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 The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ

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MessageSujet: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Ven 4 Mar - 23:40


The end

The songwriter’s dead
The blade fell upon him
Taking him to the white lands
Of Empathica,
Of Innocence
Empathica
Innocence

The dreamer and the wine
Poet without a rhyme
A widowed writer, torn apart by chains of Hell

    « Les Terres Blanches.
    Voilà longtemps que je les imagine, que je décris leurs montagnes de neige et leurs plaines balayées par un vent violent. Ma plume n’a de cesse de faire fouler son herbe sombre par des héros en armure et des monstres hideux, de transformer sa belle surface en champs de batailles immondes où le sang remplace les pluies. J’écris sans cesse, je rêve sans trêve et mon esprit ne trouve pas le repos, mais cela me convient. Je serais vide sans tous mes songes, sans toutes ces histoires que je me plais à inventer. Je donne naissance à des êtres de papier qui me sont plus chers que les enfants que j’aurais peut-être plus tard, je donne la vie et la mort. Déesse suprême et, dans le même temps, simple narratrice des aventures fabuleuses que mes personnages vivent, ils me content leur histoire et je les offre à ceux qui me lisent. J’écris pour vivre, je vis parce que j’écris et j’ai appris à aimer tout en rêvant d’amour.
    De la noirceur du monde je me libère en éclairant les pages blanches de la lumière de mes rêves. »

    Eva referma avec douceur son volumineux journal et le glissa dans sa demeure secrète. Elle posa la plume dans l’encrier pour la remercier de ses si loyaux services avant de quitter le dortoir en silence. Ecrire l’apaisait et lui offrait un calme qu’elle était loin de posséder. Couler ses mots sur le papier, s’y oublier totalement, était une chose qu’elle aimait par-dessus tout, chaque parcelle de haine ou de rancœur vivant en elle s’évaporait au fil de l’encre, remplacer par une certitude :
    Rien ne pouvait détruire ce qu’elle avait écrit.
    Sa journée était achevée depuis longtemps et il s’en fallait de peu pour que l’heure du dîner sonne mais le désir de partager son amour de la composition à quelqu’un s’était imposé à elle. Toutefois, elle ne désirait déranger ses amis de Gryffondor avec cela, préférant se confier à une oreille plus… attentive et expérimentée sur le sujet. Non pas que ses camardes soient illettrés mais peu d’entre eux pouvaient réellement comprendre son amour des Mots et la force qu’elle ressentait en les maniant sur du papier blanc. Tout en prenant garde aux Serpentards qui se dirigeaient vers la Salle Commune, la jeune fille s’élança vers les couloirs menant au cours d’Enchantement. Certes, le temps des révisions et des leçons était largement dépassé, mais elle savait pertinemment que l’enseignante chargée de ce programme se trouvait encore dans la large pièce, comme à son habitude. Seija Toivonen avait beau être sa professeur, Eva pouvait prétendre connaître un tant soit peu quelques unes de ses manières même si elle se gardait bien de le dire.

    A son arrivée à Poudlard, jamais la Gryffondor n’aurait songé se lier d’une telle manière avec une enseignante. Certes, elle avait toujours respecté ses professeurs et était une élève agréable et sérieuse au quotidien mais, de là à se lier d’amitié avec l’un d’eux, c’était un pas qu’elle ne serait jamais crue capable de franchir. Mais elle devait admettre que Seija n’était pas semblable à ses collègues. Eva se souvenait parfaitement de la première fois qu’elle était entrée dans la salle de cours du professeur Toivonen : elle et le restant de la classe avait pénétré dans la pièce, s’attendant à y trouver la silhouette minuscule de Flitwick mais, à sa place, s’était une femme aux cheveux de jais et au regard de glace qui les avait accueillis. L’adolescente avait été saisie au premier coup d’œil, fascinée par cette créature mystérieuse et sa voix de velours. C’était en grande partie grâce à Seija qu’elle s’était ainsi investie dans les cours de Sortilèges et d’Enchantement. Néanmoins, c’est avant tout son équilibre que la sang et or devait à cette personne.
    Lorsque Eva était à la limite de l’explosion, c’était vers cette femme qu’elle s’était tournée, d’abord avec timidité puis avec confiance. Jamais elle n’avait osée déranger l’enseignante ou même la questionner su son passé mais l’étonnante maturité et le sang-froid de cette dernière réveillait en elle un souvenir lointain, un rêve quasi éveillé. Depuis ce temps, elle n’hésitait pas à partager ses peines ou encore ses écrits avec Seija, dont possédait la plume merveilleuse avait ravalé l’ego parfois surdimensionné de la Gryffondor au rang d’insecte insignifiant. Néanmoins, elle réservait cette visite-là pour lui offrir, non pas des larmes et des rages ravalées comme cela avait été souvent le cas, mais juste pour l’interroger : n’était-elle pas folle de croire ainsi en la force des Mots et de se confier aux pages vierges plutôt qu’à des personnes en chair et en os ? De mettre son destin entre les mains d’héros improbables ?
    Elle pénétra silencieusement dans la salle de cours après avoir toqué à la porte et appela doucement :


    « Professeur Toivonen ? »

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Invité
MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Sam 5 Mar - 6:59
    Assise à son bureau, Seija ne cessait de tourner en rond dans son esprit. Des images, des centaines d’images ne cessaient de la hanter. Tellement de problèmes. Tellement de choses arrivaient. Des choses horribles. Des meurtres. Des élèves enfermés. Tant d’élèves étaient enfermés... Mais où ? Où pouvaient-ils se trouver ? Il n’y avait aucune issue. Rien. Aucune piste, aucune trace de cette salle où ils étaient tous. Dans le murmure du temps, rien ne semblait y faire. Et malgré ses réflexions, ses recherches, elle ne pouvait trouver quoi que ce soit. Ce simple fait avait le don de la tourmenter, de la perturber au plus haut point. Un autre problème à rajouter sur ceux qu’ils subissaient déjà. Une autre lourde charge qui semblait tomber se livrer à un puissant combat dans on âme. Et tant de choses régnaient, tant de choses qu’elle ne pouvait tout capter. En plus des élèves en danger, il y avait Eärendil. Eä... Avait tant de problèmes car elle était Née-Moldue. Tentant de vaincre le Ministère corrompu, se cacher entre les murs de Poudlard était peut-être sa seule chance. Elle devait l’épauler, car elle ne semblait plus être elle-même. Et même si elle n’aimait pas vraiment ce fait, Endzo, son meilleur ami, devait lui aussi l’aider. Comme si elle s’habituait un peu à sa présence, cependant, elle semblait l’endurer mieux qu’avant.

    La Finlande... Comme elle manquait la Finlande, son froid, ses plaines blanches et ses hivers. Être trop loin du pays où elle avait passé sa vie était comme une déchirure. De parler anglais jour et nuit pour se faire comprendre était quelque-chose d’encore pire, car, même si elle le maîtrisait parfaitement, le Finnois lui manquait. Pouvoir le parler avec personne était désolant. Tellement désolant... Rester forte était devenu une habitude, l’espoir sa meilleure amie, même si parfois elle daignait lui fausser compagnie. Ses problèmes à elle devraient attendre, mais pouvait-elle même penser à attendre ? Pyry... Cela faisait déjà trois longues années, où une nouvelle s’ajouterait au compte. Elle ne pouvait laisser tout cela la rendre malade. Elle devait le retrouver, au plus vite, tant qu’il était encore temps. Avant que Christopher ne le convertisse, ou pire, qu’il puisse le tuer. Mais s’il osait un jour même tenter de mettre sa main sur lui... Son fils... Il lui manquait tant. Et en ces temps durs, le retrouver était la seule chose qui roulait dans son esprit, comme une incessante mélodie inoubliable. Elle entendait presque sa voix, sa voix qui susurrait doucement la même chose, encore et encore, dans une plainte sinistre. Elle revoyait le brouillard, le noir, sa silhouette tenant l’enfant qui criait, qui se débattait. Elle revoyait sa propre main se tendant vers lui, tentant de le rattraper, criant son nom. Rien n’y avait fait. Il était parti. Parti.

    Pourquoi restait-elle dans la salle de classe à cette heure ? C’était une habitude qu’elle avait prise depuis le début de l’année. Elle y restait souvent pour prendre des notes, ou qu’importe, avant l’heure du dîner et avant de monter dans ses appartements. Une habitude qu’elle gardait. Cependant, le dîner ne serait pas pour elle, ce soir. Elle n’avait pas le coeur à manger, aucunement faim. Certains élèves venaient, parfois. Parfois c’étaient des enseignants. Certains étaient bienvenus. D’autres, par contre, attiraient plutôt sa froideur et ses regards sombres. Personne n’était à l’abri en ces temps durs. Les Mangemorts rôdaient, faisaient preuve de prudence. Et pourtant, elle tentait d’en savoir les secrets. Pour l’instant, ce qu’elle avait appris n’était rien. N’aidait en rien à sa Quête. N’aiderait personne de l’Ordre ou même au sein de l’établissement. C’était désolant. Mais que pouvait-elle faire pour le contrer ? Elle avait beau se battre, parfois ce n’était pas suffisant. Parfois, les élèves du côté du Mal se faisaient insistants, arrogants. Elle n’y pouvait rien. Tentait seulement de les contrer par des remarques calmes, froides. Et bien que certains en étaient effrayés, d’autres tentaient de se montrer forts. Peut-être l’étaient-ils, ou peut-être n’était-ce qu’une parure. Tellement de choses se passaient dans l’école qu’il était dur d’en déceler quoi que ce soit.

    Du bout de sa plume, sa main tapissait d’encre une feuille, une partition de piano longtemps oublié, des notes qui semblaient insensés. L’éclairage doux de deux chandeliers était la seule lumière éclairant la classe, qui, habituellement très éclairée, ne laissait que voir le papier sur lequel elle écrivait d’une douce lumière orangée. Ses doigts jouaient doucement sur la table, imaginant le son des notes, car la musique était son moyen de s’en sortir. La musique était celle qui lui permettait de s’échapper. La musique en elle seule l’apportait dans un autre monde. Un monde comparable à celui de ses rêves dans lesquels elle tentait de s’éclipser. Se sentant immortelle. Sans peur. Elle revoyait le visage de son fils, si doux, ses yeux d’un vert pomme semblable au sien, ses cheveux d’un blond de blé chatoyant, sa couleur naturelle. Son coeur saignait à cette seule pensée. Comme elle voulait le revoir. Tenir sa main. Le serrer dans ses bras. Son instinct maternel reprenait souvent le dessus, même avec les élèves. Eux ne pouvaient ressentir cette perte qu’elle gardait profondément cachée au plus profond d’elle. Et pourtant...

    Ses yeux devinrent quelque peu humides. À la porte, elle entendit trois coups, releva la tête. La porte s’ouvrit alors, laissant entrer la silhouette d’une jeune femme, éclairée par les douces bougies. Sa voix se porta à elle, une voix qu’elle reconnut à l’instant. C’était Eva. Une jeune femme qui venait souvent discuter avec elle. Elle avait un grand coeur, beaucoup d’imagination, ce qu’elle aimait bien montrer à la professeure de Sortilèges qui se faisait toujours plaisir d’écouter. Malgré ses qualités de Gryffondor, elle semblait tellement vulnérable, par moments. Cette fois, cependant, tandis qu’elle approchait, elle ne semblait pas apercevoir des traits perturbés. Elle était un peu comme la protégée de la Scandinave, avec qui son côté maternel ressortait parfois plus qu’avec les autres. Elle s’adressa à elle d’un ton poli faisant partir l’humidité de ses yeux de quelques battements de cils.


      « Bonsoir, miss McWolf. Que vous amène-t-il ici, en cette heure tardive ? »
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Invité
MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Lun 7 Mar - 21:43
One last perfect verse
Is still the same old song
Oh Christ, how I hate what I have become

Take me home

Getaway, runaway, fly away
Lead me astray, to dreamer’s hideaway
I cannot cry ’cause the shoulder cries more
I cannot die, I, a whore for the cold world
Forgive me,
I have but two faces
One for the world,
One for God
Save me
I cannot cry ’cause the shoulder cries more
I cannot die, I, a whore for the cold world

    Seija était bel et bien là, comme l’avait deviné la Gryffondor, assise face à son bureau, appliquée à écrire elle ne savait quelles notes. Ayant souvent opté pour la discrétion afin de ne pas s’immiscer dans les habitudes de sa professeure, la jeune fille ne l’avait jamais questionnée sur son passé ou même certaines de ses manies, préférant ne pas s’abuser de la gentillesse d’une femme qui lui donnait déjà tant. L’enseignante lui adressa un sourire de bienvenue :

    « Bonsoir, Miss McWolf. Que vous amène-t-il ici en cette heure tardive ? »

    La première fois qu’Eva avait entendue cette voix fluide et froide, elle avait frissonnée. Tout en cette dame inspirait le respect : le maintien altier, le visage impassible, le regard posé, jusqu’aux mouvements empreints de grace lorsqu’elle se déplaçait. Secrètement, la rouge et or s’était inspirée de cette femme pour l’une de ces héroïnes de caractère, perles satinées dans l’écrin sombre du monde. Elle ne dévoilait rien de cet être fantasque, préférant le garder dans l’anonymat jusqu’à ce qu’elle trouve le courage de le présenter à celle qui, inconsciemment, avait aidé à sa conception. Eva avait beau considérée Seija comme une amie, ainsi que comme une professeure, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir gauche, presque infantile face à la Scandinave. Souvent, elle s’était demandée comment cette femme faisait pour supporter ses crises de larmes ou ses déséquilibres, alors que ses propres amis peinaient parfois à la comprendre. Heureusement, cette fois, sa visite était motivée par une envie sensée et joyeuse et non par une peine quelconque.

    « Bonsoir, Professeur, la salua-t-elle poliment, j’aimerais vous poser une question. »

    Elle se dirigea calmement vers le bureau, rassurée par le sourire avenant de Seija. Un fugace instant, elle crut discernée une larme dans son regard d’automne puis se ravisa. Jamais elle n’avait vue son enseignante pleurer et ne l’imaginait même pas capable d’éclater en sanglots. Non pas qu’elle prenait la femme pour une insensible, mais elle semblait si forte, un véritable roc de pierre entourée par la neige douce et froide de Finlande. Eva saisit une chaise et s’y assit, faisant face à Seija.

    « Tout comme moi, vous écrivez, commença-t-elle, et j’ignore si vous ressentez la même force que moi lorsque les Mots coulent de votre plume. Je ne crois pas au Destin, j’ignore quoi faire de ma vie. La seule chose que je sais, c’est que je veux écrire. Je suis prête à confier mon existence à ce que beaucoup considèrent comme un simple loisir, à donner ma vie pour mes personnages et leurs univers. Peut-être est-ce une folie mais je crois en la beauté et en la force des Mots… »

    Elle se tut, incapable de déchiffrer l’expression affichée sur le visage de l’enseignante. Se confier ainsi à quelqu’un était précieux, qui plus est quand ce quelqu’un possédait l’expérience et le cœur de Seija Toivonen. Eva attendit une réponse, se demandant si, décidemment, elle ne ferait pas mieux de se faire intégrer à Sainte Mangouste. Après tout, n’était-ce pas stupide de passer son temps à écrire des kilomètres de pages au lieu de profiter de sa jeunesse ? Elle avait la vie devant elle pour composer, non ? Quant à l’imagination, sa fugace amie, elle aura tout le temps de passer quelques instants intimes avec elle plus tard…
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MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Lun 7 Mar - 22:35
    Eva avait l’air tout bonnement calme, en cette soirée d’Octobre. Il était assez commun qu’elle rentre ici en pleurs ou avec trop d’émotions pour pouvoir les gérer, mais aussi commun de la voir déambuler entre les allées seulement pour venir discuter. Aujourd’hui semblait être un simple cas de discussion, car elle ne voyait en elle aucun aura assez perturbé pour que cela soit pour calmer ; elle semblait tout aussi sereine qu’elle. À ne pas se tromper, cependant, Seija ne souriait pas. Elle ne souriait jamais en présence des gens, jamais même quand elle était seule. Sourire était quelque-chose qu’elle avait oublié avec le temps, ses sourires semblaient forcés, exagérés pour cette tristesse intérieure qu’elle ressentait. La seule personne qui avait même pu la voir sourire était Eärendil, mais ces occasions étaient même assez rares. Pyry hantait chaque parcelle de son esprit, elle ne passait pas une seule minute sans ne pouvoir penser à lui, à sa voix, sa douce manière de l’appeler par son nom de mère – Aïti – qu’elle n’avait entendu depuis si longtemps. Ce simple fait la manquait plus qu’elle ne l’aurait espéré. C’est ainsi qu’elle devenait à ce point maternelle avec les autres étudiants, qu’elle pouvait se montrer stricte et si aimante. Cette plaie béante l’envahissait, la déstabilisait, la tuait lentement. Même si elle ne souriait pas, cependant, elle se faisait accueillante, en aucun cas oppressante.

    La jeune Gryffondor la salua tout aussi poliment qu’elle s’était adressée à elle, prétextant la raison de sa visite entre les murs du cours de Sortilèges, des murs qui semblaient cependant beaucoup moins clairs qu’à l’habitude, moins animés. L’atmosphère ne pouvait amener plus de quiétude.


      « Allez-y. Je suis toute ouïe. »


    La jeune septième année marchait alors tranquillement vers le bureau de l’enseignante, qui la regardait de ce même regard calme qu’elle donnait habituellement, ses yeux ayant oublié leur humidité. Se concentrant sur autre chose, elle espérait ne pas avoir l’air différente qu’à l’habitude, quoique ceci pouvait s’avérer compliqué quand elle repensait à son enfant. Elle laissa le morceau de parchemin contenant plusieurs notes de musique de côté, entrelaçant les doigts de ses mains ensemble, posant ses paumes sur le bureau. La lueur dorée que donnait la chandelle était douce, n’aspirait qu’à cela. Et alors qu’Eva prenait place, elle expliquait ce qui la tracassait, sans gêne, quoiqu’elle semblait un peu hésitante sur les mots qu’elle utilisait, les termes. Son parler était exprimé dans une langue littéraire semblable à ce qu’elle-même aurait pu débiter, des ressemblances qui ne mentaient pas à ceux qui écrivaient beaucoup, ou à ceux qui, comme elle, l’éducation n’avait pas manqué. L’anglais n’était peut-être pas sa langue natale, mais elle le parlait tout aussi bien que si ça avait été le cas, seulement avec ce petit accent qui la trahissait autant que ses r qui étaient roulés.

      « Certes, il me prend parfois des envies d’écriture, mais mes écrits ne sont que rarement à la hauteur de votre splendide imagination. Il ne faut pas craindre ce que le Futur peut réserver, au contraire. Cependant, si vivre de votre passion est ce que vous voulez faire, le chemin peut parfois être rude, mais toujours est-il que cette voie est praticable quand on y met de notre volonté. »


    Elle s’arrêta quelques instants. Vivre de sa passion était chose qu’elle avait faite pendant une bonne partie de sa vie. Jouer de la musique, chanter, composer. Virtuose dans l’âme, elle comprenait le sentiment que pouvait éprouver la jeune femme quant à son désir de pousser ses rêves à leurs limites. Pendant ses longues études, elle s’était rabattue sur une passion, tout cela avant de devenir Oubliator. Un bout de chemin qui avait pu sembler fatal en y voyant où il avait pu la mener, mais là n’était pas vraiment la cause.
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MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Ven 11 Mar - 23:09

    My home was there and then
    Those meadows of heaven
    Adventure-filled days
    One with every smiling face

    Please, no more words
    Thoughts from a severed head
    No more praise
    Tell me once my heart goes right

    Take me home

    Getaway, runaway, fly away
    Lead me astray, to dreamer’s hideaway
    I cannot cry ’cause the shoulder cries more
    I cannot die, I, the whore for the cold world
    Forgive me, I have but two faces
    One for the world,
    One for God
    Save me
    I cannot cry ’cause the shoulder cries more
    I cannot die, I, a whore for the cold world
    Whore for the cold world
    Whore for the cold world

    Si rien, dans l’attitude calme et sereine de l’enseignante, n’était inhabituel aux yeux d’Eva, une sensation de malaise persistait dans son ventre, née d’un sixième sens qu’elle appelait sa malédiction : une sensibilité exorbitante. Une infinité de choses touchaient la jeune fille et pas uniquement que les critiques acerbes ou les moqueries blessantes. Elle sentait les émotions que renvoyaient les gens, même par fragment, et cela la déstabilisait profondément. Elle avait déjà fort à faire avec ses propres sentiments, à démêler la haine de l’affection et la rancœur de la générosité. Surtout que cette capacité ne lui avait jamais permis d’empêcher certaines personnes de la trahir ou d’abuser de son faible caractère, loin de là. Néanmoins, le fait de sentir Seija accaparée par des pensées qu’elle devinait sombres la désarmait. Elle avait beau n’être que l’une de ses élèves, la Gryffondor ne pouvait s’empêcher de désirer effacer toute trace de tristesse, si tristesse il y avait. Son éternel romantisme la poussait à vouloir aimer et être aimer de tout le monde, chose absolument impossible en soi. Elle était capable de se tourner en ridicule uniquement dans le seul but de faire rire une camarade ou de la tirer de sa mélancolie. Cela marchait peu et elle doutait que la professeure apprécie un tel geste, surtout qu’Eva n’avait en aucun cas le droit de se mêler de sa vie privée.


    « Certes, il me prend parfois des envies d’écriture, mais mes écrits ne sont que rarement à la hauteur de votre splendide imagination. Il ne faut pas craindre ce que le Futur peut réserver, au contraire. Cependant, si vivre de votre passion est ce que vous voulez faire, le chemin peut parfois être rude, mais toujours est-il que cette voie est praticable quand on y met de notre volonté. »

    La jeune fille rougit sur le compliment de Seija et lui sourit. Les mots de l’enseignante se posèrent avec délicatesse sur ses blessures intérieures, tel un baume de sagesse, et pensèrent ses doutes derrière de larges bandes d’espoir. Eva avait déjà eu l’occasion de lire quelques compositions de la jeune femme, musicales essentiellement mais, même si elle ne possédait aucun don pour le solfège, la Gryffondor avait été touchée par la fluidité, la beauté et la douceur de la mélancolie qui transpirait parfois dans les écrits de Seija et avait été profondément touchée par ce que ses textes lui avaient fait parvenir. La remarque de l’enseignante n’en était que d’autant plus précieuses aux yeux de l’adolescente…

    « Je vous remercie de vos paroles. J’ai parfois l’impression de l’écriture se perd. Le romantisme aussi. Peut-être me fais-je une idée trop transcendante de l’Amour, moi qui n’ai jamais été aimée d’un seul garçon, mais j’ai la sensation que le monde d’aujourd’hui a perdu ses couleurs. »

    Lorsque l’on se trouvait en présence d’une personne telle que Seija, il y avait le risque, ô combien élevé, de désirer lui offrir des confidences. Pourtant de nature réservée, Eva appréciait avoir ce genre de conversation avec sa professeure d’Enchantement, à la fois parce qu’elle pouvait s’appuyer sur la sagacité de cette dernière mais aussi parce qu’elle ressentait des sentiments proches des siens. Avec elle, elle pouvait dire ce qu’elle avait écrit, écrire ce qu’elle avait dit, et ce sans avoir à rougir de ses pensées ou de ses idéaux, aussi chevaleresques et farfelus soient-ils.

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MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Lun 14 Mar - 4:20
    Toujours un peu dans ses pensées, Seija ne pouvait s’empêcher de revoir les écrits qu’Eva lui avait autrefois montré, repensant à son propre passé, son propre cheminement par lequel elle avait passé pendant les années d’études. De belles années, tout cela avant ce temps si noir. Elle renfrogna un soupir, se concentrant une nouvelle fois sur la charmante Gryffondor. Celle-ci rougissait face au compliment qu’elle avait lancé. Elle était tout bonnement surprise de ce qu’elle venait de dire, à ce qui semblait. Cependant, Seija gardait son air calme, tandis que celle-ci pensait, avant de répliquer à l’aide d’autres paroles.

    Le monde est Noir. Monde de désolation, de peine et d’espoir refoulé. Un monde où le bonheur se perd, semble laisser place inlassablement à la tristesse, à ces sentiments qui rongent le monde, le corrompant comme un voile noir qui ne fait que s’agrandir, toujours plus, sans jamais s’arrêter. Ce monde où personne ne ressent une joie éternelle est peut-être la seule chose qui peut le définir. Oui, peut-être bien. Sans mal, le bien ne pourrait exister. Nous sommes plongés dans ce cercle vicieux qui ne peut être bloqué. On peut arranger les choses, mais pour combien de temps ? Combien de temps nos pieds peuvent tenir avant de s’effondrer à tout jamais dans ce gouffre ? Les yeux tellement brillants de Pyry... Elle ne pouvait imaginer cet être si pur converti au mal. Converti pour ne plus jamais être normal une nouvelle fois, encore. Comme s’il devait souffrir d’un père indigne. Elle ne le laisserait pas tomber. Pour le peu de lumière qui restait dans ce monde de Noirceur, elle ne le laisserait pas tomber du mauvais côté, le reprendrait. Perdrait sa vie pour lui, s’il le fallait. Elle était déterminée à ne pas laisser cette noirceur l’envahir. Lui donner l’amour qu’une mère lui devait. Arrêter ce cri qui ne cessait de hanter ses tympans, encore, encore, encore...

    Comme la pluie incessante qui ravage son cœur sans même stopper.

    Comme le cri désespéré d’un loup ayant perdu toute trace de sa meute, sa famille.


      « Nous sommes tous plongés dans cette noirceur. Le monde en lui-même semble en souffrir désespérément. Cependant, il ne faut perdre espoir. Quand sera le temps, il viendra. »


    Peut-être comptait-elle des mensonges à elle-même. Oui, peut-être bien. Car l’amour, elle l’avait oublié. L’amour en elle s’était diluée et jamais plus ne pourrait-elle faire confiance à un homme. Ils étaient tous pareils, à leur manière d’influencer les autres, de les manipuler. Elle les haïssait, tous autant qu’ils pouvaient être. La seule pensée d’avoir pu être aussi naïve la dégoûtait. Elle ferma les yeux pendant un instant. Cet homme en particulier attisait les flammes dans son coeur. Des flammes de rage, autant du désir de retrouver son fils. La Gryffondor cependant ne devait pas perdre espoir. Les écrits avaient certes un petit quelque-chose de plus que l’amour, semblerait-il que ce soit cette passion qui semblait toujours persister. Cette sorte d’amour, pouvait-elle réellement exister ? Cette question était totalement inutile à poser. Elle ne pouvait pas. Jamais elle ne pourrait.
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MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Lun 14 Mar - 22:40
    Sparkle my scenery
    With turquoise waterfall
    With beauty underneath
    The Ever Free

    Tuck me in beneath the blue
    Beneath the pain, beneath the rain
    Goodnight kiss for a child in time
    Swaying blade my lullaby

    On the shore we sat and hoped
    Under the same pale moon
    Whose guiding light chose you
    Chose you all

    I’m afraid. I'm so afraid.
    Being raped again and again and again.
    I know I will die alone.
    But loved.


    Le temps glissait, insaisissable, sa course si imperturbable écrasait tout, même les doutes. Si ceux d’Eva, persistants et malsains, continuaient de la tourmentée, elle était calme, apaisée par la présence de la professeure à ses côtés. Solitaire dans l’âme, la jeune fille ne vivait, paradoxalement, qu’au travers des autres. Tant de fois moquée, elle haïssait autant les autres qu’elle les aimait et son incommensurable naïveté compensait bien mal son grand cœur. Elle cherchait ces êtres, devenus si rares, capables de croire en l’espoir, en l’honneur, en l’amour, tout comme elle…

    « Nous sommes tous plongés dans cette noirceur. Le monde en lui-même semble en souffrir désespérément. Cependant, il ne faut perdre espoir. Quand sera le temps, il viendra. »

    La Gryffondor leva les yeux vers les bougies. Leur douce flamme, à peine perturbée par un léger souffle, dansait à travers la pièce. L’espoir n’était-il pas comme ces bougies incandescentes ? Etincelant et pourtant si fragile comme simple coup de vent balaie tout. Si beau et éphémère comme ce papillon, ne vivant qu’un seul et unique jour pour mourir aussitôt le soir venu. Etait-ce cela la vie ? Un seul éclat, merveilleux, puis le noir, absolu ?

    « Vous le savez, je suis une rêveuse. Et une satanée romantique. Je sais que la nuit est là, mais le jour arrive toujours à qui sait l’attendre. »

    Elle sourit à nouveau à l’enseignante, avant de se figer. Seija était d’une pâleur extrême, le regard perdu dans le vague, aussi droite et immobile qu’une stature de glace. Surprise, Eva tenta de percer le voile sombre qui enveloppait la jeune femme. En vain. Le souffle lui-même semblait inexistant, suspendu. Croyant ma voir chanceler sur sa chaise et manquer de tomber, la Gryffondor se leva à moitié :

    « Professeur Toivonen ! Vous allez bien ? »

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MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Ven 18 Mar - 22:27
    L’espoir en lui même était comme une flamme brûlante qui menaçait à chaque instant de s’éteindre, de perdre vie, dans un épais souffle de vent, engouffré de noirceur et de brouillard. Toute l’école était plongée dans ce doute profond que l’Avenir préparait. Dans ce sentiment d’incertitude face à la Bête qui guettait leurs moindres mouvements, trouvant leurs faiblesse, les frappant comme prédateur ferait sur une proie. C’était comme si chaque battement de leur cœur, anéanti et effrayé, était compté dans ces temps éternels. Ne sommes-nous pas seulement passagers sur cette Terre ? Des âmes vagabondes ne trouvant aucun but précis. Cherchant une simple quête leur étant donnée, à laquelle ils dévoueront leur vie. Pour, par la suite, disparaître dans l’Histoire, peut-être même inconnus de celle-ci. Un souffle de vent sur une feuille, une étincelle, une étoile filante disparaissant dans la nuit. En un clignement, tout disparaît. En un clignement, tandis que tout est beau, tout peut devenir ruines incandescentes sous un feu inlassable. Mais peut-être ce feu ne brûle-t-il que ce qui empêche cet Espoir de persister ? Peut-être que dans ces ruines lointaines, une silhouette pouvait-elle se dresser ?

    Elle aurait tant aimé savoir si cette piste qu’elle avait trouvé était la bonne. Si ces pas la mèneraient vers Chirstopher, vers Pyry. Dans l’espoir qui était là, qui persistait, elle y mettait plus d’acharnement, y versait plus de larmes qu’avant, tentait de dominer ses craintes, ses peurs de le revoir en sang ou même mort. Ces simples pensées la détruisaient, faisaient d’elle un simple pantin. Elle avait peur de la suite, celle qui viendrait. Elle avait peur de le laisser au dépourvu, mourir avant d’avoir fini sa Quête. Mourir en entendant son cri déchirant, encore et encore, dans la nuit noire.

    Pendant un instant, elle crut revoir cette scène. Cette neige entrant par la fenêtre défoncée de la chambre de son enfant. Cette silhouette qu’elle avait longtemps connu. Ses petites mains tentant en vain de la rejoindre, de prendre les siennes. Son cri. Ce cri. Celui qui avait déchiré la nuit, avant le vide. Avant ses larmes. Ses larmes abondantes qui n’avaient cessé de couler. Celles qui avaient mené à la décision. Celles qui avaient fait que, du jour au lendemain, elle disparaissait de sa belle Finlande pour en arriver ici. Trois ans, presque quatre, avaient passées. Trois ans sans revoir son enfant. Sans revoir son visage si doux, sans jouer dans ses cheveux blonds et sans revoir ces yeux si perçants, si beaux, où on n’y voyait que l’innocence. L’innocence et une telle pureté.

    Tout se passa si vite. Elle n’en comprit rien. Elle crut entendre la voix d’Eva au loin, sans trop savoir ce qu’elle disait. Un cri perçant résonna à son oreille. Le cri d’un enfant de quelques mois à peine, comme venu hanter son esprit, criant dans la salle. Un cri d’agonie, celui de l’enfant qui, pris au dépourvu, ne sait que faire. Comme si, perdu, il ne retrouvait aucune figure qui lui était familière. Comme pris de peur de ne jamais revoir ceux qui s’occupaient de lui. Comme prise de vertige, comme si tout devant elle devenait noir, se brouillait devant son regard, devant les bougies qui continuaient de se consumer lentement, Seija sentit sa respiration s’arrêter brusquement, son regard, surpris, fixant le vide devant elle comme s’il allait lui révéler d’où venait ce soudain cri. L’enseignante se sentit vaciller sur sa chaise, mais se reprit vite, tout se stoppant aussi vite que c’était apparu. Sa respiration se fut haletant quelques secondes, jusqu’à ce que la voix d’Eva revienne, disant son nom. Elle soupira, tentant de reprendre une respiration normale, retournant ses yeux sur la Gryffondor.

    Sa pensée semblait se jouer d’elle. La jeune femme avait un regard inquiet, était à demi levée de la chaise sur laquelle elle était assise, comme pour l’aider si jamais elle tombait à la renverse de sa chaise. Son regard troublé devint confus. Elle tenta de la rassurer.


      « Ne vous inquiétez point. » Elle reprit son souffle une autre fois. « La fatigue prend souvent par surprise. Ça ne doit être qu’une de ses nombreuses manifestations. »


    Oui, la fatigue. Peut-être que celle-ci, mélangée à tant d’émotions étranges, pouvait causer ce genre de choses. Peut-être que sa peur jouait contre elle, en ce moment. Sa tête lui jouait de mauvais tours. Il était vrai, dans un certain sens, qu’elle ne dormait pas assez. Tout ce qui se passait, en plus de sa Quête, la perturbait à ce point. Il était inutile de cacher le fait qu’elle cherche cette salle désespérément. Tous ces enfants enfermés, même s’ils n’étaient pas les premiers en importance, importaient. La jeune femme avait cependant parlé pendant l’événement bizarre qui venait de se produire. Pendant qu’elle était prise de cette crise, loin dans ses pensées, elle n’avait pu entendre ce qu’elle lui avait dit. De quoi avaient-elles parlé ? Oui, de l’écriture. De l’amour. Peut-être que ces simples mots avaient pu déclencher ce mal. Car l’amour, elle n’en porterait jamais plus à un homme. Le seul amour, aussi fort soit-il, qu’elle gardait, c’était celui qu’elle avait pour son fils. Si non, cette haine grandissante envers les hommes en eux seuls pouvait faire des ravages. Se laisser entraîner aveuglément dans un amour était meurtrier ; elle l’avait appris, souhaitait ce fait à personne. Peut-être, pour cette raison simple, ne méritaient-ils qu’à peine le respect qu’elle leur donnait. Des différences ? S’il y en avait, elles devaient être bien inutiles. Presque anodines. Elle soupira.

      « Qu’aviez-vous dis ? Je crois ne pas avoir entendu votre dernière phrase. Pourriez-vous répéter ? »


    Elle tentait de remettre l’ambiance comme elle l’avait été, même si elle se sentait encore plus dépourvue que tout à l’heure. Peut-être serait-ce une tâche impossible ? Son fils semblait hanter ses pensées plus qu’elles ne l’avaient alors fait. Le serrer dans ses bras semblait plus qu’une simple nécessité. Elle tenta de retenir une nouvelle fois les émotions qui la hantaient. Avec tant de choses sur l’esprit, il était difficile de se concentrer, mais elle le devait. Eva avait besoin de soutien à ce moment, alors elle ne pouvait réellement la laisser tomber.
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Invité
MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Dim 27 Mar - 21:34
    [ Navrée pour le retard ^^; ]



    You live long enough to hear the sound of guns
    Long enough to find yourself screaming every night
    long enough to see your friends betray you.

    "For years have I been strapped unto this altar
    Now I only have three minutes and counting
    I just wish the tide would catch me first
    And give me a death
    I always longed for"

    Second robber to the right of Christ
    Cut in half - infanticide
    The world will rejoice today
    As the crows feast on the rotting poet

    Everyone must bury their own
    No pack to bury the heart of stone
    Now he's home in Hell, serves him well
    Slain by the bell, tolling for his farewell

    The morning dawned upon this altar
    Remains of the dark passion play
    Performed by his friends without shame
    Spitting on his grave as they came

    Getaway, runaway, fly away
    Lead me astray, to dreamer’s hideaway
    I cannot cry ’cause the shoulder cries more
    I cannot die, I, the whore for the cold world
    Forgive me, I have but two faces
    One for the world,
    One for God save me
    I cannot cry ’cause the shoulder cries more
    I cannot die, I, a whore for the cold world
    Whore for the cold world
    Whore for the cold world


    La chaise d’Eva s’effondra sur le sol, renversée par l’élan de la jeune fille. Le bruit mat du choc résonna dans la pièce avec la gravité d’un glas affreux. Les bougies tremblèrent, surprises, et le silence lui-même sursauta, perplexe. Figée, la Gryffondor observait son enseignante, aussi immobile qu’elle, la tête légèrement penchée sur le côté, tel un chat malicieux :


    « Ne vous inquiétez point. La fatigue prend souvent par surprise. Ça ne doit être qu’une de ses nombreuses manifestations. »

    La confusion qu’elle lisait dans le regard de la jeune femme acheva de convaincre Eva. Seija n’était pas fatiguée, ou victime d’un malaise passager, son mal était bien plus profond et bien plus dangereux.
    Un mal de l’âme.
    Eva n’était qu’à l’aube de sa vie et les malheurs qu’elle avait connus se limitaient à des remarques blessantes et à des déceptions passagères, trop peu pour former un rempart solide contre le désespoir qu’elle voyait à travers les yeux de cette femme. Etait-elle donc si hypocrite pour ainsi déranger une personne avec ses absurdités alors que Seija souffrait réellement ?


    « Qu’aviez-vous dis ? Je crois ne pas avoir entendu votre dernière phrase. Pourriez-vous répéter ? »

    L’adolescente ouvrit la bouche pour répondre mais seul un gémissement s’échappa de ses lèvres. Sa « malédiction » lui soufflait que ses problèmes, dérisoires, n’avaient pas lieu d’être évoqués et qu’il valait mieux pour elle et son enseignante qu’elle retourne immédiatement en chambre. Malgré l’affection profonde qu’elle ressentait pour la professeur, Eva ne se sentait pas le cœur de la déranger plus longtemps…

    « Rien, professeur. Désirez-vous que je retourne au dortoir ? Je… je ne voudrais pas vous ennuyer. »

    La jeune fille ramassa la chaise renversée et la rangea docilement. Tout son être aurait voulu venir en aide à celle qui lui avait tant donné, mais elle ignorait totalement si elle avait la force nécessaire pour faire face aux douleurs de Seija, surtout que cette dernière ne supporterait peut-être pas qu’une élève, fut-elle Eva, s’immisce ainsi dans sa vie privée. Maudissant son faible caractère qui l’empêchait d’agir avec le courage d’une véritable Gryffondor, elle souffla :

    « Puis-je faire quelque chose pour vous, Professeur ? »
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MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Lun 28 Mar - 0:56
    Perturbée, encore, elle avait beaucoup de mal à croire ce qui venait de se passer. Qu’avais-ce été ? Ce cri désespéré, ces pleurs, elle les avait maintes fois entendus en rêve. Peut-être avait-elle été sur le point de s’endormir, sans même s’en rendre compte, et qu’elle s’était réveillée avant de sombrer dans un autre de ces cauchemars horrifiants ? Ce devait être le cas. Certainement, car ce genre de choses n’arrivaient pas sans raison. Et la fatigue… Celle-ci ne cessait de la tourmenter, ces derniers jours. Ce devait être visible. Cependant, la détresse qu’elle voyait sur le visage de la Gryffondor, profonde et mêlée à cette petite étincelle de reconnaissance, la déboussolait. Et si elle devinait ? Si elle devinait que malgré le fait que c’était causé par une fatigue trop intense, faute de bonnes nuits de sommeil, il y avait cet autre chose qui avait causé tout cela ? Ce qu’elle scrutait au fond de son regard, au fond de tout cela, semblait bien en être la cause. Elle fronça les sourcils, toujours sous le choc. C’était la fatigue. Oui, c’était la fatigue.

    Pauvre Eva. Elle qui avait toujours été à l’écoute des autres, à les aider, venir en aide à quiconque en avait besoin. Son regard était rempli d’inquiétude, c’était visible même malgré les chandelles, qui, elles, vacillaient doucement sous l’effet de toute cette air qui était remuée. Chandelles incandescentes qui mourraient rapidement dans l’éternité, un souffle de vie non espéré. Ses doigts se croisèrent et elle les regarda pendant un long moment sans mot dire, comme très loin dans ses pensées. Elle relevait cependant le regard vers la jeune femme après sa question, attendant une seule petite réponse qui avait du mal à venir, à s’exprimer. Elle entendit sa petite plainte, celle qui venait, semblait-il, du plus profond de son être. Perturbée par ce qu’elle avait vu ? C’était peut-être même pire que de l’avoir vécu. L’écho de la chaise tombée semblait encore résonner dans la pièce. Étrangement. Le temps était peut-être en lui-même un peu figé.

    Il se faisait tard, certes. Oui, il se faisait tard, mais comment pouvait-elle réellement s’en rendre compte ? Malgré sa fatigue, elle ne dormait qu’à peine chaque nuit. Elle soupira quand vint enfin sa réponse. Elle la regardait encore un moment avant de lui répondre, d’une voix qui se voulait des plus normales du monde, une voix qui la définissait, calme, sereine, comme à son habitude. Peut-être que son ton avait un peu changé. Oui, peut-être bien.


      « Vous ne m’importunez guère. »


    Ce fut sa seule réponse, alors qu’elle reprenait la chaise qui était tombée. Ses cheveux d’or, ses yeux pareils aux siens. Ce pauvre enfant qu’elle ne pouvait revoir. Elle croisa ses doigts ensemble, serrés un peu plus, expirant doucement. Heureusement pour elle, il n’y avait aucun devoir à corriger. Trop serait comme pas assez, elle ne pourrait tenir.

      « Ne vous inquiétez point. Je n’ai besoin de rien. Seulement de sommeil. Je tenterai de récupérer ce soir. Si vous voulez retourner à vos dortoirs, Miss McWolf, faites comme bon vous semble. Cependant, si vous voulez continuer la discussion que nous avions quelques minutes plus tôt, je suis encore apte à vous écouter. »
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Invité
MessageSujet: Re: The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ   Lun 28 Mar - 20:54
Today, in the year of our Lord 2005,
Tuomas was called from the cares of the world
He stopped crying at the end of each beautiful day
The music he wrote had too long been without silence
He was found naked and dead
With a smile in his face, a pen and 1000 pages of erased text"

Save me!


    L’attente fut interminable.
    Le temps semblait se jouer d’elle et de son angoisse, il tordait ses tripes comme de vulgaires serviettes gorgées d’eau. Inlassable, il emprisonna même les gestes de Seija dans une gangue qui rendait chacun de ses gestes lents, chacun de ses regards froids et sans âme, chacune de ses respirations glacées comme la Mort. Même l’air de la pièce était tout imprégné de cette odeur moite de désespoir. Les yeux rivés sur le visage impassible de son enseignante, Eva se força au calme. Allons, allons, si elle prétextait la fatigue, c’est peut-être qu’elle était effectivement sujette à des nuits peu gratifiantes. Elle se doutait bien que le métier de professeur de Sortilèges et Enchantements ne devait pas être de tout repos avec les devoirs à corriger, les cours à préparer et tout le reste…

    Néanmoins, la jeune fille ne pouvait s’empêcher d’être sceptique quant au supposé état de Seija. Ce faciès dévasté, ces doigts serrés, comme pour retenir un coup violent… Une simple fatigue ne pouvait rendre une personne aussi nerveuse, aussi fragile. Et malgré toute sa bonne volonté, Eva ne pouvait rien faire, si ce n’est proposer une aide dérisoire à une femme qui avait certainement besoin d’autre chose que des piètres paroles d’une gamine comme elle. Elle salua poliment Seija et dit :


    « Je vais me retirer, Professeur. Merci encore de votre soutien et prenez un long repos. »

    Ses mots étaient inutiles, elle le savait bien, mais ignorait totalement comment venir en aide à son amie sans paraître encombrante. Quelle égocentrique elle était ! Venir ainsi évoquer des problèmes si superficiels comparés à ceux de l’enseignante. Eva n’avait jamais été bien réfléchie, la moindre blessure gangrénait une maladie effroyable au sein de son organisme, l’obligeant à se jeter dans les premiers bras consolateurs venus. Pouvait-on réellement être mature et adulte alors que, à dix-sept ans, on avait encore besoin du même soutien moral qu’une enfant ? La Gryffondor tourna les talons et se dirigea silencieusement vers la sortie, bien décider à ne plus faiblir ainsi.
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The Poet & The Pendulum [Seija] TERMINÉ

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