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 From time to time we all are blinded } Dante.

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Constance Morel
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© avatar, icon, signature : Lush (avatar), Tumblr (signature) ;, Of Monster And Men (lyrics).
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MessageSujet: From time to time we all are blinded } Dante.   Mar 7 Sep - 17:58
« Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
Dieu trahi par le sort et privé de louanges,

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

Ô Prince de l'exil, à qui l'on a fait du tort,
Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,
Guérisseur familier des angoisses humaines,

Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!

Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,
Enseignes par l'amour le goût du Paradis. »

< Charles Baudelaire - les Litanies de Satan >


    Un léger frétillement, à peine perceptible et bien trop rapide avait interrompu sa réflexion- même s'il eut été inexact d'affirmer que Lacey réfléchissait à proprement parler, comme l'état d'hébétement mental dans lequel elle s'était plongée n'amenait à aucune pensée logique. Les couloirs de Poudlard possédaient assurément un éminent problème, un problème de taille pour les personnes absentes ou dépourvues d'une logique d'orientation, problème qu'évidemment, Lacey transportait depuis cinq années sans y remédier : leur époustouflante ressemblance. Vraisemblablement, celui dans lequel Lacey se trouvait paraissait plus court que celui, où, quelques mois plus tôt, elle faisait face à Carl sans réellement savoir que dire, que faire. Rusard fut été assez courageux pour effectuer son nettoyage complet que l'état des choses aurait sûrement été le même ; une crasse dissimulée par un parquet faussement reluisant, un air ambiant envahi par une poussière olfactive infecte, et elle avait même remarqué des toiles d'araignée non loin des cages d'escaliers. Accoudée contre la fenêtre fermée, sac en bandoulière, le regard empli d'une excitation nerveuse, le blanc des yeux cerclé d'un rouge léger, Lacey sortait d'un cours d'Histoire de la Magie. La grande et majeure partie des étudiants du collège, qu'ils soient résidents de Serpentard ou de Poufsouffle étaient actuellement à table, à déguster des plats dont ils ne seraient probablement jamais lassés, des plats dont Lacey trouvait que le goût s'effilait et se perdait. Sortie du cours du second Liebgott, la faim qui faisait frétiller le ventre de tous les adolescents présents ne l'avait pas atteinte. Profitant des quelques minutes qui lui restaient avant l'envahissement des couloirs qui l'empêcherait de se déplacer librement, sortant de la salle à toute vitesse pour retrouver celle de Défense Contre les Forces du Mal que les septième années de Serdaigle se partageaient avec ceux de Gryffondor, Lacey avait lancé un large sourire à Amber, ode ou rappel à un pacte que la première lui avait imposé sans concession ni choix à faire.

    « Tu es là. » Ses mains se posèrent contre le rebord de la fenêtre et Lacey lança un regard éclairé sur le visage de Dante. Posant son sac contre l'alcôve du couloir, la jeune femme sentit son cœur battre contre sa poitrine ; elle n'avait d'abord voulu voir ce que ses yeux, là, devant elle, lui eut montré -un visage fin, le cheveu noir, le regard ocre. Sans doute s'était-elle efforcée de s'occuper du sort de son assiette de riz, sans doute avait-elle œuvré à oublier cette certitude insensée, de nombreuses fois cependant, dans l'inconscience résolue de son espérance, elle avait levé les yeux vers lui. En cet instant, elle avait certainement l'air de l'avoir attendu depuis toujours, à la manière entendue avec laquelle elle avait prononcé le « tu », le « es » teinté d'un soulagement à peine perceptible qui prenait toute sa force et toute ses sources dans le « là », gonflé d'un soupir qu'elle ne s'entendait même pas prononcer. Et toute la tristesse, toute la douleur, tout le vide qu'elle s'était entraînée à dissimuler, à entretenir pour les moments difficiles, tous ces sentiments, tous ces ressentis qu'elle s'était aimée à apprivoiser n'étaient plus. Aberrante était la certitude que la garçon devant elle puisse être celui dont elle n'avait même pas vu la dépouille … « … Luxine. »

    Peut-être avait-elle droit, pour la première fois, à un retour aux origines, à une expiation de ses fautes en déposant les armes, à une chance, sans doute vaine, de le toucher, devait-elle assurément le confondre en accusations, le blesser d'un questionnement abrupt ? Ou sans doute pouvait-elle continuer son observation et le heurter à un silence scandalisé. « Tu es là », répéta t-elle d'une voix plus aiguë, passant machinalement une main dans une mèche de ses cheveux qu'elle pique des deux doigts, maintient en l'entortillant autour de son index.

    Alors, retrouvant le cadavre d'un vieux ami, celui du serpent qui tournait et se retournait dans son ventre, soudain revenu à la vie, Lacey s'avança lentement vers Dante, timide, leva une main vers son visage sur lequel elle la posa, s'assurant d'une vie à laquelle elle ne croyait plus, reposée sur un espoir depuis longtemps trépassé. Encouragée par celle de droite, sa main de gauche frôla de ses doigts le bout des joues de Dante. Son expression était sûrement ravagée par un bonheur engourdi et languissant, de ces plaisirs traîtres qui gagnent l'humain dans les plus profonds moments d'égarement, s'interdisant un « je t'aime », une ode à la bonne fortune qu'il avait refusé de lui accorder, pendant plus d'un an, s'obligeant à penser au corps souillé du sang-pur qu'était Drago Malefoy, à cette allégresse qui s'était retirée de ses veines comme l'on en retire un poison. Comme seul témoin, le couloir pesant et silencieux.

    Lacey retira ses doigts et, naturellement, ses yeux se posèrent contre le plat de la paume de sa main, pourprée d'un sang qui avait semblé l'abandonner, poursuivirent leur course inconditionnée vers les veines que révélaient son poignet blême, ces veines verdâtres dont elle sembla reconnaître l'existence d'un coup d'œil, d'une dévoilement impudent. Son pouce décharné toucha la phalange supérieure de ses comparses, s'agitant légèrement, comme doté d'une vie propre, surpris à l'idée qu'on puisse lui annoncer qu'il y avait toujours de l'espoir. De l'espoir, un mot aujourd'hui associé à la bonne volonté d'Amber, à l'égarement qu'elle avait appris à conquérir, et à cette leste douleur qu'elle s'était sentie contrainte d'adopter, probablement par facilité ou par simple stupidité. Par désespoir, elle attrapa une de ses mains et la força à rester dans la sienne, et la chaleur anesthésiante que lui procurait ce contact la plongeait dans une jouissance indicible. La main du prétendu Luxine qu'elle s'était octroyée d'un regard ne méritait pour l'instant rien qu'une démonstration d'un faible attachement. Et même si elle ne reconnaissait pas ses mains froides et calleuses, même si ce regard semblait bien trop doux, pas assez froid pour être celui de la personne qu'elle aimait, Lacey voulait y croire une dernière fois, le temps d'un regard, le temps d'une parole, le temps d'une révélation. Elle se décala de la petite lucarne, appuya son corps contre le mur et prit son visage entre ses mains- lâchant par la même occasion la main de Dante-, sûrement par habitude, sûrement par peur pour cet inconnu qui revenait la chambouler : l'amour.




    Don't listen to a word I say.– Hey !– The screams all sound the same.– You're gone, gone, gone away,I watched you disappear.All that's left is a ghost of you.– Now we're torn, torn, torn apart, there's nothing we can do,Just let me go, we'll meet again soon.– Now wait, wait, wait for me, please hang around– I'll see you when I fall asleep. ✖


L'ABSENTE.


Dernière édition par Constance Morel le Mar 15 Fév - 23:06, édité 1 fois
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: From time to time we all are blinded } Dante.   Dim 26 Sep - 2:05


"I shot for the sky
I'm stuck on the ground
So why do I try, I know I’m gonna fall down
Never know why it’s coming down, down, down."

Down - Jason Walker


    Il avait toujours tout fait pour ne pas se retrouver dans une situation gênante. Avait opté pour n’importe quel moyen et avait pour cela fuit, s’était caché et avait menti pour ne pas avoir à être face à une personne qui le mettrait dans l’embarras. Qui en une phrase, peut-être même un mot pourrait le déstabiliser jusqu’à lui faire perdre tous ses moyens.

    Il avait toujours tout fait, et elle était pourtant là. Face à lui, elle le regardait avec ce sourire aux lèvres de celle qui rêve. De celle qui refuse de poser les pieds sur terre et préfère s’enfoncer dans cette réalité qu’elle s’arrange, dans cette réalité qui dérange. Lui ne réagit pas tout de suite au prénom qu’elle emploie lorsqu’elle s’adresse à lui, ses sens obstrués par la paralysie qui le maintient ici. Incapable de tout mouvement, incapable de même lui refuser ce fantasme il la regarde simplement se rapprocher de lui jusqu’à le toucher. Le regard de Dante se brouille, se teinte d’une profonde pitié qu’il n’arrive pas à cacher et à refouler. Lui veut juste qu’elle parte, qu’elle le laisse seul dans son incompréhension et qu’elle emporte avec elle ses paroles et son comportement si naïfs et si innocents qui le mettent mal à l’aise.

    Il lui aurait été si aisé de la faire souffrir, de briser toutes ses espérances et de la laisser seule se noyer dans sa détresse. Mais pour la première fois, Dante se refusait une telle cruauté. Il avait pourtant fait souffrir nombre de personnes, notamment lors de ses sorties avec Alyssa, une de plus ou de moins n'aurait pas du changer grand chose à ce jeu auquel il jouait pour son propre plaisir. Pour égayer des journées qu'il trouvait toujours trop fades. En cet instant, Lacey lui offrait certainement le meilleur divertissement depuis des mois. mais il refusait de céder à la tentation. Peut-être parce que les espoirs qu'il lisait dans le regard de la fille l'en empêchaient, peut-être parce qu'il ne voulait pas être celui qui la briserait. Peut-être voulait-il se prouver qu'il avait lui aussi du coeur.

    Mais dans une telle situation, avoir du coeur ne signifiait-il pas de ne pas laisser Lacey s'enliser dans une vison mensongère? Il ne savait pas s'il devait la tirer lentement de ce traître rêve ou si la meilleure option était de l'y laisser errer quelques temps. Lui laisser l'opportunité de retrouver ce "Luxine" et de la laisser ouvrir elle même les yeux sur la situation.

    Dante regarda la fille prendre son visage entre ses mains tandis que la sienne, délestée du poids qu'avait représenté le contact, retombait près de son corps.
    Il ne trouvait pas les mots adéquats, et sa bouche s'ouvrit plusieurs fois pour finalement se refermer sans qu'un son n'en sorte. Quand bien même il s'appropriait l'identité de l'homme qu'elle imaginait à sa place, lui offrant quelques minutes de bonheur, pouvait-il par la suite démentir ses propres propos en espérant qu'elle reprenne pieds sans difficulté?


      Ecoutes, tu...


    Rêves. Je ne suis pas l'homme que tu crois.
    Dante ferma les yeux et ses sourcils se froncèrent. Il lui était impossible de prononcer ces mots pourtant si simples. Alors il laissa non intentionnellement la suite de sa phrase flotter, comme un suspens qu'il ne désirait pas poser mais qui pourtant prenait place dans ce silence pesant.
    Impuissant devant la décision qu'il avait à prendre, le Serpentard opta une fois de plus pour la fuite.

    La mâchoire serrée, le front plissé, il fit lentement demi-tour et emprunta un couloir dont il ignorait l'issue. Voulant seulement s'éloigner de la fille, Dante ne prêtait pas une grande attention à l'endroit où ses pas allaient le mener. Il voulait juste fuir son regard.

    Il n'avait jamais apprit à aimer et à être aimé. Et même s'il faisait de grands progrès pour le premier cas -notamment grâce à Kate-, admettre qu'on puisse l'aimer le dégoûtait. Dante n'était pas le genre de personne qui demandait à ce qu'on l'aime pour ne pas se sentir seul; au contraire, il ne demandait que ça. Alors il fuyait son regard, fuyait l'amour qui en dégoulinait. Même si ce pseudo-amour ne lui était pas réellement destiné, Dante ne supportait pas qu'elle le regard avec ce sentiment dans les yeux. Il avait l'impression qu'il lui était destiné, et même si cela ne restait qu'une impression, le garçon ne la supportait pas.
    Ce petit côté misanthrope qui sommeillait en lui se révélait lors de moments comme celui-ci. Il n'allait pas jusqu'à haïr ses semblables, mais préférait garder ses distances avec eux au maximum. Dante n'avait jamais eu confiance en la race humaine. Elle était teinté d'hypocrisie, de mensonges et de préjugés, et avoir à vivre parmi des gens qui n'avaient en tête que la beauté, la laideur et leur taux de popularité au sein de l'école le dégoûtait. Même s'il avait tiré un trait sur ses convictions concernant l'amour depuis qu'il avait rencontré Kate -bien qu'il n'était pas certain de connaître réellement ce sentiment-, il conservait une certaine répulsion envers les autres élèves. Il voulait juste être oublié. Passer inaperçu dans la masse sans que l'un d'entre eux ne se retourne sur son passage et l'interpèle parce que "tiens! on pourrait être amis?!". Encore moins parce qu'on pourrait s'aimer. Non, Dante, on ne l'aime pas. On ne peut pas l'aimer. C'est comme ça, c'est parce qu'il ne veut pas.
    Alors il allait tout faire pour ne pas voir ce regard qui défiait la règle qu'il s'était posée ("Ne pas se faire aimer.") et qui déjà avait été piétinée par une Gryffondor.

    Ses pas étaient lents devant l'impatience qu'il ressentait de quitter cet endroit.




Only one person can sometimes combine two others.




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