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 My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé

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MessageSujet: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Mar 26 Avr - 6:04
    Rien n’était même compréhensible. Tout semblait tellement flou. Même au bout de sa concentration, elle ne pouvait trouver une seule trace. Une seule… C’était impossible. Cette salle, même au creux de Poudlard, restait invisible. Cette salle où plusieurs Né-Moldus étaient… Emprisonnés malgré eux. Autant avec ceux qui s’étaient rebellés de ce triple-meurtre fait par cette Carrow. Cette ignoble mangemorte. Ils se croyaient tout permis… Ces ignorants ne connaissaient rien à la vie. Rien non plus à la mort. Peut-être n’avaient-ils jamais eu d’êtres chers dans leur existence. Que pouvait motiver cette bande à faire de telles atrocités ? Sûrement devait-ce être plus profond que le sang en lui-même. Le sang n’avait aucune signification. Le sang était ce qui coulait dans nos veines sans pour autant nous définir. C’était le liquide de vie qui était pareil à tous, malgré sa provenance. N’était-il pas de la même couleur ? N’était-il pas de ce rouge cramoisi brillant ? Cette guerre en elle-même n’avait aucune signification. Ils n’étaient qu’une bande d’idiots. Des ignorants et rien de plus. Des ignorants soutenant une cause et un maître qui n’avait pas même de pitié, une soif de sang incontrôlée. Enfin, qui voulait vivre d’une vie éternelle ?

    Depuis quelques jours, elle avait étudié les horaires des Carrow et du directeur, à leur insu. Elle tentait sans relâche de savoir ce qu’ils faisaient, chaque jour, comptant leurs déplacements le plus précisément qu’elle le pouvait. Cependant, elle remarquait qu’un ou l’autre disparaissait à un moment. Comme s’ils ne pouvaient être vus par les autres. Peut-être n’était-ce qu’un truc. Peut-être ne regardait-elle pas assez bien pour savoir ce qui se passait. Ce qu’elle faisait était extrêmement risqué, mais ces risques se devaient d’être pris. Ces élèves souffraient. Ces élèves se devaient d’être retrouvés. Tant d’enfants… ce constat lui brisait le cœur à un point inimaginable. Les mangemorts étaient des êtres cruels. Jamais ne pourrait-elle pardonner à ceux-ci ce qu’ils avaient fait, ce qu’ils faisaient et ce qu’ils pourraient faire. Cette rancune était telle qu’elle ne pouvait même contrôler quoi que ce soit. Encore, elle arpentait les couloirs, murmurant des incantations au bout de son souffle, tentant sans cesse de trouver la salle, sans pour autant la trouver. Et encore était-elle expérimentée dans les sortilèges, encore cette magie la dépassait, étant sûrement l’œuvre de plusieurs et pas seulement d’une personne. Sûrement qu’avec de l’aide, avec plus de puissance, elle aurait pu la trouver. Cependant, elle restait toujours invisible.

    Ces pauvres enfants… Ces pauvres jeunes gens enfermés. Étaient-ils encore en vie ? Ils devaient être si misérables. C’était insensé. Comment osaient-ils faire une chose aussi ignoble ? Leur condition… Elle devait connaître leur condition. D’après le sadisme des mangemorts, sûrement étaient-elles mauvaises, mais comment pouvait-elle savoir ? Durant des jours, elle avait vu les autres élèves s’inquiéter pour leurs amis, leur frère, leur sœur. Les parents à qui les lettres envoyées ne revenaient pas. Ces pauvres parents. Peut-être étaient-ils les plus à plaindre. Perdre un enfant… C’est bien la pire chose qu’il peut arriver à quelqu’un. Même la mort semblait plus douce à ce châtiment, à cette torture qui continuait jour et nuit. Les élèves arpentant les couloirs à ce moment précis regagnaient leur dortoir – le couvre-feu serait bientôt remis sur pied. Les préfets referaient leurs rondes habituelles. Ses pas étaient rapides, furtifs, sa robe de sorcière blanche virevoltant près du sol au gré de ses pas.

    Elle semblait nerveuse, hors d’elle. Et encore elle ne pouvait même contenir ses émotions. Cela faisait plus d’une heure qu’elle rôdait dans ces couloirs, sans rien trouver. Encore. Encore une fois, sa recherche s’avérait sans aucun résultat. Son visage était toujours aussi serein. Rien ne traduisait ce qu’elle pouvait bien penser à ce moment même. Comme d’habitude, elle semblait être aussi calme qu’à son habitude. Une simple étincelle dans ses yeux pouvait cependant la trahir. Il était trop tard, dorénavant. Les mangemorts ne dormiraient pas avant un moment et elle devait regagner ses appartements immédiatement – il ne fallait en aucun cas qu’elle se fasse suspecter par ceux-ci. Cela serait sûrement la pire erreur qu’elle aurait pu commettre. Autant cherchait-elle chaque soir pour des informations, autant pour la Cage que pour sa Quête. S’ils étaient en contact avec Christopher, celui-ci pourrait bien tenter des choses qu’elle ne voulait qu’à peine imaginer. Juste le fait de savoir Pyry quelque-part en Angleterre avec lui était une assez grande torture.

    Plus le temps avançait, plus les couloirs se vidaient. Il n’y avait plus d’élèves rôdant, seulement quelques professeurs accompagnés de préfets. Chacun portaient des visages inquiets, troublés. Certains tentaient de garder des visages plus neutres, dans lesquels au plus profond on pouvait apercevoir une certaine crainte. Rien ne semblait comme avant. Tout était si flou. La douce lueur de la lune en elle-même avait à ce moment quelque-chose d’effrayant dans son éclat argenté. Et depuis le début de cette année, touts emblait toujours devenir plus sombre, plus drastique, plus effrayant mais surtout plus dangereux pour ceux qui étaient ici. Peut-être était-ce sa raison de sa venue ici, à Poudlard. L’école était tout de même une des premières préoccupations des Mangemorts. Là et le Ministère qui n’était plus ce qu’il était. Les ordres qu’elle avait reçues l’année précédente et les missions qu’elle devait effectuer étaient des plus étranges. Peut-être aurait-elle même été, si elle était restée, sous l’effet de l’Imperium, comme certains, malheureusement, devaient le subir à ce moment même.

    Commettre des actes sans en avoir le contrôle était horrible. Jamais elle n’aurait pu endurer cette douleur. Jamais ne se pardonnerait-elle d’être sous l’emprise d’un tel sort. Pour sa Quête, ce serait malsain. Pour sa Quête, elle devait rester saine d’esprit et elle devait voir ce que les mangemorts préparaient sans tomber dans un de leurs pièges. Tombant dans un de ceux-ci pouvait s’avérer mortel pour n’importe qui. Elle ne pourrait retrouver son enfant sous l’emprise du mal et devait à tout prix éviter ce qui pouvait sembler suspect. Pendant un moment, son regard se perdit sur le sol, devant elle, alors qu’elle marchait toujours de ce même pas rapide. Si elle ne pouvait trouver la cage… Si elle ne pouvait au moins avoir une petite piste ! Seulement une petite piste sur l’endroit ou sur le sort à utiliser pour enlever la protection… Mais comment pouvait-elle le faire ? Sa persévérance et sa détermination venait d’en prendre un coup, alors qu’elle montait les escaliers, se rendant où étaient les appartements des professeurs.

    Le découragement était bien là. Le découragement venait de ruiner tout ce qu’elle avait entrepris. Peut-être ne trouverait-elle jamais cette pièce. Peut-être était-elle si bien dissimulée que ces enfants n’avaient plus aucune chance. Cependant, elle ne devait se laisser abattre. Seulement, en ce début de nuit, elle ne pouvait faire autrement que de remettre à demain ce qu’elle avait entrepris. Il faudrait qu’elle demande à Nathan, qui s’était déjà proposé à la dernière rencontre de l’Ordre de l’aider pour l’A.D., aussi. Peut-être pourrait-il l’aider… La seule idée de devoir s’associer une nouvelle fois à un homme était très désagréable, mais avait-elle réellement un choix ? Avait-elle vraiment, cette fois, une bonne raison de faire tout par elle-même, au détriment des autres, quand elle savait qu’elle n’y arriverait jamais seule malgré son entêtement ? Elle devait se résigner. C’était la meilleure façon de le faire. Sa résignation laissait place à de la douleur. Elle gardait de si mauvais souvenirs. Tout semblait si sombre. Comment vaincrait-elle cette soudaine envie de crier, de ne plus lâcher prise ? Elle laissa cette frustration s’en aller, soupirant, tentant de penser à autre chose. Elle arriva au bout des escaliers, s’engageant dans le couloir menant à ses appartements.


      « Mitä nyt...? »


    Et maintenant ? Que devait-elle faire ? Elle n’en savait rien. Sa langue maternelle était sortie toute seule, sans qu’elle ne puisse même l’empêcher. Elle traduisait mieux ses pensées que l’aurait fait l’anglais ou n’importe laquelle des autres langues qu’elle savait. Rien n’était réellement mieux dans ce genre de moments. Elle s’arrêta alors un moment pour regarder par une des fenêtres, la tête ailleurs, les pensées floues et chamboulées.


Dernière édition par Seija K. Toivonen le Mar 28 Juin - 16:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Mer 27 Avr - 17:13
    Du sang. De la douleur. De la colère. De la peur. De la panique. De la folie. Une envie de fuir le monde, les gens, cette vie depuis trop longtemps abimée, ébréchée, détruite. Une envie de tout laisser, de tout abandonner et de partir, loin très loin. Loin de ce sang. Loin de cette douleur. Loin de cette colère. Loin de cette peur qui lui rongeait les entrailles. Loin de cette panique qui la prenait quand elle fermait les yeux pour dormir. Loin de cette folie qui lui bouffait le cerveau d’heures en heures, de minutes en minutes, de secondes en secondes. Son rythme cardiaque s’accéléra. Les battements de son cœur augmentèrent et sa poitrine se souleva légèrement. Une larme coula sur sa joue blanche. Ses dents blanches mordirent sa lèvre inférieure et elle étouffa un cri dans son oreiller. Elle était pâle comme un linge. Elle était toute décoiffée. Son regard semblait perdu dans le vide. Son regard était paniqué, une lueur de folie se dessina alors dans ses yeux bleus. La pendule sonna vingt heures. Sa respiration se fit plus vite. Sa poitrine se souleva encore une fois et elle se leva d’un coup, couru aux toilettes. La porte claqua. Elle se laissa tomber sur les genoux et la bile lui prit le ventre. Les larmes et la bile se mélangèrent. Et elle avait peur. Et elle avait froid. Et elle était si seule. Elle était si seule avec ces choses qu’elle voyait. Ces choses immondes. Ces choses qu’elle ne devrait pas voir. Peu à peu, elle se calma. Peu à peu, son rythme cardiaque redevint régulier. Peu à peu, sa respiration redevint normale. Elle ferma les yeux. Les larmes cessèrent de couler. Elle avala sa salive. Elle inspira. Expira. Et elle se releva.

    Son regard parcourait son visage dans la glace. Elle semblait fatiguée. Elle semblait encore sous le choc. Elle ouvrit le robinet et prit de l’eau pour se le passer sur le visage. Elle resta un moment comme ça, à se regarder dans le miroir. Et puis elle sortir de la salle de bain. Elle arriva dans sa chambre à couchée. Il y avait de l’encens, des bougies, des cartes sur une table et aussi un athamé. Elle regarda tous ces objets de Divination et une envie de tout balancer par la fenêtre lui prit. Saleté de don. Saleté de vision. Saleté de souffrance. Saleté de vie.

    Elle prit un pull en cachemire gris perle et l’enfila. Elle passe une main dans ses cheveux pour y mettre un peu d’ordre et se regarda une dernière fois dans la glace. Il fallait qu’elle arrête de provoquer ses visions. Ca la tuerait. Elle le savait. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de vouloir trouver cette salle. Elle ne pouvait pas s’empêcher, toutes les nuits, d’entendre ses murmures, d’entendre ses voix qui avaient peurs, qui la suppliaient de venir l’aider. Elle ne pouvait pas ne pas les aider. Elle devait les trouver. Elle devait les aider. Ils n’était que des enfants. Des pauvres enfants qu’on avait enfermé par cruauté, parce qu’ils se rebellaient contre le système. Ces pauvres enfants. Tous les jours elle pensait à eux. Tous les jours elle provoquait ses visions et essayait de voir d’avoir un signe qui lui indiquerait où était cette salle. Et à chaque fois, elle n’entendait que des appels à l’aide. A chaque fois, elle ressentait de la douleur, de la colère, de la peur, de la panique et de la folie. Chaque fois, elle sentait l’odeur du sang. Et à chaque fois, elle allait vomir dans les toilettes car elle ne pouvait en supporter d’avantage. Et elle s’en voulait tellement. Elle s’en voulait tellement de ne pas être assez forte pour aller jusqu’au bout de ses visions et ressentis et de trouver l’indice qui ferait qu’elle pourrait peut-être les aider. Elle était en colère contre elle-même. Elle se sentait si faible face à toute cette douleur, face à toute cette tension, face à tout cette peur qui semblait contaminer tout le monde. Elle le voyait bien. Elle voyait bien que tous ces enfants avaient peur. Elle voyait bien dans leur regard qui n’osait même pas soutenir le sien, qu’ils étaient eux-aussi impuissants face à tout ça et qu’ils avaient perdus espoirs. Elle sentait bien la panique quand un de ces hommes et femme de l’ombre était dans le couloir, tout proche. Et que pouvait-elle faire elle ? Petite enseignante perdue, avec une vie bordélique et qui n’était même pas capable de trouver quelque chose pour aider ses gosses enfermés quelque part dans le château. Elle-même avait perdu espoir. Elle-même se disait que ça ne servait plus à rien de se battre. Parce que plus on se débattait, plus le filet se serrait autour de nous et nous étouffait. Et nous tuait à petit feu.

    A cet instant, devant ce miroir, Winnyfield Yseult Onega Lindell se jura une chose : Ne pas adopter un enfant tant que cette guerre ne sera pas terminée. Tant que ce climat de peur, de panique et de folie n’aura pas disparut. Elle ne voulait pas voir son enfant souffrir de ça. Car elle n’y survivrait pas.

    Elle referma la porte derrière-elle à clef. Elle mit la clef dans la poche de son jean et se retourna pour marcher. Son pas résonnait dans le silence du couloir. Elle était seule. Elle ne chercha pas à être silencieuse. Elle ne savait pas pourquoi elle quittait son appartement. Tout ce qu’elle avait envie c’était de sortir de son « chez elle ». Elle ne pouvait pas supporter d’être enfermée. Pas une soirée de plus. Un instant, elle songea à retourner provoquer ses visions pour trouver quelque chose.

    Non.

    Non. Elle ne le supporterait pas. Ca suffisait pour ce soir. Elle savait déjà qu’elle ne pourrait pas fermer l’œil cette nuit. Parce qu’elle avait encore froid et qu’elle était bouleversée. En ce moment, elle trouvait de moins en moins le sommeil. Elle avait des maux de têtes tout le temps et ses visions n’arrêtaient pas de lui pourrir la vie. Elle avait peur. Elle avait peur de ne pas pouvoir se contrôler et pêter un câble. Et elle ne voulait pas ça. Pas ici. Ca serait rentré dans leur jeu. Ca serait leur dire qu’ils avaient gagné et qu’elle avait perdu. Et elle ne voulait pas s’avouer vaincu. Alors elle se battait. Alors elle se battait. Pour eux. Pour ses enfants perdus quelque part dans le château.

    Elle tourna alors dans un couloir et s’arrêta alors. Elle sentit une présence. Une personne allait arriver. Elle resta alors un instant planté là, à attendre. Rien ne vint. Alors, elle se remise à marcher et vit au bout d’un couloir une silhouette qui c’était arrêtée. Elle s’arrêta un instant. Elle connaissait cette personne.

    Seija

    Oui, c’était bien elle. Seija était là, au milieu du couloir et regardait par la fenêtre. Elle était pensive. Winnyfield n’osa d’abord pas bouger pour ne pas la troubler dans ses réflexions. Seija se mit alors à parler. Les mots qui sortirent de sa bouche atteignirent Winny en plein cœur. Elle ne connaissait que trop bien cette langue. Le finnois. Une des trois langues qu’elle parlait parfaitement. C’est alors que Seija tourna la tête et son regard tomba dans celui de Winnyfield. Celle-ci lui adressa un sourire chaleureux. Elle se dirigea alors vers la professeur de Sortilèges et Enchantements. Arrivée à sa hauteur, elle s’arrêta. Elle s’apprêta à ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais alors qu’elle voulait saluer sa collègue un autre mot sortir de sa bouche :


      WINNYFIELDPyry…
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Sam 30 Avr - 7:18
    Seija soupira. Qui aurait bien pu croire que derrière cet air serein se cachait une blessure aussi profonde que la sienne le semblait, aussi troublante ? Évidemment, elle gardait bien sa couverture. Évidemment, même sa meilleure amie ne se rendait compte de rien. Son regard se perdait vers l’horizon, vers le grand parc de Poudlard. Il avait beau être planté sur celui-ci, ça n’était pas l’endroit où ses pensées résidaient. Elles, elles étaient beaucoup trop loin pour que quiconque ne puisse même en attraper ne serait-ce qu’un petit soupçon. Encore, comme si ça n’était qu’un souvenir lointain, elle revoyait les plaines Blanches de Finlande. Elle revoyait la neige, ressentait, pour aussi dire, le froid que celles-ci donnaient. Tant de paysage qui ne semblait jamais vouloir sortir de son esprit. Elle revoyait même sa ville natale. Les maisons. L’église. Ses amis. Ses parents. Tant de choses perdues à jamais. Tant de gens qui croyaient à sa mort face à sa disparition. Tant de personnes à qui elle tenait qui disparaissaient au loin. Derrière un nuage opaque. Derrière un voile d’oubli. Tant de personnes qui ne pouvaient savoir si elle allait bien. Aucune nouvelle. Depuis plus de trois ans. Et en ce jour d’Octobre, peut-être bien que le temps pouvait changer. La neige viendrait bientôt. Cette neige donnerait encore une fois une impression qu’elle était de retour à la maison, dans les hivers de Finlande. Ça ne serait encore qu’une illusion. Personne ici n’avait la même culture qu’elle et personne ici ne pouvait vraiment comprendre à quel point elle manquait tout ce qu’elle avait laissé derrière. Ce qui s’oubliait et s’évanouissait, glissant au loin, comme au gré du vent.

    Et ce qui restait, ce n’était que sa détermination, cette flamme dansante au plus profond de son cœur qui, malgré les vents et les tourments, restait bien vivante et résistait. Ce qui restait, ce cri déchirant la nuit, ce cri même qui la poussait à continuer. Cette douceur qui lui manquait tant. Ce visage si doux et ces yeux perçants. Ce pauvre visage même, déchiré par la terreur et par la tristesse. Ses petites mains qui s’étaient étirées vers elle. Sans succès. La professeure de Sortilèges n’eut autre option que de regarder à ses pieds, son visage pensif. Peut-être était-elle sur la bonne voie. Avec toute l’information recueillie, peut-être pourrait-elle bientôt en arriver à son but. Seulement, chaque fois qu’elle y arrivait, elle se faisait berner. Un autre élément déviait ses recherches, disait le contraire à ses suspicions. Comment pouvait-elle être vraiment certaine, cette fois-ci, d’être sur la bonne voie ? Il ne fallait pas abandonner. L’abandon ne pouvait que la détruire, détruire tout ce qu’elle avait accompli. Abandonner n’était pas une option. Elle ne faisait aucunement partie d’elle. Non. Elle était trop déterminée. L’abandon serait la fin d’elle. Il serait aussi la fin de son fils. Et jamais. Jamais elle ne pourrait l’abandonner à ce qu’il vivait. Jamais ne pourrait-elle le laisser entre les mains de ce monstre.

    Jamais.

    Le ciel s’assombrissait. Dehors, on ne pouvait que voir un voile de noirceur se tenant fièrement derrière le grand bouclier invisible de Poudlard. Solitaires, quelques oiseaux regagnaient leur nid. Le froid de la nuit devait déjà se faire sentir. Le froid de la nuit n’était certes pas incommodant. Pas pour quelqu’un qui avait vécu de longs hivers froids. Et alors que son regard se perdait une fois de plus sur l’immensité de l’horizon, c’était comme si rien ne pouvait vraiment se faire voir. Il fallait alors penser à la salle. À d’autres sortilèges. N’importe lequel. Des sortilèges pour repérer. Des contre-sorts. Des sorts qui annuleraient… Son esprit se tordait entre les pensées, les plans, tout ce qu’elle aurait pu faire, tout ce qui avait échoué. Elle tentait en vain d’échafauder n’importe quoi pour sauver ces pauvres âmes perdues, ces pauvres enfants. Tous les sorts semblaient cependant inutiles. Si seulement elle pouvait trouver un moyen… Un tout petit moyen. N’importe quoi. N’importe quoi tant que ça puisse aider. Un quelconque indice. Et alors que son regard se perdait sur l’immensité de la lune, cette lune presque pleine qui brisait la noirceur totale de la nuit, elle semblait se perdre une fois de plus. Était-ce si inutile de penser à cela ? De tenter de trouver un moyen ? Sûrement n’était-elle pas la seule. Les élèves s’en rendaient compte. Les élèves souffraient, avaient peur.

    Ils n’étaient cependant pas les seuls. Les Carrow et Rogue devaient être les seuls qui voyaient cette chose et souriaient malicieusement. Ces sans-cœur. Elle voyait bien le contentement et leur sourire cruel. Mais que pouvaient-ils faire ? Ils étaient dans un certain sens tous à leur merci. Rien ne pouvait vraiment être fait contre eux. Trop puissants. Ils montaient en force. Elle entendit des pas, des échos venant doucement vers elle. Trop loin dans son esprit, elle se priva de se retourner pendant un moment. Cela jusqu’à ce que les pas, des pas qui lui avaient semblé hésitants et pas du tout pressés, s’arrêtent, à ce qu’elle pensait être le tournant même du couloir. Après un silence pesant, elle tourna la tête pour remarquer la silhouette de la jeune femme. C’était Winnyfield. La professeure de Divination. Elle était arrivée au même moment qu’elle, environ, dans Poudlard et pour cela, surtout pour le courage qu’elle avait de venir dans une école qui dépérissait autant, elle la respectait. Cependant, elle ne lui avait pas parlé plus qu’il ne le fallait, seulement dans quelques discussions par rapport au travail, rarement, si ça n’était pas de cela.

    Enfin, ce n’était pas non plus comme si elle était très bavarde.

    En la voyant ainsi, la bouche légèrement entrouverte face à cette compagnie inattendue, ses yeux portant cet air curieux mais son air en général restant étrangement calme, elle se demanda ce qu’elle venait faire ici. Le sourire de la jeune femme face à elle était chaleureux, une manière de la saluer, à laquelle elle ne répondit pas. Déjà de la voir avancer incitait à la conversation, celle qui serait sûrement inévitable. Elle ne pouvait pas seulement s’excuser et se rendre à ses appartements sans rien faire, cette fois. Et puis, Winnyfield n’avait jamais vraiment été quelqu’un qu’elle tentait d’éviter. Pensive, elle l’était, oui, mais sûrement que de parler d’autres choses pourrait lui changer les idées… Au moins, pour un moment. Celle-ci semblait vouloir commencer la conversation, toujours avec ce même sourire chaleureux qui semblait l’avoir caractérisé durant les fois où elle l’avait aperçu. Elle vit sa bouche s’entrouvrir. Ce qui avait alors été un sourire chaleureux se changea subitement et étrangement en un air totalement neutre. Il ne se passa qu’une fraction de seconde tandis que Seija remarquait l’anomalie de la chose, avant que, sortant de la bouche de l’enseignante de divination comme un simple sifflement, un souffle à moitié audible, un mot qui, à lui seul, sembla la foudroyer.

    Pyry.

    Pyry. Le blizzard. La tempête. La neige tombant durement et aveuglant tout sur son passage. La signification même de ce nom pouvait sembler étrange. Il représentait autant la rage que l’incertitude. La peine. Le visage neutre de son fils sembla lui apparaître devant les yeux. Ses cheveux blonds resplendissant et brillant sous l’effet du soleil, ses yeux de la même couleur que les siens démunis de toute émotion. Non, C’était impossible. Ses genoux semblèrent fléchir au même moment que son cœur sautait durement un battement, que sa respiration se stoppait et que tout autour d’elle chamboulait. D’où pouvait-elle bien tenir cela ? Comment savait-elle … ? Comment ? C’était impossible. Elle n’avait dit à personne, pourtant… Personne ne savait. Elle ne pouvait savoir. Son regard se remplit autant d’incertitude que de peur, fixant le visage de la jeune femme sans qu’elle ne puisse même bouger. Elle était immobilisée. Ne savait que dire, que faire. Le simple nom de son enfant l’avait figé, comme dans un violent choc, son cœur se remplissant d’incertitude.


      « Comment… » Commença-t-elle, son souffle n’étant qu’un murmure étranglé. « Je… »


    Il lui était impossible de continuer comme il lui était impossible de comprendre. Tout cela était insensé ! Savait-elle quelque-chose? Savait-elle où il se situait ? Se jouait-elle d’elle ? Rien ne pouvait donner un sens à ce qui se passait à ce moment. Ça ne pouvait qu’être son imagination. Elle l’avait bien entendu… Oui, elle l’avait bien entendu ! Mais comment se pouvait-il ?
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Sam 30 Avr - 12:02
    Pyry

    Ce mot, ce nom, ces quatre lettres et ces deux syllabes résonnaient dans son esprit comme un appel désespéré. Et c’était sa voix. Et c’était la voix de Seija qui lui murmurait ça. Ce nom, ce cri même résonnait comme un appel. Un appel rempli de douleur, de tristesse et d’espoir. Que cachait ce prénom tant désiré, tant aimer ? Que se passait-il dans la tête de Seija pour que Winny arrive à entendre ce prénom aussi clairement, aussi distinctement et que finalement, il l’obsède en cet instant et qu’elle ose prononcer ce prénom à haute voix ? Elle ne savait pas qui c’était ce Pyry. Ce qu’elle savait en revanche, c’est qu’il avait une grande importance pour la Finlandaise. Elle savait qu’il suffisait de prononcer ce nom pour qu’elle soit totalement déstabilisée. Elle savait que ce nom cachait un lourd secret. Et ce nom l’appelait elle. Ce nom appelait Winnyfield. Elle ne pensait plus qu’à lui en cet instant. Et elle avait de nouveau froid. Elle avait si froid.

    Pyry

    Son visage se fit totalement neutre et elle n’entendit pas le murmure de sa collègue. Tout ce qu’elle entendait c’était ce nom. Et la voix désespérée de Seija se fit de plus en plus forte dans sa tête. Et il lui déchira le cœur en deux. Et le regard de Winnyfield se voila, attérit dans le vide. Elle se mit à trembler. Elle avait froid, si froid. Et ce nom qui résonnait dans sa tête. Ce beau prénom. Ce si beau prénom.

    Äiti

    Cette petite voix toute chaude. Cette petite voix tout mignonne, toute innocente. Cette voix l’appelait. Alors elle se retourna et son regard bleu vint alors se poser dans le couloir. Il était si loin son regard. Il semblait à dix milles lieux d’ici. Au milieu du couloir à la place de Seija, elle vit alors un petit garçon. Il était beau avec ses petites joues rosies avec ses yeux d’une profondeur extrême. Et à ce moment-là, Winny comprit.


      WINNYFIELDPyry !


    Et ses bras se tendirent alors dans le vide. Elle voulait tellement le serrer dans ses bras. Elle voulait tellement le sentir là, tout près de son cœur. Il lui manquait tellement. Il lui manquait tant. Elle voulait qu’il court vers elle, elle voulait qu’il lui dise un « je t’aime maman ». Bon Dieu, il lui avait tellement manqué. Tellement. Mais au lieu de ça, au lieu de venir vers elle, il se retourna alors et partit pour disparaitre. Le cri de Winnyfield résonna alors dans tout le couloir. Et un froid mordant vint alors la saisir. Pyry. Il avait disparut. Il était partit et elle était seule. Elle était si seule. Et elle avait froid. Et elle avait peur. Son petit Pyry. Son petit garçon. Son fils.

    Et alors son souffle se coupa. Et alors le couloir disparut d’un seul coup. D’un seul coup elle se retrouva dans cette chambre. Dans cette jolie chambre d’enfant qu’elle avait tant aimé décoré et qui lui manquait tant. Mais elle n’avait plus rien à voir avec ce qu’elle se souvenait. La fenêtre était défoncée, les rideaux déchirés se soulevaient avec le vent et le froid entrait. Encore plus mordant que jamais. Les flocons de neige entrèrent dans la pièce, se posant délicatement sur le sol. Ca aurait pu être beau. Mais c’était cauchemardesque. Dans l’ombre, une silhouette. Grande. Massive. Elle était penchée sur quelque chose. Sur un lit d’enfant. Et alors les battements de son cœur se furent plus fortes. Et alors elle reconnu immédiatement la personne qui c’était introduite chez elle. Christopher. C’était lui, là devant elle et qui se penchait sur son fils qui avait peur. Alors les mots sortirent. Alors elle se mit à dire de cette voix sifflante, de cette voix menaçante :

      WINNYFIELD Ne pose pas tes mains sur mon fils !


    Son regard se fit dur. Mais alors que ses mots étaient tranchants comme de l’acier, l’homme prit le petit qui se mit à pleurer. Ses mots n’eurent pas d’impacte sur Christopher. Sa menace n’arrêta pas ce qu’il voulait faire. Et alors l’évidence s’imposa à elle. Son fils l’appelait. Äiti. Äiti. Elle voulait tellement le prendre dans ses bras. Elle voulait l’emmener loin de lui, loin de cet homme qu’elle avait aimé mais qui l’avait trahi délibérément. Loin de cet homme qui voulait lui prendre son fils. Alors elle étouffa un cri. Sa respiration s’accéléra. Elle avait le regard posé sur son fils qui tendait les bras vers elle et qui hurlait son nom. Et son cri déchira alors ses entrailles. Et son cri foudroya alors son cœur. Et son cri lui fit mal, si mal.

    Mon fils, dorénavant. Dis-lui adieu, jamais tu ne le reverras.

    Non

    Non. Il ne lui enlèvera pas son enfant. Il ne pouvait pas faire ça. Alors, elle leva sa baguette. Alors elle se fit aussi neutre que possible. Mais elle avait mal. Si mal. Alors le rire du Mangemort résonna fort. Si fort et il lui fit encore plus mal. Et elle rabaissa sa baguette. Jamais elle ne ferait de mal à son fils. Jamais. La baguette lui échappa des mains, tomba à terre, comme au ralentit. Elle ne pouvait rien faire. Elle était impuissante face à lui, face à son bourreau. Quelque chose se brisa alors dans la poitrine de la jeune femme. Et elle eut envie de pleurer. Et Pyry hurlait toujours. Et elle était si démunie. Et elle était si seule. Le sorcier recula alors mais elle avança. Elle ne voulait pas le laisser partir. Elle ne voulait pas. Elle voulait garder son enfant auprès d’elle. Elle l’aimait tant. Pyry. Et elle vit les larmes sur son beau visage d’enfant. Sur son beau visage innocent. Elle avait froid loin de lui. Elle avançait. L’homme reculait. Elle était désarmée. Elle était seule. Alors, il leva sa baguette sur elle et le sortilège partit. La douleur lui lacéra l’esprit. La douleur se fit sentir de partout. Elle hurla. Elle hurla si fort. Mais elle ne quitta jamais les yeux de son enfant. Elle avait si mal. Si mal. Elle voulait que ça s’arrête. Elle voulait que la douleur disparaisse. Elle voulait tant ne plus avoir mal. Mais non. La douleur était là. Et elle hurlait. Encore et encore. Et elle hurlait. Et son cri se joignis à celui de son fils et au rire de Christopher. Et puis tout s’arrêta. La douleur disparut aussi vite qu’elle était arrivée. Elle était restée debout.

    Adieu

    Et il disparut. Il disparut, emportant avec lui son fils et ses cris. Et ses pleurs résonnèrent encore dans sa tête. Et alors qu’elle était restée debout, ses jambes se dérobèrent et elle hurla. Et elle pleura. Et la douleur de nouveau apparut encore plus forte que la précédente parce qu’elle lui touchait le cœur, parce qu’elle la tuait à petit feu, parce qu’elle déchiquetait son cœur sans pitié, avec cruauté. Et elle pleurait, pleurait, pleurait.

    Alors la chambre disparut et elle se retrouva de nouveau dans ce couloir. Et elle était sur le sol à genou. Et elle pleurait encore et encore. Elle était si seule et elle avait si froid. C’est alors qu’elle se rendit compte qu’elle avait Seija en face d’elle. Elle n’avait pas bougé. Elle semblait paniquée. Et Winnyfield se rendit alors compte d’une chose : Pyry n’était pas son fils, mais celui de Seija. Christopher n’était pas celui qu’elle a aimé, mais celui que Seija a aimé. Et alors elle se rendit compte qu’elle n’était plus Seija.

    Elle fut d’abord abasourdie. Un instant, les larmes cessèrent de couler sur ses joues blanches. Et puis tout reprit. Et puis elle se remit à pleurer. Et puis elle ne regardait plus Seija. Elle était sur le sol, si misérable, si seule et elle avait si froid. Elle était si bouleversée par ce qu’elle venait de voir. Elle tremblait de partout. Elle tremblait tellement. Elle était paralysée, elle ne pouvait pas bouger. Ca lui était totalement impossible. Elle aurait voulut se relever. Elle aurait voulut sécher ses larmes. Elle aurait voulu parler. Mais elle en était incapable.

    Elle avait vu ce qu’elle n’aurait jamais dû voir. Elle savait dés à présent qui était Pyry. Elle avait à présent pourquoi Seija était ici. Et elle savait qu’elle ne pourrait pas la laisser comme ça. Alors après les larmes, elle se tut un long moment. Elle tremblait toujours. Ses dents se serrèrent, ses poings se fermèrent. Une rage envahit alors son corps. Elle avait envie de hurler. Elle avait envie de tout détruire. Alors elle se releva d’un seul coup. La colère, la rage déformait ses doux traits. Jamais personne ne devrait vivre ça. Jamais personne n’aurait à perdre son enfant de cette façon. Jamais personne n’aurait à souffrir de cette manière. Son regard croisa alors celui de Seija. Elle ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas d’avoir cette vie là. Et alors Winnyfield vit toute la tristesse, vit toute la détresse de cette femme si belle. Et alors, elle l’admira. En cet instant, elle l’admira et son regard changea. Elle se plaça alors en face d’elle. Elle tremblait toujours mais sa voix se fit plus déterminée que jamais :

      WINNYFIELD Tu n’es pas seule.
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Dim 1 Mai - 8:49
    Rien n’était plus incompréhensible que ce même moment. Inexplicable. Tant de choses qui ne pouvaient même être relatées. Elle était déboussolée. Désorientée. Déconcertée. Son regard, figé dans une expression d’horreur, ne faisait que fixer le visage de Winnyfield. Elle semblait si neutre. Elle ne semblait même plus être là. Ses propres mots restaient toujours dans l’atmosphère, semblaient résonner tandis qu’aucune réponse ne venait. Aucune réponse ne venait. C’était comme si elle ne l’avait pas entendu. Comme si elle n’existait plus. Un fantôme invisible. Un être parmi tant d’autres, se fondant dans la masse, disparaissant sous elle. Comme pour accentuer son incompréhension. Ce simple mot avait remué en elle tant de pensées. Tant de pensées désagréables, même si celles-ci, souvenirs joyeux, avaient il y a longtemps fait son bonheur. Y repenser ne donnait que douleur, douleur. Souffrance. Ce mot si misérable. Ce mot qui était pourtant sa dure réalité. Un mot qui ne faisait qu’emplir ses journées. Hanter ses cauchemars. Pourquoi ? Pourquoi devait-elle se sentir si mal ? Pourquoi devait-elle être victime d’une telle injustice et de tant de souffrance ? Pyry… Pyry. Son enfant. Son fils. Son pauvre fils. De penser qu’il était dans la souffrance en ce moment-même lui déchirait le cœur, brûlait ses entrailles, lui faisait tellement mal. Il lui manquait tellement. Ce qu’elle aurait fait pour le revoir. Ne serait-ce que quelques minutes. Savoir qu’il allait bien. Savoir qu’il était encore en vie. Ce semblait impossible.

    Il fallait qu’elle le retrouve. Il fallait. Et pourtant, tout cela semblait si compliqué à ce moment. Dans sa panique, elle ne pouvait qu’à peine comprendre ce qui se passait. Pourquoi ce nom avait été prononcé. Pourquoi Winny semblait si neutre, pourquoi son regard était vide. Une expression indéchiffrable. Puis, des tremblements. Seija restait figée, la regardait. Pourquoi tremblait-elle ? Elle tremblait de son expression neutre et dénudée de tout. Elle tremblait et cela lui donnait la chair de poule. Elle ne pouvait que regarder, regarder cette scène qui lui restait encore incompréhensible, tandis qu’elle avait peur. Peur de la suite. De ce qui pourrait se produire. Ses lèvres frémissaient par la cause des tremblements. C’était le seul bruit audible, car même son cœur semblait figé. Sa respiration l’était elle aussi. Ce n’était qu’un petit souffle. Un petit souffle presque inexistant, ses yeux fixant ceux de Winny, sans même pouvoir s’en détacher. Un regard autant alarmé que confus.

    Mais son expression changea. Elle passa en seulement quelques secondes, des secondes qui avaient semblé à elle comme une éternité qui n’en finissait plus, d’un regard d’autant plus neutre que voilé à un regard rempli de douleur, de cette souffrance. Et encore ce nom. Encore ce même nom. Celui qui ne cessait de la hanter. Il revenait une nouvelle fois. Et une nouvelle fois, elle ressentait ce sentiment déconcertant. Ce choc lui foudroyant la poitrine et la laissant sans aucun moyen de se rattraper. La professeure de Divination levait alors les bras vers elle. Elle la regardait. Pourtant, son regard ne semblait pas se poser sur elle, mais sur un point fixe dans le vide, que seulement elle pouvait voir. Comme si elle tentait d’atteindre quelque-chose. Comme si elle tentait de l’atteindre. Comme si tout ce qu’elle voulait, c’était de le voir. Qu’il vienne à elle. Elle n’y comprenait rien. Y avait-il simplement quelque-chose à comprendre ? Et alors son cri déchirant se faisait entendre. Un cri d’une souffrance ultime. D’une souffrance qu’elle ne connaissait que trop bien. Elle semblait anéantie. Détruite de quelque-chose qu’elle n’avait pu comprendre.

    Tout ce qui se passait devenait des plus étranges et des plus anormales. Et alors que son souffle se coupait et qu’elle semblait être une nouvelle fois transportée ailleurs, elle, elle ne pouvait bouger. Elle ne ressentait que cet engourdissement, cette torpeur qui la laissait là, comme une statue à jamais glacée dans cette expression paniquée et dans toute cette souffrance. Léthargie ultime de son âme même. Et alors que le souffle de Winnyfield se coupait, elle sursautait. Car autant était-elle dans une transe que ça en restait un territoire totalement inconnu de la Finlandaise. Car autant était-elle loin dans un esprit chamboulé qu’elle n’en restait pas moins fragile derrière ses airs calmes. Elle était loin d’être celle que tout le monde connaissait. C’était comme si la Seija sereine venait de disparaître à jamais dans le néant le plus total, révélant peut-être celle qu’elle était vraiment. Celle qui ne cessait d’hurler au plus profond de son être. Celle qui était torturée par un instinct maternel qui criait à l’aide et noyée dans le sang du doute et de l’incertitude.

    Et alors tout commença.

    Il y eut ce grand vide, ce grand froid qu’elle ressentit au plus profond d’elle-même en un seul instant. Puis, toujours subjuguée par ce qu’elle voyait, tandis que les bras de la jeune femme reprenaient place aux côtés de son corps, son regard toujours dans le vide, mais expressif, comme l’était son visage même, Winnyfield eut un air meurtrier au visage. Un air aussi froid qu’une nuit Scandinave en plein hiver. Et puis ces mots. Ces simples mots. Cette phrase entière. Cette phrase prononcée en sa langue maternelle, de cette même manière. Trois ans auparavant, ces mots, elle les avait prononcés. Il y a trois ans, ces mots exacts s’étaient évadés de la barrière de ses lèvres de cette même manière glaciale et menaçante. D’autant le venin d’une vipère n’avait pu être aussi puissant que ces mêmes paroles, que cette menace qui avait pesé sur la vie de son enfant. De cette même menace qui n’avait pourtant rien fait. Rien empêché.

    Cette scène. Ces gestes, aux moindres mouvements près. Aux mêmes expressions près. De voir ainsi ces mots prononcés, de voir ainsi sa collègue refaire tout ce qu’elle avait pu faire en cette nuit tragique lui glaçait le sang. Elle ne pouvait que regarder, abasourdie. Devant elle, devant son regard effaré, elle revoyait cette scène tragique d’il y a trois ans. Comment ? Pourquoi ? Pourquoi devait-elle revivre ce moment, comme s’il avait été vécu par un autre ? Elle n’était cette fois qu’une spectatrice de son propre malheur. Spectatrice qui ne pouvait rien faire, qui était totalement impuissante. Elle se mit elle-même à trembler. Son regard se faisait soudainement et clairement plus troublé et devant tout cela, elle ne pouvait que ressentir cette soudaine impuissance qui lui avait autrefois brisé le cœur en milles morceaux. Alors qu’elle regardait, elle ne pouvait que laisser verser des larmes, celles-ci coulant à flot sans même pouvoir être arrêtées, incontrôlables. Si au loin elle comprenait le sens de ce qui arrivait, si elle voyait la vision même, pourtant sans la voir, le tout étant pourtant si clair dans son esprit, elle ne pouvait comprendre pourquoi elle était ainsi provoquée.

    Ce fut de la pure torture. De se revoir ainsi torturée. De se remettre ainsi dans un évènement qui avait à jamais marqué sa vie. De devoir endurer une nouvelle fois cette dure séparation, celle qui l’avait entièrement chavirée et qui la hantait encore à ce jour. Des jours douloureux qui ne cessaient de venir sans jamais d’issue. Et tant de jours avait-elle cherché sans jamais trouver. Pourquoi ? Pourquoi devait-elle la torturer ainsi de ses souvenirs sombres ? Elle vit l’effet que le Doloris avait causé sur sa propre personne devant ses yeux. Elle vécut cette douleur atroce aussi indirectement, en se souvenant de celle-ci comme d’un souvenir immanquable. De la voir s’effondrer ainsi et pleurer de sanglots si amers ne faisait qu’empirer son sentiment de panique, cette peine qui ne faisait que ressurgir. Cette douleur incessante qui ne partirait jamais.

    Ça faisait tellement mal.

    Et les larmes continuaient de pleurer tandis qu’elle la voyait sangloter. Qu’elle la voyait hurler sa douleur et sa rage. Tout comme elle l’avait fait. Cette rage qui ne cessait de grandir en elle. Douleur éternelle qui jamais ne voudrait partir.

    Il y eut un silence. Un silence qui ne fit qu’augmenter son désespoir tandis que le regard cette fois lucide de Winnyfield transperçait le sien de cette même manière terrifiée qu’elle lui renvoyait. Elle la regardait trembler, à genoux sur le sol, secouée de sanglots, une nouvelle fois après ce long silence. Elle se sentait si incomplète. Elle se sentait si vide. La chaleur même qui l’avait alors habitée, cette chaleur bienfaisante, rassurante, semblait totalement partie. Elle se sentait si seule. Si perdue. Seule dans ses tourments qu’elle devrait surmonter avec la force qui lui restait, cette force qui semblait à un point vouloir s’éteindre tandis que sa détermination montait à chaque fois qu’elle se remémorait ce cri. Ces pleurs. Ces simples mots. Aïti. Ce simple appel. Cette voix brisée de sanglots. Cette voix qui avait été si douce, rassurante, chaleureuse. Cette voix qui s’était évanouie en même temps que lui. Lui et son sourire machiavélique. Lui qui ne méritait en rien d’exister. Comme il lui manquait. Comme elle aurait voulu pouvoir le serrer une nouvelle fois dans ses bras, ressentir la chaleur de son tout petit corps contre le sien, les battements si doux de son cœur ; cette mélodie incomprise.

    Elle vit la jeune femme se relever. Elle la vit trembler par la même occasion par l’effort, après tout ce qu’elle venait de voir, que ce simple mouvement lui prenait. Elle la vit avancer de sa démarche chancelante vers elle, son regard changé, tandis qu’elle restait tout autant figée qu’elle l’avait été pendant les dernières minutes. La détermination jouant dans ses pupilles. Elle la vit s’arrêter à seulement quelques pas d’elle. Elle l’entendit dire ces mots, de cette voix tremblante. Ces mots qui la choquèrent d’autant plus. Et alors elle comprit. Elle comprit l’ampleur de ce qui venait d’arriver. Elle comprit le don de Winnyfield parfaitement, tout ce qu’elle venait de voir. Elle comprit ces paroles et eut soudainement un vertige, un manque d’équilibre soudain.


      « Non… »


    Son cœur se serra alors tandis que les larmes coulaient de plus belle sur ses joues. Ses sentiments se fracassaient d’une manière totalement incontrôlable. Non. Elle ne pouvait la laisser faire une telle chose. Il y avait déjà eu assez de souffrance. Trop de souffrance. Elle voulait fuir. Elle voulait partir. Partir pour ne pas laisser d’autres se sacrifier. Jamais elle n’aurait dû connaître son secret. Déjà, impliquée, elle ne pouvait que se faire du mal. Le geste était pourtant si bon. Malgré ce même fait, elle ne pouvait se sentir reconnaissante sans ressentir une grande pointe de culpabilité.

      « Je t’en prie… Non. Je... »


    Elle recula d’un pas, son visage toujours fixé sur le sien, ses yeux ne lâchant pas les siens pour une seule seconde. La Scandinave le voyait bien. Elle était perturbée. Si perturbée par ce qu’elle venait de voir. Ses mots se perdirent dans un vide profond. Elle fit un signe de négation de la tête, laissant ses cheveux onduler doucement à chaque mouvement.


      « Je ne peux te laisser… Il faut que tu comprennes… »
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Lun 9 Mai - 22:58
    Christopher. Pyry. Seija. Trahison. Souffrance. Peur. Angoisse. Envie de revanche. Tous ses noms, ses sentiments, se mélangeaient dans sa tête. Et Elle avait de plus en plus mal. Et alors, elle se rendit compte qu’elle n’aurait jamais dû voir ça. Alors, elle se rendit compte que sa vie venait de changer de direction. Elle venait de comprendre qu’aujourd’hui, une nouvelle page de sa vie s’écrivait, qu’un nouvel objectif venait de prendre place. Elle devait aider Seija. Pour Pyry. Pour Seija et pour elle aussi. Parce qu’elle savait très bien que maintenant sa vie avait un sens. Parce qu’elle ne pouvait pas laisser cette femme dans cet état là, dans cette situation là. Parce qu’elle savait que Seija mourrait à petit feu par rapport à son enfant. Et ça, Winnyfield ne pouvait se le permettre. Elle voulait soulager Seija le plus possible. Elle voulait l’aider du mieux qu’elle pouvait. Elle en avait envie. Elle se devait de le faire. Parce que personne ne pouvait subir un tel fardeau. Personne.

    Son regard était planté dans le sien et Winnyfield essayait de se contenir le plus qu’elle pouvait. Elle avait envie de vomir mais elle savait qu’elle pouvait parfaitement tenir. Pourtant un frisson parcourut le corps de la jeune femme. Jamais avant, elle n’avait eu une telle vision aussi poignante. Jamais elle n’avait autant vécu une vision comme ça. Jamais. Pourtant, elle savait qu’au fur et à mesure qu’elle en avait, ses visions se faisaient de plus en plus précises. Et elle avait peur finalement. Elle avait peur qu’elle ne fasse plus la différence entre la réalité et ce qu’elle voyait. Elle avait peur de sombrer dans la pure folie et de finalement, faire quelque chose d’irréparable. Elle savait qu’elle était toute eule à affronter ça. Elle savait qu’elle n’avait pas le choix. Les médiums étaient rares, ça devait être un cas sur un million… mais c’est tombé sur elle. Elle était née avec cette particularité et elle devait vivre avec. Pour le meilleur et pour le pire. Parfois, elle se considérait come maudite. Parce qu’elle n’acceptait pas toujours son don. Elle le voyait plus comme un lourd fardeau à porter. Beaucoup de gens ne comprenaient pas. Ils ne comprenaient pas qu’elle ne le faisait pas exprès, qu’elle ne pouvait pas contrôler ça. Ca ne se contrôlait pas. Jamais. Et elle devait vivre avec…. Non. Elle ne devait pas vivre. Elle devait survivre.

    Survivre.

    Elle vit alors la paralysie de sa collègue. Seija semblait totalement déroutée, perdue, angoissée qu’on est pu trouver son secret. Et Winnyfield s’en voulait tellement. Elle ne voulait pas violer l’intimité de cette femme qu’elle respectait tant. Elle se sentait si mal, si petite et si faible. Pourtant, la détermination pouvait se lire sur son visage. Pourtant, elle était là. Et pourtant. Seija devint blanche comme un linge et elle semblait tellement désorientée, tellement perdue. Un instant, Winnyfield songea à la faire asseoir parce qu’elle voyait bien qu’elle tremblait comme une feuille. Mais alors qu’elle s’apprêtait à faire un geste vers la professeur d’Enchantement et de Sortilège, celle-ci émit alors un son. Un son faible, à peine inaudible, un non qui la suppliait d’arrêter. Et alors Winnyfield eu envie de pleurer. Elle voulait tellement l’aider. Elle lui devait bien ça hein. Elle lui devait tant ça.

    Et puis Seija la supplia de ne pas faire ce qu’elle avait sous entendu. Elle recula d’un pas comme pour fuir. Et Winny eut froid en cet instant. Ne t’en vas pas. Ne pars pas. J’ai besoin de toi comme tu as besoin de moi. Pitié Seija. Reste. Mais elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas qu’elle l’aide. « Il faut que tu comprennes ». Mais elle avait déjà tout compris. Mais elle avait déjà tout vu. Il ne suffisait plus de comprendre maintenant, mais d’agir. Il falalit qu’elle face quelque chose, qu’elle se rende utile pour une fois qu’elle mène à bout ses visions, qu’elle l’aide parce qu’elle ne pouvait pas la laisser comme ça. Alors elle ouvrit la bouche mais aucun son n’en sortit. Elle savait à présent qu’elle ne ferait que penser à ce petit garçon avec ses grands yeux chocolats, ses cheveux noirs, son air triste et apeuré. Elle savait qu’il viendrait la voir quand elle fermerait les yeux et qu’il l’a supplierait de l’aider. Elle savait qu’il deviendrait bientôt une obsessions de plus, un but à atteindre, une raison de vivre.

      WINNYFIELDSeija… Je.. S’il te plait… N’affronte pas ça seule. Je ne peux pas ta laisser comme ça. Je… S’il te plait, laisse-moi-t’aider. Tu as besoin de moi. Je pourrais provoquer mes visions, j’essaierais d’aller jusqu’au bout même-si j’en deviens malade….


    Ses mots étaient faibles, presque inaudibles. Mais elle n’arrivait pas à parler fort. Elle avait trop crier et elle était encore sous le choc de ce qu’elle venait de voir. Elle avait mal à la gorge, et elle essayait de ne pas pleurer. Et elle regardait toujours Seija dans les yeux. Et elle avait la conviction qu’elle avait besoin d’aide.


      WINNYFIELDJe ne pourrais pas te laisser seule. Impossible… Toi tu ne comprends pas que… ça va devenir une obsession… ton fils… son regard, ses pleurs, ses cris… Je ne cesserais pas de penser à lui…. Et la nuit je le verrais aussi… Je ne peux pas te laisser comme ça. S’il te plait Seija. Accepte mon aide… Je serais muette comme une tombe. Je te le promets… S’il te plait.


    Elle aurait voulut se mettre à genoux devant Seija pour qu’elle accepte. Elle aurait tout fait. Tout. Et les larmes prirent alors le dessus. Des larmes amères. Des larmes qui font à la fois du bien et qui font à la fois du mal. Des larmes salées. Des larmes qui coulaient bien trop souvent ces temps-ci.

      WINNYFIELDS’il te plait…



Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Lun 16 Mai - 5:36
    Danger. C’était le seul mot qui résonnait dans son esprit. Le danger dans lequel Winnyfield se mettait en ce moment était énorme. Elle risquait la mort. Si jamais quelqu’un découvrait qu’elle était ainsi impliquée, elle pourrait facilement y perdre la vie. Elle ne pourrait endurer une nouvelle fois une telle douleur. Elle ne pouvait risquer la vie de quelqu’un d’autre par ce simple fait, aussi simple soit-il. De l’aide. Seija n’avait aucunement besoin d’aide. Elle devait continuer sa Quête seule. Seule, car si elle était ainsi seule, personne ne serait blessé, mis à part elle. Personne ne pourrait souffrir. Et alors que les larmes ne cessaient d’abonder sur ses joues, elle ne pouvait s’empêcher de trembler. Comme elle aurait aimé fuir. Fuir sans affronter. Comme elle aurait aimé que tout cela ne soit qu’un simple cauchemar. Non. C’était bien réel. Tout était bien réel et elle en avait mal. Elle souffrait de cette dure réalité. Sans que ce ne soit même compréhensible. Tellement d’émotions s’entrechoquant violemment… Elle se sentait encore tremblante, faible. Comme si elle allait s’écrouler, comme si ses genoux la lâcheraient d’un seul coup, la laissant tomber sans que ça ne puisse se stopper. Elle avait vu ce qu’elle n’aurait jamais dû voir. Elle avait révélé un lourd secret, celui qu’elle portait depuis si longtemps maintenant. Presque quatre ans. Bientôt quatre ans…

    Elle le revoyait. Lui. Ses yeux de ce vert si expressif, si doux. Elle revoyait l’ondulation douce de la lumière contre ses cheveux blonds. Elle revoyait ses petites mains qui se serraient contre ses doigts, ses si petites mains. Ce sourire d’enfant qui avait été si doux, ses petites lèvres de la couleur d’une pêche. Ces souvenirs ramenaient en elle des mémoires qui faisaient jaillir de plus en plus les larmes. Toutes celles qu’elle avait. Hantée par de si beaux souvenirs qui prenaient un autre air une fois remis à jour. Hantée par cette petite voix douce. Avoir perdu quatre ans sans le voir grandir. Quatre ans sans sa présence, la seule qui avait pu être rassurante, après cette horrible trahison, après ce creux béant dans son cœur. Ce creux qui était maintenant si vide et si grand que peut-être n’avait-il aucune fin. Une plaie qui ne cessait de grandir et qui envahissait tout ce qui lui restait. Qui enterrait tous les fragments de celle qu’elle avait pu être avant d’être prise de cette grande détermination. Ce pas qu’elle avait fait. Ce même pas de recul qu’elle venait de faire, ses jambes se défilant doucement, comme si elle tombait. Le regard de la jeune femme devant elle à ce moment était indescriptible. Comme un profond mélange de souffrance intérieure et de supplication. Comme si, en prenant un autre pas, elle pourrait à son tour s’effondrer. S’effondrer, même, peut-être.

    Elle voulait partir. Elle voulait tellement partir.

    Mais alors, elle répondait à son murmure étranglé par quelque-chose de semblable. Son souffle était à peine audible, une toute petite voix loin d’être claire, dans ses larmes qui continuaient de couler, elle aussi. Qu’avait-elle ressenti ? La Finlandaise ne pouvait savoir à quel point elle avait vu. À quel point elle avait senti. À quel point elle avait vécu cette scène horrible et vu ses pensées. Elle ne pouvait s’imaginer que pour un instant, un si court instant, un instant si critique, elle ait pu devenir elle. Même dans le côté magique de la chose, c’était inédit. Un art plus avancé dans la divination qu’elle ne pouvait vraiment savoir. Ses yeux se perdaient dans les siens, les deux femmes toujours sous le choc, chacune, au plus profond d’elle-même, perturbées d’une telle manière… Horrifiant. Tout simplement. Mais même dans ce moment de doute ultime, elle ne pouvait que se sentir plus perturbée. Ses paroles étaient en elles-mêmes troublantes, sa volonté d’aider presque insoutenable. Et elle continuait de nier cette aide qui lui était offerte, de peur de blesser. Elle continuait ses signes négatifs de la tête malgré ses larmes, ce ruisseau continu de larmes qui coulaient.


      « Non. Je… Je ne peux pas. S’ils savaient… »


    Sa voix se coupait alors. Le reste de sa phrase était beaucoup trop difficile à dire. Le reste de sa phrase devenait trop difficile pour même la verbaliser. Elle risquerait la mort. Elle risquerait de mourir. Pour elle. Elle ne pouvait accepter. C’était trop gros.

    Tout semblait s’évanouir. Comme elle avait mal à la tête. Elle paniquait. Elle n’arrivait qu’à peine à se calmer. Calmer cette vague de sanglots qui se préparait doucement. D’autant plus que quelqu’un avait découvert, en plus, celle-ci demandait à l’aider. Elle demandait tellement à l’aider. C’était si bon d’elle. Winnyfield était une bonne personne. Cependant, elle ne pouvait accepter. Non…Elle ne pouvait le faire. Et alors qu’elle continuait de parler, que leurs yeux se rivaient dans ceux de l’autre, elle l’écoutait, toujours aussi tremblante, troublée, outrée. Son fils. Ce qu’elle décrivait. Cette hantise. Elle connaissait cela si bien. Elle connaissait si bien ces cris. Et à ce simple mot, elle eut mal de retenir un sanglot, elle eut mal de l’entendre prononcer ne serait-ce que ce mot. Car maintenant, elle savait la profondeur. C’était comme si elle se regardait dans un miroir, les mêmes émotions. Les mêmes sentiments.

    Et elle la suppliait. Elle la suppliait tellement. Jamais elle n’avait vu sa collègue comme ça, dans un tel état. Jamais elle n’avait pu se sentir si près de quelqu’un de cette manière. Si… reliée. Et dans ses supplications, dans ce supplice de mots et de larmes amères, elle ne savait plus quoi faire. Et alors, son regard se plongeait une nouvelle fois dans le sien. Et alors, elle prenait une grande respiration. Elle devait reprendre ses esprits. Son regard parcourait par la suite le couloir. La Scandinave s’avançait vers sa collègue, à ce moment, empoignant son bras et la tirant avec elle, doucement, certes, car elle n’avait pas la force, mais l’entraînant tout de même. Elles ne pouvaient rester ici. C’était trop dangereux.

    Et alors, elle ouvrait la porte de son appartement et rentrait avec la professeure de Divination, toujours aussi troublée. Elle refermait la porte d’une manière relativement douce, sortant sa baguette de sa poche droite et murmurant quelques incantations qui empêcherait quiconque de pouvoir entendre. Et alors, elle soupirait, se retournait, les larmes toujours aux yeux, la main toujours sur la poignée et ses yeux regardant le sol.


      « Il faudra être extrêmement prudente. S’ils savaient quoi que ce soit, tu pourrais te faire tuer. »


    Un masque sérieux, déterminé, ornait son visage. Peu de choses comptaient à ce moment-même. Sa main était toujours sur la poignée et sa respiration semblait s’être stoppée. Tandis que tout roulait dans son esprit à vive allure, c’est là qu’elle décidait de relever le regard, son regard meurtri, vers elle. Elle. Celle qui voulait l’aider. Celle qui semblait prête à tout pour retrouver son fils. Pourquoi ? Pourquoi se jetait-elle ainsi dans ce vide ? En l’aidant, elle risquait tout. Elle ne la connaissait à peine… La reconnaissance était si grande, les risques impalpables. Le plus troublant était qu’elle semblait même en être consciente. Elle eut un soupir, tentant de remettre ses esprits en place.

      « Je te suis mille fois reconnaissance, mais tu dois comprendre les risques. Même l’école n’a rien de sécuritaire. Parler pourrait même être une erreur. Ça n’est pas sécuritaire, il faut être sur nos gardes. »


    Elle ne savait pas trop quoi dire, encore sous le choc, encore subjuguée. C’était comme si les mots lui manquaient, comme si ses paroles n’étaient plus que balbutiements inaudibles.
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Sam 21 Mai - 17:14
    Parfois, elle se maudissait. Parfois, elle voulait en finir avec cette vie qui n’avait aucun sens pour elle. Avec ces visions qui lui lacéraient le cœur et l’esprit. Avec ces visions qui lui montrait le malheur des autres. Et le pire dans tout ça, c’est qu’elle s’accrochait au malheur des autres. Elle s’accrochait à leur peine, à leur douleur, elle essayait de les aider. Elle essayait de les sauver. Mais elle, qui la sauverait ? Qui la sauverait de ses visions atroces, de ses rêves peuplés de ténèbres, de ses peurs les plus profondes de sa vie qui avait perdu son sens depuis que son corps fragile s’était brisé au bas des escaliers. Elle avait perdu tout goût de vivre. Elle avait perdu l’envie de fonder une famille depuis qu’elle avait apprit qu’elle était stérile. Tout s’écroulait autour d’elle. Et elle ne pouvait rien faire. Et elle était impuissante. Et elle était si seule. Si seule. Elle aurait voulu être une autre personne. Une personne plus simple qui n’avait pas une vie si pourrie, qui n’avait pas ces visions immondes… Elle aurait voulu tellement de choses. Mais en cet instant, la seule chose qu’elle voulait c’était aider Seija.

    Cette pensée balaya toutes les autres. Elle n’aspirait qu’à une chose : l’aider. Quitte à en souffrir. Quitte à tout détruire. Quitte à en mourir. Et cette perspective de la mort ne lui faisait pas peur. Elle l’avait déjà affronté une fois. Elle savait à quoi s’attendre. Elle savait qu’elle voulait une mort noble, une mort pour une bonne cause. Qu’elle soit violente ou non, elle s’en fichait, tout ce qu’elle voulait, c’était mourir pour les autres et non pour elle. Il lui restait encore cet amour pour les gens. Un amour généreux, un amour gracieux, un amour magnifiquement immense. Mais c’était aussi cet amour qui la détruisait. C’était aussi cet amour qui la rendait vulnérable et la tuait à petit feu. Et elle savait que ça l’achèverait tôt ou tard.

    S’ils savaient… Oui, s’ils savaient, ils la tueraient surement. S’ils savaient elle ne serait plus de ce monde. Mais s’ils savaient comme elle s’en fiche. S’ils savaient… S’ils savaient tout ce qu’elle a enduré pendant toutes ses années. S’ils savaient ce que s’est de réellement souffrir. Seija refusait toujours et Winnyfield avait envie de hurler son désespoir. Elle revoyait encore les yeux de Pyry. Elle revoyait encore les larmes de Pyry. Elle entendait encore les cris de Pyry. Et elle revoyait encore Christopher. Elle revoyait encore cet homme qui lui faisait froid dans le dos. Cet homme immonde, qu’il fallait éliminer de cette terre. Comment Seija faisait-elle pour vivre après la perte de son enfant ? Non, en fait, elle ne vivait pas, elle survivait. Elle survivait pour son enfant. Elle survivait pour lui. Et Winnyfield l’admirait énormément pour son courage, sa patience. Elle-même aurait finit par désespérer. Elle-même aurait finit par abandonner. Elle-même serait morte de chagrin.

    Et alors, Seija fit un geste dont Winnyfield ne s’y attendait pas. Seija prit alors la main de la professeure de Divination et elle l’entraina dans les couloirs. Winny se laissa faire. Parce qu’elle ne voulait pas résister. Parce qu’elle n’en avait pas la force. Et puis peut-être qu’elle finirait par accepter qui sait ? Une lueur d’espoir s’alluma alors en Winny et elle suivit docilement Seija. Finalement, elle entra dans l’appartement de la professeure d’Enchantement. Elle s’avança alors dans la pièce et regardait autour d’elle, toujours muette. Elle remarquait un lit, un bureau. Aucune photo ne tapissait le mur ou était dans un cadre. Seija cherchait même à ne pas exposer sa vie, son secret ici. Et elle avait raison. On était en sécurité nulle part. On pouvait à tout moment fouiller dans nos affaires, nos placards. Les Carrow pouvaient faire ce qu’ils voulaient de nous. Nous n’étions rien.

    Seija ferma la porte et Winnyfield la regardait toujours, attendant qu’elle réagisse enfin. Un petit silence c’était installé. Seija ne regardait pas Winny. Elle avait envie de pleurer, elle le sentait. Et Winnyfield la comprenait parfaitement. Elle n’avait pas dû beaucoup se laisser aller depuis tout ce temps. Elle n’avait pas dû avoir grand monde à qui se confier.

    Alors les mots que prononcèrent Seija résonnèrent dans l’esprit comme une délivrance. Elle avait encore envie de pleurer. Elle avait envie de se jeter aux pieds de Seija et de la remercier. Elle sentit ses jambes se mettre à trembler. Instinctivement, elle se tint à la table pas très loin d’elle et respira à fond. Elle ferma un instant les yeux et puis les rouvrit. Seija était devenue plus sérieuse. Elle soupira et Winnyfield vit alors toute la tristesse de sa collègue. Et elle eut envie d’hurler de nouveau tant elle avait mal pour elle. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Aucun.

      SEIJA Je te suis mille fois reconnaissance, mais tu dois comprendre les risques. Même l’école n’a rien de sécuritaire. Parler pourrait même être une erreur. Ça n’est pas sécuritaire, il faut être sur nos gardes.


    Elle acquiesa de la tête. Elle savait très bien les risques qu’elle encourait. Elle savait très bien qu’à présent sa vie ne tenait à pas grand-chose. Mais elle ne pouvait laisser faire une telle injustice. Elle ne pouvait laisser un enfant sans sa mère, une mère sans son enfant. Elle trouvait ça horrible. Elle trouvait ça monstrueux. Elle trouvait cet homme immonde. Il n’était qu’un monstre. Un monstre. Elle frissonna en repensant à lui. Elle avait de nouveau froid. Mais elle ne se laisserait pas prendre par la peur. Non, jamais. Elle ne devait pas abandonner. Pas cette fois. Elle avait déjà abandonné l’idée d’avoir une vie parfaite avec un homme, avec des enfants. Elle ne pouvait pas abandonner Seija à son tour. Elle ne méritait pas ça. Oh que non.

      WINNYFIELD Je sais Seija. Je sais…


    Elle s’interrompit alors. Sa voix était basse, elle n’était même pas sûre que sa collègue l’est entendu. Elle laissa aller un petit silence durant lequel son regard se perdit alors dans ses pensées. Seija devait savoir les raisons de son soudain dévouement. Elle devait comprendre elle aussi. Alors elle s’assit sur une chaise et regarda Seija. Son regard se fit immensément douloureux. Elle avait la respiration plus rapide. Elle se concentra alors, quitta le regard de son amie et finalement, les mots sortirent tout seuls :

      WINNYFIELD Tu sais, j’ai quelque chose à te dire. Une révélation. Et promets-moi de garder le secret. Parce que ça fait encore mal. Très mal. Je… J’ai appris que j’étais stérile il y a quelques années de cela. Je ne pourrais jamais avoir d’enfants. Je ne pourrais jamais aimer un petit être. Je… Je n’attends rien de la vie... Je… Seija, je suis seule et je voudrais te rendre service. Je ne veux pas que tu vives un peu plus ce que je vis tous les jours… Personnes ne devrait subir un tel chagrin… Personnes… Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour t’aider. Je te le promets.


    Et elle se tue de nouveau et ne regardait toujours pas Seija.
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Ven 10 Juin - 21:05
    Il faisait mal de rester là, sans agir. Il faisait mal de vivre une vie normale quand tout autour ne tournait pas rond. Quand tout semblait tomber comme un fardeau incalculable sur les épaules. Comment pouvaient-ils même penser s’en sortir sans séquelles ? Les temps étaient sombres, les mangemorts rôdaient. Les enfants étaient toujours dans la Cage, terrorisés. Comment aider ? Elle ne pouvait aider tout le monde, et, pourtant, c’est bien ce qu’elle aurait aimé faire. Tout cela, cependant, la perturbait. Ça la perturbait tellement… Malgré tout cela, elle trouvait le moyen de se sentir appuyée, autant par Eärendil qui avait toujours été là, et maintenant par Winnyfield, qui jurait de l’aider, qui ne voulait pas la laisser dans la situation dans laquelle elle était depuis longtemps déjà. Elle avait vu sa souffrance, avait senti sa souffrance et presque vécu. Enfin, c’était ce qu’il lui avait semblé. Elle ne pouvait pas vraiment comprendre à quel point sa vision avait été profonde, savait simplement qu’elle avait pu la perturber à un point tel qu’elle s’était effondrée, avait pleuré. Elle avait totalement relaté ce qu’elle avait dit en cette nuit sombre de Novembre. C’était étrange, troublant, mais à la fois si intriguant. Elle ne pouvait comprendre.

    Elle avait même du mal à envisager que quelqu’un ne l’aide. Toujours, elle avait continué cette Quête seule, sans l’aide de personne, ayant toujours été solitaire, autonome. Tous ces changements, d’un seul coup, avaient le don de la déstabiliser. Pourtant, c’était pour son bien, car elle était sur une piste. Avec de l’aide, elle pouvait s’y rendre. Avec de l’aide, elle avait plus de chances de retrouver son enfant. Mettre en danger Winnyfield, cependant, était quelque-chose, une idée qu’elle n’appréciait pas tellement. Mais pourtant, c’était elle qui voulait, c’était elle qui tenterait de lutter. Elle n’avait rien eu à dire. Quel grand cœur cette femme possédait. C’était tout de même quelque-chose de très généreux. De jeter son dévolu ainsi sur une seule personne, seulement pour l’aider. Sûrement ressentait-elle cette douleur qu’elle gardait pour elle. Seija retenait ses larmes. De penser à tout cela lui avait fait mal, comme à son habitude, mais elle ne pouvait s’empêcher. Sûrement aurait-elle du mal à s’endormir, en cette nuit. Son regard se tournait alors vers la fenêtre, où, dehors, on pouvait voir la lune et ses reflets sur le parc de Poudlard, gigantesque et entouré de la forêt.

    Il y eut les faibles paroles de Winnyfield face à ce qu’elle avait dit, face à cette courte morale à propos de la prudence. Elle acquiesçait. Elle était parfaitement au courant des risques. Il était presque incroyable que quelqu’un puisse autant se dévouer. C’était honorable, tout simplement. Pendant un instant, son regard se posait sur celui de la professeure de Divination, avant qu’elle ne revienne à la fenêtre noire.

    Sa main se délogea de la poignée de porte, avant que sa baguette fasse un mouvement souple dans son autre main, fermant ainsi les rideaux et jetant un nouveau sort qui empêcherait quiconque d’entendre sur les fenêtres. Scellées, ainsi, elle se sentait un peu plus en sécurité. Cependant, elle ne pouvait enlever ce sentiment de crainte vis-à-vis de cela, ce sentiment incertain qui l’envahissait en ce moment était beaucoup trop lourd. C’était sûrement normal, après tout, avec ces secrets que personne ne se devait d’entendre. Elles risquaient leur vie. Si un Carrow passait et entendait la conversation, ou pire, si le directeur l’entendait, elles pouvaient bien dire adieu à leur vie à Poudlard. Suite à l’erreur de Sturridge et le sort qu’il avait subi face à celle-ci, la prudence était de mise, beaucoup trop importante pour la laisser de côté. Elle bénissait ainsi ses capacités en Sortilèges, pour le simple fait de pouvoir jouer avec des sorts assez puissants pour se cacher de quiconque à l’aide de plusieurs incantations.

    Elle vit la jeune femme s’asseoir sur une des chaises. Les jambes étaient-elles en train de la lâcher ? Elle sentait ce sentiment, en elle, qui pouvait lui dire cela. Pourtant, ce ne devait être qu’une simple illusion. Une pensée soudaine, un revirement de situation qui ne devait pas vraiment exister. Oui, simplement son imagination. Et alors, Winnyfield se mettait à parler. Sa voix semblait détruite. Un trop-plein d’émotion se faisait sûrement ressentir. Tout était si étrange. Elle ne pouvait réellement relater les pensées de la jeune femme. Et tandis qu’elle la regardait, son regard, lui, regardait le vide. Elle semblait pensive. Ce qui la toucha le plus, cependant, restèrent ce qui la troubla le plus. Faisait-elle tout cela pour cette raison ? Elle en eut le souffle coupé. La gravité avec laquelle elle disait ses paroles, c’était si profond. Et encore, elle n’osait même plus affronter son regard.


      « Je… Ton secret est bien gardé avec moi, Winnyfield. »


    Elle était sincère. Il fallait aussi bien dire qu’elle n’avait jamais été vraiment du genre à raconter les malheurs des autres, surtout pas quand elle en vivait elle aussi et à ce même effet. Elle ressentait que Winnyfield avait dû vivre quelque-chose, peut-être même plus qu’elle ne le racontait. Peut-être même quelque-chose de semblable, quelque-chose qu’elle-même avait vécu. D’une certaine manière, peut-être celles-ci pourraient-elles s’entraider dans leurs problèmes. Elle se sentait plus près d’elle maintenant qu’elle ne l’avait jamais été, sûrement par cette cause, par le simple fait qu’elle ait été dans son esprit pendant un court moment. Un lien profond semblait ainsi se créer. Et si c’était une entraide, les deux pourraient sûrement s’en sortir. Elle ne pouvait certainement pas la laisser comme ça, la laisser l’aider sans pour autant lui rendre service à son tour, même si elle ne savait pas vraiment à quoi s’attendre, ce qu’elle avait réellement vécu. Trouver Christopher était cependant la première étape. Il fallait retrouver ce monstre, retrouver son fils. Son pauvre fils. Il devait tellement avoir grandi… Sans elle, sans elle, il avait grandi. Elle devait le retrouver. Christopher était cruel. Qui sait ce qu’il pouvait être en train de lui faire ?

    Le convertir au mal. C’était sûrement son seul but. S’il agissait avec lui comme il l’avait fait avec elle, son pauvre enfant devait souffrir. Elle devait le retrouver, le plus vite possible. Le retrouver, pour que son cri s’arrête, pour qu’elle ne ressente plus ce vide. Pour lui donner l’amour dont il devait manquer. Elle s’avança alors vers elle, posa une main sur son épaule, des larmes plein les yeux.


      « Merci. Merci infiniment. »
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MessageSujet: Re: My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé   Mar 28 Juin - 13:47
    La plaie c’était rouverte. Plus grande et plus béante que jamais. Cette plaie faisait mal, très mal trop mal. Elle ouvrait un abysse profond, un trou béant dans sa poitrine. Une cicatrice qui saignait toujours, une cicatrice qui faisait mal. Elle avait toujours pensé qu’elle aurait des enfants. Toujours. Elle l’avait tellement voulu, tellement espéré. Elle c’était toujours dit qu’elle ferait une mère formidable, une mère exemplaire. Elle ne voulait pas être comme sa mère à elle. Cette femme rigide, cette femme froide, cette femme qui ne l’aimait pas et préférait sa grande sœur parce qu’elle était à son image. Parce que sa grand sœur était bien plus belle, bien plus blonde, bien plus distinguée qu’elle. Elle était bien plus douce, bien plus polie, mieux élevé qu’elle. Elle était le soleil et tout le monde tournait autour d’elle. Tout le monde. On voulait tous un peu de lumière de cette femme. On voulait tous un regard, un sourire. Et quand on l’avait, on expirait de joie. Tout le monde la regardait, tout le monde l’admirait. On avait d’yeux que pour elle. Et dans l’ombre, derrière cette beauté incandescente, derrière cette majesté, il y avait Winnyfield. Winnyfield la plus petite, la plus discrète, la rien du tout. Alors sa mère ne la jugeait pas à la hauteur. Non. Alors Winnyfield ne voulait pas ressembler à cette femme qu’elle respectait. Elle ne l’avait jamais considéré comme sa mère. Il n’y avait jamais eu de véritable sentiment, d’amour réciproque, d’amour de mère. Pourtant, la jeune femme débordait de cette envie d’aimer, de cette envie de protéger. Et elle savait que c’est ce qu’elle ferait avec ses enfants.

    Malheureusement, ce jour-là à l’hopital, ce matin de mai où il faisait encore un peu froid, où le printemps n’était pas encore tout à fait là, ses rêves de devenir mère c’étaient brisés, envolés, disparut. Ce matin-là, quand le Gynécomage qui s’occupait d’elle se tournait vers elle, le visage grave, le visage compatissant, le visage de cette pitié-là, Winnyfield su que quelque chose n’allait pas. Ce matin-là, quand il lui dit que ses trompes ne produisaient aucun ovule, qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfant, elle sentit son monde s’effondrer. Ce matin-là, quand il lui dit qu’elle était stérile, elle comprit qu’elle ne serait jamais mère, qu’elle ne pourrait jamais porter un enfant dans son ventre, qu’elle n’entendrait jamais un petit être l’appeler maman et courir vers elle en sautillant. Elle comprit que la vie ne voulait pas d’elle, que la vie lui en voulait.

    Alors, elle était sortit de la pièce, avait salué le gynécomage toujours poliment, avait marché le long du couloir sans réellement s’en rendre compte, avait prit le métro, avait tourné la clef de chez elle, avait laissé son sac à l’entrée, s’était dirigé vers sa cuisine, avait préparé un énorme gâteau au chocolat, avait attendu devant le four pendant la cuisson, avait finit par le sortir, s’en était découpé une part, l’avait mangé, et puis une autre part, l’avait mangé, et ainsi de suite. Et elle mangeait encore et encore. Elle mangeait en pleurant. Elle mangeait de désespoire. Elle mangeait parce que c’était la seule chose à faire. Parce que c’était la seule chose qui lui restait réellement. Et quelques temps après, elle avait courrut aux toilettes et avait tout vomi. En pleurant.

    Elle avait vingt et un an.

    Une larme coula sur sa joue. Elle était morte ce jour-là comme elle était morte le jour où elle s’était retrouvée à l’hôpital après un long coma. Elle était morte depuis qu’elle avait seize ans. Elle était morte, tuée par la vie, tuée par les hommes, tuée par tout le monde. Et la plaie continuait de s’ouvrir encore et encore. Et elle n’attendait plus rien de la vie. Plus rien. Elle était déçue. Elle était abandonnée. Elle était piétinée. Elle était oubliée. Elle était perdue.

    Parfois, elle se demandait ce qu’elle faisait encore debout. Ce qu’elle faisait encore à donner des cours à des enfants, à rire, à sourire. Elle se demandait comme elle faisait. Elle n’était plus qu’un cadavre. Un cadavre dans un corps encore vivant. Elle était morte à l’intérieur. Morte. Elle ne respirait plus. Elle ne bougeait plus. Elle était un fantôme. Un fantôme écorché. Un fantôme hanté. Et les fantômes souffraient. Et les fantômes voyaient défilés la vie, essayaient de l’attraper du bout de leur doigt mais elle leur échappait encore et toujours. Elle leur échappait. Winnyfield était un fantôme. Un fantôme mal, un fantôme au bord du suicide, bord du précipice. Elle riait, mais elle n’était pas là. Elle souriait, mais c’est faux. Elle marchait, mais elle ne sentait pas ses jambes. Elle parlait, mais ne savait pas ce qu’elle disait. Elle était là sans être là. Elle était morte. Elle était un fantôme. Un fantôme désespéré, à bout de souffle. Elle était un cadavre dans un corps jeune et en bonne santé.

    La voix de Seija se fit entendre. Winnyfield sursauta alors. Seija ne dirait rien. Seija serait muette. Seija serait une amie. Une amie. Un autre fantôme. Un autre cadavre. Winnyfield la regarda alors. Cette femme était forte. Bien plus forte qu’elle. Cette femme était elle aussi un cadavre, elle aussi un fantôme. Elle était morte quand son fils lui avait été arraché. Elle était morte cette nuit-là en Finlande, dans la neige. Elle était un cadavre, un fantôme qui voulait retrouver la vie. Une vie qui lui échappait à elle aussi. Une vie qui ne se résumait qu’à un seul être, une seule personne, un seul nom : Pyry. Comment faisait-elle pour tenir encore debout, pour encore pouvoir se battre ? Elle faisait comme Winnyfield. Elle était tenue par un lien invisible. Elle était tenue par la vie qui voulait garder, la narguer, la détruire. Elle était tenue par une pensée, une conviction : l’espoir. Elle espérait alors que Winny, elle, n’espérait plus rien. Elle espérait encore et toujours et c’est ça qui la maintenant encore debout. Encore et toujours.

    Winny observait cette femme forte. Cette femme qui s’agenouillait devant elle, qui prenait sa main, qui laissait passer une larme, puis deux et qui la remerciait, qui lui en serait toujours reconnaissante. Elle observait cette femme, cette amie qui avait perdu son enfant et qui voulait le retrouver. Et alors Winnyfield réalisa quelque chose d’important, quelque chose d’énorme : Seija venait de lui redonner le goût de vivre. Elle devait l’aider à trouver son enfant. Elle le devait. A présent, c’était la seule chose qui comptait. Peu importe les autres, peu importe de qu’elle manière elle devait y arriver, si elle devait mourir de ses visions, elle devait le faire pour Seija, et pour elle aussi.

    Elle releva alors Seija avec douceur. Elle se releva aussi. Une certaine détermination apparut dans ses yeux et un instant, elle semblait reprendre vie. Elle semblait reprendre goût aux choses. L’espace d’un instant, elle n’était plus un cadavre, ni un fantôme. L’espace d’un instant elle était vivante. Vivante. Elle regardait toujours Seija et lui répondit avec douceur :

      WINNYFIELD Merci à toi Seija. Merci de me rendre vivante. Merci de me redonner espoir. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour t’aider. Je te tiendrais au courant si j’arrive à trouver quelque chose.


    Elle lui sourit alors doucement et s’éloigna d’elle. Elle arriva alors jusqu’à la porte de la loge à Seija. Elle s’arrêta un instant, se tourna vers Seija et lui souhaita bonne nuit. Puis, elle se retourna, tourna la poignée et ouvrit la porte qui se mis légèrement à grincer. Elle la referma derrière-elle et s’en alla dans ses appartements. Elle s’en alla dans ses appartements, déterminée et plus vivante que jamais. Vivante.
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My tale is the most bitter truth. { Winnyfield | Terminé

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