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 Jour 3. ▬ 10H02.

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Evelyn R. Caulfield
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MessageSujet: Jour 3. ▬ 10H02.    Lun 21 Fév - 23:58
      « Rester… Forte. Rester… Oui, je dois rester forte. »


    Sa respiration sembla à ce moment se changer en un soupir presque désespéré. Inutile de préciser que tout cela s’était passé en seulement quelques jours et que déjà, sa volonté paraissait vouloir la quitter ! Evelyn n’en pouvait plus. Elle mourrait de faim et tout ce qu’il y avait ici, c’était une fontaine. Sans parler des toilettes lugubres… Beurk. Tout ici semblait respirer l’Enfer. Totalement. Dire qu’ils étaient ici pour une révolte à laquelle elle n’avait pas participé, ayant essayé en vain de les décourager à faire une telle chose. Quel beau gâchis… Maintenant, tous les Né-Moldus étaient enfermés ! Sans baguette, sans rien, tout cela par la faute d’une stupide révolte ! C’était à rager pour la Bleue. Rester fort ne semblait même plus être une option, mais plutôt la seule chose qui lui permettrait de survivre. La jeune Caulfield s’inquiétait pour son frère, espérait qu’il allait bien, qu’il ne s’inquiétait pas pour elle, la déterminée, qui voulait à tout prix trouver le moyen de sortir. Sans baguette, par contre, c’était une tâche impossible.

    IM-PO-SSI-BLE. À cette révélation faite à elle-même, elle laissa s’échapper un soupir de rage, avant de se relever de par terre, regardant autour, hargneuse, désespérée. Rien ne pouvait l’aider à se sortir d’ici. Rien ne pouvait aider aucune des personnes qui étaient avec elles, qui souffraient, qui avaient peur, qui craignaient le pire. C’était déplorable, tellement frustrant. Elle repensait à Drake, à Elsa. Savaient-ils ? Pourraient-ils, eux, tenter quoi que ce soit pour les sortir d’ici ? Oh, comme elle l’espérait ! Ses espoirs semblaient pourtant si vains, quand elle regardait la seule fenêtre, haute-perchée, tellement petite et filtrant une douce lumière. Ils étaient tous perdus. Damnés, à leur sort de mourir un par un, sans espoir. Des larmes de rage coulèrent sur ses joues, indéniable rivière d’anéantissement, le flot de la rivière de la Mort.


      « Je ne veux pas rester ici ! Je veux sortir ! »


    Son cri résonna dans la salle, suivi d’un grognement fort, violent, les larmes se faisant plus abondantes. Elle arpenta la salle à la recherche de quelque-chose, n’importe quoi, qu’elle pourrait prendre et lancer sur les murs, sans rien trouver, cependant. Tout était tellement silencieux. Personne n’osait dire quoi que ce soit, on n’entendait que des chuchotements furtifs, des murmures, des paroles s’envolant et désertant, rien. Elle s’arrêta sur un des murs, les dents serrées, les yeux humides, le nez à quelques centimètres de la barrière, posant ses paumes sur les briques glaciales. La jeune femme frappa plusieurs coups sur le mur de ses poings endurcis, ne recevant cependant aucun résultat, aucun sauf celui de tenter de se calmer, de faire passer cette colère et ce désespoir qui battait dans ses tempes comme la lave d’un volcan. Ses mains se desserrèrent, elle se retourna, laissant son dos toucher au revêtement froid, se laissant glisser sur la surface loin d’être lisse et s’assoyant, là, son regard enragé devenant désespéré, tentant de contrôler d’incessants sanglots qui la secouaient sans pitié.

      « J’en peux plus… Oh, j’en peux plus… ! »


    C’était une vraie torture mentale de devoir vivre ça. Sa vie entière semblait sur le point de se stopper à cet instant. Inutile de cacher sa détresse aux autres. Ils étaient tous dans ce même bateau, celui qui coulait. Ce foutu bateau. Son regard se posait par la suite sur la porte, sûrement la seule sortie. Scellée. Ils seraient incapables de sortir… Sans baguette… Sans sort… Elle renifla péniblement, serrant ses poings sur le sol. Ils allaient tous mourir ici, dans l’ombre, sans pouvoir dire quoi que ce soit à leurs proches, en-dehors, qui devaient terriblement s’inquiéter. Ils allaient tous souffrir, de la peur, du manque de lumière, de nourriture, de propreté. C’était malsain, tout simplement malsain. C’était malsain de devoir subir cela – de faire subir cela aux gens… Tout ça pour une histoire de sang ? Qu’est-ce que le monde était devenu ? Evelyn en voulait à Voldemort. Si elle sortait un jour de ce gigantesque placard à balai, elle redoublerait d’efforts dans l’armée de Dumby et combattrait avec force et témérité. Ils ne l’atteindraient pas, oh que non, pas cette fois… ! Elle se releva d’un bond, mais, étourdie, retomba sur le plancher avec un petit cri.

      « Ils ne vont… Pas… M’…atteindre. Non… Urgh. »


    Si seulement les profs étaient au courant ! Ils auraient pu aider… Ils auraient su quoi faire ! Ils étaient expérimentés, et ils savaient se débrouiller… Pour… Ah, leur cause était tellement sans espoir !
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Dim 6 Mar - 18:09
Les yeux morts de l'adolescent fixent le sol. Il n'a pas le courage de les lever. Le ventre est délicieusement vide, il crie famine, les boyaux semblent prendre vie, grimper le long de ses entrailles. Ça lui donne la nausée, mais ça ne le dérange pas. Vitaly est habitué au vide, il est habitué à s'affamer – là, c'est un peu différent, c'est un peu différent parce qu'il ne le choisit pas. Il commence tout doucement à se faire à la douleur. Il ne la connait que trop celle là, celle de l'estomac qui se tord et se retord sur lui-même. Dans quelques heures peut-être, il devrait avoir définitivement rétréci, et alors le vide sera définitivement agréable, délicieux. Vitaly se sentira presque léger. Mais pourtant il n'y croit pas vraiment, c'est différent. Il ne choisit pas. Il est habitué au contrôle sur son corps, sur son être, il est habitué à faire taire, tout ce qui ressort de lui-même. Il est habitué à ne pas manger, à se détester.
Ce qu'il n'accepte pas, c'est qu'il ne décide pas.

Le pire, sûrement, c'est la proximité, ce sont tous ces autres, dont il ne peut se défaire. Vitaly est sociable, mais il commence à n'en plus pouvoir. Il a le luxe de pouvoir se blâmer – il a participé à la révolte, il a mérité ici sa place. S'il était un peu altruiste, le Gryffondor, sûrement, plaindrait ceux qui sont « innocents », mais il ne le fait pas, il ne peut rien ressentir à cet instant sinon une sorte de vide intense, douloureux et vertigineux qui le prend tout entier. Il a froid, terriblement froid, comme tous ici – les murs laissent suinter des gouttes humides qui lui tombent sur le haut du crâne, glacées. L'adolescent devrait bouger ; il se souvient avec un sourire que c'était une torture chinoise, à une époque. Un goutte d'eau qui tombe sur le haut du crâne, à force, ça fait un trou. On mourrait dans d'atroce souffrance. Quitte à mourir, autant que ça soit douloureux, que les autres soient marqués de nos cris. Qu'ils en crèvent eux aussi.
Ce qu'il dit n'a aucun sens, l'adolescent perd la tête. Il est resté discret, il ne sait pas depuis combien de temps ils sont là – le jour, comme la nuit, se confondent aisément. Il n'y a pas de fenêtre et il n'y a ni soleil ni lune. Que des ombres complètes dans lesquelles il cherche à se cacher. L'adolescent stupide, il a essayé de dormir, quelques heures de cela, mais il n'a pas réussi, il ne dort que par sursaut, par intermittence, il finit toujours réveillé par une engueulade, par deux Serpentards qui gueulent qu'ils n'ont rien à faire ici, par des névrosés qui hurlent qu'ils ont faim, par un cauchemar quelconque, dans un sursaut terrible. Il se force à ne pas répondre, il joue le mature, il fait semblant, il prend sur lui, il serre les dents tellement fort qu'il s'attend à ne plus en avoir une fois qu'ils sortiront d'ici – ou une fois qu'ils soient morts de faims, de froid, de désespoir. Vitaly n'est pas stupide. Il ne croit pas qu'ils vont s'en tirer. C'est toujours pareil ; oh, il y a toujours des survivants, même dans les pires horreurs. Mais ça ne sera pas lui.
Lui il n'a pas assez de rage, à cet instant, il est déjà fatigué, il a perdu toute notion du temps. Ce n'est pas la faim qui le tiraille – la faim ne le touche pas assez, Vitaly n'a jamais aimé manger. Un être à ses côtés grogne, se retourne lourdement en lui donnant au passage un coup de pied à peine retenu. L'adolescent se décale un peu, morne – sûrement l'autre ne s'est-il même pas rendu compte de son mouvement inconscient. Il soupire juste doucement. Il l'envie de dormir ainsi, la bouche entr'ouverte et les paupières closes.

L'éphèbe passe sa tête entre ses mains endolories, puis il observe, d'entre ses doigts, la masse des corps morts, assommés par la faim, le manque de sommeil, le manque en tout genre. C'était ça, aussi. La clope. Vitaly, à cet instant, aurait donné n'importe quoi pour une cigarette. Régulièrement, il met le bout de son doigts dans sa bouche et le suçote à moitié, essayant de tromper sa dépendance – naïf.
Et les autres, là-bas ? Que font-il à cette heure ? Quelle heure ? Est-ce qu'ils mangent ? Peut-être que rien n'a changé ; qu'ils sont en cours, tranquillement. Ça arrache un vague sourire sarcastique au gosse. Lui à qui l'on reproche toujours l'indifférence, c'est délicieusement ironique.

« Je ne veux pas rester ici ! Je veux sortir ! »

L'adolescent ne lève pas même les yeux, il écoute cependant. C'est une voix de fille. Ce n'est pas la première à hurler. Ils sont nombreux à gueuler espérant libérer leurs tensions. Vitaly a compris depuis enfant que gueuler ne lui apporterait jamais rien. Dans une famille aussi nombreuse que la sienne, il y a toujours quelqu'un pour crier plus fort. Il a envie de la tuer. Elle peut pas se taire ? Que croit-elle donc ? Le brun lève ses yeux fatigués, aux cernes creusées, vers la femme qu'il voit traverser rageusement la salle à la recherche d'un quelque chose – sûrement. Quoi, elle se prend pour une martyr ? Ils veulent tous sortir, ici. Elle fait son spectacle, et la plupart choisissent d'ignorer, exténués, soulés de ceux qui ne savent souffrir en silence. Voilà maintenant qu'elle pleure – c'est tout bonnement ignoble. Ne sait-elle pas que plus elle pleure ainsi, en rageant, plus son visage se déformera ? Elle va avoir pleins de rides, la pauvre.
Elle est franchement très proche. Vitaly est à quelques mètres de l'enfant, il est aux premières loges pour l'observer se lamenter sur son sort. Il est sûrement aussi faible qu'elle – mais il ne cherche pas à se lever, lui. Il ne cherche pas à brûler ses calories en s'énervant inutilement. Pour une fois, le Gryffondor ferait presque preuve de bon sens ? Ou alors, son sort, encore une fois, l'indiffère trop pour qu'il puisse s'en énerver réellement. Il aurait sa baguette, évidemment, il essayerait quelque chose – des sorts piteux, qui ne marcheraient probablement pas, qui sortiraient mous et déglingués, mais il essayerait tout de même. Là, c'est peine perdue. La libération viendra de l'extérieure ou ne viendra pas. Elle tombe de nouveau sur le sol. Lui reste inerte, les genoux regroupés contre son torse fin, sa tête posée sur ses mains osseuses.

« Ils ne vont… Pas… M’…atteindre. Non… Urgh. »

Le rictus qui ne quitte pas Vitaly s'aggrave lourdement. Elle est terriblement pathétique, il n'a jamais vu ça. D'un côté, il n'a jamais vu qui que ce soit forcé de jeûner pendant trois jours – il l'a certes déjà fait, mais lui, c'est autre chose. Lui, il est persuadé qu'il est obèse.

« Tu veux pas la fermer un peu, oui ? (la voix est froide, blanche, intraitable, il n'a même pas ce sourire ironique et discret qui ne le quitte jamais d'ordinaire) On a tous envie de sortir d'ici. Aie un peu de fierté et ferme ta gueule. Si tu ne te respectes pas toi même (il s'arrête le temps de clarifier sa gorge, il a l'impression de ne pas avoir parlé depuis des jours et sa voix est un peu rauque – l'humidité l'a atteint comme les autres) respecte au moins les autres. Certains essayent de rester calmes. C'est eux que tu insultes. »

Merde, elle est où cette putain de clope ? A la fin du petit discours, le ton était vraiment devenu méprisant et dégueulasse. Il ne le regrette pas, le jeune brun. C'est parfaitement mérité. Elle fera la martyr une fois sortie, elle pourra conter encore et encore l'horreur de l'enfermement. Pour l'instant, qu'elle ferme sa gueule. S'il pouvait dormir, ça lui ferait le plus grand bien.
Pourquoi donc une fontaine ? Ils auraient pu faciliter la mort – de soif, on meurt en quelques jours, non ? Quel serait l'intérêt de les garder en vie un peu plus longtemps. Sa tête lui fait trop mal ; il ne veut même pas y réfléchir. Il garde ses yeux ébènes sur la brune éclatée sur le sol. Elle n'a pas à se plaindre – elle aurait bien besoin d'un régime, de toute façon.
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Evelyn R. Caulfield
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Jeu 10 Mar - 2:33
    Elle n’y arrive pas. Nan mais pourquoi il faut qu’ils soient ici, enfermés ? Comme de vulgaires rats, dans une cage, prisonniers. Phénomènes d’expérimentation. Que veulent-ils tester, au juste ? Combien de temps ils peuvent durer, à faiblir ainsi, avant de tous s’entre-tuer ? Nan mais ils ne sont pas des rats ! Que pouvaient-ils bien croire ? La simple pensée de cette chose fait frissonner Evelyn, qui reste plusieurs secondes sans bouger, sur le sol humide, ayant tenté de se relever, mais incapable. Le manque de force, de nourriture, peut-être bien. Elle sent son estomac se rétrécir au rythme des heures qui avancent sans qu’elle n’ait pu manger un repas convenable. S’ils étaient tous destinés à mourir, pourquoi ne pas les avoir achevé d’un coup, au lieu de les torturer de la sorte ? C’est un parfait non-sens. Celui qu’on ne fait pas. Celui qui est inacceptable. Aucunement ces choses ne devraient être acceptées. Et elle savait bien qui était derrière tout cela. Les Carrow pouvaient porter le chapeau au moins cent fois sur leur tête, ces Mangemorts sans pitié. Ces monstres. Ces trolls pustuleux. Ces vulgaires chiens. Rien d’autre ne lui venait à l’esprit quant à leur nom, à leur visage. Certainement n’était-elle pas pour penser à une jolie licorne en pensant à ces imbéciles, mais cherchez un peu le sens, chers lecteurs, ce serait totalement idiot ! Son audition venait vainement aux bruits qui entouraient. Des autres qui murmuraient doucement, du bruitage de la fontaine en fond. Sans ces bruits, ce serait silence total. Silence lourd.

    Elle aurait aimé dormir jusqu’à ce que cet enfer finisse. Dormir et mourir dans ce sommeil profond. Si c’était réellement ce qui l’attendait, c’était cette mort qu’elle voulait. Une mort indolore. Oui. Voilà qui serait bien. Ne pas souffrir. Mourir au bout de ses forces, en s’endormant éternellement. Elle n’avait pas son cahier. Elle ne pouvait pas écrire. Elle ne pouvait pas dessiner. Il n’y avait aucun moyen de se changer les idées. Aucun moyen de faire passer ses émotions négatives. Aucun moyen de se libérer de cette Cage ne serait-ce qu’un temps. Un tout petit temps. Non, c’était impossible. Tellement impossible que ça en faisait mal. Elle aurait tant aimé retranscrire ses peurs, tracer ses angoisses, jouer sa panique. Jouer toutes les notes d’un piano pour que celles-ci fassent, de cette manière aussi douce, qu’elle puisse s’évader et faire ressentir d’une autre manière que des cris. En soupirant, cependant, elle entendit la voix d’un jeune homme, très près d’elle, un Gryffondor en l’occurrence, d’une voix remplie de sarcasme, acerbe et aussi dangereuse que le venin d’un serpent. La jeune Serdaigle releva la tête lentement, son regard fatigué presque scandalisé, ses yeux ronds.

    Nan mais il se prenait pour qui, ce manche à balai ? Il n’était pas le maître du monde, pour l’amour des Chocogrenouilles ! La Bleue enleva subitement ses mains de son visage, le regard toujours aussi hébété, la bouche entrouverte dans un expression comique, presque inattendue dans ces moments où elle croyait s’effondrer. Quel habile détournement de situation, je vous dis, moi... Sa réplique ne se fit certainement pas attendre, après tout le charabia du jeune homme, il fallait bien qu’elle dise quelque-chose, voyez-vous...


      « Nahh mais ! Ma fierté n’a pas besoin de tes conseils, tu sauras. »


    Sa voix se fit au début surprise, tandis que la fin sonnait un peu plus sarcastique, se voulant presque agressive sans l’être vraiment. C’était quelque-chose qui semblait attirer l’attention des autres. Ça semblait tout d’un coup plus silencieux dans la salle noire d’où leurs yeux s’habituaient lentement. Comme un silence de mort. Les disputes étaient pourtant souvent présentes. Ils en avaient vu beaucoup pendant ces trois derniers jours. Des disputes de raisons, des disputes de tout. Des disputes sur la couleur de leurs chaussettes. Des disputes à en plus finir. Tellement de disputes que ça en devenait coutume, en trois jours. C’était écœurant comment l’air semblait contaminé par tout cela. Elle se sentait sale. Sans savon, c’était l’enfer. Pour se laver, de l’eau aspergée sur son visage, sur ses mains et ses bras n’était pas assez. Et pourtant, c’était presque la seule chose qu’ils pouvaient faire. La seule chose, oui... car rien de plus n’était acceptable. Pas avec tant de monde. Tous étaient quelque peu pudiques et personne ne serait intéressé de voir des corps. Enfin, je dis ça, je dis rien. Il faut toutes sortes de choses pour faire un monde. C’était tellement bizarre, quand on y pense, de devoir vivre comme ça. Jamais n’aurait-elle pensé devoir vivre un jour en compagnie de tout ce monde, sans nourriture, sans propreté, sans rien. Ses cheveux à eux seuls commençaient à se faire gras, les cheveux de tout le monde, même. C’était écœurant. Les conditions étaient écœurantes, invivables.

    Elle le regardait avec ce même regard surpris, mais un air de gamine mécontente prenait le dessus. Lui, il avait l’air beaucoup plus maigre que les autres. L’anorexie ? Une autre maladie ? Qui pouvait vraiment le savoir ? Peut-être souffrait-il plus qu’eux. Il y avait des claustrophobes, des agoraphobes. Ceux qui avaient peur du noir. Ceux qui craignaient de se retrouver là... Là... Où personne ne pouvait les entendre. Personne ne pouvait rien faire ! Sans baguette, ils ne pouvaient rien faire. Réduits à être de simples humains. Sûrement que le Rouge le comprenait. Peut-être était-il en train de se défouler sur Evelyn, d’une certaine manière, car ça lui faisait du bien. Ouais, peut-être que c’était ça. Ou peut-être voulait-il seulement jouer avec elle. Jouer avec ses sentiments. Elle n’aimait pas ce sourire qu’il portait. C’était un sourire tellement étrange, où l’ironie dominait. Un sourire qui se voulait ainsi, elle en était certaine. Ce n’était simplement pas un sourire de désespoir. Le désespoir régnait. Elle le ressentait elle aussi. Elle le ressentait tellement fort que ça lui faisait mal, de le ressentir, ce foutu désespoir. Elle ressentait celui de tout le monde, c’était un poids sur ses épaules. Et dire qu’elle était courageuse. Son courage semblait s’évanouir. Elle en avait fait preuve en tant que Préfète, de courage, d’autorité, car elle le devait. Elle avait aidé plusieurs personnes. Bon, okay, ce n’est peut-être pas vraiment du courage, mais tout de même...


      « Ça défoule, de crier, et ça fait du bien. »


    Elle soupira. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien dire de plus ? Oui, évidemment que ça faisait du bien, de crier. Ça faisait tellement de bien qu’au moins elle avait moins de mal à le sentir couler, ce foutu sang, dans ses veines. Au moins, elle pouvait sentir son coeur battre. Certitude qu’elle était encore là. Qu’elle devait survivre, au moins pour son frère. Pour ses amis. Anaconda était là. Elle l’avait vue. Sa meilleure amie. Dormait-elle ? Elle ne lui avait pas parlé. Elle n’avait pas eu le courage d’aller la voir. Ça faisait trop mal de se retrouver ici. Elle croisa les bras, le regard toujours rivé sur ce sourire arrogant qu’elle apprenait doucement à détester. Elle ne connaissait pas vraiment ce Gryffy, mais là... Nan mais il avait vraiment beaucoup de culot. Elle n’avait pas besoin de lui en plus, son moral était déjà à zéro, quoi ! Elle ne pouvait même plus sourire ! Ou enfin, il n’y avait aucune bonne situation qui pouvait réellement la faire sourire en ce moment, c’était comme si elle avait oublié que le mot ‘sourire’ existait. À part sur les lèvres de celui-là. Pfft. Vraiment, ce n’était pas cool. Pas cool du tout, humpf ! Qu’il le renvoie ailleurs, son sourire, ou qu’il prenne quelqu’un d’autre comme victime ! Ce n’était pas le goût qu’il manquait. Si elle ne trouvait pas un moyen de se défouler, peut-être opterait-elle même pour le frapper, au point où elle en était. J’ai déjà dis qu’il ne fallait pas provoquer Evelyn Rachael Caulfield, n’est-ce pas ? Alors voilà, ceux qui le faisaient auraient certainement sa colère à endurer pour le reste de leur existence... Ouaip.

      « Tu devrais essayer, le Grincheux ! »
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Severus Rogue
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Jeu 10 Mar - 20:38
    Rogue avait d’abord songé à ignorer la requête de Lockweder, soutenue par Alecto. Il ne pouvait pas libérer juste’ une élève, il aurait pu peaufiner un plan pour tous les libérer. Mais après réflexion, jamais on ne le laissera libérer les prisonniers de « La Cage » et cela foutrait en l’air son rôle et sa mission. Alors pas question de prendre ce risque. Il avait cherché un moyen de voir par lui-même les conditions de vie dans lesquelles vivaient les élèves. Par conséquent, c’était une opportunité à ne pas manquer. Mais comment justifier le fait qu’il accepte de libérer Carter ? Ce n’était pas bien difficile, elle était de sang pur, préfète en chef de Serpentard, excellente élève et considérée comme sa chouchoute, ce qui était le cas. Même si cette année, il n’avait plus trop le temps pour du favoritisme. C’était un peu normal, il était Directeur. En bref, il allait libérer Carter le lendemain même.
    Lockweder lui avait aussi parlé de la jeune Nott, elle aussi enfermée. Mais Alecto avait paru plus sceptique face à la libération de cette dernière, alors s’il y avait quelque chose à faire la préfète de Serpentard allait devoir construire un dossier plus solide, car ce n’était pas Rogue qui allait s’occuper de tout cela. S’il fallait en faire sortir, c’était tous, et pas seulement quelques uns parce que leurs parents étaient bien placés ou parce que leur sang était pur. C’était aberrant d’enfermer des élèves, nan mais dans quel siècle on vivait ? C’était bien signé Voldemort ça, même si ce n’était pas son ordre direct, l’influence constante qu’il avait sur ses partisans influençaient évidemment leurs décisions.
    Rogue prenait la direction du troisième étage où avait été sélectionnée la salle qui enfermerait les élèves. Une salle sombre, sans fenêtre et relativement tiède. Il savait aussi que les repas avaient été fixés au nombre de deux, à 11H30 et 18H30, quelque chose comme ça. Il savait aussi qu’ils avaient une fontaine d’eau renouvelable et auto-nettoyable. Il y avait aussi des couvertures d’après les Carrow, mais ils étaient trop cruels pour être aussi généreux.
    Il arriva devant la salle et s’arrêta un moment. Il observa la porte, puis leva sa baguette pour l’agiter en de nombreux mouvements, tout en utilisant des sorts informulés. La salle était très bien protégée par des sorts puissants et complexes que les élèves ne connaissaient pas. Il y en avait plusieurs, afin que même les petits malins ne puissent pas ouvrir la porte. Au bout d’un moment, la porte s’ouvrit ver l’intérieur dans un bruit de pierre frottée. Il apparu aux yeux des sacrifiés, sa baguette bien en main pour déjouer toute tentative de sortie. Il eut besoin de quelques secondes pour se faire à l’obscurité et pouvoir constater de l’état des lieux. C’était affolant, sombre, terrifiant. Les mines semblaient fatiguées, affamées et désespérées. Il prit quelques secondes afin de passer son regard sur chaque recoin de la pièce. Les élèves étaient entassés, c’était lugubre, digne d’Azkaban. Il resta malgré tout impassible, comme si les voir ainsi ne lui faisait rien. Puis il détacha enfin quelques mots afin de justifier sa présence.

    Alyssa Carter.

    C’était un appel, d’une voix froide et peu accueillante. Il savait que la famille Carter était presque au complet, tout l’emploi du prénom. Il posa son regard sur la Serpentard une fois qu’elle se manifesta et ne bougea pas alors qu’elle se dirigeait vers lui. Il recula pour lui indiquer qu’elle pouvait sortir. IL n’ajouta pas un seul mot et jeta un dernier regard à la pièce et aux enfants, car oui c’était des enfants, qui s’y trouvaient. Il eut comme une seconde d’hésitation, comme s’il voulait les faire sortir, mais il cacha ses doutes. Un instant plus tard, la lourde porte se refermaient et il agitait de nouveau sa baguette pour que les sorts de protection soient réinstallés.
    Il se tourna un instant vers Carter, la jugeant de la tête au pied. Elle aussi semblait fatiguée et affamée. Tous étaient enfermés, pas toujours pour les mêmes raisons, mais tous avaient reçu le même traitement. Il ajouta donc d’une voix qui sonnait comme un lointain conseil.

    Allez à l’infirmerie.

    Puis il tourna les talons et disparu aussi vite qu’il était apparu, sa cape donnant toujours de ce petit côté mystique à chacune de ses apparitions.


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Alyssa Carter
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Jeu 10 Mar - 20:39
    Alyssa Carter n'était pas affamée car elle avait eu le droit à sept tablettes de chocolat fournies par la splendide Madison Lockweder super stupide. Elle s'était disputé avec Nelson la veille et depuis elle était un peu l'ennemi numéro un. Elle était la salope de service, comme d'habitude. Mais elle s'était faite à cette situation et on pouvait même dire qu'elle lui plaisait. Elle restait dans son coin, loin du plus de monde possible. Elle avait mis les vêtements que Madison lui avait envoyé, même si elle n'avait jamais aimé les jean. Elle n'avait pas provoqué Nelson depuis, ce petit idiot avait limite l'appui de toutes les filles en manque. Depuis que monsieur s'était rendu compte qu'il avait du charme, il les avait enchainées, pas étonnant qu'elles veuillent le défendre, pensant surement qu'elles auraient ainsi le droit à une autre nuit. Les filles j'vous jure... Certaines n'avaient vraiment aucune fierté, aucun honneur, des Madison bis.

    Il lui restait un petit bout de chocolat mais elle hésitait à le manger. C'était son dernier et elle ne savait pas quand est-ce qu'elle serait libérée. Elle le regardait, hésitante. Mais alors, un bruit de pierre se fit entendre et elle sursauta. Elle préféra même rester dans son coin, tirant un peu plus sa couverture sur elle. Si les Carrow venaient les exterminer, elle préférait que ça soit les autres en premiers. Mais finalement non. C'était son ancien Dieu : Severus Rogue. Elle le détestait depuis la fin de l'année dernière, lorsqu'il avait été reconnu en tant que mangemort. Idiot. Mais il était là. Il prononçait son nom. Alyssa ferma les yeux, son preux chevalier était là. Il était venu ici, juste pour venir la chercher. Si c'était pas mignon. Elle mit son chocolat en bouche puis se leva d'un bond, ayant hâte de quitter cette maudite pièce et de se prendre un bon bain. Mais avant, elle devait parler à quelqu'un pour lui dire tout ce qu'elle ressentait. Elle chercha un jeune homme du regard, soit son cousin Nelson. Alors, avec un sourire narquois, juste pour le narguer, elle dit :

      - Dommage que tu vas crever ici, tu ne pourras pas voir ta sang-de-bourbe de mère se faire rejeter par le reste de la famille, ou même tuer. Parait-il que les sang-de-bourbe ont le droit au baiser du Détraqueur. Mais t'en fais pas, je ne louperai aucun détail et je te raconterai tout. Enfin pour ça, faudrait déjà que tu finisses par sortir d'ici un jour...


    Elle se pensait définitivement débarrassée de lui et puis en dehors de la cage, elle ne risquait rien venant de cet imbécile. Il ne pourrait pas y avoir de représailles. Alors, l'air hautain, elle quitta la pièce, fière de ce qu'elle venait de dire à Nelson. Ça faisait énormément de bien d'être sortie. Elle était libre, plus mélangée la populace. Elle se tourna vers le Directeur pour le regarder faire des gestes avec sa baguette. Elle lui en avait énormément voulu alors qu'il ne le savait même pas et qu'il s'en fichait mais en le voyant là, elle ne put que pencher la tête sur le côté, se disant à quel point il était super. Elle dut se reprendre lorsqu'il se tourna vers elle et qui la regarda de la tête aux pieds ce qu'Alyssa allait évidemment mal interpréter. Alors que lui voulait juste voir son état, elle, ce qu'elle pensait, c'était qu'il la mâtait. Il lui dit alors d'aller à l'infirmerie et elle haussa un sourcil. Euh l'hygiène il connaissait pas ? Il croyait vraiment qu'elle allait aller à l'infirmerie sans s'être enfin lavée ? Oui bien sûr...

      - Merci.


    De l'avoir libéré, bien entendu. Il tourna les talons, ayant alors la cape au vent, une des choses qu'elle adorait. Elle resta un moment dans le couloir à le regarder marcher, jusqu'à ce qu'elle ne le voit plus. Alors, elle tourna les talons et se dirigea vers la salle de bain des préfets afin d'aller se prendre un bon bain avant d'aller remercier Madison et d'aller à l'infirmerie.




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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Dim 13 Mar - 0:19
    C'était bien la première fois. La première fois qu'elle se retrouvait obligée de dormir dans un endroit aussi insalubre, aussi inconfortable, le tout accompagné d'une dérangeante promiscuité. La première fois qu'elle ne mangeait pas à sa faim. La première fois qu'elle devait se faire petite parmi une foule. Elle se sentait mal. Très mal. Katelyn se croyait dans un cauchemar. Seulement, tout ceci était vrai, et elle ne pouvait pas le nier. La première nuit avait été des plus difficile. Il lui avait été impossible de fermer l'œil malgré le fait qu'elle avait réussi à mettre la main sur une des rares couvertures disponibles. L'humidité, la dureté du sol, mais surtout la crainte en était la cause même. Premièrement peur de devoir rester dans cet endroit lugubre longtemps. Peur de se faire détester. Peur de ne plus rien avoir sur quoi elle pourrait se raccrocher.
    Après s'être fait trop remarquer par son euphorie incontrôlée, Katelyn s'était retirée le puis loin qu'elle le pouvait des autres. Elle s'était fait son trou et avait gardé le silence, trop épuisée pour continuer à combattre et défendre sa cause. Peut-être le ferait-elle plus tard, une fois reposée. Peut-être le lendemain, se disait-elle. Car au fond, les prisonniers de cette salle ne savaient pas quand ils allaient sortir. Demain, peut-être. Dans peu de temps, ou peut-être dans trop longtemps. Personne ne pouvait le savoir. C'est donc pour cela que ce qui devait être dit allait être dit rapidement, du moins pour Katelyn. Car elle se disait qu'une fois sorti de cette prison, le tout serait tabou. Personne n'oserait en parler. Autant les victimes que les autres. Ils auraient bien trop peur. Même la Nott savait qu'elle aurait trop de peur pour en parler. Cela devait donc être fait dans cette salle, sur le fait même.
    Mais avant, elle devait dormir. Donc, dans la situation de tension qui régnait dans la salle, la vert et argent était partie dormir. Du moins c'est ce qu'elle avait souhaitée, sachant bien qu'il lui serait impossible. Toute une nuit, elle s'était contentée de tourner en rond, laissant parfois échapper quelques larmes silencieuses.

    Le jour ou la nuit, l'aube ou le crépuscule. il était impossible de déterminer quel était le moment de la journée. Seulement, il avait tout de même une sorte d'heure. Un moment auquel la plus part s'étaient réveillés, ou du moins levés. Katelyn avait considéré cela comme le lendemain. Ce jour là, elle avait décidé de ne pas se lever, elle. Elle avait pu entendre bien des choses, dont particulièrement la bataille entre les deux Carters. Si elle en avait eu la force, la jeune Nott s'en serait mêlée, aurait défendue Alyssa malgré le tournant qu'avait pris leur amitié. Car Alyssa défendait le même côté qu'elle, ou presque. Mais elle était restée silencieuse, seule dans son coin.
    La fatigue avait réussi, après un dur labeur, gagné sur son inconfort, la plongeant après un moment dans un lourd sommeil peu réparateur. Elle s'était endormie dans ce qu'elle considérait comme le jour, s'évadant ainsi de la vie qu'il pouvait bien y avoir dans cet endroit. Un sommeil mouvementé, accompagné de rêves mais surtout de cauchemar avait rongé la Nott. Son esprit tourmenté faisait des siennes ne laissant presque aucun repos au corps de la sorcière. Elle n'y pouvait pourtant rien.
    Bien que peu prospère, le sommeil de Katelyn devait avoir duré un bon moment. Elle s'était réveillé à un moment quelconque, et tous étaient retournés au lit. Encore une fois, elle avait dû tourner en rond avant de pouvoir dormir à nouveau. Cette fois, pourtant, la fatigue ne s'était pas faite attendre. En peu de temps, elle était de retour.

    À nouveau, de la vie se fit entendre, ramenant la Nott à la réalité. Ce jour là, elle ne pourrait pas rester là dans son coin à rien faire. Elle n'était pas totalement en forme, mais assez pour pouvoir agir un peu, quoique le mot agir était grand. Dans cette petite salle, très peu de possibilités s'offraient à elle, sauf bien sûr vivre le calvaire des autres en plus du siens. Car oui, certains autres se plaignaient. C'était même cela qui l'avait réveillée. Caulfield n'avait pas pu s'empêcher de crier, sangloter et se lamenter. Ça, c'était vraiment, mais vraiment agaçant, ou plus précisément, irritant. Katelyn allait réagir, lui faire fermer sa gueule, mais Vitaly, un gryffondor de la même année qu'elle, le fit à sa place. Et puis la préfète des serdaigles répliqua. Alors, Katelyn en profita pour dire son point de vue.


      « Bon, je déteste l'idée d'être en accord avec un gryffondor, mais Vitaly a raison. T'es pas seule ici et ça fait chier d'entendre quelqu'un gueuler alors que tu n'as pas dormi plus de 4 heures en trois jours! Et y'en a d'autres qui souffrent beaucoup plus que toi! »


    Après tout, c'était vrai. Katelyn ne devait pas être la seule qui apparemment était irritée par les cris de la préfète. La Nott avait normalement l'habitude d'être diplomate, mais dans cette situation, comme se retenir? Seulement, elle n'avait pas fini, et allait finir. Comme elle s'était dit deux jours plutôt, tant qu'à y être, valait mieux dire ce qu'elle pensait à ce moment. Elle ajouta alors:

      « Et puis au moins ils ont des raisons de t'enfermer, toi, donc t'as pas à te plaindre...»


    Et par cela, bien sûr, elle laissait sous entendre qu'elle, Katelyn Z. Nott, ne devait pas être ici. Elle ne laissait pas sous entendre que c'était une erreur, mais se laissa y croire et l'espérer.

    Puis, la porte s'ouvrit, laissant pénétrer une grande quantité de lumière, mais surtout le directeur, Rogue. À cette vue, Katelyn eut une once d'espoir. Il était peut-être là pour elle. Pour lui dire que finalement, ce n'était qu'une erreur. Mais... Non. Alyssa Carter. Après la visite de l'elfe la veille, maintenant c'était le mangemort qui était à la tête de l'école en personne qui venait la voir. Katelyn comprenait aussi qu'il devait être normal. Elle était la préfète en chef après tout, et sans oublier, l'ancienne, et peut-être toujours, chouchou de Rogue. Le jalousie gardait tout de même sa place derrière cette pensée. Katelyn ne pourrait pas rester longtemps dans cet endroit. Elle ne le méritait pas. Elle ne pouvait même pas le croire. La laisser seule avec tous ces rebelles. Comment allait-elle faire.
    Le regard envieux, la Nott se mordit la lèvre du bas afin de retenir un
    "et moi..?" qui ne sorti qu'en léger soufflement. Lorsque la porte se referma derrière la préfète en chef, presque tous les espoirs de Katelyn s'étaient effondrés...
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Dim 13 Mar - 13:45
Nelson était assis, adossé contre un mur froid. Il ruminait, pensait à des tas de trucs. Il n’y avait rien d’autre à faire de toute façon. Que pouvait-on inventer comme truc pour essayer de mettre un peu de fun ? Tout le monde était complètement démoralisé, il n’y avait en fait pas de vie joyeuse dans « La Cage ». Donc ruminer et penser étaient les deux seules activités que l’on pouvait y faire. Rien de vraiment jouissif mais bon. Il avait un peu faim, mais visiblement c’était pas l’heure de manger. La veille, on leur avait apporté de la nourriture en fin de matinée et en début de soirée. Ce serait probablement le cas aujourd’hui aussi. Ca n’avait été que du pain, et quelques fruits. Pas suffisant pour que tout le monde mange à sa faim, mais au moins ils n’allaient pas mourir. Quoique, vu les conditions de vie ici, il savait pas ce qui était le mieux. Certains pétaient les plombs, comme cette fille de Serdaigle qui faisait une sorte de crise d’angoisse. D’abord, il avait observé la scène. Jusqu’à ce que deux abrutis viennent l’emmerde. Oh non mais sérieusement là ? C’était pas le moment de s’emmerder les uns les autres, il fallait arrêter de délirer ! On avait tous le droit d’exploser vu ce qui arrivait. Nelson se leva, bien décidé à ce qu’on foute la paix à la Evelyn, mais au moment où il allait intervenir, un truc se passa.
Un truc, mais démesuré, inimaginable. La porte s’ouvrit. Déjà, ça c’était incroyable, car la seule lumière du jour qu’ils voyaient passait par la petite trappe qui s’ouvrait lorsqu’on leur apportait à manger. Mais là c’était la porte entière. Il fallut quelques instant à Nelson pour reconnaître la silhouette, étant donné qu’il n’était plus habitué à une lumière si vive. Rogue. Rogue ? Nan mais ! Ca le tuait, qu’un de ces mangemorts viennent voir le spectacle juste pour se divertir. Ils étaient humains, et on les traitait comme des objets. Et chose encore plus pourrie, il venait chercher une seule personne. « Alyssa Carter. » Sa salope de cousine. C’était comme si c’était irréel, tout se passait dans le silence le plus complet. Chacun restait bouche bée face à la situation, comme incapable de réagir devant une telle chose. Il venait délivrer une personne ? Nelson arrivait même plus à penser tellement il avait envie de s’énerver. Mais il ne bougeait pas d’un pouce, car tout ça, il n’arrivait pas à le concevoir.
Evidemment, sa cousine se leva, tellement heureuse que son connard de chevalier vienne la libérer. Comme à son habitude, elle se comportait comme une vraie gamine qui voyait le monde avec des yeux de bébé. Ouais, Alyssa Carter la gamine qui pense qu’à sa gueule, exactement. Mais il n’était pas au bout de ses peines, ça non. Elle s’adressa àa lui, comme pour enfoncer le couteau dans la plaie « Dommage que tu vas crever ici, tu ne pourras pas voir ta sang-de-bourbe de mère se faire rejeter par le reste de la famille, ou même tuer. Parait-il que les sang-de-bourbe ont le droit au baiser du Détraqueur. Mais t'en fais pas, je ne louperai aucun détail et je te raconterai tout. Enfin pour ça, faudrait déjà que tu finisses par sortir d'ici un jour... ». Il pouvait pas y croire. Comme si c’était pas assez détruit, elle terminait de briser les petits morceaux de la famille Carter. Rien ne pu sortir de sa bouche, il ne pu même pas défendre sa famille tellement il en croyait pas ses oreilles. Elle n’avait vraiment aucun regret pour tout ce qu’elle avait dit alors qu’elle venait de creuser un immense fossé entre lui et elle. Et elle sortait, toute heureuse, rejoignant l’autre abruti. Elle laissait les autres derrière comme ça, tellement égoïste.
Alors que la porte venait de se refermer, Nelson n’avait pas bougé d’un pouce. Toujours choqué, toujours … y avait même pas de mot. Au bout de quelques instants, il se débloqua. Il lança un regard autour de lui, comme pour vérifier que tout ça venait bien se passer. Et en voyant les regards, il comprit que c’était le cas. Un goût amer dans la bouche, il s’éloigna dans un coin et s’assit de nouveau. Il avait encore plus de matière pour ruminer à présent.
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Dim 13 Mar - 14:14
Son monde se résumait à une pulsation régulière. Dans le silence absolu, terrifiant, elle entendait les battements de son propre cœur résonner à ses oreilles comme un tambour. Elle savait, grâce à cela, qu’elle était toujours en vie. Elle avait fini par s’habituer à la profonde obscurité qui régnait en ces lieux, et ne craignait plus le noir. Après tout, ce n’était que ténèbres, ici. Cependant, elle entendait, autour d’elle, des chuchotements épars, bribes de conversation qu’elle ne vouait pas connaître. Elle entendait des sanglots, des voix et d’autres voix venir de partout et de nulle part à la fois. Elle entendait l’obscurité s’infiltrer dans sa tête et lui souffler des idées… malsaines. Les battements de son cœur s’accélérèrent. Si elle voulait survivre, elle ne devait pas écouter les voix. De même, elle ne pouvait pas écouter son cœur battre indéfiniment, et elle ne pouvait rester prostrée dans son coin, à l’écart des autres. Elle devait se battre. Elle devait ?
Diane ouvrit les yeux, mais aucune différence ne se fit sentir. Les bruissements furtifs étaient toujours présents, ainsi que les borborygmes des estomacs vides ou bien les cris de certains prisonniers. Ils allaient devenir fous. S’ils ne se sortaient pas très vite de cette situation, ils finiraient tous par se bouffer entre eux, et ça se terminera en hécatombe. Elle haïssait cet endroit. Chacune des personnes enfermées avec elle lui tapait sur les nerfs. Elle ne supportait ni les pleurnichards, ni geignards et encore moins ceux qui, en s’apitoyant sur leur pauvre sort, réalisaient le détestable exploit de geindre en pleurnichant.
En revanche, elle tirait un certain plaisir de l’humiliation que vivaient les Serpentards et les Sang-Purs. La situation de ceux qu’elle avait voulu égaler pendant toute sa scolarité était loin d’être meilleure que la sienne, bien au contraire. Ils devaient affronter la honte de leur enfermement – après tout, des gens de si bonne famille… Il y avait notamment des Nott et des Carter, dont Diane savourait chaque instant de déchéance. Alors, ça leur faisait quoi, à eux, de se retrouver dans sa situation, hein ? De vivre l’enfer qu’elle vivait tous les jours ? De ne pas avoir d’importance, d’être puni à cause d’un crime que l’on n’a pas commis ? D’être traité comme un sang-de-bourbe alors que l’on vaut mieux, beaucoup mieux que ça ?
Son petit monologue fut interrompu par des cris, et Diane lança un regard noir aux perturbateurs. Pas cinq minutes ne pouvaient s’écouler sans que retentissent des lamentations semblables à celles d’un phoque échoué sur une plage. Lui succédait aussitôt les paroles souvent sarcastiques et sans réplique des rares personnes possédant plus d’énergie qu’une jacinthe. Et après… ah oui, après, chacun prenait plus ou moins parti d’un des deux protagonistes, mettait son grain de sel, envenimait la conversation et ça finissait en baston générale, spectacle divertissant que Diane regardait avec mépris et plaisir. Elle aimait les mépriser.
Cette fois, ce n’était cependant pas exactement pareil. Elle était au bout du rouleau. Elle avait bien sagement fermé sa gueule depuis son arrivée, ne s’était pas plaint une seule fois et n’avait pas tenté de faire empirer la situation. Mais là… le désespoir mièvre de Caulfield avait ouvert les hostilités. Johns s’en était mêlé et l’avait plutôt bien rembarrée. Mais il avait fallu que miss Nott, assise à quelques mètres d’elle, mette les pieds dans le plat. Boom.

Diane aurait voulu garder son calme. Vraiment. Pourtant, elle ne put pas s’empêcher de réagir. Nott, elle souffrait ? Elle ? Diane laissa échapper un ricanement qui fit écho aux belles paroles creuses de la blonde Serpentard. De son coin, toujours accroupie, elle s’exprima avec son sarcasme caractéristique :
    « Tu souffres ? Pauvre chérie. Que ça doit être dur d’être à ta place, sans papa ni maman, sans Elfes réduits en esclavage pour subvenir aux moindres désirs de la princesse Katelyn… Vraiment, je te plains. »

Elle aurait pu se taire, et retourner dans sa contemplation du désastre. Mais elle entendit les dernières paroles de Nott , et son sang se glaça. Elle ne tenta même pas de se calmer. Même si elle s’était de toute évidence adressée à Evelyn, Diane savait très bien que ses paroles s’appliquaient à chaque né-moldu de la Cage. Et elle en faisait partie.
    « Ça veut dire quoi, ça, Nott ? Si j’ai tout compris, sous prétexte que t’as du sang sorcier dans les veines t’as le droit de te lamenter sur ton sort de reine en exil? Laisse tomber ma grande, t’es dans la même merde, exactement la même merde que tous les sorciers ici présents. C’est pas ton sang ou ton nom qui fait la différence, c’est ce qu’il y a derrière. »

Ça faisait vraiment du bien de se décharger. Et encore, elle n’y était pas allée fort. L’important était qu’elle pensait ce qu’elle disait. Ils étaient tous, vraiment tous dans la même galère.

Puis la porte s’ouvrit, et devant la lumière éblouissante, Diane cligna des yeux. Une silhouette se découpa dans l’embrasure de la porte. Elle reconnut immédiatement la démarche sèche et la voix traînante : Rogue. Il était venu chercher Alyssa Carter, les ignorant de façon royale. Évidemment, ils n’existaient pas.
Le murmure de Nott attira l’attention de Diane. Hm, visiblement, elle avait cru qu’on viendrait pour elle. Diane haussa un sourcil narquois mais se retint cependant de parler. Les dernières paroles d'Alyssa l'avaient choquée et blessée. Parait-il que les sang-de-bourbe ont le droit au baiser du Détraqueur... faudrait déjà que tu finisses par sortir d'ici un jour....
Diane se mordit la lèvre et se replongea dans le silence. Malgré tout, la larme brûlante qui coula le long de sa joue témoigna de la portée que ces paroles avaient eu sur elle.

Pandore – ou qui que ce soit – avait ouvert la jarre et libéré les maux de leur prison. Aussi, comme « l’épisode Rogue » venait de le démontrer et contrairement à la Légende, ils ne pouvaient définitivement plus croire en l’espoir.
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Sorrow C. Caldwell
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Dim 13 Mar - 20:44
    Insomnie. Tristesse. Faiblesse. Folie. Peur. Désespoir.

    J’avais les yeux fermés, mais je n’avais pas dormi de la nuit. Impossible de trouver le sommeil. Des images vivaces et horribles venaient dans mon esprit et une boule d’angoisse c’était formée au niveau de mon ventre. J’entendais des voix, des chuchotements, des gens qui se mirent à hurler. Mes mains vinrent boucher mes oreilles. Il ne fallait pas que j’entende ce qu’ils disaient, ou j’allais perdre la raison. Non, en fait je commençais déjà à la perdre. Il fallait que je sorte d’ici à tous prix. Le manque de sommeil et de nourriture m’affaiblissait grandement. Je n’avais pas mangé depuis, je ne sais combien de temps. J’avais laissé mes parts aux autres. Je n’avais pas faim. L’appétit était partit très vite. Il fallait dire que les repas qu’on nous offrait n’étaient pas si géniaux que ça. Je n’avais jamais autant maigri en si peu de temps. J’étais fatigué, j’en avais ras-le-bol. L’obscurité ne brouillait l’esprit. J’avais envie de vomir, mais je n’avais rien à rejeter. Je ne me sentais pas bien. Je manquais d’air. J’avais des envies de meurtres sur les Carrow et la direction de Poudlard. Si seulement on pouvait sortir d’ici une bonne fois pour toute ! Si seulement … Sauf que ça n’étais pas le cas. Le pouvoir était entre les mains de Rogue. On n’était tous condamnés à vivre ici dans cet endroit immonde, les uns sur les autres. Ah, mais ils devaient surement rire en pensant à nous. Ah mais riez, riez tant que vous pouvez. Riez si l’envie vous prend. Mais attendez que je sorte, attendez. J’avais envie de leur faire subir ce que nous vivions ici. Je voulais qu’ils sachent ce que ça fait que d’être enfermer dans une pièce comme des animaux. Je voulais qu’ils deviennent fous comme moi, je voulais qu’ils sentent la faim leur serrer les entrailles. Je voulais qu’ils sachent ce que ça fait d’avoir mal, de ne pas dormir. Ils ne méritaient que ça. Que ça.

    Je devenais fou. Jamais avant, jamais je n’aurais pensé une chose pareille. Jamais je n’aurais souhaité la souffrance à quelqu’un. Je déraillais complètement. Et les voix autours de moi. Les cris de lamentation d’Evelyn n’arrangeaient rien. J’ouvris subitement les yeux et regardais ce qui se passait. Ma camarade préfète faisait une crise d’angoisse. Elle semblait paniquée. Je ne pouvais que la comprendre après tout. On était tous dans la même bateau. Pourtant déjà, Vitaly passait ses nerfs sur elle. La fougue du jeune homme était bel et bien là. Je pouvais le comprendre aussi, il était aussi en colère que nous aussi désespéré et il ne voulait pas qu’on l’enfonce dans cette idée d’impuissance. Pourtant, ça n’était pas la solution de s’en prendre aux autres, ça ne résoudrait rien. Et alors une autre personne pris la parole. Ce fut Katelyn. Elle se mit alors à se lamenter. Je restais un instant choqué par ce qu’elle venait de dire. Et puis alors un fou rire me prit. La situation n’était pourtant pas à rire, mais mes nerfs lâchaient. J’en avais ras-le-bol d’entendre les jérémiades de cette fille. Madame Nott avait mal par ici. Madame Nott avait faim. Madame Nott avait froid. J’essayais alors de maîtriser mon rire et quand j’y parvins enfin je lui dis alors : « Fait nous plaisir Nott, t* g***l* ! » c’était sortit comme ça, aussi naturellement que possible. Mon rire se tu alors quand j’entendais la voix de Diane. Je me figeais immédiatement. Je n’avais pas remarqué sa présence dans « La Cage ». Je regardais alors dans sa direction et j’aperçu alors une Diane à la mine bien fragile. Elle semblait faible et désemparée. Cette vision de cette Diane là me serra le cœur et j’eus envie d’aller vers elle pour la rassurer. De la prendre dans mes bras et de la protéger.

    Mais alors que j’allais m’exécuter, la porte de la pièce s’ouvrit et la silhouette de Severus Rogue m’apparut alors. Je me figeais de nouveau. Je me regardais à la fois stupéfait et en colère. Comment osait-il venir nous voir ? Ca l’amusait ou quoi ? C’est jouissif hein de nous voir plus bas que terre hein ? Mais j’eus très vite la réponse à ma question. Il appela alors Alyssa. Je regardais alors celle-ci qui se levait. Elle se tourna alors vers son cousin et prononça des paroles qui me choquèrent. Je la regardais alors partir. J’avais envie de sortir d’ici et la tentation était trop belle. Mais Rogue tenait sa baguette dans la main alors mieux valait éviter. La porte se referma à sa suite. Un silence de mort s’en suivit. Je restais là totalement bouche bée. Mais ce n’était pas possible ça. C’est quoi ce bordel là ? On fait sortir des gens sans explication et on nous laisse dans la merde ! Mes poings se fermèrent automatiquement. J’avais envie d’hurler, j’avais envie de détruire cette porte. Je me levais alors d’un seul coup. Je me mis alors à marcher en essayant de ne pas marcher sur les autres. C’est pas possible, ils ne peuvent pas nous laisser comme ça. Je vais exploser. Je vais exploser je vous le jure…

    Et d’un seul coup, mon poing partit tout seul dans le mur. J’avais frappé tellement fort que je cru le sentir trembler. Alors vint l’instant de douleur. Des larmes montèrent à mes yeux et une douleur aiguë se fit sentir dans ma main. Je crus alors mettre fracturé quelque chose. Mais t’es trop con Elliyöt ou quoi !? Je regardais alors ma main et je vis du sang alors sur celle-ci. Je retins mes larmes et je me mordis la langue pour ne pas hurler de douleur. Une seule phrase m’échappa alors : « Bande d’enfoirés »


Animal I have become

i can't escape this hell so many times i've tried but i'm still caged inside somebody get me through this nightmare i can't control myself so what if you can see the darkest side of me? no one would ever change this animal i have become help me believe it's not the real me somebody help me tame this animal © belzébuth
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Lun 14 Mar - 0:26
Les heures s'écoulaient, les jours et les nuits se confondaient, si bien qu'on en avait tous perdu la notion du temps. Depuis combien de temps étions nous enfermés ? Une journée ? Deux ? Plus ? J'aurais dit plus, mais j'étais dans un sale état, anéantie par la fatigue, et la faim qui me tiraillait. Je me demandais bien ce qu'ils allaient faire de nous. Allaient-ils nous tuer? Ca n'était pas à exclure... Quoi que, je doute que les mangemorts puissent éliminer autant d'élèves que ceux présents dans cette pièce sans avoir de comptes à rendre par la suite. De toute façon, ils pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient de nous, nous n'avions aucun moyen de défense : plus une seule baguette et à présent, nous n'avions même plus la force physique de nous battre. Ils avaient eu ce qu'ils voulaient : nous avaient rabaissés, punis pour notre rébellion. A ce jour, nous n'avions plus rien à faire qu'attendre. Mais le temps s'avérait long. Nous étions presque installés les uns sur les autres, nous devions supporter les plaintes de chacun, et ça, c'était probablement le plus difficile. Le manque de sommeil nous poussait à bout, et les états d'âmes de chacun n'arrangeait rien non plus. Depuis notre arrivée ici, je n'avais pas prononcé le moindre mot, ou presque. Je n'avais plus la force de bouger, pas même celle de parler. A vrai dire, bien que les plaintes de certains m'agacent, j'admirais, en un sens, ces élèves encore capable de revendiquer leur colère, leurs craintes, ou que sais-je encore. Eux, au moins, avaient encore la force de se battre. J'aurais aimé qu'il en soit de même pour moi. Malheureusement, pour ça, il m'aurait fallu probablement fallu une sorte d'électrochoc, qui n'était probablement pas prêt d'arriver. Assise, le dos contre le mur humide, la tête reposant dessus, je fermai les yeux, tentant tant bien que mal de dormir, mais ce fut difficile, sachant qu'Evelyn et Vitaly se prenaient la tête. Je fronçai les sourcils, contrariée. Quand allaient-ils cesser de se disputer ?! Y'en avait assez. Si je savais ce que pouvait ressentir Vitaly – j'étais moi même agacée des gens qui se plaignaient – il n'avait cependant pas à passer ses nerfs sur la serdaigle qui avait certainement plus besoin d'être réconfortée que rabaissée comme il le faisait. Lentement, je redressai la tête, les regardant sans bien comprendre. Comme si leur dispute ne suffisait pas, il fallait que Katelyn s'en mêle. Cette fille commençait sérieusement à me les casser. En plus de se lamenter, madame estimait qu'elle n'avait rien à faire ici. Je levai les yeux au ciel, blasée par tant d'arrogance, tandis que j'entendis le rire d'Elliyöt résonner dans la pièce. Après un instant, il reprit son sérieux, avant de dire :

« Fait nous plaisir Nott, t* g***l* ! »

J'esquissai un léger sourire. Je n'aurais pas pu dire mieux moi même. Comme si Nott n'en avait pas eu assez, ce fut Diane qui lui dit cette fois ses quatre vérités. Au moins, elle l'avait bien cherché. C'est alors que la porte s'ouvrit, la lumière de l'extérieur m'éblouissant quelques instants. Le professeur Rogue était là, et venait chercher Alyssa. Je dû retenir un rire nerveux en l'entendant appeler la préfète. Néanmoins, je me retins, prenant sur moi, pour ne pas avoir à subir quelque représailles que ça soit de la part du mangemort. Avant de partir, Alyssa se tourna vers Nelson pour s'adresser une dernière fois à lui. En entendant ses mots, il va sans dire que je fus choquée, comme probablement le reste des personnes dans cette pièce. Je n'en revenais pas qu'elle ait osé dire ça au Serpentard. Plus que choquée, j'en étais bouche bée, et je la regardai s'enfuir avec un regard empli de haine – et d'envie, je devais le reconnaître. Mon regard se reposa alors sur Nelson, qui semblait encore sous le choc des mots que venait de prononcer sa cousine. J'eus un léger pincement au coeur pour lui. Il ne méritait pas ça. Lorsqu'il alla s'asseoir, seul dans un coin, j'eus envie d'aller le voir, de le réconforter, mais j'avais peur qu'après ce qu'il venait d'entendre, mes mots ne soient d'aucun réconfort. Je me levai tout de même, décidée à aller le voir, lorsqu'Elliyöt fit de même, commençant à faire les cent pas dans la pièce. Il avait l'air d'un lion en cage. Pire, il avait l'air fou de rage. Je décidai d'aller le voir, de le calmer, avant d'aller voir Nelson, cependant, je n'en eus pas le temps. Son poing vint frapper le mur avec violence, et outre le bruit du coup, on pu entendre le bruit d'os se casser. Je grimaçai, avant de m'approcher de lui. Sa main était en sang, et je voyais à son visage qu'il retenait quelques larmes. Soupirant, je pris son bras, histoire d'inspecter sa main qui était vraiment dans un sale état. Je levai les yeux vers lui, avant de dire, sur un ton à moitié agacé :

« Bravo, c'est malin. »

Comme si ça n'était pas assez difficile de vivre dans cet endroit, il fallait en plus qu'il se blesse délibérément. Poussant un nouveau soupir, j'entrainai Elliyöt avec moi jusqu'à la fontaine. Je pris un peu d'eau avec ma main libre, et j'en versai sur la main blessée de mon petit ami. J'aurais aimé nettoyer sa main avec autre chose, mais je n'avais malheureusement aucun bandage ni tissus à portée de main. Et puis, étant donné la tête qu'il faisait au simple contact de l'eau sur sa main, je doutais qu'il ait apprécié que j'y touche avec un tissus. Levant les yeux vers lui, pour plonger mon regard dans le sien, je lui adressai un léger sourire. Je déposai alors un baiser sur sa joue, avant de murmurer :

« Ca va aller... On va bientôt sortir, j'en suis sûre... »

Je mentais, en réalité. J'étais persuadée qu'on était encore coincés ici pour un bon moment. Mais je savais pertinemment qu'Elliyöt avait besoin d'être rassuré à cet instant. Je comprenais sa frustration, je comprenais également sa colère. Et si je ne pouvais pas les effacer, je pouvais peut-être les apaiser... C'était du moins ce que je tentais de faire, bien que je doute que mon intervention soit si efficace que ça.
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Evelyn R. Caulfield
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Lun 14 Mar - 3:02
    Nan mais ils n’ont vraiment pas de savoir vivre, eux non plus ! Ils viennent dire qu’ils sont sois-disant plus ‘civilisés’ en lui criant dessus ?! PFFFT ! Oui, pfft, je vous le dit ! Car en ce moment, elle n’avait pas besoin de se faire crier dessus ! Oooh non ! Ils ne faisaient qu’attiser les flammes, les crétins, les vilains, les gros michants choux de Bruxelles périmés ! En plus de ce con de Gryffy, il y avait la Nott, la miss prétentieuse par excellence, qui en rajoutait, et qui en rajoutait encore, avec ses excuses à la noix et ses wannabe ‘traits de noblesse Sorcière’... NAN MAIS LA MAUDITE NIAISEUSE, moi je dis ! Et je ne suis pas la seule, car Evelyn, elle, son regard s’était porté sur elle à ses dernières paroles ! Mais oui, je vous le jure ! À ses dernières paroles, elle avait serré ses poings tellement fort que les ongles lui rentraient dans la peau ! Certainement qu’elle n’allait pas se laisser abattre de la sorte ! Même si elle était une ‘moins que rien du monde des sorciers par la cause de son sang’, elle n’allait certainement pas se laisser piler sur les pieds comme une petite naïve qui n’avait rien d’autre à faire de sa vie, que de se faire piler sur les pieds ! Et malgré son regard fatigué, son étourdissement, son angoisse et sa terreur, les répliques viendraient tout aussi rapidement qu’une flèche qu’elle lui aurait tiré en plein cœur

      « Oooh mais vous arrêtez un peu, oui ?! On s’en fout de ta noblesse, la petite miss fraîche-pette Nott, han ! T’es ici, tu vis la même chose que nous, alors tu la fermes toi aussi, si moi je dois le faire ! »


    Elle ne fut certainement pas la seule à répliquer à celle-ci. Plusieurs élevèrent leurs voix dans la salle, portant dans un écho profond que tout le monde entendit. Beaucoup devaient être totalement exténués de toutes les batailles qui régnaient depuis le début. Pourquoi ne pouvaient-ils pas finir par s’entendre ? Avec de la coopération, tout irait mieux. Cependant, nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes. Nous sommes à Poudlard, dans une salle abandonnée où tous meurent de faim, de manque de propreté, de manque de choses à faire. De fatigue. Le monde qui s’éloigne le plus de ce que l’on peut considérer comme ‘idéal’, le monde dans sa dégradation. Où, malgré leurs malheurs, on voit la différence. On l’affirme et on poignarde les autres dans le dos avec. Ceux qui restaient silencieux étaient les plus intelligents dans cette guerre, car eux seuls avaient la sagesse de ne pas se mêler au conflit. Si tout le monde avait la philosophie énoncée, il n’y aurait pas de problème. Mais non. Non. Ça n’était pas possible. C’était comme demander à un Saule Cogneur de ne pas taper. Ouais. Et merde. Notre chère Evvie était d’entre ceux dépourvus d’intelligence, d’un certain sens, car elle continuait de gueuler et ne se laissait pas abattre. D’autres semblaient être de son côté. Tout se partageait. Tous criaient, tandis que d’autres ne faisaient que regarder sans mot dire. Et ses poings se serraient. Et elle voulait tellement se lever à ce moment précis ! Tellement... Lever... Frapper quelqu’un, quelque-chose. Démontrer sa colère. Laisser passer toutes les émotions négatives qu’elle pouvait à ce moment ressentir.

    Il faisait si longtemps qu’elle n’avait pas eu un café. Tellement longtemps qu’elle semblait même en oublier le goût. Le goût délicieux quand on rajoute du sucre et du lait... Avec de bonnes crêpes toutes chaudes, excellentes... Son ventre se plaignit de ses pensées trop belles. Elle émit un petit gémissement au même moment que la porte daignait s’ouvrir dans un bruit étrange et qui résonna partout. Instinctivement, sa tête se retourna vers la source de ce vacarme. La grande porte venait de s’ouvrir, laissant filtrer la lumière du jour dans la pièce, dans les yeux de tous, aveuglante, agressante. Il y eut le silence. Un silence pesant tandis que dans la lumière si difficile à regarder, une silhouette se dessinait agilement. Elle put rapidement reconnaître le directeur, clignant des yeux plusieurs fois, la main devant le visage, son ombre s’étendant devant ses yeux. Rogue. Venait-il les achever ? Venait-il user de son pouvoir pour finalement en finir avec leurs souffrances ? Que de pensées noires l’envahissaient. Des pensées beaucoup trop noires. Elle sombrait dans une telle noirceur en voyant cette lumière. N’y avait-il pas une seule petite once d’espoir à donner ? Une simple goutte d’eau parmi un océan ? Aucunement. Aucunement ne pensait-elle qu’il viendrait ici pour les délivrer. Il ne venait que les voir souffrir comme jamais ils n’avaient souffert.

    Et puis. Un nom. Un seul nom. Et celle nommée se leva, fière comme un pan, laissant voir toutes ses magnifiques plumes de Préfète en Chef. Et elle marchait vers la sortie. Mais avant, se tournait vers son cousin, avec qui cette bruyante altercation de hier avait fait rage. Cette bruyante et cassante altercation. Ses mots étaient aussi destructeurs qu’un ouragan. Aussi poignants que de l’acide. Des mots qui laissèrent son cousin, qui venait alors à sa rencontre, bouche-bée, tandis qu’elle, elle et son sourire narquois, elle marchait vers la sortie et laissait la porte se refermer derrière elle. Derrière leur seule chance de sortir. Quelle conne. Quelle dégueulasse. Sans-coeur. Comment osait-elle être fière de ses paroles ? Comment osait-elle vivre après cela ? Ces Sang-Purs étaient les pires. Ils perdaient l’esprit. Jamais elle n’aurait accepté de telles paroles. Elle n’était pas la seule. Des murmures se firent entendre. Des collègues, des camarades de classe, se mirent à pleurer, tandis que d’autres criaient. Un Gryffondor se leva, haineux, et fit comme elle, mais en pire, fracassant son poing sur le mur. Le craquement. Le sang. L’odeur ferreuse du sang. Et Nelson qui va ailleurs, comme dévasté, comme pour se faire plus petit. Elle eut mal pour lui. Savait ce qu’il ressentait. Se faire haïr par sa famille. Haïr sa propre famille. Ils étaient, dans tellement de points, dans le même pétrin. Dans les mêmes sentiments de rage. Elle sentit des larmes, d’autres, autant de rage, de tristesse, de peur et d’anticipation couler sur ses joues. Ça ne pouvait continuer ainsi. Non. Elle ne voulait rester seule encore un moment. S’accotant la main sur le mur, elle réussit à se lever, les jambes quelque peu tremblantes. Elle lança un regard haineux au Gryffondor, allant rejoindre à grandes enjambées le Serpentard, dans son coin. Elle s’assit à ses côtés, laissant cependant une distance entre eux. Il ne fallait pas être seul dans de tels situations. La solitude les détruirait. Tous. Elle ne savait quoi dire. D’autres larmes. Encore d’autres. Abondantes et inlassables. Elle laissa l’air sale et humide envahir ses poumons.


      « Comment... »


    Les paroles lui échappèrent.
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Lun 14 Mar - 22:53

« Nahh mais ! Ma fierté n’a pas besoin de tes conseils, tu sauras. »

L'enfant capricieuse semble se reprendre, elle a enlevé les mains de son visage, elle le regarde, dans ses yeux, peut-être un peu mal à l'aise. Ils attirent les regards, le silence est devenu un peu plus clair, moins dérangé par les murmures étouffés et fatigués. En d'autres circonstances, Vitaly aurait adoré être le centre de tant d'attention, il se serait levé, il aurait entamé une danse quelconque, il aurait forcé une amie à chanter, il aurait remercié tous ses regards par une action – peu importe laquelle. Dans de telles circonstances, être le centre de l'attention ne peut jamais être bon, ne peut être qu'un mauvais présage, ces regards affamés sur leurs corps. Pris de son imagination hallucinée l'adolescent s'imagine soudainement dévoré par ses camarades affamés ; il se dit qu'il ne doit pas y avoir grand chose à dévorer sur son corps mince. Il se dit qu'il doit avoir plus faim qu'il ne l'accepte pour imaginer un scénario aussi stupide.
Il l'observe, de nouveau, elle a un air agaçant de gamine désespérée. Le prétentieux, il croit vraiment être différent, peut-être croit-il qu'ici, son physique qu'il considère tellement avantageux lui servira à quoi que ce soit, ses efforts stupides pour travailler ses cheveux, pour travailler ses abdos et savoir rentrer son ventre dans n'importe quelle position et même en dormant.

Plus il la regarde et plus il se sent plein de mépris. Il imagine sur sa face celle de la blonde Madison – il se sent à cet instant une sorte de double comisque dans le genre Sang de Bourbe. Mon dieu. Il lui faut une clope.
Elle lui dit que crier fait du bien, que ça défoule, il ne répond que par un soupir, une moue sceptique. Il ne veut pas se défouler ; il veut que ça soit fini. Il veut sortir, il veut sentir le soleil, il n'a jamais autant rêvé de soleil, il pense au Brésil et à Maria – Maria, merde, elle va bien ? Est-ce que cet enfermement est le début d'autres actions, d'autres méfaits, contre les moldus, contre les autres. Soudainement le ventre du gosse se met à crier d'angoisse. Maria, Edelberto.
Il en a oublié la Bleue à côté. Elle, ne l'oublie pas cependant. Il faut dire, Vitaly est tellement passionnant.

« Tu devrais essayer, le Grincheux ! »

Le regard du brun se repose sur la fille. Ah oui, grincheux. Ça lui arrache de nouveau un sourire. Elle dit ça comme si c'était une insulte. Très recherchée, dis donc, élaborée, et tout. Comment pourrait-il être grincheux, c'est elle hurle, se plaint et crie sans aucune retenue. Il grogne – certes. En effet, il grinche. Elle se trouverait presque mignonne, l'enfant, si elle n'était pas aussi agaçante. Il n'est pas d'humeur à rire ; contrairement à ce qu'indique le sourire sarcastique qui ne quitte pas sa face, et son être tout entier lui semble être une farce.
Il va répondre, mais une blonde le devance. Il se tourne presque vers elle – à moitié cependant. Elle est odieuse et hautaine ; il la reconnaît presque instantanément. Ils sont de la même année. Ses paroles sont sèches et pathétiques. Il se demande s'il donne cet effet là, aussi. Elle l'engueule de se plaindre, mais la blonde fait pourtant exactement la même chose. « Les autres qui souffrent » dans sa phrase, c'est elle que ça désigne. C'est encore plus agaçant. Vitaly veut répondre, mais un bruit sourd se fait entendre – il ne l'identifie pas mais se détourne de la jeune fille pour tourner lentement sa tête vers l'endroit d'où il entend les mouvements. Il aurait aimé sursauter, gueuler, faire quelque chose, être surpris au moins, au moment où il voit Rogue – l'homme aux cheveux gras, comme il l'appelle d'ordinaire – dans la pénombre ambiante (il reconnaitrait entre milles cette silhouette haïe) mais il ne se passe rien, rien en son être qui lui permettrait d'affirmer qu'une vie quelconque l'habite à cet instant.

« Alissa Carter. »

Vitaly détourne les yeux, comme si le nom en lui-même l'avait insulté. Le spectacle est déjà tout tracé – il imagine la brune Serpentarde se lever, peut-être dire au revoir à un de sa famille (ils étaient plutôt en mauvais terme, remarque, à cause de la dispute de la veille – sûrement était-ce la veille, ou quelque chose qui y ressemble, il y a avait eu des repas), et sortir. Sortir, tout simplement, comme si elle le méritait, comme si c'était naturel. Une colère se soulève dans la poitrine de l'adolescent jusqu'à la brûler entièrement, douloureuse, s'ajoutant, cruelle, à la douleur du ventre angoissé et torturé. Il entend vaguement, dans un coin, la voix de la jeune fille, il ne veut pas la voir, il a les yeux baissés, la tête sombre, les traits crispés et les poings serrés à en saigner. La petite garce.
Vitaly serait dans un état normal qu'il réfléchirait à l'après – il réfléchirait à son comportement, celui qu'il devra avoir face à ses anciennes fréquentations, face au Lockweder, au Tiresias, au Rockwood. Il se demanderait s'il pourrait continuer comme avant à faire semblant de ne pas avoir de camp. Il se demanderait s'il arriverait toujours à se mentir, comme il le faisait si aisément, s'il arriverait toujours, à vivre sa petite vie tranquille, à se détruire dans son coin, en faisant semblant de rien. Vitaly est présent dans l'AD, il y est plus qu'actif et l'Armée fait partie intégrante de sa vie quotidienne, mais pour autant, il s'en sent quelque part détaché. Finalement, comme si la menace toujours constante restait moitié irréelle, fantasmagorique, rêvée ou cauchemardée.
Maintenant que la mort frappe doucement à la porte.

La porte se referme et les sortilèges se remettent en place le temps de quelques secondes. Personne n'a bougé, personne n'a tenté l'attaque suicidaire, se jeter sur la porte, essayant d'arrêter le supplice. C'est à ça qu'on reconnaît des sorciers – incapables sans baguettes. Un moldu se serrait jeté, peu importe de mourir broyé.
Vitaly, lui, ne bouge pas. De toute façon, il ne sent pas plus moldu que sorcier. Il se sent rien, plein de vide. Il suce doucement son doigt. La peur du noir lui semble ici totalement dérisoire – si l'angoisse était présente, au départ, les premières heures, à scruter, comme un gosse, chaque centimètres d'ombres qui prenait alors des allures de monstre, l'adolescent semble avoir oublié à présent, qu'il peut y avoir autre chose que ces obscures entrailles noires et nuitées. Les ombres sont devenues des amies familières, cachant des visages autrement aimés. Des visages auquel le gosse pense déjà à dire au revoir.
Il se demande s'il pourrait échanger un bout de pain (tant bien est qu'il en attrape) contre une clope – car c'est ce manque là le plus fort. Mais Vitaly revient bien vite à la raison ; se disant que le prochain approvisionnement sera dans une éternité et qu'il doit se battre pour manger, forcer son estomac à ne pas devenir un raisin sec, histoire de pas crever avant le lendemain – lendemain terriblement hypothétique, de sursis.
Il n'a jamais été anorexique, juste obsédé.

« Et que vas-tu faire contre ça ? Gueuler ? »

L'adolescent s'adresse à la jeune fille à ses côtés sans la regarder, sans même que le ton ne soit réellement là. Ça ressemble autant à une pensée lâchée qu'à une interrogation réelle. Le brésilien est agaçant de résignation terrible à cet instant. Il ne se la connait pas, mais Vitaly ne se connait rien. Il est toujours surpris des sentiments. Il tourne ses yeux vers elle cependant. Elle n'a pas du l'entendre. Elle s'enfuit. Elle lui lance un regard haineux. Ah, d'accord. Peut-être qu'il l'a cherché ? Il n'en a pas l'impression. Il l'a sûrement fait, cependant.

Le garçon pousse un râle lourd. Il voulait lui demander une clope.
Sa tête vient atterrir entre ses mains maigres.
Il pourrait se tourner vers la blonde qui l'a soutenue, mais il la déteste avec hargne à cet instant. Il la déteste d'avoir partagé son avis, d'avoir mal interprété ses dires. Il l'aurait bien descendu, il l'aurait probablement mieux fait que tous ses êtres – quoi que la sarcastique était délicieusement juste – mais ils se sont trop acharnés à présent, l'adolescent ne ferait que redire, il deviendrait inutile et il n'en est pas question. Il la déteste. Elle, les autres. Il aimerait voir un visage ami, mais il ne voit rien dans l'obscurité de l'antre.Il a reconnu la voix d'Elliyöt. Mais il n'a pas le courage de se hisser jusqu'à lui. Il sait qu'il est accompagné alors que Vitaly est seul, terriblement seul. Il se sent pris d'une envie de pleurer. Il a toujours eu peur du noir et de la solitude. Il veut juste que cela cesse. Pathétique.
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Lun 14 Mar - 23:45
    Jour 3. Le manque de la nourriture, de l'hygiène commençait à se faire sentir pour tout le monde. Même pour Evangelina qui était une Serpentard qui d'habitude ne se plaignait pas aussi facilement. D'habitude cela était plus pour embêter certaines personnes mais là elle n'en voyait pas l'utilité. Cela faisait maintenant trois jours qu'elle était dans cette pièce "horrible", elle tenait le choc, enfin elle avait l'air de tenir le choc même si au fond d'elle même cela se faisait dure. Malgré tout, elle avait réussie à dormir, certes pas longtemps, mais, elle se sentait en quelque sorte plus reposée après une "nuit" de sommeil. La jeune femme s'était endormie après avoir parlée avec une amie de Gryffondor la veille, elle avait trouvée le sommeil assez facilement, même si quelquefois dans la nuit (ou la journée) la jeune femme avait ouvert les yeux croyant qu'elle avait juste fait un rêve bizarre, mais non. En ce troisième jour, elle se réveilla du mauvais pied, en effet vue que la jeune femme s'était quelquefois réveillée dans son sommeil, elle avait donc mal dormit. Quand elle se réveilla, dès qu'elle eut ouvert les yeux, elle vit pleins de gens et put enfin mettre un nom sur les personnes qui avaient en quelque sorte "crier" pendant qu'elle dormait. En effet, quelques minutes plus tôt quand elle essayait de récupérer les quelques heures de sommeils en moins que cette endroit lui enlever, elle avait été réveiller par des personnes qui parlaient. Elle n'avait pas ouvert les yeux et n'avait donc pas vue qui était ces personnes pour leur apprendre les bonnes manières. Ce qu'elle avait entendue lui avait déplut, tout d'abord elle avait eu le droit à une dispute entre deux personnes qui apparemment n'appréciait pas ce que faisait ou disait l'autre personne. Ensuite d'autres personnes s'étaient incrustés dans la dispute, la jeune femme ne prêta pas attention à cette dispute, car, elle n'avait pas réellement envie de s'incruster dans cette dispute qui lui semblait, aux vagues paroles qu'elle avait entendues, pas très intéressantes. Ce qui la surprit ce fut quand elle entendit une jeune femme dire : « Et puis au moins ils ont des raisons de t'enfermer, toi, donc t'as pas à te plaindre...» et une autre personne suivit d'une autre dire : « Ça veut dire quoi, ça, Nott ? Si j’ai tout compris, sous prétexte que t’as du sang sorcier dans les veines t’as le droit de te lamenter sur ton sort de reine en exil? Laisse tomber ma grande, t’es dans la même merde, exactement la même merde que tous les sorciers ici présents. C’est pas ton sang ou ton nom qui fait la différence, c’est ce qu’il y a derrière. » « « Fait nous plaisir Nott, t* g***l* ! » Et cela se termina par un :« Oooh mais vous arrêtez un peu, oui ?! On s’en fout de ta noblesse, la petite miss fraîche-pette Nott, han ! T’es ici, tu vis la même chose que nous, alors tu la fermes toi aussi, si moi je dois le faire ! » Après elle avait entendue la voix d'un professeur, qu'elle avait reconnut directement sans ouvrir les yeux, il s'agissait de Severus Rogue qui apparemment été venue chercher Alyssa Carter pour l'emmener à l'infirmerie. Cela avait presque choquée la Serpentarde qui s'était dit qu'elle rêvée peut-être à ce moment-là. Mais les mots qu'elle entendit après elle ne les avaient pas rêvés, ça elle en était sûre : « Parait-il que les sang-de-bourbe ont le droit au baiser du Détraqueur. » C'était horrible ce que venait de dire cette jeune femme, Evangelina avait déjà entendue sa voix mais elle ne pouvait pas donner un visage sur cette voix. Elle décida de ne rien dire et de voir après, pour le moment elle voulait encore essayer de dormir. Mais, elle ne put retrouver son sommeil tant voulue car d'autres voix se faisaient entendre. Elle se dit alors que le mieux était de se lever, au lieu d'essayer en vain de dormir. La jeune femme se releva et s'assit par terre, elle se détacha les cheveux avant de regarder qui était dans cette pièce froide, sans lumière. Elle passa ses mains dans se cheveux qui étaient presque mêlés à son plus grand désespoir. Se disant que le physique n'était pas bien grave même si cela la désoler qu'il n'y avait qu'une fontaine dans cette pièce. La jeune femme regarda enfin les personnes, elle reconnut Katelyn Nott, sa très chère ancienne amie, Nelson Carter, un coup d'un soir, ainsi que Elliyöt un "très bon" ami et Evelyn Caufield. Il y avait d'autres personnes comme Lluvia la copine du Gryffondor ainsi qu'une Poufsouffle et un autre Gryffondor, mais, la jeune femme les connaissait moins bien que les autres. A la vue de ces visages plus ou moins amicaux, elle hésita à aller voir quelque personne comme Nelson qui était tout seule dans son coin et qui peut-être à cause des paroles prononcés par la Serpentarde Alyssa qui était maintenant partie, semblait vouloir s'isoler mais la jeune femme voulait aller le voir car elle se dit que peut-être c'était une occasion de renouer contact avec lui, mais, elle n'était pas sûre qu'il veuille lui parler. Il y avait une autre personne à qui elle voulait bien parler, il s'agit de Katelyn, certes elle savait que ces relations avec elle étés plutôt froides mais le fait de se retrouver enfermée dans la cage avec elle, semblait lui donner une raison pour renouer cette amitié perdue, de plus elle trouvait cela injuste que les autres personnes lui crient dessus de cette manière même si le premier jour de l'enfermement elle avait été la première à lui crier dessus. Au même moment elle entendit un Gryffondor dire quelque chose, apparement il s'adressait à Evelyn, la dispute été donc toujours d'actualité. Evangelina décida de ne pas se mêler de cette histoire car elle trouvait qu'elle avait d'autres choses à s'occuper mais elle ne savait pas vraiment aller voir qui, entre Elliyöt qui était avec Lluvia, qui d'ailleurs s'était ouvert la main qui saignait maintenant au plus grand étonnement et désespoir de la Serpentarde qui se dit que cela commençait bien, si chacun commençait à se mutiler ou à se disputer. Elle respira un grand coup, ferma les yeux quelques secondes et se leva pour aller au centre de la pièce, pas pour faire le chef ou un truc de ce genre, non plutôt pour qu'on voie qu'elle était là. La jeune femme jeta un dernier coup d'œil au personnes présentes dans la pièce avant de dire :

    « C'est pas pour dire, mais, c'est pas en vous disputant ou encore en montrant votre mécontentement en vous blessant ou en vous isolant que l'on va s'en sortir ! »

    Voilà c'était dit, la jeune femme avait dit ce qu'elle avait sur le cœur, c'était sûrement le manque de sommeil qui l'avait fait franche plus vite que d'habitude. Mais, au lieu d'aller voir certaines personnes, elle voulait que les querelles commençaient d'abord à cesser avant qu'elle ne se mêle des histoires a sa manière. Elle regarda quelques personnes une à une suite à ces paroles.
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Mar 15 Mar - 1:45
    Tout s'était passé assez rapidement après tout. Les autres s'étaient mis à s'acharner sur Katelyn, et elle n'avait pas eu le temps de répliquer avec l'arrivée de Rogue. Mais il fallait dire qu'ils s'étaient vraiment acharnés. Diana s'y était aventuré en premier. Puis Elliyöt, sans grande surprise. Finalement, et non pas la moindre, Evelyn avait répliqué. Ils s'étaient passé le mot ou quoi. Après tout, la serpentard voulait simplement faire taire la préfète serdaigle qui détruisait les oreilles de tout le monde avec ses cris. Et puis Vitaly, de son côté, et bah rien. Rien sauf une faible réplique de la part de la visée. Non mais, après ça, on disait que c'était les serpentards qui étaient fourbes et injustement valorisé. Quelle connerie. Katelyn, qui depuis qu'elle avait atterrie dans ce trou à rats était des plus désespérée, se sentait rager. Si elle était ici, c'était par la faute de tous ces idiots. Si elle devait vivre dans un endroit aussi pitoyable, c'était à cause des sang-de-bourbe. Si elle allait devoir subir la colère des mangemorts qu'elle avait supposément trahis, c'était encore et toujours pour la même raison. Toutes ces personnes qui étaient enfermées avec elle. Et puis continuer à vivre en compagnie de ses personnes s'annonçait un enfer.
    La porte se refermant derrière Carter, la salle était restée silencieuse, et le soufflement de Katelyn n'avait pas dû passer inaperçu à ceux qui étaient les plus proches d'elle. Lâchant un bref soupir à la fois de désespoir et de rage, la jeune Nott se préparait à reprendre la parole. Elle ouvrit la bouche pour laisser entendre:


      « Je disais ça pour tout le monde, vous saurez. Pour qu'on puisse avoir la sainte paix, mais si vous êtes trop stupides pour comprendre ça, alors c'est bon, acharnez vous sur moi tant que vous le voulez. Après tout, je suis la seule ici qui n'a pas décidé de son sort. »

    Et alors qu'elle parlait, Elliyöt était parti se fracasser la main sur un mur, question d'être pratique, quoi. Le voyant faire, ou plutôt l'entendant, Katelyn aurait quasiment pu laisser échapper un rire comme il l'avait fait plus tôt. Mais elle se retint. Pourquoi? Aucune idée. La situation, l'environnement plutôt, en était certainement la cause. Car Elliyöt, elle le détestait. Elle l'avait toujours détesté, et c'était réciproque. Ils ne pouvaient pas se sentir, donc voir l'autre se blesser ou se ridiculiser était presque jouissif pour l'autre.

    Katelyn savait que peu importe ce qu'elle dirait, on refuserait de l'entendre. Elle pouvait donc dire ce qui lui chantait, on s'en foutait. Comme Elliyöt aimait passer sa rage et jouant au masochiste, et bien Katelyn elle, avait simplement envie de la faire passer en disant ce qui lui passait par la tête. Elle ne pourrait cependant pas continuer très longtemps. Si elle se faisait trop présente, encore, on finirait par lui arracher la tête. Même si elle prenait le temps de complimenter qui que ce soit. Même si elle disait avoir trouvé un moyen de les sortir de là. On lui en voulait. Sans bonne raison. On avait de la rage à extérioriser, et on la lâchait sur elle. Parfait. Elle pourrait supporter, du moins, un moment. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais elle s'y ferait. Elle l'espérait.
    Empoignant sa légère couverture pour s'abriller d'un mouvement sec, tournant le dos aux autres, elle lâcha pour elle même, mais assez fort pour qu'on l'entende, un:

      «Sans vos conneries, je serais pas dans ce merdier.»

    Il était rare de voir la Nott parler avec un tel langage, elle avait généralement de la retenue. On l'avait bien élevé quand même. Mais ici, tout était différent, donc merde le langage, se disait-elle.
    Ramenant ses cheveux en queue de cheval, mais n'ayant rien pour les attacher, elle s'apprêtait à se fondre sous sa couverture. Les autres pouvaient bien répondre ce qu'ils voulaient, Katelyn préférait ignorer, car elle sentait qu'elle allait craquer. Derrière cette rage, elle sentait de nouvelles larmes qui souhaitaient simplement être extériorisés. Une boule dans la gorge de la sorcière se formait peu à peu. Finalement, elle ne se croyait pas capable de survivre à cette pression. À toutes ces personnes qui s'en prenaient et allait toujours s'en prendre à elle. Puis une voix se fit entendre. Katelyn se tenait prête à ignorer les insultes, mais rien de vint. C'était plutôt Evangelina qui tentait de ramener l'ordre, d'en raisonner quelques-uns, y compris la Nott. la tête de Katelyn se détourna vers la voix, voix qui également l'avait engueulée la veille, non, quelques jours plus tôt, pour son euphorie incontrôlée. Evangelina avait raison, et tous le savaient. Ne manquait plus qu'à savoir qui allait suivre la voix de la raison et qui ne le ferait pas. Katelyn souhaitait qu'on l'écoute. Personnes, du moins à sa connaissance, n'avait une haine persistante pour la Grims. Peut-être les choses allaient s'arranger...
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Sorrow C. Caldwell
Nombre de chapitres écrits : 1970
Sang : Sang-mêlé
Supporter de : La famille Cox
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Mar 15 Mar - 19:51
    Stupide. C’était un geste tout simplement stupide. Je n’avais pas réfléchis. Je ne pouvais plus réfléchir parce que je n’en avais plus la force, parce que je baissais les bras. Je ne pouvais plus mettre une idée en place. Impossible. Mon esprit était confus. J’avais envie de taper dans les murs, d’hurler. Mais à quoi ça aurait servit hein ? On était enfermés ici, tous, personne ne nous entendait. Nous n’étions même pas sûr d’être dans Poudlard même. Si seulement il y avait eu au moins une fenêtre, une légère fente même pour nous laisser savoir si c’est le jour ou la nuit, pour qu’on se donne une idée de temps. Mais malheureusement, aucune fenêtre, rien. J’étais à bout. J’en avais marre, je voulais sortir d’ici mais rien à faire. Nous étions tous coincés ici. Alors je m’étais contenté de ce geste stupide. La folie rime avec idiotie. C’est bien connu voyons. Il fallait pourtant que je me calme et que j’évite de me cogner contre les murs par colère. Je sentais les regards surpris sur moi. Mais en fait je m’en fichais, parce que j’avais atrocement mal à la main. Elle saignait et je crois que je m’étais bel et bien cassé quelque chose. Et le pire dans tout ça c’est qu’il n’y avait rien ici pour me faire passer la douleur. Rien du tout. Je me mordais la joue pour ne pas hurler. Je sentais presque le sens envahir ma bouche. Je fermais alors les yeux et inspirais et expirais longtemps pour pouvoir contrôler ma douleur. J’avais lu quelque part que certaines personnes y arrivaient. C’était des moldus avec des croyances bien étranges. Des bouddistes je crois. Un truc dans ce genre. En tout cas, ils arrivaient à ne pas ressentir la douleur physique. Seul l’âme comptait d’après eux. Oui. En tout cas moi, je n’étais pas un des leur. Pourtant une séance de spiritisme m’aurait bien aidé je crois. Même beaucoup. Hors aucun moldu n’avait accès à cette pièce. J’étais seul avec toutes les personnes enfermées ici ayant participé de près ou de loin à cette rébellion. Je sentis alors une main venir se poser sur mon bras. J’ouvris les yeux et aperçu alors Lulvia. Elle me dirigea alors vers la fontaine d’eau et me passa la main sous l’eau. Je grimaçais alors de douleur sous le contact de l’eau sur ma blessure. Bon Dieu que ça faisait mal. J’étais tendu comme un arc. J’avais très mal et encore une fois je repensais à ma bêtise. J’étais vraiment un idiot. Bravo Elliyöt tu as réussi à te faire mal ! Et tu vas te guérir comment maintenant ? Surtout que tu ne sais même pas combien de temps tu vas rester ici mon grand ! Et si ça s’infecte t’as intérêt de t’accrocher ! Je soupirais à mon tour. Lulvia semblait désemparée. Je m’en voulu alors de lui faire peur et de me blesser aussi bêtement. Je baissais alors la tête vers l’eau qui coulait sur ma main. Je croisais alors son regard et un instant mes craintes, mes peurs, mes angoisses disparurent. La belle Gryffondor tenta alors de me rassurer. Bien évidemment, c’était une tentative vaine. Mais je ne lui en voulais pas. Le geste était là. Je lui adressais un petit sourire triste. Dieu que je l’aimais. Je crois que si j’avais été séparé d’elle durant cet instant, j’en mourrais sur place. Elle avait ce don Lulvia. Elle avait ce don de me redonner un peu de courage, de calmer mes angoisses et mes peines. Et je l’aimais comme un fou. Je retournais alors à ma blessure. Je restais un long moment la main dans l’eau. Je commençais déjà à ne plus la sentir. J’approchais alors Lulvia de moi et lui déposa un léger baiser sur les lèvres. « Tu devrais aller le voir, je crois qu’il en a plus besoin que moi. » Je désignais Nelson assit contre le mur, prostré, anéanti. Cette vision me serra le cœur. Ca n’arrivait pas souvent de voir Nelson dans cet état. Mais les mots d’Alyssa avait été dur. Je pensais un instant à ma mère qui devait surement s’inquiéter en cet instant. Déjà qu’à la base elle était de nature angoissée quand je n’envoyais pas rapidement de lettre à ma mère, alors là, elle devait être à la limite de l’arrêt cardiaque. De la tristesse passa alors sur mon visage. J’aurais aimé ne pas lui faire autant de soucis ni de peine. Mais malheureusement le mal était fait.

    « C'est pas pour dire, mais, c'est pas en vous disputant ou encore en montrant votre mécontentement en vous blessant ou en vous isolant que l'on va s'en sortir ! » C’était bel et bien la voix d’Evangelina. J’eus un sourire à cet instant. Je me demandais si elle avait sur elle ses fameuses photos. Il faudrait que je lui pose la question à l’occasion. Je réfléchissais alors sur ce qu’elle avait dit. Elle n’avait pas tord évidemment, mais je elle n’avait pas raison non plus. On ne pouvait rien faire pour sortir d’ici. Et le fait qu’on se mutile, qu’on s’isole, qu’on montre notre mécontentement ou non ne changerait rien. Je décidais tout de même à ne pas lui répondre. J’anavais aps envie de débattre là-dessus parce que ça n’aurait aucunement un intérêt pour quconque si ce n’est enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie déjà bien ouverte. Et puis la voix de Katelyn retentit et ce que j’entendis me fait bien rire. Elle ? Dans l’intérête de tout le monde ? Mais elle avait mangé un clown ou quoi ? Franchement il fallait vraiment qu’elle se la ferme où j’allais le faire moi-même. Et puis elle rajouta quelque chose. « Sans vos conneries, je serais pas dans ce merdier » Ah bah ça. « Et bien dans ce cas si tu veux pas être enfoncer un peu plus dans la merde à cause de nous comme tu dis si bien Katelyn, tu ferais mieux de te la fermer. Ca feras des vacances à tout le monde et tu verras c’est génial ! Tu devrais essayer. » Prend toi ça dans ta face et fait nous pas chier.

    Je regardais alors ma main et je décidais qu’il était temps que j’arrête de la tremper ainsi. Je la retirais alros de l’eau. Je ne sentais plus celle-ci. Tant mieux. Ca m’éviterait de sentir la douleur. Je me retournais alors et me dirigeais vers Vitaly qui semblait totalement perdu. Je m’assis alors à côté de lui. Il tremblait. Je compris alors ce qu’il avait. Il voulait fumer. Moi contrairement à lui, je n’étais pas drogué. Je fouillais alors dans mes poches tout en faisant attention à ma main mais ne trouvais rien. J’adressais alors un regard d’excuse au garçon : « Désolé j’ai pas de cigarette. » Le pauvre, il allait vraiment souffrir.


Animal I have become

i can't escape this hell so many times i've tried but i'm still caged inside somebody get me through this nightmare i can't control myself so what if you can see the darkest side of me? no one would ever change this animal i have become help me believe it's not the real me somebody help me tame this animal © belzébuth
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Ven 18 Mar - 13:44
Une fois de plus, ça partait en live. C’était une réaction normale, quasi-naturelle que de s’énerver contre ceux qui accusaient les autres d’être à l’origine de leurs problèmes. Ils étaient enfermés, entassés, tout ici était propice à générer des conflits, et c’est probablement ce qui désirait la Carrow en préparant cette pièce. Parfois, on avait envie de retourner en enfance, à l’âge de l’innocence et de la naïveté pour ignorer les problèmes de la vie. C’est toujours un peu stupide de rêver utopiquement à un monde en paix, mais parfois, ça fait du bien. Quand on est gamins, on peut le faire sans que les autres nous regarde de travers, puisqu’on est jeune, et tout est encore possible. L’espoir est si grand que souvent ça décroche des sourire de fascination à ses parents, qui eux, sont bien conscient des réalités. Toute personne ayant eut une enfance heureuse est nostalgique en y repensant. Nelson fait parti de ses gens, et aujourd’hui il n’a qu’une envie, redevenir un de ses gosses que la vie n’effraie pas. Mais il faut grandir et devenir terre-à-terre. Il a bientôt fini Poudlard, l’an prochain –s’il sort un jour d’ici- il devra trouver de quoi se former. C’est tellement compliqué de faire le grand saut vers la vie adulte, on en a pas tellement envie même si on dit souvent qu’on voudrait être indépendant, c’est quand même assez agréable de ne pas trop avoir à se soucier des problèmes financiers. L’épreuve qu’ils vivaient leur servait probablement pour grandir, pour canaliser ses sentiments, apprendre à partager, à supporter la souffrance et à vivre en communauté. Quoique, vivre en communauté, à Poudlard on l’apprenait. Mais là les conditions étaient bien différentes, il n’y avait pas de confort et tout, absolument tout, devait être partagé. C’était une épreuve qui allait les servir, leur apprendre des choses, mais elle n’était pas nécessaire. Ils auraient très bien pu s’en passer, et il n’y avait absolument rien de génial à se retrouver ici.
Dans de telles conditions, on s’attendait donc à ce que les choses explosent, et à ce que certaines histoires soient dévoilées. Nelson avait probablement ouvert la marche en montrait aux yeux de tous que la famille Carter ne vivait toujours en harmonie. En effet, tous avaient compris qu’il y avait des conflits entre les branches pures et les branches mêlées de la famille. Enfin, la branche mêlée, et c’était bien là le problème. Seuls face aux autres, la famille de Nelson avait souvent bien du mal à s’imposer. Mais là c’était plus comme une fin que comme une énième dispute. Après ce qui s’était dit, il ne s’imaginait pas pardonner Alyssa un jour, ou même retourner dîner chez elle alors qu’il savait très bien le regard que les parents de la Serpentard allaient avoir pour la mère du capitaine de l’équipe des verts et argents. C’était comme si ils n’étaient plus compatibles. Cela rendait Nelson triste, il appréciait sa famille, mais il n’était pas prêt de tolérer tout ce racisme. Il allait donc ruminer, ruminer et ruminer sur la famille Carter brisée.
Tandis que tous s’énervaient contre Nott, qui l’avait bien cherché à force d’accuser les autres, Evelyn vînt s’asseoir à côté de lui. Il apprécia plutôt le geste, et lui adressa un sourire triste à son « Comment … ». Comment ils en étaient arrivés là ? Et bien à cause de l’espoir probablement, ils avaient crus que peut être cela marcherait de se rebeller. Malgré l’échec, Nelson ne regrettait pas d’avoir fait ça pour ses deux camarades et son professeur. C’était une façon d’honorer leur mort et de prouver que leur perte était vraiment terrible. Personne ne mérite de mourir comme ça, de manière si injuste, de manière si brutale, et surtout de la main d’un mangemort sans regret et sans âme. Après tout, tout n’était pas perdu. Ils étaient peut être enfermés, mais ils n’étaient pas seuls. Alors Nelson murmura simplement « Cela aurait pu être pire. » d’un ton optimiste. Il était pas trop du genre à se laisser déprimer et à sombrer dans le désespoir. Même si là, tout ceux qui explosaient, c’était justifié, un juste dosage de pessimisme et d’optimisme pourrait permettre à chacun d’apaiser les tensions. Il fallait juste trouver l’équilibre.
D’ailleurs, il fallait éviter de se diviser. Ok, Nott était carrément insupportable à exprimer ses pensées mais, pas question de la mettre de côté. C’était probablement le but des Carrow, diviser pour mieux régner. Il se leva finalement pour qu’on le remarque et se posta à côté de Katelyn. « Ca suffit, ça sert à rien de se prendre la tête. Katelyn a été éduquée comme ça, elle changera pas d’avis. » Tout était dans l’éducation, pour Alyssa aussi. Ces sangs purs avaient été élevés dans la tradition de la noblesse. Leurs parents, leurs proches, tous leur avaient répétés qu’ils valaient mieux que les autres, qu’ils étaient supérieurs, qu’il fallait suivre Voldemort ( ou pas, dans le cas des Carter ). Mais comment on pouvait penser autrement que comme ça, si on nous avait toujours dit ça ? Les enfants suivent leurs
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Jeu 24 Mar - 0:54
    C’était comme une poignée de sable que l’on prend en main. Les grains s’envolent au vent alors qu’on fait pourtant tout son possible pour ne pas les perdre. On ne sait pas pourquoi mais on veut garder avec nous ces petits, tout petits grains qui finalement sont emportés par le vent dominant les uns après les autres.

    Emily était adossée contre un des murs de la salle. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Depuis combien de temps étaient-ils là, entassés les uns sur les autres ? Depuis combien de jours n’avait-elle pas vu la lumière du jour ? Il lui semblait que la dernière fois qu’elle avait entendu quelqu’un rire était à une époque lointaine, si lointaine…

    Ils avaient pu constater des maigres portions de nourriture que les mangemorts leur donnaient chaque jour : essentiellement des fruits dont la quantité était bien loin d’assouvir la faim de tous. La Gryffondor avait déjà jeûné deux fois pour laisser aux plus petits sa part de nourriture. Non seulement elle faisait ça parce que c’était la seule chose dont elle se sentait capable, mais aussi parce qu’elle n’avait décidément pas faim. Clairement, vivre dans cet espace clos, humide et terrifiant lui avait coupé tout appétit et elle ne mangeait que parce qu’elle refusait de simplement se laisser mourir ici. Mais malgré tout, elle perdait des forces et chaque effort prenait une plus grande ampleur plus le temps passait. Tout son être était au ralenti, et elle avait perdu toute volonté.
    Emily avait pourtant été prête à se battre, à organiser une vie dans cette pièce pour que les uns ne marchent pas sur les autres et que la panique ne s’empare pas de tous. Mais elle s’était bien vite rendue compte qu’il était ingérable de vouloir commander ainsi des êtres plus terrifiés les uns que les autres.

    Elle était éveillée quand Evelyn perdit son sang froid et quand plusieurs personnes se mêlèrent à l’histoire, créant des embrouilles qui n’avaient pas lieu d’être ici. Elle était éveillée quand la porte s’était ouverte, que Rogue avait simplement appelé Alyssa Carter et lorsqu’il avait refermé la seule source de lumière depuis elle ne savait quand. Emily n’avait jamais réagit. Même quand Alyssa Carter avait presque insulté Nelson et quand de multiples réactions avaient suivit ce moment qui avait semblé être hors du temps. Simplement adossée au mur, les jambes repliées sur sa poitrine et ses bras les entourant, elle regardait dans le vague.
    La jeune femme avait décidé de ne plus vouloir tous les gérer. Elle aiderait chaque personne qui en aurait le besoin mais il était hors de question qu’elle continue à gaspiller volonté et énergie pour une cause qui semblait perdue d’avance. « Vous allez mourir ici ». L’idée s’insinuait lentement en elle, et bien que la Gryffondor refusait pour le moment d’admettre ce fait, son jugement était de plus en plus pessimiste et son moral se détériorait. Finalement, elle n’était peut-être pas aussi forte que ce qu’elle s’imaginait.

    Elle scrutait la salle de ses yeux fatigués et remarqua Vitaly, la tête dans les mains. Elle ne le connaissait pas vraiment, mais elle l’appréciait. Principalement parce qu’il faisait parti de l’AD et qu’elle considérait que le groupe ne pouvait avancer sans être dans un esprit de confiance. Mis à part ça, la jeune femme ne se posait pas réellement de question sur lui. Elle l’aimait bien et n’allait pas chercher de raisons pour penser le contraire.
    D’un geste las, elle se leva et ses muscles tirèrent. Avec le manque de nourriture, d’exercice et de sommeil, elle avait l’impression de littéralement rouiller sur place. Ses rotules grincèrent et elle grimaça en s’étirant puis, lorsque ses membres furent moins douloureux, elle s’épousseta plus par forme que par réel besoin vu que de toute façon l’hygiène était minime depuis qu’ils étaient enfermés (ce qui était d’ailleurs quelque chose d’insupportable au fil du temps). Lentement, elle se dirigea vers le Gryffondor. Lorsqu’elle fut debout devant lui, les mots lui échappèrent. Que pouvait-elle de toute façon lui dire ? Ne t’inquiètes pas, tout va bien se passer Vitaly : impensable. Calme toi, je suis là ! : cliché banal et dénué de sens. Hey mon pote, ça roule ? : …
    Elle soupira en levant les yeux au ciel et secoua légèrement son corps car elle était une fois de plus incapable de faire face à une situation qui pourtant n’avait rien d’extraordinaire. Mais le fait était que dans la pièce, tout prenait une dimension particulière. Tel ou tel geste pouvait être interprété comme agressif, telle parole comme insultante. Peu à peu, on se méfiait de tout et de tous pour un rien, et les nerfs lâchaient.

    Emily choisit donc de simplement s’asseoir près de lui. Juste pour lui montrer que dans cet enfer noir il n’était pas seul, que personne n’était seul. Qu’elle était là, impuissante et faible, mais elle était là.
    Sa tête cogna contre le mur froid lorsqu’elle s’y adossa, et elle ferma les yeux, fatiguée de n’avoir pas dormi, faible de n’avoir pas mangé. Plus rien n’avait de sens. Elle était simplement en train de baisser les bras.




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Evelyn R. Caulfield
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Jeu 24 Mar - 4:21
    L’atmosphère en elle-même était complètement détestable. Comment pouvait-on endurer une telle pourriture, un tel manque de tout, une telle vie ? Tout cela faisait étrangement penser à la deuxième guerre mondiale, évènement Moldu dont elle avait souvent entendu parler. Cela lui faisait penser à ceux de la société que les Allemands avaient tant détestés, qu’ils avaient enfermés dans des endroits malpropres comme ceux-ci avant de les laisser mourir – ou de les tuer. De manières tellement horribles… Tout cela, oui, elle l’avait su par son frère aîné. Celui qu’elle respectait et qu’elle espérait de tout son être pouvoir revoir un jour, car, oui, il lui manquait énormément, maladivement. Il avait toujours été là pour elle dans les moments les plus difficiles, alors pourquoi ne pouvait-il être là, maintenant ? Pourquoi ne pouvait-elle pas tout simplement entendre sa voix lui dire que tout allait bien aller, qu’elle allait s’en sortir, qu’un jour, elle reverrait la lumière vive du jour, cette lumière si belle ? Tant d’espoirs ne pouvaient se réaliser. Ça la rendait malade. Vivre dans un espoir qui s’estompait comme une chandelle brûlant lentement, la fumée disparaissant dans l’air ambiant. Ça l’étouffait, de voir tout le monde comme ça. Tout le monde pour une révolte qui n’avait servi à rien.

    Et là, assise à côté du Serpentard, elle ne pouvait même pas formuler ne serait-ce qu’une seule de ses pensées. De sa frustration, de sa peine et de sa peur, rien ne pouvait sortir. Les mots, ils étaient presque inutiles. Ils n’avaient pas lieu d’être. Comme si jamais ils n’avaient existé. Comme si tout le monde pouvait se comprendre qu’avec des regards, des gestes. De simples pensées informulées. Et alors elle retournait son regard vers lui, son regard fatigué et malade. Le regard mort et paniqué de celui qui ne semble plus avoir aucun espoir. La porte qui s’était ouverte sur la Préfète-en-chef avait fini de l’achever. C’était comme un poignard. Un méchant gros poignard planté directement dans son pauvre cœur innocent. Il lui sourit, doucement, la lueur de tristesse discernable dans ses yeux. Les siens étaient toujours humides. Elle retenait ses sanglots, laissait les larmes couler silencieusement, si elles le voulaient bien. Comment avaient-ils bien pu mériter cela ? Comment avait-elle pu agir ainsi ? Comment… Comment… Comment… Comment avaient-ils pu se faire enfermer de la sorte ? Malgré ce qui était arrivé… Ne pas agir aurait été plus dramatique, oui. L’école en elle-même devait vivre en ce moment-même dans la peur. Mais comment le savoir ? Ils n’avaient aucun contact avec l’extérieur. Aucun.

    Elle ne répondit pas à son commentaire, ne fit que hocher la tête, son visage exprimant une grimace de peine. C’était si dur de rester ainsi. Il y eut une autre Serpy qui se levait, qui s’exprimait, elle disait son opinion. Elle ne l’écouta pas, mais reconnût sa voix. Evelyn n’appréciait pas vraiment Evangelina, mais encore, il n’y avait plus vraiment place à tout cela. La Bleue ne fit que soupirer. Un commentaire aurait pu déclencher une nouvelle guerre inutile. Ses yeux, rivés dans le vide après les paroles de Nelson, revinrent se poser sur lui quand il se leva, parlant pour que tout le monde l’entende, disant qu’il n’y avait aucune raison de se mettre en colère contre elle. Il avait un point. L’éducation faisait souvent l’enfant qui suivait. Souvent, oui. Quand tes parents t’Aiment et te donnent leurs valeurs. Si non, c’était totalement le contraire. Tu prenais tout de quelqu’un d’autre. Quelqu’un de différent. C’est ce qu’elle avait connu. Une crise d’adolescence avant le temps, une révolte silencieuse. La Serdaigle regarda pendant un long moment la sang-pur, les yeux toujours remplis de larmes. Ils étaient tous dans le même pétrin. Et qu’importe ce qu’elle dirait, ils devaient s’unir. L’union fait la force. L’union fait la force, et jamais ils vaincront si tous peut être unis. Oui.

    Elle réprima une boule dans sa gorge nouée, hochant une nouvelle fois la tête. Elle était une des celles qui avaient crié contre la Nott. Il était dans ses habitudes de se frustrer quand on la provoquait de la sorte, ce n’était, pour elle, que quelque-chose de totalement normal. Et la blonde était recroquevillée dans une des seules couvertures, tentant d’ignorer ce que les autres pensaient, disaient. Peut-être n’avait-elle pas beaucoup de force, mais l’atmosphère, les gens qui écoutaient ce que Nelson avait dit, peut-être était-ce ce qui la motiva à se lever, une nouvelle fois. Ses genoux tremblaient, certes, mais ce n’était pas une raison pour s’arrêter. La salle était tellement noire. Ses yeux d’une teinte étrange de vert tournant parfois sur le brun avaient les pupilles tellement dilatés que la seule petite lumière aurait eu tôt fait de l’aveugler pour le reste de son existence. Elle prit une grande respiration, expirant lentement et se mettant à marcher vers la Serpentard, vers Nelson, lentement, car trop vite aurait eu tôt fait de la faire tomber par terre. Et elle ne voulait certainement pas trébucher sur une autre personne. Et alors, elle se positionna à seulement quelques décimètres de la jeune femme, ses bottes près de son visage, restant ainsi plusieurs secondes, comme pour attendre qu’elle réagisse d’une certaine manière.

    Et alors elle s’accroupissait, pour être plus à sa hauteur, réprimant encore ses larmes, ayant l’air un peu plus neutre. Juste un peu, mais la tristesse, elle, était toujours présente. Elle tendit la main vers elle, comme si elle voulait que Katelyn la serre. Elle savait qu’elle allait sûrement mal réagir, faute d’éducation, mais tenter le coup était tout de même acceptable, d’après elle.


      « Écoute… Je suis désolée de t’avoir dérangée en criant et de t’avoir insultée. Je sais, ce n’était pas la meilleure chose à faire. J’ai peté les plombs. On fait la paix ? »
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Mer 30 Mar - 20:52
Spoiler:
 

Il ne suit rien, rien de ce qu'il se passe autour de lui. Il a fait passer ses mains araignées autour de son ventre, sans trop y penser, ça lui donne un peu de chaleur au travers de l'humidité qui le mord tout entier, ça contient également la douleur qui vient s'immiscer dans tout le corps. Il se souvient de sa sœur qui lui montre ses bourrelets en riant quand il lui dit qu'il est trop gros, il se dit qu'il aimerait avoir des pommes d'amour lui aussi, pour pouvoir triturer et torturer sa chair de ses mains nerveuses. Quitte à choisir, il aurait plutôt Maria dans ses bras. Vitaly adore les câlins, il adore sentir le corps d'un autre, tout contre lui, et Maria, Maria et sa douceur. Il veut de la chaleur et de la douceur. Il veut s'endormir pour ne plus se réveiller.
Il a l'impression que ça fait une éternité qu'il va mal. Il a l'impression de vivre un mauvais rêve, et que cet enfermement, c'est juste son esprit. Son esprit qui se joue de lui. Pourtant, avant Carrow, juste avec Ombrage, le brésilien avait l'impression d'avoir grandi. Été un peu plus mature, peut-être, un peu moins porté sur sa petite personne, un peu moins déprimant et déprimé, toujours aussi destructeur certes, mais plus attentif, plus agréable, moins adolescent. Il chute. Il chute au plus profond, de sa stupidité adolescente. Il ne s'apitoie pas sur son sort. Il sait qu'il n'en a plus.

On s'assoit à côté de lui. Vitaly préfère au noir extérieur le noir chaud et rassurant de ses mains sur ses paupières. Mais il n'y pense pas, au noir. Il a un presque sourire cynique – peut-être qu'il n'aura plus peur, maintenant. Ou alors, il aura encore plus peur. Ça lui fera comme avec les chansons rattachés aux mauvais souvenirs. Le noir lui donnera envie de crever.
Il est trop sensible, le pauvre enfant, il est trop perdu, oh le pauvre chéri.
On s'assoit à côté de lui, on est trop gentil. Il a envie d'être seul, il a trop peur d'être méchant, d'être agressif et désagréable sans raison. Il a peur de les faire fuir pour de vrai. Mais Vitaly est sociable, il l'a toujours été. Enfermé ou pas. Il a toujours été sociable et aigri. Il aurait agressé cette gosse, que ça soit dans la Cage ou dans un couloir, il le sait parfaitement. Probablement que les autres aussi. Langue de pute.
On s'assoit quand même.

Il relève sa tête, il se donne contenance, il ne sourit pas, mais il ne pleure pas, il a les paupières humides et lourdes, mais c'est de sommeil et de l'humidité de l'air. Il met quelques secondes à reconnaître Elliyöt, il devient sûr quand il l'entend parler. Il le trouve beau, même ainsi, même dans le noir.
Le brun, le petit brun tout mince tremble un peu, il ne s'en rend pas compte et il ne contrôle rien. C'est évident.

« Désolé j’ai pas de cigarette. »

Ah. C'est pour ça qu'il vient. Ça lui arrache un petit sourire – Vitaly est souriant. Il s'en excuse. C'est gentil. L'adolescent le regarde vaguement. Il avait presque oublié le temps de quelques secondes la clope qui lui manquait. Presque. Ça reste toujours là, toujours présent dans un coin de l'esprit, il se remercie soudain de ne jamais être tombé trop bas, de ne jamais avoir été accroché à des substances réellement dures, à l'héro, à la coke. Il s'imagine bien, le joli brésilien, dégueuler tout son soûl et hurler sa douleur immonde dans son espace vital qui à cet instant doit se réduire à quelques centimètres carrés. Heureusement que ce n'est que la clope. Qu'il ne fait que trembler. Qu'il ne fait que fantasmer, qu'imaginer les pires scénarii. C'est ça le pire, c'est quand on se met à s'imaginer, que tous sont nos ennemis, qu'ils ont ce que l'on désire. Qu'ils le cachent.
Mais non. Vitaly se retient, il ne veut pas céder, ça serait trop simple, et puis Elliyöt, il l'aime bien. Il n'irait pas jusqu'à tomber amoureux (pas réellement, il l'a sûrement déjà été un peu, mais Vitaly, il est amoureux de tout le monde, un peu), mais il l'aime bien. C'est quelqu'un de beau et qui s'excuse pour ne pas avoir de clope.

« De toute façon, je pense que je me serai fait incendier pour polluer le peu d'oxygène d'une fumée toxique. »


Sa voix est faible, mais l'angoisse se calme, il n'est pas seul, il regarde l'autre, il est flou, mais il est là, même s'il ne lui apporte rien, même si ça ne sert à rien. Il reconnaît vite Emily, parce qu'elle est blonde. Il regarde sa démarche lente et faible et triste, ça lui fait bizarre. Il est habitué à la voir sourire, globalement. Globalement, pour le gosse, Emily, c'est une jolie fille qui sourit.

Il s'attend à ce qu'elle dise quelque chose, elle n'en fait rien. Peut-être que même elle a perdu un peu d'espoir, peut-être qu'elle n'a pas la force. Elle est sensée l'avoir, elle. Égoïstement, c'est ce qu'il pense, Vitaly. Il se dit presque qu'elle n'a pas le droit de baisser les bras, pas elle. Mais il ne la connait pas, au fond, Emily. Y'aurait que Constance pour être encore optimiste, à ce point là.
Il cherche quelque chose à dire. Il a deux amis assis à ses côtés. Et il ne trouve rien à dire. Vitaly est bavard. Il n'est pas sensé chercher ses mots. Ça l'énerverait s'il en avait le courage. Il repense à une chanson. Qui dit que y'a des gosses qui bouffent de la viande que quand ils se mordent la langue. Peut-être qu'il pourrait lui donner sa langue. Emily doit être quelqu'un de bien dans sa peau. Qui mange. Ça lui va bien.

Il murmure, un peu pour les deux.

« J'vous demanderai bien si ça va, mais c'est plutôt stupide, vu les circonstances. »


Ce n'est pas comme s'ils avaient envie de faire la conversation, de toute façon. Vitaly n'aime pas le silence. Pauvre enfant.
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Mer 6 Avr - 15:43
La sortie inattendue d’Alyssa Carter a fait chuter de nouveau le moral des prisonniers, qui était déjà bien bas.
C’est un nouveau coup dur pour le groupe qui n’arrive pas à trouver ses repères dans ce lieu si sombre.
Et pourtant, les élèves sont loin de se douter que ce n’est que le début des ennuis.
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MessageSujet: Re: Jour 3. ▬ 10H02.    Aujourd'hui à 23:39
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Jour 3. ▬ 10H02.

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