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 JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah

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Rika N. Winfield
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MessageSujet: JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah   Jeu 30 Sep - 22:08
    C’était alors une belle soirée, en cette fin d’année qui approchait à grands pas. En effet, beaucoup des jeunes sorciers de Poudlard croulaient sous le poids de toutes ces études, surtout les cinquièmes et les septièmes année, en vue des examens qui, pour certains, arrivaient trop vite à leur goût. Mais pour la jeune Rosefield, les études n’étaient que rarement nécessaires. Avec sa mémoire photographique, retenir toutes les informations nécessaires dans ses cours était une tâche facile. Beaucoup de ses amis usaient aussi de cette faculté qu’elle avait et n’hésitaient pas à l’accrocher dans un couloir pour lui poser des questions sur le moindre détail qui leur avait échappé pendant leur précieuse prise de notes. Et encore aujourd’hui, beaucoup lui avaient demandé de l’aide. Oh, ne vous trompez pas ! Ça lui faisait plaisir d’aider ses amis et ceux qui en avaient besoin ! Elle se sentait appréciée, comme ça. Il fallait dire que beaucoup la connaissait, elle et sa maladresse et son sourire toujours scotché au visage ! Jamais elle n’aurait pu sembler menaçante, de cette manière… Bref.

    Cette soirée-là, elle avait longtemps parlé avec sa jumelle tout en mangeant le dernier repas de la journée, avant de se lever, bien repue, donnant un gros câlin à Evy en lui disant à plus tard, sortant de la Grande Salle pour faire une dernière randonnée dans les nombreux couloirs de l’école. Enfin, elle avait un but, sa randonnée. Elle voulait se rendre à la Volière pour annoncer à ses parents que bientôt, elle rentrerait à la maison avec sa sœur. Elle les rassurait aussi sur leur sécurité, leur bien-être. Elle leur dirait aussi combien ils leur manquaient, à elle et sa jumelle. La lettre n’était pas encore écrite, son premier arrêt était bien évidemment la salle commune. Suis-je vraiment obligée de préciser qu’elle y allait au pas de course et que, descendant les escaliers du Grand Hall, elle perdit le pied et fit une chute mémorable jusqu’à la dernière marche ? Bon… C’est assez évident qu’au fil des années, tout le monde était habitué. Cependant, ils avaient toujours du mal à comprendre… Cinq petits Poufsouffles de première année qui se dirigeaient eux aussi vers le dortoir étaient là. Elsa relevait la tête lentement, voyant les cinq têtes traumatisées de ces pauvres Pouffys qui se trouvaient incapables de bouger. Tous sans exception sursautèrent quand la jeune fille se releva d’un bond, levant les bras dans les airs, comme si elle voulait étirer ses muscles du plus qu’elle le pouvait, s’écriant, comme souvent
    « Rien de cassééé ! » devant les jeunes qui comprenaient rien à la scène plutôt étrange qu’ils venaient de voir.

    Pendant un court moment, rabaissant la tête pour voir le regard des jeunes élèves, elle les regarda tandis qu’eux ne pouvaient toujours pas faire un geste.


      « Coucou ! »


    Avec un large sourire, elle rabaissa les bras avant de continuer son chemin, sous le regard choqué des petits, d’une démarche dansante, en fredonnant gaiement un petit air joyeux. Il fallait le dire, la perspective d’aller écrire un mot à ses parents l’enchantait. Mais bon, pour une personne comme la petite et joyeuse Elsa, il n’en fallait pas beaucoup pour s’enthousiasmer. Elle entra dans la salle commune, comme beaucoup d’autres de ses camarades de maison qui avaient terminé de manger. Les Poufsouffles étant souvent des gens qui aiment la compagnie, elle n’était pas surprise en voyant tout le monde en petits groupes bien serrés. Elle monta au dortoir, salua une copine qui lisait tranquillement un livre, avant de foncer vers son lit à baldaquin pour trouver un bout de parchemin, une lettre, son encre et sa plume. Elle écrivit rapidement sa lettre et s’empressa de l’adresser à la bonne personne. Cela fait, elle s’empressa de sortir de la salle, de monter les escaliers, de se retrouver à la Volière. La jeune sorcière choisit rapidement un des hiboux de l’école. La lettre attachée à sa patte, celle-ci s’envola dans le paysage de soleil couchant derrière la Forêt Interdite. Ses yeux restèrent un long moment braqués sur les arbres. Cette forêt avait tout pour être mystérieuse, la jeune quatrième année n’aurait jamais l’intention d’y aller. Ce serait du suicide, avec tout ce qui se passait… le vent soufflait doucement dans ses cheveux. Elle ferma les yeux, prenant une grande respiration, avant que son sourire habituel ne se dessine sur son visage. En rouvrant les yeux, elle se retourna et sortit de la volière, d’un pas relativement rapide, expliquant sa bonne humeur.

    Sur le chemin du retour, elle croisa beaucoup de gens. Les stressés, les relaxés, les… Confus ? Les solitaires, les grognons… Et un qui semblait particulièrement pressé. Elsa se retourna sur son passage, le regardant passer et aller plus loin, dans les couloirs. Dans son court moment d’égarement, la belle aux cheveux de nuit fonça durement dans un Gryffondor qui, par l’ampleur du choc, perdit l’équilibre, mais le reprit assez rapidement.


      « Oh ! Dé … Désolée ! J’étais ailleurs … »

        « Ça va. Ce n’est rien. »


    Le jeune homme continua alors son chemin comme si rien ne s’était passé. Ouais, normal, les gens aujourd’hui, c’est comme ça, faut pas les blâmer. Encore un peu dans sa bulle, elle manqua le bon couloir pour redescendre à son dortoir sans même le remarquer. Il n’était pas dans son habitude d’en faire autant. C’est pourquoi après un nouveau tournant, elle remarqua son erreur. Un regard à gauche et à droite et elle sut où se diriger. Elle pouvait bien prendre un autre chemin. Alors elle marchait, voyant chacun des tableaux dont certains la reconnaissant et lui envoyant la main. Mais à un moment, les tableaux étaient un peu moins familiers. Elle se mit à marcher lentement, suivant le couloir, cherchant dans sa mémoire des traces de cet endroit du château, sans pour autant en trouver. Elle ne paniquait pas, cependant. Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Elle croiserait bien quelqu’un, bien qu’il n’y ait personne dans ce couloir mis à part elle.

      « WHOAAAH ! »


    Il y eut un bruit de feuille de papier qui glisse sur le sol, puis le fracas sourd d’une masse qui tombait. Doucement, Elsa se remit sur ses pieds, se frottant la tête. Ses yeux se posèrent sur la feuille blanche qui gisait par terre, silencieuse, menaçante. Cette feuille avait comme une aura qui disait clairement de ne pas s’approcher. La curiosité peut être un grand défaut, cependant, la première chose qui lui effleura l’esprit fut que cette personne devait désespérément chercher ce bout de papier. Alors elle s’en approchât, le prit, le retourna et chercha des yeux un nom, sans en trouver. Il n’y avait aucun en-tête. Alors son regard parcourut les lignes. Ses yeux s’agrandirent soudainement, pendant qu’elle lisait les premiers mots inscrits sur cette feuille. Il y eut un nom. Une phrase où on pouvait le lire très clairement, d’une fine écriture, où chaque mot semblait être trouvé avec une telle précaution que ça semblait presque irréel. Un nom que personne n’ose prononcer. La Poufsouffle eut un horrible frisson en le lisant. Ses mains, tremblantes, faisaient alors onduler la feuille telle des vagues dans une tempête en pleine mer.

    Voldemort. Voldemort. Ce bout de papier était en fait l’œuvre d’un élève. Un élève… Un mangemort. La vérité affreuse s’infiltrait doucement dans son esprit, un venin puissant empoisonnant son jugement, Poudlard n’était plus un endroit sécuritaire. Un mangemort était infiltré dans l’école, portant le masque d’un élève comme un autre, tout à fait normal… La fille Rosefield sursauta violemment en entendant des pas précipités, arrivant dans sa direction. La terreur, impitoyable, envahissait chaque parcelle de son corps, l’immobilisant, tandis que ses yeux continuaient de parcourir les lignes… Une grande silhouette se dessinait devant elle, s’approchant. Le couloir était si sombre… Cette sécurité à laquelle elle avait toujours cru… Toute cette supposée protection contre la menace les guettant patiemment dehors…

    Tout cela n’était qu’un beau mensonge.


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MessageSujet: Re: JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah   Lun 4 Oct - 17:23
    Et un jour, tout s’effondre. Les projets d’avenir pour lesquels on se bat chaque jour s’envolent en quelques secondes. Tous nos espoirs, toutes nos espérances partent en fumée avant qu’on ait pu ne serait-ce que les toucher du bout des doigts. Goûter à la saveur de la réussite.
    Comme toujours, Noah avait tout prévu dans les moindres détails. Avec d’infinies précautions, il avait préparé sa journée en veillant à ce que tout soit parfait et qu’aucun imprévu ne puisse prendre place dans ce jour réglé comme du papier à musique.
    Il avait entendu nombre de rumeurs plus ou moins fondées durant la journée, avait noté chacune d’elles dans un coin de sa tête afin de ne pas les oublier (car il n’avait confiance qu’en lui seul, et écrire des informations sur du papier équivalait à un suicide pour lui), et lorsqu’arriva l’heure de rédiger le compte rendu, le Serdaigle savait déjà exactement ce qu’il écrirait. Il avait tellement prit l’habitude d’écrire les résumés de ses journées que les phrases avaient dors et déjà un sens dans sa tête.

    Lorsqu’il arriva dans sa salle commune délesté de toute compagnie (il avait feint se sentir mal pour que ses « amis » le laissent seul), il se rua dans son dortoir et attrapa le petit carnet noir qu’il dissimulait sous le matelas de son lit. Tout était une question de secondes, et en perdre ne serait-ce qu’une lui paraissait impensable.
    Sa plume crissait sur le parchemin et il écrivait à toute allure la lettre destinée à son maître, de son écriture fine et italique. C’était la partie la plus dangereuse et elle ne devait pas durer plus de deux ou trois minutes au cas où quelqu’un entrait. A la fin de la lettre, il signa de son nom puis relut le tout avec un rictus de satisfaction et arracha la feuille du carnet. Vint ensuite l’heure d’écrire un soi-disant journal intime dans le cahier (il avait opté pour cette option afin de justifier la présence du carnet si quelqu’un tombait dessus) puis lorsqu’il eut terminé, Noah écrivit une lettre factice à ses parents, au cas où quelqu’un lui demandait ce qu’il faisait dans les couloirs à cette heure. Rien n’était laissé au hasard.

    Tout était prêt, tout était parfait. Il jeta un coup d’œil à sa montre, puis plia le compte rendu et la lettre avant de les ranger dans la poche intérieur de sa robe de sorcier, reposa le carnet sous le matelas de son lit puis quitta le repère des Serdaigle.

    Dans les couloirs, le garçon prenait l’attitude banale d’un élève qui se rend à la volière. Il n’y avait plus trop de monde qui traînait dans Poudlard, mais il ne pouvait pas prendre de risques car après tout, il jouait sa vie. Aucune marque de stress ou de mépris ne devait se lire sur son visage.
    Au détour d’un couloir, alors qu’il se rapprochait de l’endroit où il allait procéder à l’échange, Noah attrapa le compte-rendu et ne sentit pas l’autre lettre tomber de la poche, certainement trop concentré à garder une attitude innocente tout en veillant à ce que personne ne soit là. Il marcha encore quelques minutes, guidé par ses pas qui ne connaissaient que trop bien le chemin, accélérant l’allure de peur d’arriver en retard, et alors qu’il arrivait à l’endroit du rendez-vous avec quelques minutes d’avance, il préféra relire une dernière fois la lettre adressée à son maître. Il n’avait pas le droit à l’erreur, et assurer ses arrières lui était primordial.

    Mais dès le premier mot, les yeux du Serdaigle s’écarquillèrent. Son cœur, poussé par la montée d’adrénaline due à la terreur qui mobilisait tout son être, accéléra subitement de rythme et Noah manqua de vomir tant il était horrifié.
    Car entre ses mains ne se trouvait pas le compte rendu, mais bien la lettre factice. Dernier espoir, il plongea sa main dans la poche de la robe où se trouvaient auparavant les deux lettres. Rien.
    Interdit, il était totalement paralysé, ses yeux étaient révulsés et son corps agité de tremblements incoercibles.
    Sans vraiment réfléchir à ce qu’il faisait, le Serdaigle revint sur ses pas presque en courant, son regard observant chaque recoin du sol que ses pieds avaient précédemment foulé, à la recherche du précieux compte-rendu qu’il avait égaré bêtement.

    Il finit par le trouver. Là, dans les mains de cette fille qui le lisait avec un air terrorisé.

    Et le monde s’écroule sous ses pas, il voit en cette fille tout ce qu’il a toujours redouté car elle a maintenant entre ses mains ce qui le tuera peut-être. Ou pire : ce qui l’enverra à Azkaban. Qui détruira toutes ses ambitions.
    Elle a maintenant une domination sur lui qui dépasse toutes celles qu’il n’a jamais pu exercer sur quelqu’un. Elle peut en faire son pantin, sa marionnette, et voilà le maître du jeu qui ne devient qu’un pion.

    Dans un élan de désespoir, de colère et de tristesse, Noah s’approche de la fille à toute allure. Il arrache la lettre de ses mains sans préavis, et la plaque contre le mur avec une violence dont il fait rarement –si ce n’est jamais- preuve. Et tandis que de son bras gauche il appuie sur la cage thoracique de la fille pour la maintenir immobile, sa main droite cherche et attrape sa baguette magique dont il colle le bout contre son cou.
    Toute peur disparait du regard du Serdaigle. Toute hésitation s’envole et seules restent la détermination et la haine. Haine d’abord envers lui-même pour avoir fait une erreur aussi grossière, mais aussi et surtout envers elle qui a trouvé et lu la lettre. Il veut juste la tuer, là, maintenant, car il sait qu’il aura trop de mal à continuer sa mission d’infiltré avec cette menace pesante et constante.


      « Un mot à quiconque, et je te tue sur le champ, compris ? Juste un mot. Un seul. Et ta vie est finie. »


    Noah fixait de ses yeux bleus le regard de la fille, comme pour s’assurer que ses paroles aient l’effet escompté. Qu’elle ait tellement peur de lui qu’elle n’ose rien dire et rien faire pour le dénoncer. Car sans ça, si ce coup de pression n’avait aucun effet sur elle, la Poufsouffle pouvait seulement montrer une infime résistance et Noah s’effondrerait.

    Déjà qu’il avait presque envie de mourir de peur, de mourir de honte après une erreur aussi futile et pourtant si dangereuse. Jamais il n’avait fait quelque chose de similaire, jamais il n’avait commis une telle faute, et il fallait évidemment que cela tombe le jour où par hasard une élève se promenait dans la partie du château la moins visitée.

    Sa baguette appuyait un peu plus sur le cou de la fille.

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Rika N. Winfield
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MessageSujet: Re: JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah   Mar 5 Oct - 2:50
    Mais comment ? Comment avaient-ils pu corrompre ainsi l’esprit de jeunes gens, pour les mêler à ces problèmes des plus obscurs ? Comment avaient-ils osé faire un truc aussi déplacé, aussi saisissant ? La Jaune put sentir son cœur s’arrêter dans sa poitrine, elle sentit cette lourde brique descendre dans ses entrailles, tandis que plusieurs centaines de frissons parcouraient son corps en entier. Elle ne pouvait plus bouger. Elle aurait voulu courir, s’évader, ne jamais avoir vu cette lettre, faire comme si elle n’avait jamais existé. Elle aurait tant voulu croire que tout cela n’était que pure illusion, qu’elle était sur son chemin de retour vers la Salle Commune des Poufsouffle, tout en bas. Mais évidemment, on ne peut jamais avoir ce que l’on aurait souhaité, et on peut encore moins retourner dans le temps aussi facilement que ça pour ne pas se trouver sur ce triste chemin. C’était comme si tout s’effondrait soudainement devant ses yeux. Tout ce qu’elle avait voulu croire, tout ce dont elle était certaine. Elle se remémorait le visage confiant du directeur de l’école, se remémorait le visage souriant de sa sœur, le visage de Drake…

    Elle ne pouvait croire que tout cela était menacé. Ça ne voulait pas rentrer.

    Ses mains tremblaient tellement que la feuille, cette satanée feuille, qu’elle maudissait du plus profond de son être, faisait un bruit horrifiant en se froissant de plus en plus, plus le temps passait, plus la terreur, poison mortel, envahissait ses veines, la paralysant, tellement qu’elle ne pouvait rien faire, rien de plus que de relire ces lignes, de regarder cette signature fine. Noah Cahill. Un mangemort ? Jamais elle n’aurait pu le croire. Jamais elle n’aurait pu penser que ce jeune homme pouvait devenir un jour un mangemort… Un disciple du Maître des Ténèbres, du pire homme qui existait sur Terre, de la pensée de la jeune femme. Son cœur se glaçait dans sa poitrine tellement le choc la subjuguait. Il était pourtant si gentil… Il n’était pourtant pas celui que quelqu’un aurait soupçonné à être intéressé aux forces du Mal. La Poufsouffle eut un plus grand choc, enlevant ses yeux momentanément de la lettre, en se demandant combien d’autres jouaient ainsi un double-jeu aussi habilement que lui. Pouvaient-ils être plus nombreux ? De nombreux visages passèrent dans son esprit… Ça ne pouvait être vrai. Ça ne pouvait être réalité. Comment… ? Comment une chose aussi horrible pouvait-elle arriver ?

    Ses pensées arrêtèrent subitement leur cour. Tout ça, quand finalement, les pas qui s’approchaient en vitesse d’elle furent à seulement quelques centimètres d’où elle se tenait. Quand le bout de papier si maléfique à ses yeux se fit violemment arracher des ses mains tremblantes, quand son regard se posa une infime seconde sur le visage effrayé, rageur, de Noah Cahill. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, elle ne pouvait l’arrêter d’aucune manière. Sa respiration était tellement accélérée que ça en venait carrément irréel.

    Et puis, cruellement, férocement, ne serait-ce qu’une seule fraction de seconde après que le papier lui ait été arraché des mains, laissant de minimes marques de coupure sur celles-ci, le bras du Bleu et Bronze la plaquait sur le mur avec force, une telle force qu’elle en eut le souffle coupé, la peur montant dans ses entrailles tandis qu’elle criait silencieusement, incapable de laisser un seul son échapper de sa gorge meurtrie, nouée. Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues, tandis qu’elle sentait sa respiration sur elle, son souffle chaud, et qu’elle voyait le tremblement de ses lèvres, qui disparaissait, soudainement. Elle regardait ses yeux, perçants, remplis de haine, des yeux meurtriers. Elle sentait la violence émaner de son corps comme une aura corrompu. C’était extrêmement effrayant. En plus d’en avoir le souffle coupé, elle sentait un vide dans ses genoux, dans ses membres qui semblaient atteints douloureusement. Elsa ne pouvait bouger, elle ne pouvait rien dire, elle ne pouvait rien faire. Il appuyait si fort qu’elle avait l’impression que ses os cassaient, elle ne pouvait qu’à peine respirer. Elle ne tentait même pas de le faire, tellement la douleur du choc, sur son dos, sur sa tête qui avait rudement fracassé le mur, avait été violent.

    Sonnée, paralysée, terrorisée. Elle sentit la baguette du jeune homme appuyer sur son cou. La jeune Rosefield eut envie de tousser, mais elle étouffait. Son regard fixait toujours Noah, tandis qu’elle était secouée par de violents tremblements, toujours. Elle sentit une de ses larmes couler de son menton, tombant sur la baguette du jeune homme avant de chuter par terre, doucement. Jamais elle n’avait eu aussi peur. Sa respiration s’accéléra, elle pouvait s’entendre elle-même émettre de petits gémissements presque inaudibles à chaque respiration, la bouche entrouverte, tandis que ses larmes continuaient de ravager son regard de plus belle, avec plus de force encore. Jamais elle n’aurait dû se perdre dans ce coin de l’école. Elle aurait dû porter attention où elle était… Elle n’aurait jamais dû se rendre à la volière en cette journée noire. Non, elle aurait dû rester bien au chaud dans la salle commune. Rien de cela ne serait arrivé. Le destin jouait contre elle. La pauvre ne pouvait plus s’enfuir, dorénavant.

    Ses mots, menaçants, tranchants, pénétraient l’âme de la jeune fille comme une lame acérée. Elle sentit la baguette du jeune homme lui couper une fois de plus la respiration. Ses yeux se fermèrent tandis qu’elle tremblait de tout son être. Elle ne voulait qu’une chose : Qu’il la lâche. Qu’il parte et la laisse tranquille, qu’il oublie tout ce qui s’était passé… Mais ces pensées étaient beaucoup trop belles pour être vraies. Elle ne voulait pas rouvrir les yeux, tellement elle avait peur de revoir ces yeux d’où brillait un feu qui la consumerait d’un seul coup. Elle sentait toujours cette respiration accélérée sur sa peau. Ses yeux restaient fermés du plus fort qu’elle le pouvait. Tout cela l’horrifiait. Elle avait du mal à faire quoi que ce soit. Elle ne pouvait bouger. Du tout.

    Elsa ne pouvait même pas acquiescer tellement elle souffrait, tellement la peur la rongeait, tellement le brouillard rôdait dans son esprit, épais. Un violent vortex d’émotions s’entrechoquant faisait rage en elle, tellement qu’elle ne pouvait qu’à peine penser à quoi que ce soit. Elle respira un bon coup, laissant passer une faible lamentation de la barrière de ses lèvres, s’empêchant de sangloter mais tremblant plus qu’elle ne l’avait fait. Elle hocha difficilement de la tête, ne pouvant qu’à peine bouger par la cause de la baguette du jeune homme sur son cou.

    Elle était certaine que c’était la fin.


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MessageSujet: Re: JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah   Sam 9 Oct - 1:17
    Il n’avait pas imaginé qu’elle puisse réagir ainsi.
    Lorsqu’il l’avait plaquée contre le mur, Noah avait agit sur une impulsion sans réellement prendre le temps d’analyser la situation. Il n’avait pas fait attention au visage terrorisé de la fille lorsqu’il lui avait arraché la lettre des mains, obnubilé par les sombres pensées qui lui insufflaient vicieusement l’idée de n’avoir plus que quelques heures à œuvrer dans le château avant d’en être expulsé.
    Il s’imaginait déjà face à Dumbledore, entouré d’Aurors ou même de détraqueurs à l’affut de ses moindres faits-et-gestes. Il n’aurait pas eu peur. Non, Noah Cahill aurait gardé la tête haute parce qu’il avait toujours suivit son instinct. N’avait jamais regretté et ne regretterait jamais aucun de ses choix car il se savait bien trop calculateur pour faire un choix qui puisse à un quelconque moment lui nuire.
    Il était bien trop intelligent, bien trop expérimenté dans le mensonge et la mise en scène que rien selon lui ne pouvait se passer autrement que parfaitement.

    Mais il était là. Appuyant de tout son poids contre cette fille, cette pauvre fille qui ne demandait rien d’autre que la paix, qui ne demandait peut-être même rien d’autre que d’oublier cette lettre et tout ce qu’elle signifiait. Il était là, désespéré d’une erreur aussi impersonnelle, aussi vulgaire et insultante. Désespéré de voir tout ce qu’il avait construit en tant d’années s’effondrer en quelques secondes. Le temps d’une lettre.
    Elle ne se débattait pas, ne protestait pas, ne se moquait pas. Elle tremblait seulement d’une peur qui semblait la paralyser du tout au tout. Seules de limpides larmes se permettaient de rompre cette immobilité, et coulaient par dizaines, comme si tout le flot d’émotions qui parcouraient le corps et l’esprit de la fille avaient choisi cette seule issue pour se manifester.

    Lorsque Noah se rendit compte de l’effet qu’il avait sur elle, il ne put se retenir de sourire face à ce retournement de situation. Le contrôle du jeu lui revenait à nouveau, et il avait visiblement toutes les cartes en main pour la manipuler à souhait. Mais il ne pouvait être certain de la sincérité de sa réaction, car il s’agissait peut-être d’une feinte qu’elle voulait utiliser pour qu’il la lâche.
    Tout en gardant son bras appuyé contre elle, Noah jeta la lettre au sol, et y mit feu avec un Incendio murmuré. La trace rouge que sa baguette avait laissée sur le cou de la fille l’étonna, car le Serdaigle n’avait pas vraiment contrôlé sa force lorsqu’il menaçait Elsa.
    Quand elle hocha –difficilement- la tête, il souffla, consterné. Cela ne suffisait pas. Comment pouvait-il la laisser partir après qu’elle ait simplement hoché désespérément la tête uniquement parce qu’elle voulait le satisfaire et sauver sa vie ? Comment pouvait-il se contenter d’un mouvement banal, d’une promesse qu’elle ne saurait pas tenir si la pression sur elle n’était pas constamment présente ? Soupirant, Noah s’écarta d’elle. Si il l’avait tant essoufflée, tant blessée, elle ne pouvait pas prendre la fuite. Ou du moins ne pouvait-elle pas le distancer.


      « J’ai des sources. De partout, à tout instant. Je peux donc suivre tes moindres faits et gestes et ce durant toute la journée s’il le faut. Et je te promets que je ne laisserai rien passer. Des messes basses, un petit papier échangé seront vus comme une trahison. »


    Il était évident qu’il lui était impossible de la surveiller chaque jour à chaque seconde de sa vie. Certes il aurait l’occasion de s’assurer qu’elle ne faisait rien, car il avait des connaissances assez stupides pour gober des paroles creuses (« La petite brune de Poufsouffle me plaît bien… Tu pourrais faire un peu attention aux endroits où elle se rend et aux personnes qu’elle fréquente ? Comme ça j’en saurais un peu plus sur elle et je pourrais la voir « pas hasard », si tu vois ce que je veux dire… »), mais il avait nettement exagéré ses paroles. Et c’était voulu. Quitte à mentir, autant que ce soit utile. Et il fallait bien avouer qu’il s’agissait de la dernière option qui s’offrait à lui pour qu’elle comprenne qu’elle avait affaire à une personne qui savait ce qu’elle faisait et pourquoi elle le faisait. Que rien n’était laissé au hasard et qu’aucune hésitation ne ferait trembler son regard s’il devait en finir. Il devait clairement lui annoncer sa domination.
    Sa baguette était pointée vers elle, Noah ne souhaitant prendre aucun risque. Son regard océan, teinté d'une lueur glaciale, fixait la fille encore essoufflée, presque traumatisée.


      « Prouves moi que tu ne me trahira pas. »


    Il avait utilisé le mot "trahir" en ayant bien pesé ce qu'il faisait. Ainsi, il induisait l'idée d'un pacte entre eux deux. De quelque chose d'assez fort pour pouvoir être brisé. Cela laissait à la fois le suspens d'une menace qui pesait au dessus de ce pacte, car Elsa devait bien avoir compris qu'il ne rigolait absolument pas et qu'il était désormais prêt à tout pour survivre.

    Noah n'avait jamais été quelqu'un de violent. Il avait toujours eu l'habitude de préparer ses plans de façon à ce qu'aucune violence n'intervienne ou lorsque cela était nécessaire, il faisait appel à un Serpentard sans cervelle qui semblait presque demander le combat. Il avait juste à lui donner un nom, à lui désigner une personne et il savait que le soir même elle était passée à tabac. Mais la violence représentait pour lui une manière barbare de faire avancer les choses, c'était en quelque sorte du travail bâclé qui ne représentait absolument pas la vision qu'il avait du sien. Le Serdaigle agissait plus en finesse, attaquait l'adversaire dans son dos après avoir précédemment analysé chacune de ses réactions, de ses occupations, pour que chaque attaque fasse mouche sans bavure.
    Mais il est des moments où l'on doit faire abstraction de ses principes pour sauver sa peau. Ce soir, il n'avait pas ce Dante pour user de la violence contre la fille à sa place. Il n'avait donc pas d'autre possibilité que de se salir les mains.

    Il la fixait, attendant une réaction de sa part.
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Rika N. Winfield
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MessageSujet: Re: JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah   Dim 10 Oct - 1:16
    Il sembla s’écouler des heures, infinies et interminables, depuis son faible acquiescement avec lequel elle avait tant espéré qu’il ne la lâche, qu’il la laisse tranquille et qu’il parte, pour qu’elle puisse se rendre à son dortoir… Sa baguette n’était plus sur son cou, heureusement, d’ailleurs, puisqu’il avait lancé la lettre et l’avait brûlé pour que plus aucune trace de celle-ci ne soit encore visible, pour qu’il n’y ait aucune preuve. Aucune. Elsa désespérait. Elle ne pouvait pas dire quoi que ce soit, mais savait pertinemment la menace qui planait sur Poudlard comme un sombre voile. Elle s’en rendait de plus en plus compte, plus les secondes avançaient, comme des révélations sinistres. Des infiltrés… Entre les murs du château… C’était horrible. Tout simplement horrible. Et dire que chacun d’eux, oui, chacun d’eux avaient de sombres desseins à accomplir entre ses murs. Elle eut la pensée morbide de penser à qui serait la première victime, la première personne à disparaître dans le néant, sans que personne ne puisse en faire quoi que ce soit. Ça lui rappela vaguement l’épisode du Basilic, de la chambre des Secrets, qui avait été tout aussi sombre et effrayant. Elle était alors en première année, quand tout cela s’était produit, alors vous pouvez bien imaginer le drame. Mais là, il lui sembla que l’évènement qui allait se produire avait plus de gravité, comme si beaucoup plus de choses étaient mises sur la balance. Peut-être allaient-ils tous périr, cette année, ou dans celles qui suivraient…

    De ses yeux remplis de larmes, elle le fixait, lui et son regard bleu menaçant, comme une tempête en pleine mer. Elle pouvait presque ressentir les éclairs qui s’acharnaient sur elle, elle et son pauvre corps tremblant de peur, son cœur battant la chamade, sa respiration toujours aussi coupée. Elle ne pouvait qu’à peine respirer, ne pouvait qu’à peine bouger, mais encore c’est à peine si elle osait faire un seul geste. Des secondes interminables s’écoulaient tandis qu’il la regardait, toujours avec ce regard féroce. La Poufsouffle pouvait le lire, dans ses yeux, elle pouvait très bien se rendre compte qu’il ne mentait pas. Qu’il pouvait très bien la tuer maintenant, ou ailleurs, quand elle aurait le dos tourné. Si elle disait quelque-chose, quoi que ce soit, ce serait sa fin, cette fin inévitable qui la frapperait comme l’éclair qu’elle voyait dans ses yeux ; redoutable, d’un seul coup. Pourtant, peut-être aimerait-il mieux la faire souffrir avant de s’en débarrasser… Elsa n’était pas inculte au point de ne pas connaître les sorts impardonnables, comme celui du Doloris, ou même de l’Imperium. Plusieurs possibilités allaient contre elle, contre une mort indolore et directe. Elle n’allait pas sans les connaître, mais aurait tellement voulu les ignorer, ignorer la mort, ne jamais y penser.

    Jamais elle n’en avait été aussi près.

    Et maintenant qu’elle y était, celle-ci semblait l’appeler d’un chant aussi mélodieux et envoûtant que celui des sirènes qui enlèvent tous les sens aux navires pour les échouer sur leurs rochers. Elle ressentit alors la pression sur sa cage thoracique se desserrer, et dès que ses pauvres pieds retouchèrent le sol, qu’elle retrouva cette capacité qu’il lui avait enlevé, de se tenir debout, elle sentit ses genoux fléchir. En une fraction de seconde, elle chuta, tombant durement sur ses genoux, les deux mains par terre. La Poufsouffle reprit une énorme bouffée d’air, avant de s’étouffer, autant par ce regain d’oxygène que par ses sanglots qui restaient coincés au plus profond de sa gorge. Elle pleurait. Tellement que ses larmes ne cessaient de toucher le sol dans des échos incessants et irréguliers. Le plancher en fut vite couvert. Elle tenta en vain de retrouver une manière de respirer quelque peu normale, sans pour autant y arriver, sa gorge étant trop nouée, son cœur ne cessant de battre d’un rythme trop rapide. La voix de Noah résonna alors dans le couloir vide, ce couloir où il n’y avait aucun tableau, aucune lumière sauf quelques torches vacillantes qui ne faisaient que donner des ombrages menaçants. Sa voix ne fit que la faire plus trembler, tellement que ses mains avaient du mal à garder la même position, tellement que le seul endroit où elle osait regarder, c’était par terre, tandis que de ses yeux coulaient de nombreuses larmes salées. Elle n’osait pas le relever, n’osait pas le regarder en face encore une fois.

    Elle était terrorisée par ses yeux, par son regard, par son visage en entier. Elle espérait ne plus jamais le croiser après ce jour, elle espérait tout oublier. Que tout cela ne soit qu’un horrible cauchemar. L’espoir s’était cependant envolé. Rien ne pouvait changer ce qui se passait en ce moment. Et elle ne le savait que trop. Et cette menace, si bien placée, avait eu tôt fait de lui glacer le sang jusqu’au plus profond de ses veines. Elle ne pouvait en aucun cas lui échapper, en aucun cas elle ne pourrait révéler quoi que ce soit, à quiconque, sans voir sa mort et certainement la mort de ses proches arriver comme une impitoyable sentence leur tombant sur la tête. Il y eut un de ces autres moments de silence, dans lequel, ayant cessé de pleurer, elle tenta en vain de retrouver son souffle, de ne pas se perdre dans l’immensité de ses sanglots qu’elle tentait en vain de terminer. Le silence lourd pesait sur ses frêles épaules comme le plus lourd des poids. Elle ne pouvait parler, elle ne faisait que regarder le sol, tremblante, ayant voulu savoir un sort pour se transporter loin d’ici, très loin, pour ne plus qu’il ne l’agresse. Se dire que c’était impossible lui fendrait l’âme et la rendait désespérée. Tout ce qu’elle voulait, c’était s’en sortir, au plus vite. Sortir de ce cauchemar.

      « Prouve-moi que tu ne me trahira pas. »


    Trois secondes complètes passèrent avant qu’Elsa, arrêtant de respirer, ne relève son regard noisette complètement humide sur le Serdaigle, qui la dominait de toute sa taille, si près d’elle, si grand, si effrayant. Une nouvelle larme coula et la pression qu’elle ressentait se fit de plus en plus sentir. Une certaine douleur au niveau du cœur, comme une sensation brûlante, la secoua de l’intérieur. La panique, la peur, le stress et la terreur refaisait surface dans son regard et dans son visage. La baguette de Noah était toujours pointée sur la jeune femme, qui le savait très bien et n’ignorait pas du tout le fait qu’il pourrait très bien lui lancer un sort à tout moment. Elle prit deux grandes respirations, avant de se mettre sur les genoux, et de chercher dans les poches de sa robe de sorcière. Elle y trouva alors sa baguette, qu’elle sortit et mit devant elle, sa main toujours aussi tremblante, la baguette l’étant tout autant. Ce geste était seulement pour la montrer au Bleu et Bronze, qui aurait pu deviner une attaque de sa part. Elle n’en fit rien, cependant. Son attention se tourna vers l’autre bout du couloir. Elle y jeta sa baguette, qui fit un bruit sourd avec l’écho du couloir, roulant loin de sa portée. Très loin de sa portée. La jeune Rosefield, les lèvres tremblantes, la peur montant et couvrant toute autre émotion, releva ses prunelles vers celles du jeune homme. On pouvait y voir toute la crainte qu’elle avait envers ce geste, qui la rendait d’un seul coup sans défense à sa baguette à lui, pointée sur elle comme un poignard. Le stress montait en parallèle avec sa confiance en soi, avec tous les gestes qu’elle ferait, toutes les paroles qu’elle dirait dans les prochaines minutes. Une boule lui bloquait la gorge, mais elle savait que si elle ne parlait pas, quelque-chose de mal allait arriver. Quelque-chose qui la détruirait encore plus que maintenant. Les secondes s’écoulèrent.


      « … Tue-moi s-s-sur-le-champ si t-tu cr…ois que je vais te mentir… »


    Son ton était sérieux, quoiqu’apeuré. Elle ne pouvait s’empêcher de bégayer face à cette situation.

      « Je suis sincère… Je te le jure, je suis sincère… J-j…Je veux juste partir d’ici… Je ne dirai rien… Je… Je ne dirais rien… ! »


    Ses yeux se remplissaient à nouveau de larmes tandis que ses lèvres tremblaient encore plus qu’elles ne l’avaient fait, sa bouche entrouverte, lui permettant de souffler entre toutes ses paroles.

      « J…Je t’en prie… Je veux pas mourir… Je veux pas… »


    Sa voix n’était plus que murmure, bégayée, entre sanglots amers et couinements presque inaudibles de peur et de tremblements. Ses pensées se figèrent simultanément sur l’image de sa sœur, sa mère, son père… Et Drake… elle ne pouvait pas les abandonner… Les perdre serait une douleur atroce à supporter. Le deuil qu’ils auraient à faire, et tout le reste, elle ne pouvait supporter cette douleur qu’elle causerait. Elle se mit à trembler de plus belle, reposant son regard sur le sol couvert de larmes trempées. Elle posa ses mains sur son visage, fondant en sanglots amers, l’écho de ses pleurs se répétant sans cesse dans les couloirs en les projetant ailleurs, comme un murmure au vent dans les couloirs vides de l’école. Le couvre-feu arrivait de plus en plus. Tout le monde regagnait son dortoir avec hâte, pour ne pas se faire attraper par les préfets qui enlèveraient des points à leurs maisons en avertissant leur directeur de maison. Sans enlever ses mains de son visage, elle bégaya encore quelques mots entre ses sanglots qui devenaient plus constants.

      « Laisse-moi partir, je t’en prie, laisse moi partir… »


Well, you can't get what you want
But you can get me.
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MessageSujet: Re: JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah   Lun 11 Oct - 18:03
    Pourquoi réagissait-elle ainsi devant lui ? Pourquoi n’osait-elle-même plus le regarder, et pourquoi son corps tremblait-il autant ? Noah prenait conscience de la terreur que les mangemorts pouvaient inspirer, mais la raison d’une telle crainte lui échappait encore. Il n’avait jamais vraiment été du côté de Dumbledore et pour lui, être parmi les fidèles du Lord était une chose parfaitement normale et qu’il avait choisit presque instinctivement. Mais le fait était qu’avant de s’enrôler dans l’armée de Voldemort, Noah n’avait pas réellement eu le temps de peser le pour et le contre des deux combats. Trop jeune pour réaliser ce qui opposait les deux camps, il n’avait pas eu le temps de vraiment comprendre dans quoi il s’engageait et contre quelle cause il allait désormais se battre. Mais les belles paroles et les promesses de pouvoir qui lui avaient été faites par des partisans de Voldemort avaient réalisé bien trop vite tout ce à quoi il aspirait. Alors sans réfléchir plus que ça, il s’était jeté à bras ouverts dans un camp dont il ignorait du tout au tout. Lui se contentait juste d’exécuter les missions pour lesquelles il était appelé sans porter plus d’attention à pourquoi il faisait tout ça, et pour qui.
    Pourtant, au fur et à mesure des années qui passaient, le Serdaigle prenait conscience de ce dans quoi il s’était engagé, et tout lui paraissait normal. De la méchanceté des mangemorts à leur vénération pour Voldemort. C’était presque évident, et il avait du mal à comprendre pourquoi tout le monde n’adhérait pas à sa cause. Mais baignant dans cet environnement de cruauté depuis ses débuts à Poudlard, il ne savait pas réellement à quel point les mangemorts se comportaient différemment entre eux qu’avec les pro-Dumbledore. Aussi la réaction de la fille lui paraissait d’un exagéré pittoresque.

    D’autant plus qu’elle était incapable de lui promettre quelque chose qui puisse être valable aux yeux de Noah. Balancer sa baguette, lever ses yeux remplis de larmes qui coulaient sans interruption et presque lui demander de la tuer s’il ne la croyait pas était juste la concrétisation de ce qu’il voulait faire. La tuer était précisément devenu une obligation pour la bonne continuation des choses. Noah ne savait pas sérieusement ce qu’il attendait d’elle, car rien au monde ne lui semblait assez puissant pour qu’il puisse la laisser partir le cœur léger, sûr qu’elle ne dira rien. Il n’y avait rien, strictement rien qui pouvait en cet instant apaiser le garçon d’autre que la mort de la fille. Mais ce n’était pas quelque chose qu’il pouvait se permettre. Son dortoir était trop loin, et il ne pouvait pas être sûr que personne ne le voit en train de s’y rendre lorsqu’il l’aurait tuée. Or lorsque le corps de la fille serait retrouvé, celui ou celle qui aurait vu Noah se presser dans les couloirs la dénoncerait et il serait un suspect inévitablement clé.
    Mais que pouvait-il envisager d’autre que mettre un terme à la vie de la fille pour pouvoir être sûr qu’elle se taise à jamais ?


      « Tu crois que cela suffit ? Que je peux me fier à un bout de bois jeté en l’air et à des paroles aussi vides de sens ? Evidemment, que je crois que tu me mens ou que tu le fera. Il n’est pas question de confiance. »


    Il avait tellement pitié d’elle, de cette personne qui régressait au rang de larve, de bébé incapable de marcher tant son corps tremblait, incapable de parler sans bégayer.
    Il était indéniable qu’elle avait peur de la mort. Peur de quitter ce monde alors qu’elle pensait avoir encore tant de choses à y faire, peur de quitter son entourage et de les laisser avec le goût amer d’un proche que l’on perd trop vite et trop brutalement. C’en était écoeurant.
    Il avait toujours tout fait pour ne jamais s’attacher à quiconque. Car l’amour, l’amitié étaient pour lui synonymes de suicide. Car quand on aime, on donne à l’autre toutes les armes pour nous détruire. On parle de nous, de nos pensées et de nos peurs et inconsciemment, il a toutes les cartes en mains pour ne laisser que de notre personne un corps vide d’âme.
    Aimer, c’est avoir peur de mourir. C’est ne pas avancer car on veut juste profiter de ce que l’on vit avec les personnes qu’on aime, alors on recule. Noah avançait. Seul, mais il avançait. Plus que de nombreuses personnes dans ce château. Il avançait pour ne pas avoir de regrets, pour ne pas se dire « Non, je ne veux pas mourir ! J’ai encore tant de choses à accomplir ! » car lui, lui il les accomplissait maintenant. Il ne se laissait pas le temps de rêvasser, ne prenait pas une minutes de repos parce que son travail était à plein temps et parce qu’il aimait pleinement son travail.
    Et il haïssait tous ceux qui reculaient.

    La voir ainsi l’implorer le dégoûtait au plus haut point. Lui donnait plus envie encore de la tuer sur le champ malgré tous les risques que cela représentait, car être ainsi regardé lui donnait la nausée. Il appréciait malgré tout cette position de dominateur, aimait la voir réduite à ramper au sol tant la vue du garçon l’effrayait et se délectait de ses tremblements qui ne faisaient qu’augmenter en puissance. On aurait dit qu’elle était sur le point de se briser de toutes parts.

    Mais même si Noah aurait apprécié la regarder trembler ainsi durant des heures pendant lesquelles il se serait demandé s’il allait la tuer ou non, la lumière des couloirs baissa subitement en intensité. Le Serdaigle comprit aussitôt les raisons de ce changement de luminosité : le couvre feu. Dans quelques dizaines de minutes, les Préfets commenceraient leur ronde et il serait alors difficile, très difficile de justifier sa présence dans les couloirs à une heure aussi tardive. Le garçon soupira d’agacement, énervé d’être ainsi coupé dans ses tergiversations d’une manière aussi grotesque. Mais s’il se faisait attraper et que la fille aussi, on trouverait certainement étrange de la trouver dans cet état et il serait peut-être convoqué pour des explications. Noah pourrait alors prétendre une rupture dans un soi-disant couple qu’ils formeraient mais l’état de stress et d’énervement dans lequel il était ne le rassurait pas, car il n’était pas sur de pouvoir garder son calme à une autre montée d’adrénaline et de ne pas faire de bêtise.

    Lentement, très lentement il abaissa sa baguette. Ses mâchoires se serraient au fur et à mesure qu’il ne visait plus la fille, mais il finit tout de même par la ranger dans une de ses poches.


      « Tu ne bouges pas tant que je suis hors de vue. Si je t’entends remuer avant que je sois assez loin, tu aura affaire à moi et ce malgré les répercussions que cela aurait certainement. C’est bien clair ?»


    Sans même attendre une réponse de sa part, il lui jeta un dernier regard méprisant, comme une dernière promesse que toutes ses paroles n’étaient pas dites dans le vent, puis il se mit à marcher à vive allure dans un couloir qui le mènerait le plus rapidement à sa salle commune. Au pas de course, ses pensées allaient aussi vite que l’allure de ses jambes. Enervé contre lui-même et contre le monde entier, les poings serrés, Noah imaginait déjà le Lord face à l’absence de compte rendu. Il allait devoir justifier ça sans parler de la faute qu’il avait commise car elle lui vaudrait certainement la mort.

    Il n’avait pas peur de la mort. Mais se faire tuer à cause d’une erreur aussi pitoyable était la pire fin qui pouvait lui arriver.

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MessageSujet: Re: JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah   Aujourd'hui à 23:36
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JUIN 1996 | Rien est ordinaire, encore moins dans les couloirs, le soir. { Noah

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