maison à tout comprendre, pour ne pas se faire déranger. Elle se fait distante et préfère étudier, préfère comprendre plutôt que de s’aventurer dans les foudres de son père. Celui-ci pourrait bien trouver d’autres raisons de la battre. Encore. Et elle ne veut pas. Elle ne veut plus souffrir.

Mais elle ne put réellement prévoir la suite. À ses onze ans, une lettre apportée par un hibou, à son nom, dans la fin d’un été chaud, en août. Les dires de la lettre ne l’étonnèrent pas ; qu’il y ait une école de magie, elle s’en attendait. Malgré tout, sa mère avait été une sorcière. Son père lui avait dit. Dans un certain moment de calme. Il lui avait raconté. Sans rien dire de plus que cela. Jamais, pourtant, elle n’avait entendu parler d’une école de sorcellerie. Si elle pouvait maitriser cette magie folle qui lui faisait mal, peut-être pourrait-elle enfin se sauver de la violence de son père. Elle n’en fit plus qu’à sa tête quand elle le confronta à ce sujet, la lettre à la main. L’homme fut pris d’une colère intense. Un torrent de coups et de larmes. Une lettre déchirée. Une nouvelle nuit à ne pas dormir par cause de souffrance et de peur. Ce qu’elle sait pourtant, c’est qu’une nouvelle lettre avait suivie ; sa mère lui avait tout de même tout laissé de sa richesse, pourtant pas très grande, mais assez pour assurer sa survie pendant les prochaines années de sa scolarité, avait-elle calculé machinalement. Assez pour acheter ses fournitures scolaires, évader à ce monde qui était le sien.

Elle eut, le jour avant la rentrée, cette fascination d’enfant. Cette fascination qu’elle n’aurait jamais cru ravoir. Fascination devant un monde complètement différent du sien. La fascination de sa baguette magique, la fascination de ce monde, de ces chapeaux pointus, de ces gens qui accouraient de partout, parlant tous de cette école. Une fascination qui resterait pendant le banquet de la rentrée, devant le majestueux Dumbledore, devant le Choixpeau, pendant sa répartition… Serdaigle, tout comme sa mère. Elle en arbore les couleurs et les pensées. Mais ça, jamais elle ne le saura. Elle ne fait que continuer à se fasciner, pour tout. Pendant une bonne partie de sa première année.

Une première année qui, malgré tout, fut comme sa première année à l’école. Amber, s’étant forgée la plus dure des carapaces, n’approcha personne. Elle se fit discrète et studieuse, une nouvelle fois, croyant encore qu’ici, les gens ne l’accepteraient pas pour ses différences. Par peur de se faire décevoir. Une solitaire. Rien de plus qu’une petite fille solitaire, timide et perdue. Et seulement une personne, d’une année de plus. Ce regard qui transperce jusqu’au plus profond de son âme pour tenter d’aller chercher ses secrets. Ce jeune homme l’épiant.

Sa disparition n’eut rien de très joyeux pour son père, qui tomba dans une plus grande dépression, ce qu’elle put constater en revenant, en repassant devant la maison pour y entrer, différente, avec sa malle, ses vêtements de sorcière. Les réprimandes et les coups en suivirent et ne se calmèrent que quand elle dût repartir, pour fuir une nouvelle fois. Et pourtant, dans ce visage plus mature, déjà, il semble la reconnaître. Et s’arrête, pour un moment. Au grand soulagement de la belle aux cheveux de flamme. Il arrête les coups Il arrête, mais seulement un temps, car la folie revient, elle revient toujours. Son cas ne fait que s’empirer, et elle ne fait que rester, qu’endurer, que renforcer sa carapace face à sa violence. Une violence continue jusqu’à ce qu’elle reparte pour une nouvelle année.

Poudlard devient rapidement pour la Bleue et Bronze un échappatoire. Un endroit où elle peut apprendre à son rythme sans devoir subir les coups. Si personne ne continue de porter attention à elle, il y a tout de même ce jeune homme. Comme l’année dernière…

Fine neige blanche tombant en cascades dans le Parc. Un soleil radieux et des oiseaux chantant doucement sous un air d’hiver, comme pour combler le vide d’un froid trop grand, entre les branches nues et le vent passant au-travers, branches givrées par la neige. Fine neige et pas accélérés d’une jeune fille presque à bout de souffle, qui se force à courir, courir et courir encore, encore plus vite, plus loin. Ses bottes blanches font craquer la neige, son souffle devient plus haletant. Un regard à la dérobée derrière, entre deux mèches de flamme ; il la suit toujours. Elle l’entend, voit la main qu’il lui tend alors qu’il l’a vue se retourner.

« Attend ! Je ne veux que te parler ! »

Et simplement une voix tonnant dans l’atmosphère froide de ce mois de janvier. Amber continue sa course, ne remarquant à peine son bonnet tout aussi blanc s’échappant, virevoltant quelques secondes dans le vide blanc, alors que sa main tente machinalement de le rattraper, se retournant pour le voir chuter, comme un flocon, délicatement sur le sol, dans un bruit inaudible. Son regard perce le vide et la neige. Elle voit la silhouette s’approcher d’elle, toujours plus près ; elle recule. Au Diable ses cheveux, son cœur battant la chamade sous l’effort ; elle n’aurait qu’à la rattraper si elle en a la chance, plus tard. Elle recule de petits pas précipités avant de s’élancer dans une nouvelle course.

Le jeune homme, cheveux bruns en bataille, s’arrête quelques instants. Il se penche et reprend le bonnet blanc tombé dans la neige froide, le serrant quelques instants dans ses mains pour finalement, son regard captant une nouvelle fois cette silhouette alarmée détalant à toute vitesse. Il soupire. Maintes fois a-t-il essayé d’aborder la jeune Bleue, sans trop de succès. Peut-être est-ce la troisième fois depuis son arrivée. Son regard avait tout de suite capté le sien. Capté sa mine éloignée, son enfermement. Sa peur comme sa détresse. Pourtant, chaque fois qu’il tente un quelconque rapprochement, un quelconque salut, elle s’évade, le fuit. Pour la première fois, cette fuite s’est mise à dégénérer. Il a su comprendre qu’elle ne l’approcherait pas. Qu’il faudrait faire plus d’efforts. Il se remet en course, suivant la jeune rouquine toujours en fuite.

Course éternelle contre une incompréhension grandissante. Elle a peur de devoir se lier d’amitié, pour une première fois ; réellement. Elle a peur, car elle ne sait pas ce qui peut arriver, et ne sait pas ce qu’il veut d’elle. Elle a peur de devoir se faire agresser une nouvelle fois, de ressentir dans son âme d’autres insultes poignantes. Elle est distante, depuis toujours elle est distante, et cette carapace ne s’est jamais jusqu’à maintenant enlevée. Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi se montrer faible alors qu’une personne peut blesser, que ses mots sont comme du verre contre la peau fragile ? Et lui, que veut-il réellement ? Que se cache-t-il dans ces yeux profonds, quelles émotions, quelles intentions ? Elle ne peut pourtant continuer sa course effrénée encore longtemps. Elle s’essouffle et ses jambes ne tiennent plus le coup. Un arbre. Elle s’arrête et se cache derrière un arbre, solitaire. Sûrement l’a-t-il vu. Oui, sûrement, car l’arbre est seul, reculé de la forêt. Elle reprend son souffle. Une grande inspiration, fermant les yeux, la tête penchée, le corps scotché à l’arbre. Elle ose un regard derrière elle, derrière l’arbre, pour l’apercevoir, lui, qui continue de courir dans sa direction. Elle se résigne à penser que finalement, toute cette course n’aura servi à rien.

Il approche. Il comprend qu’elle ne se sauvera plus, et arrête à son tour de courir pour marcher le reste du temps qu’il lui faut. Dix mètres, environ. Dix petits mètres le séparant de l’arbre derrière laquelle Amber se tient, solitaire, silencieuse, peut-être même effrayée. Pauvre petite fleur fragile. Si souvent piétinée, maltraitée, incomprise. Si elle ne jure que par la solitude, il y a pourtant une raison. Une raison si simple. Si seulement elle pouvait s’ouvrir. Le laisser s’exprimer. Lui dire.

Oh, elle aurait pu fuir. Au moment où il s’était arrêté. Au moment où il s’était mis à marcher pour la rejoindre. Elle avait repris ses forces, mais à quoi bon courir, encore une fois. Le parc a beau être grand, elle n’a aucune issue. Elle est prisonnière. Il la croiserait une autre fois et tenterait une nouvelle fois de lui parler. Mais elle, que ferait-elle ? Elle reste muette, l’entend venir, entre le vent qui souffle dans ses oreilles et la neige tombant sur ses joues rougies par le froid. Il y a quelque-chose dans son regard qui se distingue de ceux, distants, des autres, mais peut-elle réellement se fier à cet instinct ? Le regard effaré de la jeune fille croise le sien, puis le bonnet qu’il tient dans ses mains gantées, qu’il lui tend. Elle le reprend, comme un peu hésitante au début, pour finalement se le remettre sur la tête, croisant une nouvelle fois son regard, toujours aussi perturbé.

« Écoute… Je ne voulais que te parler. Je sais que tu es seule, la plupart du temps. J’ai remarqué que tu avais souvent l’air triste, même un peu perdue… »

Elle le regarde, toujours sous le choc. Depuis combien de temps la regarde-t-il ainsi ? Certes, plusieurs fois elle avait croisé son regard, alors qu’elle se dissimulait une nouvelle fois derrière son livre. Si longtemps sans réellement porter attention. Où voulait-il en venir, comme ça ? Pourquoi une telle course seulement pour lui dire cela ? Elle n’en sait rien, mais aimerait tellement percer ce secret qu’il cache au plus profond de son regard. Il ne se rapproche pas, ne fait que la regarder de son regard suppliant, posant une main derrière sa nuque, timidement.

« Tu sais, tout ce que je veux, c’est devenir ton ami. Rien de plus… »


James Alexander devint depuis ce jour son ami. Et cette relation, partie d’une petite tuque tombée, de quelques regards lancés, évolua. Ils devinrent depuis ce jour-là inséparable. Et Amber, à la carapace si dure, à ne pas rien montrer de ce qu’elle ressent réellement, commença à s’ouvrir. James, lentement, mais sûrement, réussissait à briser ce masque, cette carapace si bien forgée qu’elle s’était faite. Même si cela prit des mois avant de finalement savoir seulement quelques petits détails. Des petits détails bien anodins, comme son genre de livre, sa saison préférée. Des petites choses qui évoluèrent en de grandes confessions, mais jamais assez profondes. Pour qu’elle ne dise réellement ce qui, depuis toute jeune, était sa vie. Sa véritable vie.

Une autre année se finit ; elle cause un nouvel été mouvementé, mais moins. James habite près. Elle peut fuir chez lui. Elle le fait, régulièrement. Ses parents l’apprécient, cette petite fille timide, dont un sourire veut presque tout dire, dont la gêne traverse tous ses mouvements alors qu’elle est en compagnie des autres qu’elle ne connaît toujours pas. Elle s’étonne de la bonté de la mère de celui-ci, Ashley, et la douceur avec laquelle son père lui parle. Rien comparé à ce que son propre père lui fait subir, une fois qu’elle rentre chez elle. L’été se passe ainsi. Entre deux mondes complètement différents. Et elle retourne, une nouvelle fois, dans son propre enfer.

Cependant, ce qui se préparait, elle n’aurait pu le voir venir. Elle commençait lentement à tomber en amour avec James, mais elle ne se doutait pas que ce sentiment était réciproque. Leur gêne respective les empêchait cependant d’aller plus loin, de même pouvoir se dire quoi que ce soit à propos de ça, de peur que ce ne soit pas réciproque, de peur de se faire rejeter, en quelque sorte. Un amour, qui, malgré cela, ne fit qu’augmenter l’attachement réciproque que les deux adolescents avaient déjà.

Sa vie prit un tout nouveau tournant, cependant, pendant le troisième été.

Pourquoi ? Pourquoi devait-ce toujours finir ainsi ? Pourquoi, chaque fois qu’elle tente de s’esquiver, chaque fois qu’elle ne veut que s’isoler, en finir avec sa douleur, avec ses cris et ses pleurs, elle finit toujours par verser du sang, s’entremêlant entre les larmes salées, entre les remords. Une rage de vivre. Une rage d’exister. Peut-être aurait-elle dû vivre dans une autre famille. Elle a tant espéré vivre dans une autre famille. Oublier ses malheurs. Oublier tout ce qui avait été dit, de sa mère morte dont le visage, semblable au sien, ne lui rappelait que son propre reflet dans un miroir ensanglanté. Comment une mémoire autrefois souriante, oubliée, revenait en elle comme un mystère brouillé. Sa ressemblance lui faisait mal. Oh, à quel point elle savait que cette ressemblance ne lui apportait que la plus grande souffrance. Le plus grand mal. Son père ne méprisait que cette ressemblance. Que cette faculté. Que ces cheveux entremêlés avaient autrefois pu ressembler aux siens, longs, lisses et doux, que ses mains fragiles et marquées par des cicatrices encore récentes et béantes avaient pu à un moment ressembler aux siennes.

Et sa magie. Cette magie qui avait tout causé. La magie même qui a, depuis des années, séparé cette famille, fracturée comme un miroir cassé, que des pièces tombant doucement au sol en faisant plus de dommages encore.

Et les souvenirs récents d’une bouteille cassée toujours ensanglantée entre les mains d’un père ayant une nouvelle fois trop bu. S’acharnant une nouvelle fois sur un sort qui longtemps aurait dû quitter son être. Une douleur restée et plus forte sous l’effet de ce liquide maléfique. Une bouteille de trop. Une fracture de plus. La dernière avant qu’elle n’atteigne la porte, qu’elle fuit. Une occasion en or de se retrouver une nouvelle fois dans le parc. Le parc. Ce sanctuaire, cet endroit spécial, d’une manière. Si spécial. Elle continue sa course. Elle craint qu’il l’ait suivi jusqu’ici. Elle entend encore sa voix tambouriner dans son esprit. Un vrai fou. Rien de plus qu’un fou. Mais ces paroles criardes et monstrueuses ne sont que le fruit de son imagination. Qu’un souvenir tambourinant dans son esprit à une vitesse fulgurante. Les rues défilent devant ses yeux d’émeraude, la douleur s’acharne sur ses membres, sur toutes les égratignures qui continuent de saigner sans demander d’avis. Et des ecchymoses commençant lentement à se former à plusieurs autres endroits.

Les lampadaires commencent lentement à s’allumer. La nuit tombe sur la petite ville. Les nuages rosées laissent place à une grande étendue grise et un effluve doux d’eau. De l’eau. De la pluie sur de la roche. Une averse s’annonce. Et elle continue de courir, souliers aux pieds, car jamais elle ne les enlève. De peur de se faire d’autres écorchures. Encore d’autres. Et un mal oublié pour simplement retrouver des bras qui pourraient la réconforter. Elle remarque sa silhouette à l’entrée du parc vide et s’avance, celle-ci faisant de même. C’est lui. James. Comme à son habitude. Il l’avait su. Il avait su pour sa fuite, comme une intuition. Cette même intuition qui le prenait toujours dans ce genre de moments. Et il était venu la rejoindre à cet endroit presque sacré pour eux. Ce parc où depuis sa deuxième année, ils avaient partagé des moments précieux aux yeux de la Bleue. Des moments qu’elle ne pourrait certainement jamais oublier.

Elle approche sous la lumière d’un des lampadaires, perdue, perturbée, en larmes. Et il remarque. Dans un choc, il reste pendant quelques instants hébété par la vision de sa meilleure amie. Sur sa joue figure une coupure toujours ensanglantée. Une autre blessure est ouverte sur son front. Ses yeux sont rougis par des larmes qui ne cessent de couler. Il remarque son corps tremblant, son chandail témoin des marques de violences par des éclats rougeâtres, ses bras, ses mains. Son air s’intensifie ; il fronce les sourcils, ses yeux deviennent plus inquiets encore qu’ils ne le sont été au moment où il l’avait vu courir dans sa direction. Ses yeux croisent une nouvelle fois les siens, ses larmes, avant de se poser délicatement sur sa joue pour en essuyer le sang. Amber grimace à la douleur, mais n’a pas la force de bouger plus, elle sait qu’il ne veut qu’aider. Que sa main se pose doucement sur sa joue.

« Amber… »

Il se fige, la regarde plus intensément.

« Qu’est-ce qui est arrivé ? Qu’est-ce qu’il t’a fait ? »

Ses yeux s’humidifient de plus belle. Elle n’en peut plus. Elle ne peut plus tenir plus longtemps les larmes, les sanglots. Elle s’effondre dans une nouvelle crise de larmes, dans ses bras. Et elle pleure, sous la surprise de son ami, qui ne sait quoi faire de plus que de la serrer, des pensées rôdant dans son esprit, des pensées dures à accepter. Des remords. Il la serre jusqu’à ce que ses larmes passent, jusqu’à ce qu’elle se soit vidée. Un murmure, simple, sort de sa bouche.

« Pourquoi me l’as-tu caché ? »

Non. Elle ne lui avait jamais dit. Elle n’avait jamais avoué toutes les souffrances qu’il lui faisait. Jamais en détail. Seulement ses crises et ses paroles, ses menaces, mais jamais sa violence. Jamais sa violence, car c’était une chose que jamais elle n’avait pu réellement révéler. Jamais elle n’avait montré ces cicatrices. Toujours dissimulées. Sous des manches longues, même en été, des cols roulés, des pantalons longs. Elle n’arrive pas à lui répondre, comme honteuse de cette même attitude, de ce secret si bien gardé depuis des années. Et pourtant, à quel point elle aurait dû le dire. Pour finalement en finir avec ce martyr. Elle secoue la tête, alors qu’il prend ses épaules et la dégage doucement. Si la pluie s’était mise à tomber, c’était si doux qu’elle n’aurait pu le remarquer. Qu’elle ne le remarqua pas. Elle fixe ses chaussures, tremblante, avant qu’un doigt vienne se poser sous son menton, lui relevant la tête. Ses yeux pleins de larmes le fixe, lui, qui lui fait un sourire rassurant. Elle y répond par un sourire presque forcé. Il prend son manteau et lui met sur les épaules, calmant cette crise de tremblements. Elle répond d’un petit ‘merci’ chuchoté, d’une voix brisée, alors qu’il repose ses mains sur ses épaules et se met à ses côtés. D’une manière si douce et si affectueuse, si tendre. Des gestes que jamais elle n’oubliera. Encore moins que ces paroles prononcées à la suite.

« Y’a pas de quoi. Allez, viens, on rentre à la maison. Ma mère comprendra. Tu dois tout me raconter, d’accord ? Je ne veux plus te voir comme ça, tu m’entends ? »

Elle hoche la tête, sans rien dire de plus, alors qu’ils s’avancent tranquillement dans la rue, elle toujours hantée par des paroles troublantes, mais apaisée par sa présence. Sa seule présence. La route serait longue ; mais pas moins que la grande conversation qui s’annonçait. Ces confessions toutes aussi douloureuses ; le récit de sa vie épouvantable et difficile.


Ce sont des gestes que personne ne peut oublier. Pas même elle. De retour à la maison de James, sa mère, la voyant ainsi, fut tout simplement alarmée par les blessures de la jeune femme, encore plus par ses larmes qui continuaient de couler. C’est quand Amber vida finalement son sac, sur toute sa vie, tout ce qu’elle avait dû endurer jusqu’à maintenant, cependant, qu’Ashley fut tout simplement outrée. Tout cela ne pouvait continuer ainsi. Elle finit par adopter Amber, avec l’accord de son mari, pour ne plus jamais qu’elle ait à retourner voir son père. Celui-ci ne fit que signer les papiers, sans trop savoir, dans un moment de parfaite inconscience. Il n’entendit, après ce jour, plus jamais parler de sa fille.

Petite fleur bleue et fragile. Amber reste cette petite fleur, fragile. Elle ne peut prévoir que bientôt, elle pourrait perdre une nouvelle fois ce qui est cher à elle. Et pourtant, alors que tout semble pour le mieux aller, maintenant qu’elle n’a plus de nouvelles, maintenant qu’elle ne peut souffrir, que sa vie est meilleure pendant une année ou deux, qu’elle a une famille, comme une famille à elle, enfin, quelque-chose tourne mal. Le cinquième été. Amber n’a que seize ans. Il n’en a que dix-sept. Deux âmes innocentes quittant une nouvelle fois le parc, leur sanctuaire, après maintes histoires et maints fou-rires. Ils sont heureux, et ils rentrent, finalement. Car ils doivent retourner à la maison avant que sa mère s’inquiète. Sa mère qui a toujours été plus douce et plus gentille que son père, à elle, aurait pu ne jamais l’être.

Ils marchent donc. La nuit vient de commencer. Et alors que la nuit tombe, doucement, qu’ils marchent sur le trottoir, il l’arrête. Moment décisif. Moment, juste avant de tourner le coin, de tout dire. Ils sont si près… Mais… une voiture. Des crissements de pneus sur l’asphalte. Une lumière aveuglante. Ses bras qui l’attrapent et la lancent hors du chemin. La lumière continue et frappe James de plein fouet. Dans un cri d’épouvante. Elle voit son corps. Elle voit son corps, son visage, retomber. Une fraction de seconde après le dérapage, manœuvre ratée. Le derrière de la voiture la frappe, moins de vitesse. Sa tête qui se cogne durement sur le lampadaire, et le noir.

Il est dur de croire qu’une voiture, comme un ballon ou une poupée, peut aussi forger un destin. Quand elle se réveille à Sainte-Mangouste, potion sur la table, guérissant sa blessure, elle apprend sa mort. Sa mort à lui. Et son monde tombe.

Son monde tombe comme auparavant était tombé le monde de son propre père. Et comme lui, aussi fragile que lui, elle s’enfonce dans une dépression. Dans des accès de colère. Elle cache sa peine derrière ce mur. Une fois rentrée à Poudlard pour sa sixième année. Amber n’est plus la même. Cette fille timide et si facilement blessée se cache derrière un mur. Elle transforme cette souffrance en haine, frappe ceux qui l’approchent, seulement pour se protéger. Pour se protéger d’une quelconque blessure. Les problèmes, Voldemort, tout le reste ; elle s’en fout. Là n’est pas le problème. Il n’y a que lui, lui et son départ, lui et ce gros fragment d’elle-même qui a quitté en même temps que lui. Son masque tombe, chaque soir, alors qu’elle est aux prises à de violents cauchemars, à des insomnies. Amber ne mange presque plus. Elle sombre. Pendant plus d’un an, elle se forge une réputation de folle – une folle qui frappe et qu’il ne faut pas approcher. Personne, à la fin de cette année, ne l’approche à moins de vraiment vouloir un poing à la figure, un bras cassé ou un nez en sang. Et dans ces moments, dans ces pires moments, elle croit entendre sa voix qui lui parle. Fruit de son imagination ou de ses peines. Elle ne le sait trop. Elle ne peut le savoir encore.

Elle revient pourtant à la maison, après une nouvelle année, pour retrouver Ashley, qui, comme elle, mais beaucoup moins pire, a du mal à se remettre de ce deuil. Toutes les deux trouvent des moyens de s’en sortir, pendant un été complet. Ça lui brise pourtant le cœur de devoir retourner une nouvelle fois à Poudlard pour sa septième année, qui s’annonce plus mouvementée que jamais.

Le début n’est rien de plus qu’une copie plus pâle de l’année précédente, une année troublée, avec des rebondissements par dizaines. Elle craint pour ceux à qui elle tient ; comme les années précédentes. Une année de changements pourtant bien étrange. Elle y rencontre October, cheval ailé Gronian avec qui elle se lie, un lien profond qui perdure. Il est pour elle comme un confident. Elle prend le risque de s’ouvrir une nouvelle fois, se fait quelques rares connaissances à qui elle ose tenir, quelques rares personnes qu’elle accepte sans trop parler, ayant peur de les perdre une nouvelle fois face à d’autres péripéties. Sa vie n’est, quand même, rien de plus qu’un drame. Un drame dans lequel au fil des jours elle s’enfonce à nouveau. Son sentiment d’insécurité augmente, ces voix continuent de lui parler. Et une bonne fois, elles deviennent intolérables. Et cette fois, elle retrouve une vieille connaissance. Alyssa. Et elle, elle la sort de ce trouble. Une douce schizophrénie commence ainsi cette année à se manifester. Amber sombre dans l’Abîme du Rêve, dans des psychoses. La mort de Dumbledore, l’attaque des Mangemorts, n’a aucun changement dans son sentiment d’insécurité. Il l’empire. Elle doit faire quelque-chose, trouver le moyen de s’en sortir. Mais ces voix. Elles veulent sa mort. Et elle ne peut continuer ainsi.

Elle rentre maintenant en huitième année. Toujours aussi perturbée. Toujours aussi brisée. Et complètement folle. Cette folie, qui, à un moment, sera trop forte pour qu’elle puisse la supporter.

CARACTÈRE
Vous avez chu dans l'aube au sillon des chemins; Vous pleurez de mes yeux, vous tombez de mes mains.

Amber. Poupée de porcelaine pâle, fragile. Fragile et déjà si brisée, fissures insoutenables et jamais guérissables. Ces cicatrices autant physiques que mentales se sont formées en elle comme des douleurs toujours présentes et poignantes, douloureuses, insoutenables. Elle est si fragile qu’une toute petite remarque peut la détruire, qu’un tout petit contact peut la faire frémir de toutes parts. Une sensibilité non-dissimulée, tout autant que cette peur du contact humain. Elle ne sait plus comment agir. Elle a peur, tout simplement peur. Elle est distante, cette petite fleur. Distante et perdue. Comment agir avec ceux qui vous ont vu pendant une année complète comme une jeune femme téméraire, qui, avant tout cela, fuyait les regards et les gens, d’une timidité légendaire ? Qui sait ce qui se cache réellement derrière ce masque qu’elle a montré pendant des années, devant ce masque de froideur qu’elle a démontré si efficace, devant cette dureté, cette violence devant tous ceux qui se mettaient dans son chemin ? Une telle violence. Une telle rage de vivre. Rien de plus qu’un masque cachant une grande dépression, une grande peine intérieure. Car jamais des cicatrices longtemps ouvertes ne peuvent guérir complètement.

Des sourires qui ne reviendront jamais, une femme à tout jamais prise seule et dans un monde bien à elle. Et pourtant, pourquoi tant de choses, pourquoi une telle carapace ? Car elle n’a rien connu de mieux que cela ; se montrer forte pour survivre dans un monde dur depuis déjà toute jeune. Peu d’amis, car les amis peuvent blesser. Pire encore, ils peuvent partir sans laisser de traces et vous laisser seuls une nouvelle fois. Dure expérience que jamais la jeune femme ne voudrait revivre dans toute son existence. Ne jamais se lier pour ne pas perdre, mais aussi car se lier équivaut à tant de confiance qu’elle ne peut donner si facilement.

Et pourtant, si intelligente. Si avide d’apprendre. Elle aime tant se perdre dans ses livres, dans ses histoires et ces théories plus étranges les unes que les autres. Le monde magique est une échappatoire à une réalité trop dure, une échappatoire à ce que son père n’aurait jamais voulu. Une ressemblance avec sa défunte mère, qui, elle aussi, aimait apprendre et par-dessus tout apprendre et aider. Apprendre. Toujours une échappatoire et une manière, subconsciemment, de recevoir moins de coups. Les hommes l’effraient, par-dessus tout ceux qui sont plus vieux qu’elle, plus grands. Traumatisme d’enfance, d’adolescence. Un regard trop longtemps porté sur elle peut lui faire du mal, l’effrayer. Plus maintenant que jamais auparavant.

Amber trouve pourtant un certain réconfort dans un cours de Soins aux Créatures Magiques. Surtout depuis sa rencontre avec October, ce cheval ailé qui l’a adopté ; maintenant à elle, avec l’accord d’un ancien professeur maintenant parti pour une raison plus inconnue encore, inconnue à la Bleue. Souvenir flou pour ce qui est cependant de la créature ailée avec qui elle s’est forgé un lien. Peut-être le seul réconfort si ce n’est que quelques chanceuses personnes qui ont pu l’approcher, elle et sa solitude, elle et sa si grande solitude.

Jamais une dépression ne peut guérir si on n’en donne pas la chance. Et le deuil qui l’a rongée pendant trois années consécutives n’a causé qu’une plus grande folie encore, grandissant doucement en elle sans qu’elle ne s’en rende compte. Son regard est souvent vide et inexpressif. Son regard est fuyant et perturbé. Sa voix suit l’inexpressivité ou la tristesse ; sa neutralité se tourne souvent en délires Des absences d’esprit se manifestent depuis la fin de sa septième année, des délires et de la démence semant le doute chez les autres, qui déjà la croyaient folle par ses accès de colère, plus encore. Et pour elle, ces voix, ces menaces sont bien réelles. Amber reste figée dans un monde d’illusions, dans l’Abîme du Rêve qu’elle se forge autour d’un deuil qui jamais ne pourra être complètement fait.

« Et ces voix… Tu les entends ? Elles veulent ma mort. Elles veulent ma mort… Mais moi, je ne veux pas mourir. Il ne voudrait pas que je meurs, même s’il est parti… Il n’accepterait pas que je meurs pour lui… Pour eux. »

Hullo ! 8D Bah moi c’est Mimi, plus connue ici sous le nom de Pitchounette ou bien d’Émilie, tout simplement. Je suis admin, mon âge change à toutes les années et j’adore les pains au chocolat. C’est Hayley Williams qui figure sur mon avatar, les images de ma fiche vont à Lyric Llama pour l’avatar et à Lovely Clouds sur Livejournal pour l’icône. D’ailleurs, le poème utilisé pour les petites phrases dans ma fiche revient à Nelligan, avec son superbe poème qui s’appelle Sérénade Triste.
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Amber Isabel Simmons | Revenons en arrière, encore une fois...

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