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 -- Nuit d'insomnies. [Eärendil]

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MessageSujet: -- Nuit d'insomnies. [Eärendil]   Sam 16 Oct - 15:04


    Clive Hawking




    Eärendil Y. Von Schünberg

      Nuit d'insomnies...
      .


      Une demi-lune régnait sur un ciel noir d'encre. Les étoiles, telles de minuscules sujets scintillants, semblaient se prosterner à ses pieds. Méprisant, l'astre lunaire se contentait de baigner Poudlard de sa lueur infinie, tandis qu'un doux vent chaud soufflait sur l'endroit, tentant de chasser des nuages invisibles. Chaque épine de chaque branche de chaque arbre de l'immense forêt bordant l'école, se balançait au rythme de cette délicate brise. La forêt, quant à elle, paraissait effrayante. Tout, depuis la forme des arbres jusqu'aux grognements qui en émanaient, donnait froid dans le dos. Une ombre apparue à la lisière des bois. La silhouette avançait avec lenteur, le dos courbé. Une main, une main humaine, dépassait de ce qui ressemblait à un long par-dessus et tenait un objet. Un couteau. La lame luisait intensément sous la clarté de la lune. L'ombre semblait chercher quelque chose et, bientôt, elle le trouva. Sans crier gare, l'inconnu fondit sur le sol et y enfonça profondément son arme. Effrayé par le bruit sourd du choc, un nuage de chauve-souris s'envola hâtivement tandis qu'un hibou lançait un long hululement d'inquiétude. Des créatures inconnues s'enfuirent, s'enfonçant plus encore au coeur de la forêt. L'ombre quant à elle, semblait découper prestement "quelque chose". Une chose immobile, encrée profondément dans le sol terreux. De minuscules bruits de sucions accompagnaient les violents coups de couteau. Enfin, l'inconnu se redressa, brandissant victorieusement ce qui ressemblait à un morceau de chair. La reine de la nuit illumina alors le visage de l'ombre qui esquissait un sourire victorieux.

      Clive William Hawking s'essuya le front d'un revers de manche. Après un combat acharné, il l'avait enfin ! Il l'avait cette mystérieuse plante manquant à sa préparation contre les insomnies. Moins d'une heure plus tôt, l'infirmier s'était réveillé en sursaut avec l'étrange impression d'avoir oublié quelque chose. Quoi ? Après plusieurs minutes de réflexions, il n'avait pas réussi à se souvenir. Résigné, il s'était alors recouché, mais le sommeil l'avait abandonné ; laissant ses pensées le tirailler à leurs aises. Hawking avait compté les moutons, bu une tisane, lu un chapitre entier de l'ouvrage qu'il avait commencé deux jours plus tôt. Mais non, rien n'y fit. L'homme s'était alors levé, bien décidé à se concocter un remède contre son insomnie. Fouillant dans son armoire personnelle, il avait remarqué qu'il lui manquait un ingrédient essentiel à la préparation de la potion. Sans même penser un seul instant à aller vérifier dans la réserve de l'école, il avait rapidement enfilé sa cape de voyage et s'était discrètement faufilé en dehors du château.

      A présent, il était là, au beau milieu de la forêt interdite, brandissant le poing tel un vainqueur. Retrouvant bientôt toute sa dignité, il fourra la plante dans une de ses poches et rebroussa chemin. Le hibou lança un second hululement ; Hawking sentit ses cheveux se dresser le long de sa nuque ; il pressa le pas ; il se sentait faible. Sur le retour, il se trouva stupide. Se balader ainsi dans la forêt, au beau milieu de la nuit, seul... Eut-il été fou ? L'infirmier serra les dents, tentant d'ignorer tous les bruits inquiétants qui l'entouraient ; au creux de sa poche, il agrippait sa baguette magique, prêt à s'en servir au besoin ; posant son regard bleu sur l'ombre rassurante du château, il émergea enfin des bois. Poudlard apparu dans toute sa splendeur, baigné par la douce lueur du clair de lune.


      Hawking poussa difficilement l'énorme porte principale du château et se glissa dans le hall. L'homme avait rarement eu l'occasion de se promener dans le château à une heure si tardive et pu remarquer la paix qui y régnait. Seules les longues discussions entre les personnages des tableaux semblaient rompre ce calme. D'ailleurs, ces derniers se turent bientôt, fixant Hawking d'un air surpris. « Qui c'est celui-là ? » L'infirmier eut un discret sourire, mais ignora la question ; il savait pertinemment qu'engager la conversation avec l'un de ces personnages lui volerait définitivement sa nuit. Sur la pointe des pieds, il se contenta de traverser le hall, se dirigeant vers les escaliers...


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Eärendil Y. von Schünberg
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MessageSujet: Re: -- Nuit d'insomnies. [Eärendil]   Dim 17 Oct - 19:26





    Il y a des jours où, outre le temps pourri qui se profilait d'un bout de l'horizon à l'autre bout, les élèves arrivaient en cours d'un air morne et qu'ils vous tendaient leurs devoirs avec une rapidité identique à celle des tortues. Ensuite, certains plaisantins s'étaient amusés à faire du grand n'importe quoi durant mes cours. Bataille de terre, bataille d'eau... Tout y était passé ! Autant dire que j'avais eu envie de leur faire rencontrer la douceur de ma main. Pourtant, je m'étais retenue ! Au lieu de corriger les devoirs pendant qu'ils faisaient l'exercice pratique, je les surveillais. Pire que des gamins. Je m'étais contrôlée, avec difficulté.

    C'est ainsi que j'en étais arrivée là. Assise à mon bureau, dans ma chambre, à m'exploser les yeux sur les mots que les élèves avaient écrit sur les parchemins de devoir. Parfois, je rigolais en lisant les copies. Mais c'était nerveux. J'étais fatiguée. J'étais alors partie me coucher. Mais je me tournais, me retournais et me retournais encore une fois sans pour autant trouver le sommeil. Je pensais trop. Tout se bousculait dans ma tête. Je me levais et me dirigeais vers la fenêtre d'où perçait une demi-lune. Je me plongeais dans la contemplation de l'astre. Je me détournais, songeant soudainement à... Non, je ne devais pas le dire. C'était quelque chose que je me refusais encore. Quelque chose qui n'avait pas encore sa place et qui, imperceptiblement se faisait une place de plus en plus grande chaque jour. Et je taisais ça. Je ne voulais pas y penser.
    Alors, j'eus soudain l'envie d'aller me balader dans le « Poudlard by night ». A vrai dire, je n'avais jamais vraiment visité l'école la nuit. C'était une occasion supplémentaire. Peut-être que je pourrais faire un détour par les cuisine, histoire de choper quelques poires et quelques friandises. Peut-être... Rien n'était moins sûr. Parce qu'il y avait Peeves qui rôdait dans les couloirs et Peeves... C'était une longue histoire qui me ramena dans mon passé l'espace de quelques instants. Mais je m'en fichais. Je n'allais pas une fois de plus me laisser vaincre par un pseudo-fantôme de mes deux. Maintenant, c'était moi qui devait lui faire obéir à mes ordres ce que, j'en étais sûre, serait un peu difficile. Je me rhabillais vite fait, enfilais ma cape juste pour me tenir chaud et je me faufilais dans les couloirs ténébreux et froids.
    Collée au mur, les rasant de près en avançant, on aurait pu croire que je me cachais de quelque chose ou que je cherchais à fuir quelque chose. Mais en fait, c'était juste parce que l'escalier n'était pas loin. Je resserrais ma cape autour de moi en sentant un courant d'air. Et je descendis les escaliers. Je regardais les marches, au début, mais en entendant la Grande Porte se fermer doucement, je relevais la tête. Quelqu'un était debout, et quel qu'il soit, je devais le renvoyer dans son dortoir. J'entendis les murmures vrombissant des tableaux se taire. Non ça n'était pas un élève. C'était quelque chose de bien plus effrayant. Un nazgul en tong ? Avec méfiance, je descendis quelques marches supplémentaires et vis une silhouette. Grâce à la faible lueur de la lune qui filtrait à travers les fenêtres, je pus m'apercevoir qu'il ne s'agissait pas d'un élève. Je fronçais les sourcils l'espace d'un instant. Puis, un immense sourire s'afficha sur mes lèvres et je restais debout, planté en haut des escaliers. D'une voix un peu blagueuse, je lançais à la personne :


Eärendil ♦ « C'est dangereux de se promener seul la nuit à Poudlard ! Faites attention ! Une fois, on avait trouvé un gnome des forêts du nord en train de faire la danse des canards. C'est pour vous dire ! »

    Évidemment, tout cela était faux. Mais c'était pour blaguer !


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MessageSujet: Re: -- Nuit d'insomnies. [Eärendil]   Dim 17 Oct - 20:54
    Les escaliers n'étaient plus très loin et Hawking pressa un peu plus le pas, les yeux rivés sur ses chaussures terreuses. Un silence pesant s'était abattu sur l'endroit et l'infirmier sentait les regards des portraits posés sur lui. Légèrement mal à l'aise, il déglutit avec une certaine difficulté et franchit les escaliers du hall à la volée. L'anglais retint un cri de stupeur. Il se retrouvait face à une jeune femme. Celle-ci avait surgis de nulle part et le fixait maintenant avec un grand sourire. L'homme mit quelques secondes à la reconnaître ; il s'agissait d'Eärendil Von Schünberg, professeur de botanique à Poudlard. Bouleversé par l'effet de surprise, les mains légèrement tremblantes, Hawking fixa la nouvelle venue d'un air perdu. Eärendil débita quelques phrases qu'il peina à comprendre. Des gnomes ? Des canards ? Mais de quoi pouvait-elle bien parler ? Puis, tout sembla se remettre en place. Les circuits se remirent à fonctionner dans le crâne de l'infirmier. Il s'agissait d'une blague ?! Comment pouvait-on plaisanter si tard le soir ? L'anglais haussa légèrement les sourcils, mais esquissa un timide sourire à l'intention du professeur ; son coeur continuant de battre la chamade, le reste de son corps ayant retrouvé toute sa stoïcité et son élégance.

    Hawking ne connaissait pas bien Von Schünberg. Il avait parfois eu l'occasion de papoter avec elle lors du dîner ou d'une visite à l'infirmerie ; mais ça s'arrêtait là. Pourtant, le peu qu'il en savait d'elle lui permettait de l'apprécier. C'était une jeune femme agréable et intelligente. Au fond de lui, il aurait aimé la connaître un peu plus, mais le courage lui manquait. L'élégant british fixa Eärendil de ses yeux bleus. Autour d'eux, les portraits avaient recommencé à discuter, à se chamailler et à se balader de tableau en tableau. La demi-lune perçait à travers l'immense vitrail du hall, illuminant l'endroit où le professeur de botanique se tenait. Hawking remarqua soudain le ridicule dans lequel il se trouvait. Jamais il n'aurait imaginé croiser quelqu'un dans le château à une heure aussi tardive... Dans le cas contraire, sans aucun doute aurait-il pris la peine de se vêtir convenablement ; sans aucun doute ne se baladerait-il pas en simple pyjama sous sa cape de voyage ; sans aucun doute se serait-il coiffer un minimum. Mais non, le voilà qui se retrouvait en simple vêtements de nuit devant un regard féminin : un véritable crime aux yeux de l'anglais qui, à ce moment précis, oubliait totalement que tout le monde ne pensait pas comme lui.

    A nouveau, il déglutit avec difficulté ; les mots se bousculaient à ses lèvres sans parvenir à les franchir. Il voulait à la fois s'excuser pour sa tenue, répondre à la plaisanterie du professeur et lui proposer de la raccompagner jusqu'à sa chambre ; en tout bien tout honneur, évidemment, comme tout bon gentleman le ferait. Finalement, il trouva une échappattoir, se rappelant soudain qu'il se trouvait face à une experte de la botanique.

    - Oh... Euh, bon... Bonsoir, professeur, répondit-il non sans quelques difficultés. J'ai... J'ai là quelque chose qui pourrait vous intéresser. Il fourra profondément la main dans la poche, en sortit la plante qu'il avait découpé quelques minutes plus tôt et la montra à la jeune femme. Est-ce là bien un plant d'asphètre, une des dérivées de l'asphodèle ? Je serais rassuré si vous me le confirmiez ; j'aimerais juste trouver le sommeil cette nuit, pas le sommeil éternel.

    Hawking ponctua sa phrase d'un discret sourire, espérant ainsi se montrer un peu plus confiant qu'il ne l'était réellement. En sortant de la forêt interdite, il avait été persuadé d'avoir trouvé la bonne plante ; maintenant qu'il se trouvait face à la spécialiste de l'école, il en était moins certain. Pourtant, il avait toujours été très doué en botanique, tout comme en potion. Mais il suffisait de la présence d'une femme pour le mettre mal à l'aise et lui faire perdre toute confiance en lui. De nouveau, il posa ses yeux couleur azur sur le professeur, son manque de conviction lui donnant un air presque comique.
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Eärendil Y. von Schünberg
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MessageSujet: Re: -- Nuit d'insomnies. [Eärendil]   Dim 24 Oct - 3:16
    J'observais la silhouette qui avançait, tête baissée, comme si quelque chose lui pesait sur les épaules. J'étais certes un peu stupéfaite par ce comportement parce que sortir dans Poudlard la nuit n'était pas sans risque puisqu'on ne sait jamais ce qui peut se trouver dans les couloirs. Lorsqu'il arriva presque devant moi, il daigna lever le regard. Sa tête était drôle à ce moment-là ! Je voyais bien qu'il se retenait de crier. D'ailleurs, je ne l'empêchais pas de faire. S'il avait envie, qu'il le fasse. Ce dont j'avais moins envie, par contre, ce que je voulais empêcher, c'est que l'insupportable Peeves se ramène et réveille tout le château. Le sourire que je lui adressais ne devait pas le réconforter. Je voyais, du coin de l'œil, ses mains trembler et en face de moi se tenait un homme qui semblait perdu. J'étais prête à lui indiquer le chemin pour qu'il se promène un peu plus longtemps ( inutile de dire que j'étais d'humeur taquine, ce soir ) mais je ne voulais pas me faire passer pour la sadique de service. J'étais certaine que certains professeurs étaient meilleurs que moi dans ce domaine ( non, je ne donnerais pas de noms ! ) et je ne voulais en aucun cas leur voler la place qui leur est attitrée. Je parlais ensuite. Le truc du gnome qui dansait dans les couloirs. Durant quelques instants, l'homme que je connaissais mieux sous le nom de Clive Owen. Ou encore sous le nom d'infirmier. J'allais parfois chercher des potions pour soigner des trucs aussi banaux que les maux de tête ou de ventre. Il esquissa un timide sourire et semblait, petit à petit, reprendre contenance.
    Il me fixa de ses yeux bleu. Je clignais les miens parce que la lueur de la lune me gênait un peu. Je reculais afin de ne pas. Je pus de ce fait, observer un peu mieux l'infirmier. Je vis qu'il était mal à l'aise. Quelque chose se passait-il ? Je baissais furtivement le regard et sus qu'il était en pyjama. Je le relevais très vite. Si c'était ça qui le dérangeait, je ne devais pas l'enfoncer un peu plus. Il était encore « nouveau » ici. C'est sa deuxième année au sein de l'établissement. Je le voyais, à présent, qu'il essayait de dire quelque chose. Mais, il ne le fit pas. Pas tout de suite, du moins. Ça devait être encore embêtant pour lui de se trouver face à des personnes qu'il ne connait presque pas, au beau milieu de la nuit, au milieu des personnages parlants des tableaux, dans un hall vide, froid, dépourvu de vie humaine. En dehors des nôtres. Il s'avança vers moi et, après avoir cherché quelque chose au fond de sa poche, il me demanda si la plante qu'il avait pris était bien de l'asphètre. Je lui pris la plante des mains, arrachais une feuille et lui rendis la plante. Ensuite, je déchirais la feuille et roulais un bout entre mes doigts. Je les sentis après. L'odeur ne changeait pas de celle de l'asphètre. Je fourrais ensuite l'autre bout de la feuille dans ma bouche et je mâchais pensivement en fixant le rayon de lumière que la lune projetait sur le sol. Après avoir avalé, je regardais de nouveau Clive. Il semblait bizarre. Cependant, je ne me posais pas de question. Je lui adressais un sourire et lui dis :

    Eärendil ♦ « Il me semble qu'effectivement, c'est de l'asphètre. Pourtant, il y a quelque chose qui me chagrine. La texture des feuilles n'est pas la même. Pourtant, l'odeur, le goût, c'est identiques à l'asphètre, mais pas la texture... Je me demande... Au fait, vous auriez pu me demander la plante, j'aurais pu vous fournir ! Bon, d'accord, vous vous dites sûrement que vous ne saviez pas que je ne réussissais pas à dormir et que... Je vous l'accorde. Je pense qu'en effet, vous pouvez utiliser la plante pour des potions quelconques. La texture importe peu. »



( hs : Désolée du retard pris. Je planchais dessus depuis plusieurs jours sans réussir à trouver quoi mettre. D'ailleurs, tu pourras le constater, le rp est assez minable. )


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Dernière édition par Eärendil Y. Von Schünberg le Sam 13 Nov - 22:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: -- Nuit d'insomnies. [Eärendil]   Dim 24 Oct - 23:13
    [Ca me va t'inquiète ^^ Mais je pense qu'on devrait essayer de trouve un lien vraiment intéressant entre nos deux perso pour rendre nos RPs plus attrayants :S]

    Hawking restait tout à fait immobile devant le professeur, comme incapable d'esquisser le moindre mouvement. Quand elles sont mal à l'aise, certaines personnes vont et viennent d'un pied sur l'autre, rougissent, passent maladroitement une main dans leur cheveux... Ce n'était pas le cas de l'infirmier. Seul son regard fuyant et ses balbutiements trahissaient sa timidité maladive ; pour le reste, il restait parfaitement stoïque, telle une statue de pierre. Il gardait le menton relevé et évitait de fixer ses pieds, sachant qu'il lui serait impossible de relever les yeux s'il s'abaissait à le faire. Ses mains, que la surprise avaient rendu fébriles, avaient retrouvé tout leur calme. En revanche, une véritable guerre faisait rage à l'intérieur de son enveloppe charnelle. Son coeur battait la chamade, sa respiration était saccadée et ses pensées se bousculaient à l'intérieur de son crâne tandis qu'une étrange nausée le prenait aux tripes.

    De son côté, Eärendil semblait parfaitement calme et habitée d'une surprenante humeur joyeuse. C'était comme si elle trouvait un intérêt prenant à se balader dans le château au beau milieu de la nuit ; au milieu des craquements de planchers, des grincements de portes, des murmures de tableaux et des déambulations effrayantes de fantômes. Clive n'était pas en soi quelqu'un de craintif. La preuve, il venait de se promener seul dans la forêt interdite sous le regard brumeux de l'astre lunaire. Mais il ne se comptait pas parmi les adpetes des virées nocturnes et évitait de sortir de sa chambre la nuit, à moins qu'il n'en soit contraint. Pour lui, la nuit appartenait aux rêves et rien ne devrait venir troubler son paisible sommeil. Une fois encore, il ne s'agissait que de sa propre opinion... Hélas ! Sinon sans aucun doute ses pensées elles-même l'auraient laissé en paix et serait-il encore prisonnier de sa léthargie. Hawking remarqua que le professeur de botanique avait momentanément posé les yeux sur le col de son pyjama, dépassant de sa cape de voyage, mais elle ne fit aucun commentaire. L'infirmier lui en fut reconnaissant. Bientôt, elle s'empara doucement de la plante et l'examina sous tous les angles. Ses mains expertes manipulèrent l'asphètre avec délicatesse et dextérité. Finalement, elle la fourra dans sa bouche et la mastiqua longuement. L'anglais ne cilla pas une fois, observant la jeune femme d'un regard interrogateur, attendant patiemment son verdict. Il lui sembla que son coeur avait doublé de volume, sous la tension de l'attente ; anxieux de savoir s'il s'était trompé ou non. Une partie de sa conscience lui criait inlassablement qu'il s'était trompé, comme toujours. Hawking ignora superbement cette petite voix, se concentrant sur sa conviction qu'il avait juste. Car oui, une part de lui-même, une partie infime mais bien réelle, savait pertinemment que ce plant était bel et bien de l'asphètre.

    Von Schünberg finit par prononcer son verdict et Hawking sentit un boulet tomber au fond de son estomac alors que la pression retombait tout à coup. Ainsi donc il avait vu juste. Un franc sourire se dessina sur son visage, jusque là impassible ; une lueur s'alluma au fond de ses yeux, trahissant son soulagement soudain. A présent, une question se posait dans son esprit : s'il s'agissait là bien de l'asphètre, pourquoi Eärendil avait-elle décelé un goût différent de celui de la plante ? Finalement, il ignora la question. Si le professeur lui assurait que c'était le bon ingrédient, il n'avait aucune raison de mettre sa parole en doute. C'était elle la spécialiste, il se devait de lui faire confiance. Mettant sa curiosité de côté d'un léger haussement de sourcils, il émit un raclement de gorge à peine audible. Il se trouvait stupide tout à coup. A ce moment précis, il se rendait compte qu'il avait mis sa vie en danger alors qu'il aurait pu l'éviter. D'un autre côté, il ne pouvait savoir que le professeur de botanique serait, elle aussi, habitée d'insomnies. Hawking tiqua avant de répondre d'une voix à la fois franche et hésitante.

    - Oui... Oui c'est vrai. Je... Je n'ai même pas pensé que vous seriez la mieux placée pour m'en fournir. Cela m'aurait... Euh... Oui, cela m'aurait sans doute évité beaucoup de peine. Mais vu l'heure tardive... A vrai dire, enfin... Oui, je n'aurais jamais pensé rencontrer quelqu'un d'autre à une heure pareille... Mais oui, oui vraiment c'était vraiment stupide de ma part... La prochaine fois, enfin il n'y aura sans doute pas de prochaine fois.... D'habitude je dors bien, oui vraiment très bien... Je veux dire... Je saurai, la prochaine fois. Hawking se trouvait parfaitement stupide. Les mots sortaient de sa bouche sans même qu'il s'en aperçoive. Finalement, il tenta un trait d'humour désespéré. Ma foi, je vous fais confiance... Si... Si je ne me réveille pas demain matin, je saurai pourquoi. Enfin non... Non, non, non... Je ne saurai pas si je ne me réveille pas...

    L'infirmier esquissa un demi-sourire forcé, se sachant tout à fait stupide. Il serra les poings au creux de ses poches, enfonçant profondément ses ongles dans la paume de ses mains, prenant une fois de plus, conscience du ridicule dont il faisait preuve. Il se répandit alors en excuse, aggravant son cas qui était, il faut l'avouer, des plus comiques !

    - Je... Oh, je.. Excuse-moi... Je devrais me taire... Pardonnez-moi, je... Non...
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