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 Another Dissonant Chord For My Sanity's Requiem | Raphy

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Amber I. Simmons
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MessageSujet: Another Dissonant Chord For My Sanity's Requiem | Raphy   Mer 5 Oct - 2:39
Le temps semblait avoir changé. Tout en elle était même différent. Tellement différent. Où était-elle, alors ? Pourquoi devait-elle avoir tant changé ? Qu’avait-elle ? La question en elle-même pouvait faire peur. Elle ne pouvait comprendre. Comment aurait-elle pu comprendre ? C’était si flou. Si… Improbable. Comme un grand voile devant ses yeux d’émeraude. Un voile qui cachait même ce qu’elle espérait voir, ce que les autres pouvaient espérer regarder. Ce qu’ils pensaient tous d’elle. Leurs regards pesaient sur elle, toujours. Comme des poignards, des poids insoutenables transperçant chaque parcelle de sa peau. Et elle ne pouvait rien y faire. Amber était perdue. Perdue comme l’aurait été une fleur survivant en plein hiver, glacée, seule. Seule dans un monde blanc qu’elle se devait de surmonter sans même voir où elle pourrait aller, ce qui lui arrivait. Oh, sa vie n’avait jamais été facile. D’un père qui la battait, à sa mère morte. À tous ses problèmes. James. Oh, comme son visage lui manquait. N’avait-elle pas fait ce deuil depuis longtemps ? Elle aurait voulu espérer. Ça n’était pas le cas. Malheureuse vérité qui la prenait en plein visage. La belle aux cheveux de flamme n’était qu’une partie d’elle. Une partie perturbée, violentée, perdue. Elle était perdue. Son corps en entier mourrait. Elle était loin de celle qu’elle avait jadis été. Même qu’elle semblait se perdre, pour ne pas revenir. Perdre dans l’Abîme du Rêve un fragment d’elle-même au profit des chimères de son passé, de ces voix qui l’agressaient. Des menaces que ces silhouettes furtives, invisibles, lui lançaient délibérément.

Comme une âme errante, elle déambulait dans les sombres couloirs, comme beaucoup d’autres, qui n’étaient alors pour elle rien de précis ; des entités qui répétaient une routine constante, rentrant aux dortoirs, dans la salle à dîner, dans une classe quelconque u un endroit comme un autre. C’était seulement une habitude, celle qu’elle vivait alors depuis huit ans sans plus remarquer. Des éléments d’un décor constamment en mouvement. Elle entendait leur voix sans écouter, se faufilait dans la masse sans reconnaître les visages que ses yeux aussi profonds qu’une forêt, lucides, voyaient. Et ses pas la guidaient. Vers son but. Ailleurs. Peut-être nulle part, alors que ses pensées allaient et venaient de différents domaines. Ses yeux croisèrent ceux d’un étudiant. Il semblait la fixer. La dévisager. Étrangement. Son regard portait une certaine pression sur son être perturbé. Et alors qu’elle le passait, que son dos se tournait à lui, son visage se retournait pour suivre ce regard qui, pendant encore quelques mètres, la suivait, ne serait-ce que tous ses mouvements.

Pourquoi ?

Ou comment. Elle ne pouvait même comprendre ce regard. Vide. Sans aucune émotion. Comme s’il avait voulu transpercer son être, voir en elle ce qu’elle était, dévoiler ses moindres secrets. Ou autre chose. Que pouvait-ce être ? Son regard détournait du dos de l’inconnu. Elle revenait à sa route. Un sentiment profond de malaise s’emparait d’elle, empoignant ses veines comme un venin. Frisson. Elle frissonnait. En plus du malaise naissait ce mal. Cette peur. Quelque-chose n’allait pas. La belle aux cheveux de flamme suffoqua : ces regards. Ils les avaient tous. Tous rivés sur elle. De cette manière autant neutre qu’effrayante. Leur regard la suivait. Marchant dans son malaise, elle tentait de les éviter, de se cacher. Elle se courbait, se faisait petite, tentait d’éviter ; sans plus de succès. Ils se retournaient. S’arrêtaient presque pour la dévisager de plus belle. Elle tint ses coudes de ses mains, accélérant le pas, son regard tentant d’éviter les leurs.

Amber fonce alors dans une de ces entités, percutant de plein fouet, sursautant et suffoquant une nouvelle fois, reculant de pas rapides pour regarder cette personne. Yeux vides. Vides. Et pourtant semblaient-ils la fixer, comme tous. Et cette personne s’était arrêtée de marcher, la surplombait de sa taille, imposante. À sa plus grande surprise, l’étudiant vide se mettait à trembler, comme souffrant, devant ses yeux effarés. Elle figeait. Son regard changeait, de surpris, d’incrédule et craintif, il prit une teinte des plus horrifiés : Des tremblements souffrants, vides, de l’entité devant elle, de sa bouche, ses yeux jaillissaient alors un liquide chaud, rougeoyant. La Serdaigle hurla, prise de peur, reculant encore pour rebrousser chemin, détalant, ses pas émettant dans leur course des claquements stridents et alarmés.

Et elle remarquait alors. Leur visage. Leur visage stagnant de cramoisi, tombant, silhouette menaçante, larmes aussi écarlates que le rubis, leur regard vide coagulant, yeux tournés vers elle, vers ses propres remous frappant son désespoir. Elle fuyait. Elle s’évadait. Se faufilait, entre eux, entre ces visages qui l’effaraient, la faisaient fuir. Fuir. Fuir. FUIR. Elle devait fuir. Elle devait. Leurs mains. Elle sentait leurs mains s’emparer d’elle, glissant sur ses chevilles, ses poignets. Ils l’emmèneraient. La persécuteraient. Ils voulaient sa mort, seulement sa mort. Dans leurs simagrées incessantes, elle déchiffrait cela. Elle le déchiffrait. Et ses plaintes se répertoriaient sur les murs. Elle courait dans les couloirs. Elle devait s’évader. Tout semblait fondre, tout semblait s’écrouler devant ses yeux. Elle ne s’en sortirait pas. Elle ne s’en sortirait pas ! Elle courait, courait sans relâche entre les visages agressifs, comme s’ils voulaient l’attaquer, s’en prendre à elle. Voulaient-ils sa mort, sa dérision ? Elle courait. Elle hurlait, gémissait tout autant que ses poumons le lui permettaient, entre ses soupirs haletants. Et des voix. Des voix venaient et continuaient, la torturaient de rires frigorifiant et de paroles menaçantes. Et ces mains... Ces mains qui semblaient la prendre de partout. Amber tournait en rond, tournait sur elle-même, s’immobilisant – la course n’y ferait rien. Ces gens étaient partout. Partout.

Son cri se répercuta sur les murs de marbre. Écho incessant revenant toujours à ses oreilles, tambourinant son esprit, malmenant son être. Ses yeux écarquillés, maculés de larmes salées, amères, fixaient alors le sol, ses mains crispant ses oreilles pour arrêter ce bruit, son cri, revenant toujours comme l’océan, plus fort, plus fort, plus vil, violent, acharné. Et encore, son propre cri prenait une ampleur démesurée ; il se modifiait, prenait en rage dans son esprit fracturé, tournait sans cesse dans ce vortex infini pour ressembler à un rire. Un rire froid. Sanglant. Effrayant. Son cœur battait la chamade, tentait de sortir de sa poitrine. Sa gorge serrée l’empêchait de respirer. Elle suffoquait. Son corps s’agitait comme feuille dans la brise. Et, reculant, les mains empoignées dans ses cheveux rougeoyants, elle ne voulait pas voir. Elle n’espérait que partir, devenir aveugle et sourde, ne plus entendre, gémissant sans cesse sous ses sanglots terrifiés.

Elle le vit. Son visage. Parmi les leurs, parmi les défigurations, les yeux vides. Tout aussi vides que les leurs. Sa main tremblante tentait vainement de l’atteindre – il disparaissait alors. Cul de sac. Aucun chemin. Rien. Elle était prisonnière. Prisonnière de ces ombres qui continuaient d’avancer et de la regarder de leurs yeux vides, vitreux. Les larmes coulaient sur ses joues. Elle tremblait. Tremblait tant qu’elle ne pouvait plus se contrôler et criait. Ses mains sur ses oreilles empêcheraient les bruits de pénétrer – ses mains briseraient le sort. Ses mains se serraient sur sa tête. Sous ses soupirs, elle continuait de crier, leur criait de partir, de la laisser tranquille, se recroquevillant dans le coin du couloir, assise, pleurant, tremblant, tentant de les faire partir en leur criant de s’en aller. Elles continuaient, continuaient de la harceler, sans qu’elle ne puisse rien y faire. Les pas semblaient peser sur son âme : Ils ne partiraient pas. Ils approchaient. Ils approchaient et la tueraient. Elle ne s’en sortirait pas. Morte. Elle pouvait déjà se considérer comme morte. Dans tout son désespoir, sa peur. Une terreur indescriptible. Elle ne pouvait plus se contrôler.

Il y eut une voix. Seule voix qui semblait se démarquer parmi les autres. Poussant le voile de l’obscurité, perçant drastiquement la brume de sa folie.


Could you remind me of a time when we were so alive?


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R. Ophélie Hampton
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MessageSujet: Re: Another Dissonant Chord For My Sanity's Requiem | Raphy   Dim 1 Avr - 22:52
« Goodbye old me. I will always remember you.»

Un couloir. Voilà tout ce qui s’étendait devant elle. Un couloir ordinaire avec tous les attributs qu’il lui fallait, sans plus. Il ne se démarquait aucunement des autres couloirs de l’école. Pourtant, il avait un pouvoir puissant : celui de la faire culpabiliser, voire pleurer par moments. Il était si commun qu’il lui rappelait le couloir où tout était arrivé. Cette chose qu’elle ne nommait pas, qu’elle niait de peur de la confirmer. Si elle la minimisait, la repoussait de sa mémoire, cela aurait été comme si ça ne s’était jamais produit, non? Comme neuve. Identique à la Raphaëlle que l’on connaissait avant l’élément déclencheur. Avant ces choses dont on ne parle pas pour ne pas lui faire mal. Tout ce qu’elle a fait, elle.

C’était surréel, comme un film hollywoodien avec trop de budget et un scénario fantaisiste de mauvais goût. Elle qui avait toujours eu une petite vie rangée, silencieuse, fantomatique, la voilà devenue une de celles qui font des vagues, qui dérangent. Pourtant, elle ne se rebellait pas. Bien-sûr, elle avait ses opinions, mais jamais n’avait-elle dépassé les bornes de telle sorte! C’était tellement irréel. Comme si elle regardait en simple témoin extérieur l’existence d’une autre. Comme s’il s’agissait d’un film. Ou même d’une bonne blague trop crédible. Si bien ficelée qu’on ne saurait la différencier de la réalité dans laquelle nous évoluons chaque jour que Dieu fait.

Chaque pas qu’elle prenait, chaque respire qui franchissait ses narines trempées de larmes, chacun de ses faits et gestes était empreint d’une nostalgie venue d’une autre époque. Elle était ailleurs, telle une vieille âme emprisonnée dans le corps d’une jeune fille, regrettant des temps plus gais, meilleurs, mais si lointains. Suppliant la mort de venir la chercher et ainsi lui épargner une éternité de tourments. Les mêmes pensées se retournaient sans cesse dans son crâne, la giflaient, la heurtaient de plein fouet. « Pourquoi j’ai fait ça? Qui était là pendant ces instants de noirceur? » Et si elle avait agi ainsi, que se serait-il passé? Et si elle avait dit ça? Ou ça? Ou bien tenté de…

Mais c’était tellement illusoire comme façon de penser. On ne peut pas revenir en arrière, jamais. Dans la vie, on ne peut qu’avancer et tâcher de changer notre futur. Sans reculer, il fallait qu’elle accepte son passé et qu’elle fasse la paix avec ses démons, si monstrueux étaient-ils. Aussi dur que ça pouvait lui paraître, la chose logique à faire était de laisser de côté cette vaine recherche de sens et d’admettre qu’elle avait commis ces gestes et que, même si c’était choquant, elle devrait les assumer un jour ou l’autre.

Elle était totalement aveugle à ce qui se passait autour d’elle. Une épaule pour pleurer se serait offerte à elle qu’elle ne l’aurait pas vue! Des gens circulaient dans ce même couloir, mais elle ne les apercevait pas parce qu’elle vivait dorénavant dans un autre monde, un univers parallèle qui bougeait au même rythme que notre monde, mais qui évoluait en un lieu autre qui nous était inaccessible. Puis, il y eu une pause à sa torture mentale continuelle : Amber. Sa chevelure de feu illuminait les lieux à la façon d’un phare, dirigeant les navires en déroute vers la terre sèche. Mais à sa manière d’agir, on aurait plutôt dit d’elle qu’elle était une sirène, attirant les âmes perdues au fond du gouffre avec son chant de folie. Amber avait réussi à amener à elle Raphaëlle Ophélia Westfield, officiellement déclarée non saine d’esprit. Un tandem des plus explosifs venait de se créer. Pas que ce fût la première fois qu’elles s’unissaient en un lieu pour discuter, échanger, apprendre l’une de l’autre. Ce fût cependant la première fois que les deux jeunes femmes vivaient un état de crise en simultanée, du moins assez grave pour dériver ensemble jusqu’au point de non retour. Raphaëlle prit place à côté de la tignasse couleur flamme, se laissant glisser le long du mur jusqu’à ce qu’elle atterrisse lourdement sur le sol, comme l’aurait fait un immense objet inanimé qu’on aurait précipité par terre.

De grands yeux de poufsouffle se posèrent sur la serdaigle acculée au mur. Deux chaudes larmes s’en échappaient, signe avant-coureur de la crise imminente.

« Tu crois que je suis une mauvaise personne? » avait-elle lancé sans entrain ni volume. En un murmure honteux. « Parce que, tu vois… j’ai attaqué quelqu’un » Ses derniers mots étaient à peine audibles. Et sa voix se brisa en un sanglot. Sa gorge se nouait et ses yeux se mouillaient de mille larmes. C’est alors que débuta la sempiternelle représentation privée des horreurs des temps passés pour Raphaëlle. Devant ses yeux se déroulait ladite scène qu’elle refusait d’accepter. Elle avançait d’un pas qui lui était étranger. Elle avait une assurance qu’elle ne connaissait pas. Si sûre d’elle-même, tellement décidée à avoir ce qu’elle voulait. Un garçon l’avait dérangée. Il le paierait, évidemment. Le fauve avait sauté sur le gryffondor et en avait fait sa proie, une proie qu’elle ne laisserait pour rien au monde. Tout était très flou, comme l’aurait été une vision sous un rideau de pluie en Octobre. Un genre de matinée embrumée où on ne peut discerner ses propres pieds du sol. La créature avait le dessus sur le malheureux qui était au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais elle, Raphaëlle, se tenait là, à quelques mètres de la scène de violence, et criait d’en finir. « Arrête-toi! Mais qu’est-ce que tu fais? Qu’est-ce que tu veux? » Puis, elle prenait les choses en main, comme le ferait toute personne raisonnable. Elle volait au secours du violé, mais rien n’y faisait. Ses deux mains spectrales passaient au travers du fauve comme elles l’auraient fait dans un bol d’eau. La jeune fille n’était pas réelle alors que le fauve, si. Et elle n’y pouvait rien.

Le petit film se terminait par une ellipse. La poufsouffle était dans son lit, épuisée, tremblante et brûlante de fièvre. Ses yeux entrouverts, elle hurlait son nom. Il ne lui pardonnerait jamais. OSCAR!

Et tout redevint plus clair; elle était de nouveau dans le couloir près de la serdaigle. Bien que les deux sorcières fussent dans des états similaires, la jeune Westfield ne remarqua pas aux premiers abords la détresse dans laquelle se trouvait son amie. Cependant, elle ne pouvait rester aveugle à un tel spectacle. Puis le silence. Puis rien. Dans sa tête, c’était le calme plat, enfin. Du moins, aucune pensée reliée à Oscar, au fauve ou à sa fantomatique existence ne se pointait dans son cerveau. Il n’y avait plus qu’Amber. Amber et ses démons.


The animals, the animals, Trapped, trapped, trapped 'till the cage is full, The cage is full, Stay awake, In the dark, count mistakes, The light was off but now it's on, Searching the ground for a bitter song, The sun is out, the day is new, And everyone is waiting, waiting on you, And you've got time.
 - You've got time, Regina Spektor.
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Amber I. Simmons
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MessageSujet: Re: Another Dissonant Chord For My Sanity's Requiem | Raphy   Mer 4 Avr - 4:27
Cheveux bruns, ondulants, reflets chocolat. Des yeux en amande, d’une couleur profonde, céruléenne, perdue d’un goût profond et amer. Une tignasse qui pourtant lui était connue, un visage avec qui elle avait longtemps échangé. Lueur invisible d’étoiles dans la nuit – lune argentée et illuminée sur les problèmes. Un endroit presque sacré, pour les deux sans qu’elles ne le sachent. Des confidences effacées au gré du temps, miettes par miettes, ensevelies dans le murmure du vent et volatilisées pour que seulement leurs oreilles puissent entendre un chant de renouveau. Une complice qui depuis un an déjà l’avait accompagné, avait soulagé quelque peu sa souffrance qui n’avait cessé d’augmenter, dans un crescendo incurable la noyant plus profondément dans un chant fort et tourbillonnant. Il n’y avait pourtant que cette tempête de voix parmi les autres, parmi ses mains qui restaient scotchées à ses oreilles, à son regard d’émeraude qui, grand ouvert ou fermé solidement, laissait passer des larmes et des regards de folie, la folie pure qui s’envenimait dans ses veines et dans son corps, jusqu’au plus profond de son esprit. Elle avait cru le voir, lui, cru voir son passé défiler. Juste avant. Juste avant le noir croulant qui s’était dépêché dans son âme pour l’empêcher de voir clair. Jamais plus.

Jamais plus.

Et ces cris. Ces cris, elles continuaient de les lancer par-dessus les rires, ces rires qui résonnaient dans son esprit comme sa pensée lui faisait voir, comme son âme perturbé tentait de lui faire oublier. Mais ces ombres restaient et la faisaient sombrer, l’attaquant de leurs centaines de mains l’emmenant au plus profond d’un gouffre où elle se noyait sans aide, sans aucune aide. Non, elle ne pouvait pas remonter. Elle ne pouvait pas remonter et étouffait. Ses cris étaient étouffés. Ses cris persistaient mais étaient si étouffés. Amber n’avait plus conscience de ce qui se tenait autour d’elle. Que du noir, du noir virevoltant à travers des ombres aux sourires grands et pendants et aux yeux brillants comme des saphirs rouges, mais d’une lumière ardente et blanche en même temps. Un vide qui se reflétait dans les yeux, qui tentait de percer le secret de son âme, la rendre plus vulnérable qu’elle ne l’était alors. Et une autre ombre qui s’était approchée, seulement pour s’asseoir. Cette ombre aux cheveux chocolat, où se mélangeaient compréhension et dérision. Non, elle la connaissait. Elle le savait. Mais rien ne venait plus qu’un murmure. Raphaëlle n’était plus qu’un murmure dans le plus profond de sa démence. Sa présence ne représentait plus qu’une ombre parmi les autres élèves qui passaient, qui regardaient, qu’importe ce qu’ils faisaient. Elle en les voyait plus. Elle ne voyait que du vide, ne sentait que des mains qui l’entouraient et l’étouffaient tandis qu’elle gueulait sa démence, qu’elle se recroquevillait pour ne pas mourir ; qu’elle se perdait derrière un voile plus loin encore, dans un monde qu’elle seule pouvait voir, un monde qu’elle aurait aimé mieux quitter cent fois plutôt que d’y rester encore une seconde de plus.

Des secousses. Des secousses et des voix, menaçantes, sifflantes, des mains qui s’empoignent de nouveau de ses chevilles et tentent de la tuer. Elle le sait. C’est tout ce qu’elles veulent, ces voix. La Serdaigle serre les poings plus fort sur ses oreilles – sans succès. Le mauvais sort ne se brise pas. La malédiction continue. Et malgré ses yeux fermés pour ne plus voir, malgré ses mains bien ancrées sur ses oreilles pour ne plus entendre, elle continue de les sentir, de les voir, de les entendre. Clair comme de l’eau de source. Et de son esprit ne vient plus que des sanglots. Des sanglots se perdant au plus profond de sa gorge. Et cette silhouette.

Une soudaine halte à tout. Comme si, plongée dans un monde noir, elle n’y voit plus qu’elle. Elle. Poufsouffle salvatrice de ses heures de peine. Mais elle, elle a les yeux aussi vides que les autres. Aussi vides et inexpressifs. Sa tête se penche sur le côté, délicatement, alors que son regard d’émeraude se perd dans le sien. Silence. Silence ne laissant place qu’à des tremblements sourds qui viennent de partout, d’elle, d’elles et de du sol, du plafond. Partout sans avoir même de provenance. Soubresauts continus d’un son de tremblement lointain, profond, caverneux. Et le noir. Que le noir qui les entoure toutes les deux alors que leurs regards se plongent. Amber débouche ses oreilles, ses mains venant de chaque côté de son corps, prendre appui sur le sol. Et Raphaëlle, yeux étincelants, tellement brillants dans un noir sans lumière, la toise tandis que ses lèvres s’étirent, s’étirent de plus en plus pour laisser place à des dents étincelantes, scintillantes et acérées ; un sourire qui donne froid dans le dos et qui laisse Amber figée, stupéfiée et prise de démence. Elle ne peut bouger. Ses yeux restent figés sur cette bouche angulaire d’où en sort alors des paroles. Dans une intonation qui au final, de ce qu’elle avait pu être, troublée et mal en point, en ressortait pour la Bleue et Bronze d’une manière des plus tordues, incompréhensiblement maléfique et joueuse. La première phrase continuait de tambouriner dans son esprit alors qu’elle se rapprochait – se rapprochait-elle ? – pour murmurer la dernière. La dernière phrase, dont les deux derniers mots semblaient pris d’une folie furieuse, d’une intonation plus profonde, tellement plus profonde et effrayante de la manière qu’elle était sanglante. J’ai attaqué quelqu’un… j’ai attaqué…

…quelqu’un…


    « Non… »


Et le sourire qui prend de l’expansion. Et elle, qui rit. Qui rit à en perdre haleine, qui rit pendant si longtemps et elle, qui tremble comme la terre et les murs tremblent avec elle et qui a le cœur qui tambourine. Amber veut reculer, mais est immobilisée. Elle est incapable de bouger, de faire quoi que ce soit. Il n’y a qu’elle. Elle et ce rire. Raphaëlle et un rire diabolique. Raphaëlle la démone qui vient la hanter. Et qui rit jusqu’à s’époumoner. Amber est prise d’un frisson. Elle a les yeux qui pleurent comme un torrent et elle se remet à pleurer, à sangloter tellement elle a peur, tellement elle a peur de ce qu’elle pourrait lui faire, elle et ces dents pointues, elle et son rire, elle et ses menaces. Elle reprend ses coudes de ses mains, se recroqueville une nouvelle fois dans le coin du couloir – ses yeux toujours rivés sur elle. Elle se sent prisonnière. Aucune issue. Aucune. Et elle secoue la tête une nouvelle fois en serrant ses bras contre elle.

    « Non ! LAISSE-MOI ! VA-T-EN, NON ! »

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MessageSujet: Re: Another Dissonant Chord For My Sanity's Requiem | Raphy   Aujourd'hui à 7:08
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Another Dissonant Chord For My Sanity's Requiem | Raphy

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