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 L'abîme du Rêve { Alyssa

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Amber I. Simmons
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MessageSujet: L'abîme du Rêve { Alyssa   Jeu 1 Juil - 20:19
      « C'était un grand Vaisseau taillé dans l'or massif :
      Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues;
      La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
      S'étalait à sa proue, au soleil excessif.
      »


    La nuit ne s’était jamais annoncée si dure et si effrayante. Encore une fois, la jeune Serdaigle n’avait pu fermer l’œil, de peur de faire le même rêve encore et encore. Dans la salle commune, à la lueur des flammes s’éteignant doucement par le manque de bois à chauffer, la tête contre une fenêtre froide et regardant mélancoliquement dehors, se tenait Amber. Ce soir-là, elle n’était pas fatiguée. Peut-être que la fatigue était trop présente pour qu’elle la remarque. Une atmosphère froide régnait dans la pièce. Mais si loin dans ses pensées, dans ses peurs, ses angoisses et ses peines, rien ne la faisait trembler. À regarder son visage pâle, on aurait pu la croire complètement déconnectée du temps présent. Son visage ne montrait aucune émotion, ses yeux d’émeraude teintés de la faible lueur argentée de la lune fixaient au-dehors, sans vraiment se concentrer sur un point fixe. Le vide. Si profond. La solitude. Si accueillante. Le silence l’enveloppait de toute part dans une accolade menaçante. Le noir. La noirceur et son charme indescriptible. Et ses pensées lui murmurant à l’oreille comme une douce brise de printemps. Le ciel était parsemé d’étoiles, seules témoins de ses incalculables insomnies. Elles guettent la fin inévitable, elles, immortelles et majestueuses.

    Tout cela l’étouffait. Rester ici lui semblait impossible. Il fallait qu’elle sorte… Qu’elle ait ailleurs. La salle commune n’était pas un bon endroit. Malgré son calme, son silence et sa chaleur habituelle. Elle se sentait observée. Comme si quelqu’un la fixait. Quelqu’un l’espionnait. Depuis combien de temps ? Pourquoi ? Quoiqu’il en soit, elle ne pouvait rester dans la Salle Commune avec une telle impression. La Bleue et Bronze se leva, rapidement, marchant jusqu’à la sortie de la Salle. Seul le bruit de ses pas se faisait entendre. Il y eut le crissement de la porte se faisant ouvrir, un bruit qui n’avait pas tant d’ampleur habituellement mais qui semblait plus fort à cause du silence omniprésent. La rouquine regarda derrière elle, avant qu’elle ne referme la porte, maintenant seule avec elle-même. Seule, à se faire face. À tenter de comprendre tout. Sans jamais réussir. Pourtant, ce ne devait pas être si difficile… le couloir était désert. La nuit était noire. Il n’y avait aucune lumière, dans les couloirs si sombres à ces heures beaucoup trop matinales. Tout le monde dormait. Alors qui pouvait bien avoir gardé l’œil sur elle ? Cette impression, celle d’être espionnée, était peut-être le fruit de son imagination. Sa main se détacha doucement de la porte, elle s’en éloigna, et lentement elle avançait dans les couloirs vides de Poudlard, depuis longtemps endormie. Après sept ans ici, ce n’était certainement pas la première fois qu’elle vagabondait dans l’école en pleine nuit.

    Sa marche ne serait jamais plus silencieuse que ce qu’elle était en ce moment. Rien ne pouvait la perturber ; tout le monde dormait. Cette perspective était bien belle. La solitude, le silence et le noir. Quoi de mieux quand on essaye d’oublier ? Elle pourrait se concentrer sur elle-même, non sur ce qui est autour, non sur tout ce qui était dans les environs. Comme chaque fois qu’elle recherchait cette solitude si accueillante, en pleine nuit. Elle eut un petit soupir. Cette fois, elle n’avait aucune idée d’où elle se dirigeait. Ses pas la guideraient, et sûrement trouverait-elle l’endroit idéal pour ruminer ses sombres pensées. Elle descendit quelques escaliers, longea quelques couloirs tel une âme errante, ne rencontrant personne. Rien de plus normal que cela. En tournant le coin, Amber eut un court moment d’hésitation. Où pouvait-elle bien aller, comme ça ? Certainement pas dehors, pas avec la bête qui y était. Non, c’était beaucoup trop dangereux. La perspective d’une fenêtre ouverte où l’air du dehors pourrait lui changer les idées était certes très attirante. En voilà une idée. Ne changeons pas les vieilles habitudes, après tout. Elle prit alors un autre chemin, celui-ci menant à un couloir où les fenêtres étaient toujours ouvertes ou faciles à ouvrir. Il ne faisait pas trop froid, ce courant d’air ne ferait que le plus grand bien.

      « Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
      Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
      Et le naufrage horrible inclina sa carène
      Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.
      »


    Un rire des plus glacials se fit soudainement entendre, juste derrière elle, résonnant dans le couloir désert. Brusquement, Amber arrêta de marcher pour se retourner. La vision qu’elle eut l’horrifia.

    Personne n’était là.

    Et pourtant, ce rire, il semblait bien réel. Quelqu’un l’espionnait bien, quelqu’un était là. Maintenant, elle en était certaine. Quelqu’un faisait exprès. Et cette personne la cherchait, jouait avec des cordes sensibles. Faisant mine de rien, tandis qu’une petite peur la rongeait, la septième année se retourna encore une fois, continuant sa marche vers le couloir qu’elle voulait atteindre. Si cette personne était bien là, elle comprendrait bien vite qu’elle ne l’aurait pas aussi facilement. Sa marche s’avérait silencieuse et ne semblait pas avoir de fin. C’était si long, sans que personne ne soit là. Et pourtant ça ne durait que depuis quelques minutes, le temps qu’elle se rende où elle voulait être. L’affaire du rire l’intriguait toujours autant, cependant. Comment cette personne pouvait s’être placée directement derrière son épaule pour rire, et partir si vite sans être vu quand elle s’était retournée ? C’était bizarre. Peut-être un sort quelconque. Pourtant, elle ne pouvait penser à un qui avait cet effet étrange. D’une manière ou d’une autre, elle ne pouvait l’expliquer.


    « Amber… »

    La Serdaigle sursauta et plaqua une main sur son cœur, se retournant aussi rapidement que la première fois. Une voix, différente de celle qui avait ri un peu avant, venait de lui murmurer son nom à l’oreille. La peur montait en elle rapidement, cette fois. Une autre voix l’interpella, cette fois dans un ton tellement froid et menaçant qu’elle frissonna de toute part.

    « Je t’étoufferai de mes propres mains ! »

    Sentant la panique s’installer, Amber trouva une porte entrouverte et y entra sans aucune hésitation, tentant désespérément de se cacher de cette personne, qui qu’elle pouvait être. Sa respiration se faisait haletante. Une main était sur son front, ses yeux fermés, pendant quelques secondes qui semblaient interminables et effrayantes.

    « Meurs ! Meurs et ne reviens plus jamais ! »

    Les voix venaient de partout, comme si ces personnes étaient à côté d’elle. Elles disaient toutes des choses totalement différentes, toutes aussi monstrueuses. Le rythme cardiaque de la jeune femme augmentait graduellement, à un rythme ahurissant. C’était horrible, elle ne pouvait se contrôler.

    « Laisse-toi envelopper dans les bras de la Mort ! »

    Paniquée, hors d’haleine, elle courut à l’autre bout de la salle. Des voix. Toujours ces voix. Elles venaient de partout, l’agressaient. Elle pouvait entendre son nom, dans des exclamations différentes, des voix inconnues comme familières, sans qu’elle ne puisse les identifier. Mais qu’était la signification de tout cela ? « Jamais tu ne pourras le revoir ! » D’un geste vif, elle se retournait. Rien, sauf le vide. Les larmes coulaient sur ses joues, c’était à peine si elle pouvait s’arrêter de trembler. « Amber, attention ! » Elle eut une exclamation de peur mêlé à un faible « Non… ! » murmuré entre ses sanglots. Encore, elle se retournait pour seulement faire face au vide, au vide si profond. Rien n’était là. Toutes ces voix l’agressaient, la torturaient. Le même rire à en glacer le sang se fit entendre, raisonnant dans la pièce mal éclairée par la lune, un rire qui ne pouvait laisser indifférent. Et elle, tout ce qu’elle pouvait faire, c’était tourner sur elle-même, sans rien voir, jamais. Des sanglots faisaient trembler sa voix. « Laissez-moi ! » Hurla-t-elle, d’une voix frôlant l’hystérie. « Allez-vous en ! »

    Et pourtant, elles y étaient encore, la massacrant. Elle reculait, reculait toujours. Son dos frappa durement une des armures, qui s’écrasa au sol avec un grand fracas. La belle rousse hurla, plaçant ses mains sur ses oreilles par la même occasion. En quelques pas précipités, de reculons, pour s’éloigner de l’armure, son dos vint s’accoter sur le mur opposé, et elle s’y laissa glisser jusqu’à ce qu’elle soit assise, ses mains toujours sur ses oreilles, ses genoux repliés contre sa poitrine, pleurant, tremblant. Les voix restaient présentes, par dizaines, continuant de la hanter. Et elle ne pouvait rien faire, rien du tout. Prise au piège. Toutes ces personnes étaient là, mais elle ne pouvait les voir. Sa vision semblait s’embrouiller, victime de ses larmes, de la noirceur. Elle pleurait, elle pleurait sans même pouvoir s’arrêter. La panique grandissait en elle, elle ne savait plus où donner la tête.

    Elle put entendre des pas et la porte qu’elle avait fermée s’ouvrir. Elle entendit les pas se rapprocher, entre les murmures et les menaces, qui semblaient s’évanouir doucement.


    « Va-t-en ! » Hurla-t-elle, encore une fois, les mains crispées dans sa chevelure rouge flamme et les joues humides et couvertes de ses larmes. « Laisse-moi tranquille ! »

      « Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
      Révélaient des trésors que les marins profanes,
      Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

      Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
      Qu'est devenu mon cœur, navire déserté ?
      Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve !
      »

      Le Vaisseau d'Or - Émile Nelligan


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Alyssa Carter
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MessageSujet: Re: L'abîme du Rêve { Alyssa   Jeu 1 Juil - 22:18


    Être préfet avait des avantages comme des défauts. En ce qui concerne l'avantage, on avait plus de fierté, de pouvoir et le droit d'en abuser lorsqu'on avait Rogue en directeur de maison. L'inconvénient cependant était de perdre des heures de sommeil à cause de ronde. Lorsque l'on est aussi accroc au sommeil que l'était Alyssa, on était forcément agacée à l'idée d'aller faire sa tournée. On sait à l'avance qu'on a qu'une chance sur cent de choper quelqu'un et après une bonne journée de cours et de devoirs, on a surtout envie de se reposer. C'est donc lasse qu'Alyssa sortit de la salle commune afin d'aller effectuer sa « mission ». Chaque soir, elle devait arpenter les mêmes couloirs, inspecter les mêmes pièces et très souvent pour rien. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que ce soir serait différent. Elle ne s'attendait vraiment pas à se retrouver avec une Amber en mauvais état.
    Tout d'abord, inspection des cachots. Elle avait froid mais au moins elle restait éveillée car la fatigue se faisait ressentir. Depuis que la créature était apparue, elle avait toujours peur lorsqu'elle était dans les couloirs, surtout lorsqu'il faisait nuit. Qui sait, peut-être que malgré la présence des aurors, elle pouvait entrer et la tuer. Suffisait d'être au mauvais endroit au mauvais moment et hop, plus d'Alyssa. Ce serait bien évidemment une énorme perte pour le monde des sorciers, pensait-elle.

    Ces derniers temps, Alyssa allait beaucoup mieux. Plus de cauchemars, plus de nuits blanches et elle passait enfin de bonnes nuits. Elle ne savait pas réellement ce qui l'avait aidé à aller mieux, peut-être que ça n'avait été qu'une mauvaise passe, une sorte de crise d'adolescence. En tout cas, elle était bien heureuse que ça soit terminé. Maintenant elle pouvait retourner à ses occupations favorites : abuser de son pouvoir auprès des cancres, martyriser les plus petits, faire sa faillotte auprès de son directeur de maison et dormir. Qu'est-ce qu'elle était belle la vie à Poudlard... Elle ne dirait jamais le contraire, surtout depuis sa cinquième année, lorsqu'elle avait obtenue le poste de préfète. Surement un des plus beaux jours de sa vie. Elle se rappelait même de la danse qu'elle avait faite en recevant son insigne. Toute seule dans sa chambre, sur son lit en train de lire. Elle s'était levée d'un bond et s'était mise à chanter du Madonna, une artiste moldue – oui la honte pour quelqu'un comme elle mais c'est bien pour ça que c'est un secret – et à danser sur son lit. Heureusement que personne n'avait pu la voir ou n'avait accès à ses souvenirs.

    Le tour dans les cachots étant terminé, elle monta au rez-de-chaussé. Il faisait déjà moins frais et elle trouvait cet endroit plus rassurant, moins sombre. S'il y avait bien une chose qui pouvait l'amuser lors de ses rondes, c'était de faire de la lumière avec sa baguette et de la laisser près d'un tableau, il se mettait toujours à grogner, à lui dire de retirer sa baguette, prétextant qu'il voulait dormir. Ouais bah elle aussi elle aimerait dormir ! Donc si elle elle ne pouvait pas, pourquoi est-ce que lui pourrait ? Alyssa pouvait être très chiante lorsqu'elle s'y mettait, soit presque tout le temps. Être chiante et faire soupirer les autres était quelque chose qu'elle adorait. Elle trouvait ça génial. Cette passion lui venait surement de sa mère qui elle aussi pouvait être une vraie chieuse. D'ailleurs, après avoir fait son tour au rez-de-chaussée, elle passa au premier étage. Chouette, un tableau ! Avec un sourire quelque peu sadique, elle laissa sa baguette sous le nez du gros lard qui était surement bien trop gros pour le tableau qui le contenait.

    - Éteins ça tout de suite ! Je veux dormir.
    - Toujours aussi poli à ce que je vois. Comment allez-vous ce soir ?
    - Éteins ça tout de suite si tu ne veux pas que je me plaigne auprès de l'un de tes professeurs !
    - Vous savez, ils s'en fichent, puis c'est bon, vous avez que ça à faire de vos journées, dormir, alors vous n'allez pas vous plaindre parce que vous venez de perdre deux minutes.
    - Sale petite ingrate ! C'est donc ça la jeunesse ! Vous êtes irrespectueuse mademoiselle ! Vous mériteriez qu'on vous envoie en heure de colle !
    - Oh ta gueule le gros.

    Elle lui envoya une dernière fois un peu de lumière dans la face puis continua son chemin, sourire aux lèvres. Il continuait de crier, de s'indigner, réveillant ainsi les autres tableaux qui se mettaient aussi à grogner. Alyssa haussa les épaules puis le pointa du doigt :

    - C'est pas ma faute, c'est lui qui crie, il a surement dû faire un cauchemar..

    C'était toujours mieux de rejeter la faute sur les autres. Assumer c'était beaucoup plus compliqué, ça nous rendait responsable. Alyssa était jeune, elle avait le temps encore avant de devoir endosser des responsabilités.

    L'inspection des autres étages n'eut aucun résultat. Pas d'élèves qui défiaient le couvre-feu. Ils étaient vraiment chiants. Il fallait absolument qu'elle attrape un élève de Serdaigle pour l'apporter à Rogue et ainsi lui faire perdre une cinquantaine de points. Ainsi, Serpentard resterait premier pour un moment encore. Par contre, si jamais elle chopait un élève de sa propre maison, elle lui faisait la morale et le raccompagnait. Hors de question de perdre des points. Si elle tombait sur un professeur en cours de route, elle disait qu'elle l'accompagnait à l'infirmerie. Elle savait que mentir pouvait lui faire perdre sa place mais elle prenait le risque. Juste pour sa maison. Elle y était complètement dévouée. Pour sa dernière année ici, elle souhaitait gagner la coupe. Elle se voyait déjà être remerciée par tout le monde, félicitée. Elle pensait même que Rogue viendrait lui aussi la féliciter, si seulement il pouvait le faire de la manière dont elle aimerait... Elle voulait aussi figurer dans la salle des trophées. Elle priait. Elle voulait laisser une trace ici. Elle ne souhaitait pas partir sans que le nom Carter ne figure sur une coupe, une médaille, un trophée. Il y serait surement grâce à son cousin et ses talents au Quidditch mais elle voulait aussi y être pour quelque chose. A elle de trouver quoi.

    Elle était désormais au cinquième étage. Elle marchait vite, avec la hâte de finir. Cependant, quelque chose attira son attention. Pas le courant d'air qui venait de lui donner des frissons mais... Oui, elle ne rêvait pas, elle venait d'entendre une voix familière crier.

    « Laissez-moi ! » Alyssa ouvrit de grands yeux. Quelqu'un se faisait attaquer ! C'était surement un gryffondor entouré par des Serpentard. Le problème c'est que la voix lui était familière et sur le coup, elle pensait avoir reconnu Amber. A vrai dire, elle n'était pas sûre, elle ne l'entendait pas souvent parler. Si elle tombait sur un groupe de Serpentard en train de s'en prendre à elle, ils passeraient un sale quart d'heure. Elle éprouvait beaucoup de compassion envers cette jeune fille. Elles ne parlaient pourtant pas des masses, mais elle savait ce qu'elle avait vécu et elle ne pouvait que compatir. Serrant sa baguette beaucoup plus fort, elle courut en direction de la voix. Le problème c'est qu'elle ne savait pas exactement où. Ce fut donc une bonne chose qu'elle l'entendit à nouveau : « Allez-vous en ! » Elle avait donc raison, ils étaient bien à plusieurs sur elle ! Elle allait les tuer, les massacrer un à un. Même si un de ses amis était dans le groupe. Ami ou pas, on ne s'en prenait pas lâchement et à plusieurs sur une personne dans cet état. Parce que oui, Alyssa trouvait que l'état d'Amber se dégradait et, contrairement à ce qu'elle montrait, elle s'inquiétait pour elle. Elle ne savait pas quoi faire pour l'aider. Elle ne souhaitait pas parler de lui, elle savait que ce n'était pas une bonne chose. Cependant, ça pourrait peut-être l'aider à évacuer. Elle savait d'où venait la voix dorénavant : de la salle abandonnée. La même que celle où elle s'était disputée avec Celian le jour où elle lui avait annoncé son départ. Elle avait entendu un grand fracas et ça lui faisait encore plus peur. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien lui faire ?! Ouvrant la porte, elle chercha du regard un groupe mis il n'y en avait pas. Elle fronça les sourcils. C'était une mauvaise blague ? Une armure était par terre, du moins ce qu'il en restait.

    « Va-t-en ! » on pouvait dire que l'accueil était chaleureux. Elle était plutôt rassurée de voir qu'il n'y avait pas un groupe d'élèves en train de passer ses nerfs sur elle. Mais de l'autre, groupe ou pas groupe, Amber n'allait pas bien. C'était pas une grande surprise en soit mais pourquoi est-ce qu'elle demandait à des gens de partir si personne n'était là ? Elle fronça les sourcils à nouveau puis s'approcha doucement. Elle était assise par terre, les mains sur les oreilles et tremblante. Mais qui diable lui avait fait ça ? Si elle le chopait il signait son arrêt de mort, elle l'enverrait directement dans la forêt interdite se faire bouffer par la bête.

    - Amber... C'est Alyssa.

    Elle avait un peu peur de s'approcher. On ne savait pas comment elle pourrait réagir. Cependant, elle s'approchait tout doucement, pas à pas. Elle ne souhaitait pas la brusquer mais ne voulait pas non plus la laisser comme ça. S'accroupissant en face d'elle, elle essaya de poser ses mains sur les genoux de la rousse dans le but de l'aider à se calmer. Elle ne savait pas si ça aurait l'effet escompté.

    - Quelqu'un t'a fait du mal ? Amber, il faut que tu me dises ce qu'il s'est passé...

    Elle était loin de se douter que personne ne lui avait fait du mal, si ce n'était elle-même...


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Amber I. Simmons
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MessageSujet: Re: L'abîme du Rêve { Alyssa   Jeu 1 Juil - 23:13
    Les genoux repliés sur elle-même, les mains toujours dans ses cheveux, serrés en poing sur plusieurs mèches, Amber tremblait. Au plus profond d’elle-même, jamais n’aurait-elle pu imaginer une telle chute d’évènements. Et pour dire vrai, elle n’y comprenait absolument rien. Tout cela ne semblait pas du tout véridique. Et tremblant comme une feuille agitée par une immense brise d’été, elle ne cessait de pleurer, des larmes qu’elle n’aurait jamais pensé ravoir. Des larmes qui remontaient à si longtemps. Secouée par d’incessants sanglots, comme autrefois, quand son père, son horrible père, la battait. Des souvenirs atroces ; D’autant plus que sa voix semblait avoir résonné avec les autres, la torturant, maltraitant. Elle semblait se détruire sans s’en rendre compte. La flamme en elle semblait mourir petit à petit, d’autant plus que sa conscience. Elle semblait sombrer, lentement, dans une folie qui n’aurait aucune issue. Même dans le monde magique, même dans l’enceinte de Poudlard, où de nombreuses choses inexplicables pouvaient avoir lieues, personne ne se mettait à entendre des voix sans aucune raison. Mais la panique et la peur s’était tellement encrée, tellement profondément, qu’elle-même ne le remarquait pas en cet instant.

    Et bien que les voix semblaient disparaître lentement, les pas qu’elle entendait avancer vers elle ne pouvait l’apaiser.

    En fait, elle semblait encore plus agitée.

    L’écho des sanglots qui la secouaient pouvait être une des seules choses entendues dans la Salle Abandonnée. Elle n’osait pas les retenir, ni tenter quoi que ce soit pour cacher ce qui lui arrivait. Elle était tombée trop bas pour même pouvoir tenter de se remonter. La terreur était telle qu’un grand vide semblait se former en elle, sa panique était tellement élevée qu’elle ne semblait pas vouloir lever le regard vers celui ou celle qui était là. Cette personne, elle pouvait être exactement comme ces voix. Et peut-être même pire, qui sait. Elle ne pouvait s’en rendre compte. Il faisait si noir. Elle était aveuglée par ses propres larmes. Et si tourmentée que tout cela ne semblait être qu’un cauchemar. Peut-être dormait-elle, peut-être était-elle tombée endormie devant la fenêtre qu’elle avait quittée. Elle l’espérait. Elle l’espérait tellement…

    Une autre voix finit par s’élever dans l’atmosphère de plus en plus silencieuse et Amber sursauta violemment, et, prise de panique, leva les yeux vers la provenance de la voix. Une silhouette, menaçante, dont les traits lui vinrent rapidement à l’esprit, s’approchait d’elle. Après avoir sursauté, on put entendre un cri de terreur résonner dans la salle. Elle ne put s’empêcher de tenter de reculer encore une fois, sa respiration haletante, coupée de nombreux sanglots et accompagnés de petites lamentations de terreur, ses yeux d’émeraude rivés sur le visage de cette personne dont elle devinait chaque détail. Mais ses efforts restaient vains : son dos était déjà contre le mur. Elle ne faisait que se pousser plus profondément dans celui-ci. Tout cela devenait de plus en plus alarmant, de plus en plus inquiétant. Et rien ne semblait faire du sens, mais tout cela, elle ne le remarquait pas. Elle était trop perdue. Cette personne devant elle, aussi fou que cela puisse paraître, semblait être son père. Le même dont elle gardait le souvenir et le même dont elle ne cessait de rêver, presque chaque nuit. Il avançait de la même démarche qu’à son habituel et elle pouvait presque entendre son souffle, celui-ci agité par une haine profonde. Elle cligna des yeux plusieurs fois, voulant à tout prix se réveiller de cet horrible cauchemar, avant que devant elle, l’ombre change et devienne moins imposante. Cette silhouette n’était qu’à quelques mètres d’elle. Et elle approchait doucement, d’une lenteur qui semblait pourtant tout de même effrayante pour la Bleue. L’épais brouillard hantant son esprit était si dense que même en se forçant, elle n’aurait pu deviner qui c’était. Comme pour se protéger, elle avait déposée sa tête sur ses genoux et entouré ses jambes de ses bras, les serrant sur elle.


      « Je t’en prie… Ne me fais pas de mal… »


    Le ton de sa voix était implorant, aussi tremblant que la première fois qu’elle l’avait utilisée sur cette personne qui lui restait totalement inconnue. Elle était accentuée de toutes les émotions qui passaient en elle, coupée par de nombreux sanglots, secouée par ses tremblements qui ne voulaient cesser. La voix s’était pourtant voulue rassurante et sans malice. Pas comme les autres. Pourtant, rien n’y arrivait. Elle restait là, toujours aussi effrayée. Comme si rien ne pouvait l’aider. Elle était certaine que cette personne lui ferait du mal. La salle était noire, éclairée faiblement par la baguette de la silhouette dont son esprit brouillé lui empêchait de la voir clairement.

    Un lourd silence commençait à peser, silence qui devenait, pour Amber, de plus en plus inquiétant. Elle tremblait toujours et sa peur ne voulait diminuer, d’autant plus que ses larmes. Elle devenait totalement cinglée, certaine que cette personne allait lui faire du mal, certaine que tout cela allait mal se finir. La personne devant elle était tout près, à quelques centimètres. Elle venait de se baisser, pour être à son niveau. Amber ne pouvait cesser de trembler, encore une fois, sa gorge étant serrée, son cœur battant la chamade, comme si c’était ses derniers battements. Les mains de l’individu se posèrent sur ses genoux, et la Serdaigle sursauta une autre fois, les yeux rivés sur le visage flou, trop flou, et mal éclairé par la lueur douce de la baguette. Mais les secondes passèrent, pendant le court moment d’hésitation de cette personne devant elle. Les traits flous devenaient de plus en plus familier, jusqu’à ce qu’elle finisse par reconnaître ce visage, inquiet. Tellement inquiet. Alyssa. Aussitôt, ses tremblements cessèrent. Mais les larmes perduraient, une rivière sur ses joues. Elle étouffa un autre sanglot, tentant tant bien que mal de respirer plus normalement, en vain. Sa voix se fit une seconde fois entendre, plus claire. Plus douce. Le rire semblait si lointain, maintenant. Et la voix de la Serdaigle, toujours tremblante, toujours si agitée par ces sanglots incessants, résonna dans la salle abandonnée.


      « Ils… Ce rire… Tout autour de moi… Ils… veulent me faire du mal… Je l’ai… Je l’ai entendu… Il était là… ‘Lyssa… J… »


    Amber reprit sa respiration, tentant de se calmer, mais déjà plus relaxée par cette présence familière qu’était Alyssa. Mais sa voix se coupait et elle n’arrivait qu’à peine à s’exprimer correctement. Elle laissa passer un autre sanglot, impuissante, troublée.

      « Ils veulent me tuer. »


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Alyssa Carter
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MessageSujet: Re: L'abîme du Rêve { Alyssa   Ven 30 Juil - 23:57
    Voyant la réaction d'Amber, Alyssa hésita. Devait-elle continuer d'avancer ? Ou bien devait-elle aller chercher l'infirmier ? Non. A sa place, elle n'aimerait pas qu'on aille chercher quelqu'un. Après tout, elle pourrait peut-être l'aider. Elle s'avançait tout doucement afin de ne pas l'effrayer encore plus. C'était la première fois de sa vie qu'Alyssa se trouvait dans une telle situation, face à quelqu'un qui pleurait et à qui on avait visiblement fait quelque chose de grave. Elle la vengerait. Elle avait développée une certaine sympathie pour Amber même si pourtant elles ne se parlaient jamais. Elles n'avaient jamais eu de grande conversation ou même des délires ensemble mais … C'était assez étrange en fait. Depuis la mort de James, c'était comme si... Comme si elles étaient plus proches qu'avant. C'était surement pas réciproque mais c'était ce que ressentait Alyssa. Bien sûr, elle n'était pas dans le même état que la rousse puisqu'elle n'avait pas été très proche de lui mais elle avait comme de la pitié pour Amber. Pitié qui ne ferait que s'aggraver avec la situation présente.

    « Je t’en prie… Ne me fais pas de mal… » Alyssa haussa un sourcil, pourquoi est-ce qu'elle voudrait lui faire du mal ? Elle n'en avait jamais fait, ou alors pas volontairement et elle n'était pas au courant. Entre temps, Amber avait passé ses bras autour de ses jambes et avait posé sa tête sur ses genoux. Alyssa se stoppa quelques secondes. Elle hésitait et ne savait vraiment pas quoi faire. Elle avait envie de lui tendre la main, de l'aider à se relever mais elle n'en était surement pas capable. Elle se mordit la lèvre puis se passa une main dans les cheveux. Elle n'était pas blasée, elle ne savait juste pas quoi faire, encore une fois.

    « Je ne te ferai aucun mal Amber. »

    Elle s'était accroupie juste en face d'elle, tentant de la rassurer par des gestes ou des paroles. Elle avait posée ses mains sur ses genoux et lui avait demandé de tout lui raconter. Elle se demandait qui avait pu lui faire ça. Des Serpentard, à tous les coups. Qu'ils soient de sa maison ou non, ils iraient très mal dans les jours à venir. La jeune Serdaigle avait cessé de trembler, chose plutôt rassurante aux yeux d'Alyssa. Elle chercha à la détailler. Elle pleurait et avait l'air elle aussi inquiète. Elle avait peut-être perdue quelqu'un d'autre ? Quelqu'un de sa famille ? La pauvre. Alyssa pencha sa tête sur le côté puis finit par se mettre sur ses genoux. C'est que rester accroupie lui faisait mal aux mollets à force.

    « Ils… Ce rire… Tout autour de moi… Ils… veulent me faire du mal… » Suite à ça, le premier réflexe d'Alyssa fut de se retourner, tenant encore plus fermement sa baguette. Amber venait de lui foutre la frousse. Après tout, en rentrant, elle n'avait pas vérifier chaque recoin de la pièce. Les personnes qui l'avaient agressé étaient peut-être cachées et attendaient patiemment le bon moment pour les attaquer. Qu'ils viennent, Alyssa avait bien envie de tester quelques sorts sur eux. En fait non, lâche comme elle était, elle prendrait la main d'Amber, partirait en courant et en criant aussi fort que possible pour alerter un professeur. Elle ne voyait pas grand chose mais elle paniquait légèrement. Elle savait qu'Amber était plutôt une bonne sorcière, il n'y avait qu'à voir lors de l'attaque de la bête, elle était restée en face et avait tentée de l'éliminer plutôt que fuir et laisser les autres en plan. Chose qu'Alyssa avait tout d'abord désapprouvé avant de se dire qu'après tout, elle était en septième année et pouvait bien se débrouiller. Pour en revenir aux choses sérieuses, Alyssa avait bien envie de lui proposer de se lever pour partir dans un coin un peu plus tranquille et surtout, plus sécurisé. Genre l'infirmerie. Cependant, la fin de sa phrase l'alarma un peu: « « Je l’ai… Je l’ai entendu… Il était là… ‘Lyssa… J… » Alyssa eut des frissons. Mais... C'était impossible. Il était mort. Elle ne se voyait pas le lui dire, elle ne ferait qu'enfoncer le couteau dans la plaie. Et si... Si elle n'avait jamais vraiment réalisé qu'il était mort ? Si, au fond d'elle, elle avait espéré qu'il revienne, pensant qu'il était toujours en vie ? Non, quand même pas. Ou alors peut-être qu'elle avait mal compris, peut-être qu'elle ne parlait pas de James. Mais de qui alors ? Le seigneur des ténèbres ? Fallait pas abuser. Elle parlait bel et bien de James. Elle en parlait parce qu'elle savait qu'Alyssa le connaissait. Mais non... Elle avait dû rêver. C'était obligé. James ne pouvait pas lui parler. Comment est-ce qu'elle pouvait le lui dire sans déclencher un nouveau sanglot chez la Serdaigle ? Lui rappeler sa mort n'était surement pas une chose qu'elle apprécierait.

    « Tu... Tu es sûre ? Je veux dire... Tu sais comme moi que ce n'est pas possible...»

    Elle parlait doucement, avec un ton différent de celui qu'elle utilisait habituellement pour se donner des airs. C'était jamais facile de rappeler à quelqu'un la mort d'une personne, surtout à Amber. Au fond d'elle, elle espérait surement que ça soit vrai, qu'il soit bien là et voilà qu'elle elle se ramenait et détruisait tout ses espoirs. Remarque, il valait mieux faire comme ça parce que la laisser comme ça, dans l'espoir, ce n'était pas l'aider. Ce que dit Amber juste après lui fila une nouvelle fois la chair de poule. Qui ? Qui veut la tuer ?! Elle ne voyait personne. Ils étaient peut-être très bien cachés. Elle se tourna une nouvelle fois, scrutant chaque recoin de la salle et en essayant de l'illuminer le plus possible. Elle flippait. S'ils étaient plusieurs, elle ne résisterait pas bien longtemps. Elle n'avait pas des réflexes de Jedi. Vu dans quel état était Amber, elle ne pourrait pas non plus l'aider. Alyssa ne savait même pas si elle pourrait se lever. Après avoir pleuré et avoir autant paniqué, elle devait être crevée et vidée de ses forces. Enfin elle n'en savait rien, elle n'avait jamais été dans cet état.

    «Qui ça ? Amber, je ne vois personne, il n'y a personne à part toi et moi. Qui s'était ? Des élèves ? »

    Elle voulait lui poser encore pleins d'autres questions mais elle allait faire une par une. Elle était sur ses gardes et se retournerait, prête à attaquer, au moindre bruit.



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Amber I. Simmons
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MessageSujet: Re: L'abîme du Rêve { Alyssa   Mar 3 Aoû - 1:05
    Malgré le fait qu’elle ait pu arrêter de trembler à cause d’Alyssa, sa peur ne diminuait pas. Tous ces gens qui avaient été autour d’elle sans se faire voir étaient là, quelque-part, en train de les guetter. Elle pouvait presque sentir leurs regards leur pesant dessus comme un poids trop lourd à supporter. Et en vain elle tentait de reprendre un semblant de ce qui pouvait être une respiration normale. Cette peur profonde qui l’envahissait n’était pas naturelle. Mais elle pouvait être compréhensible. Amber avait du mal à coller ses lèvres ensemble ; sa respiration était tellement troublée que de respirer par le nez semblait être une tâche impossible. Et de plus en plus, les voix diminuaient, elles étaient loin, semblaient comme des échos qui continuent de rôder sans cesse, de moins en moins fort. Le silence se mettait doucement à être le seul bruit audible dans la pièce maintenant silencieuse. Le château, à ces heures matinales, était désert. Pas un son, même pas des bruits de pas, venait une autre fois le briser. En dehors de la voix inquiète de la Serpentard, de la respiration saccadée de la Serdaigle, il n’y avait que cette atmosphère qui pouvait peut-être, pour certains, sembler apaisante. Et dire que tant de gens dormaient paisiblement dans leurs dortoirs. Chose que la Bleue aurait aimé être en train de faire, elle qui ne voulait que tout cela ne soit que le fruit d’un mauvais rêve, qui ne serait qu’un souvenir lointain quand elle se réveillerait, quand le soleil se lèverait et éclairerait le château endormi.

    Et cette voix… Ce ton. Sa voix. Ses dernières paroles avant le bruit strident de la voiture. Avant le choc. Avant le noir total. Pourquoi ne faisait-elle que de la hanter depuis des mois ? Pourquoi la torturait-elle autant ? Non, il n’était pas là. Il était mort, et tout cela ne pouvait être la réalité. Alyssa la regardait avec un air différent depuis ses dernières paroles, depuis qu’elle avait tenté d’expliquer. Et son ton, le ton de sa voix quand elle lui rappela l’impossibilité de ce qu’elle pouvait lui raconter ne faisait que la rentre encore plus mal. Elle eut une autre vague de sanglots, de faibles tremblements, lâchant le regard de la Préfète pendant quelques instants pour fermer ses yeux du plus fort qu’elle pouvait pour en laisser s’échapper quelques larmes. Elle retint sa respiration pendant quelques fractions de seconde, sentant cette douleur ardente et déchirante qui revenait chaque fois que l’on parlait de lui. Un manque profond de sa présence, cette plaie béante qui refusait malgré le temps qui passait sans vouloir s’arrêter recommençait doucement à saigner. Elle expira en laissant s’échapper un nouveau sanglot qui résonna dans la pièce. Elle savait que ce qu’Alyssa disait était vrai. Et c’est en faisant ça, tout simplement, qu’elle approuvait ce qu’elle venait de lui dire, sans dire aucune parole. Et le flot de larmes continuait à couler tandis qu’elle hochait doucement de la tête. Ses cheveux de flamme tombèrent doucement dans son visage et elle détacha sa main droite de son étreinte pour replacer derrière son oreille ces mèches, touchant sa cicatrice enfouie dans sa chevelure, cachée. Un autre souvenir douloureux. Elle rouvrit une nouvelle fois les yeux pour reposer son regard sur celui de la brunette.

    Le regard de la jeune femme ne trahissait pas l’angoisse qui se mettait à monter en elle aux dernières paroles de la rouquine.

    Ce lourd silence persistait encore une fois. Le regard d’Amber était fixé sur celui d’Alyssa, d’une manière profonde, effrayante. D’une manière qui signifiait bien qu’elle ne voulait pas faire de blagues ; ce qui n’était pas très difficile à croire dans les circonstances. Et malgré la peur qui la rongeait peu à peu et qui était très bien visible dans son expression faciale, dans ses larmes qui ruisselaient sans cesse sur ses joues, dans sa respiration coupée, ce regard et cette expression pouvait donner des frissons à n’importe qui tentant d’en comprendre le sens. C’était effrayant. Ses paroles avaient été prononcées avec un tel sérieux que s’en était inquiétant, troublant. Incompréhensible. Qui pouvait comprendre quelqu’un comme elle ? Mais ces voix… Elles étaient claires. Et elles voulaient sa mort. Peut-être que ces personnes, bien cachées, pourraient surgir et les égorger, toutes les deux. Et la Serpentard qui était devant elle, tentant de son mieux de la rassurer, elle qui avait perdu toute sa tête et toute sa raison, devenait de plus en plus inquiète plus elle avait tenté d’expliquer, sans trouver ses mots, ce qui s’était passé. Elle vit la sorcière prendre sa baguette et scruter la pièce, sans rien voir. Les yeux d’émeraude de la jeune femme suivaient la lumière émise par la baguette ; Personne n’était là, il n’y avait personne.

    Ils étaient tous partis.

    Et ce rire ne la hanterait plus, plus maintenant.

    Et à ce moment elle reposait encore une fois son regard sur l’autre jeune femme, écoutant ce qu’elle disait. Et encore elle reprenait son souffle pour tenter d’expliquer ce qu’elle-même ne comprenait qu’à peine.


      « Ils… Ils… Je… Je n’ai rien vu. Ils étaient cachés… »


    Encore une fois, elle se perdait dans la contemplation d’un coin sombre, ce coin que la baguette d’Alyssa ne pouvait éclairer. Malgré qu’ils soient partis, ce sentiment qu’elle avait, celui qui ne cessait de lui crier que quelqu’un les regardait, restait présent. Elle eut un frisson et se replia un peu sur elle-même resserrant son étreinte sur ses jambes.

      « Et je sais … je sais qu’ils nous regardent. Ils… sont… encore là… Quelque-part… »


    Son regard était perdu et fixait ce point sombre. Ce fut ainsi pendant un court instant avant qu’elle regarde encore une fois la septième année, troublée.

      « Je veux partir d’ici… »


    Elle sentit encore une fois les larmes couler sur ses joues, n’ayant pas la force de les essuyer. Quelques-unes tombaient sur le plancher froid de la Salle. Dans un bruit qui ressemblait à celui du silence. Un bruit qui aurait été inaudible si ce silence n’avait pas existé. Elle mit une de ses mains sur le mur, mais celle-ci glissa, tremblante. Elle voulait partir, la pièce semblait encore plus menaçante que l’avait été la Salle Commune avant qu’elle en sorte. Ces regards… D’où pouvaient-ils venir ? Qui pouvait lui vouloir du mal ?


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Alyssa Carter
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MessageSujet: Re: L'abîme du Rêve { Alyssa   Lun 16 Aoû - 21:55
    Ne lâchant pas Amber du regard, Alyssa se remémora une discussion avec James :

    « Il y a une fête ce soir, tu viens ? »


    Ils marchaient alors dans les couloirs, c’était quelques années auparavant. Aux paroles d’Alyssa, le visage de James prit une nouvelle teinte, quelque peu désolée face à ce que celle-ci venait de dire.
    « Non désolé mais j'ai promis à Amber que je l'aiderai pour un devoir. »
    « Roooh allez, une fête c'est bien meilleur qu'un devoir ! Tu pourras t'amuser. Tu n'as qu'à emmener Simmons. »
    Son visage se durcit alors face au dernier mot de celle-ci, il ne prit pas trop de temps avant de la corriger.

    « Amber. Et non, une promesse est une promesse. »
    « Je vois vraiment pas ce que tu lui trouves de si spécial, à cette fille. » Avait-elle dit avec un air boudeur. Elle n'était pas jalouse. Elle trouvait juste ça dommage qu'il ne participe pas à la fête pour une fille.
    Il ne prit pas trop de temps à réfléchir à cette question, toujours avec un ton un peu dur, peut-être agacé face à ce que la Serpentard racontait.
    « Elle est ce que tu ne seras jamais : souriante, aimable, pas chiante, drôle… »
    Il retenait peut-être quelques informations pour lui, à ce moment, face à ce silence après ces paroles. Sûrement qu’Alyssa attendait une suite, pensait-il, mais il ne voulait en dire plus, aller dans ce qui était un peu plus personnel. Alyssa leva les yeux au ciel, elle ne comprenait pas comment on pouvait s'attacher à quelqu'un. A cette époque, elle n'avait pas été du genre à avoir de meilleurs amis et à s'attacher. Elle n'avait que des connaissances avec qui elle se faisait passer pour une amie afin d'obtenir ce qu'elle voulait. Elle avait bien changée depuis, et heureusement pour elle. Le soir même, elle avait été à la fête et James n'avait pas été là.

    Sortant de ses pensées, elle se retrouva face à une Amber elle aussi bien différente de l'époque. Elles avaient changées. Malheureusement, Amber n'avait pas suivie Alyssa, elle n'avait pas changé positivement. Elle s'était renfermée sur elle-même, s'attirant alors la sympathie d'Alyssa. Pour être franche, elle en avait un peu pitié. Elle n'avait jamais perdu quelqu'un de proche, elle ne savait pas ce que c'était mais à en juger par l'état d'Amber, c'était pas une chose qu'elle souhaitait. Elle avait beau se dire forte, sans sentiment et tout le tralala qui va avec, elle se mentait. Elle savait très bien, au fond d'elle, que si jamais elle perdait quelqu'un de proche, comme Aaron ou même Madison, elle aurait énormément de mal à s'en remettre. Elle ne deviendrait peut-être pas comme Amber, mais pas loin. Elle laissait la schizophrénie à sa camarade. Elle lui avait dit qu'elle ne lui ferait aucun mal et c'était vrai. Elle pensait aussi qu'elle la protègerait si jamais quelqu'un voulait de nouveau l'attaquer mais elle commençait sérieusement à douter. Peut-être qu'elle avait juste fait un cauchemar. Amber disait qu'ils étaient toujours là mais Alyssa avait déjà vérifié deux fois, elle ne voyait personne. Alors soient ils étaient collés au plafond et elle ne les voyait pas, soit ils savaient vraiment bien se cacher. Le lieu n'était pas très rassurant non plus : des restes de tables, des chaises auxquelles il manquait des pieds, une seule et unique source de lumière qui provenait de sa baguette et ne parlons pas de la température. Un peu de chaleur ne serait pas de refus.

    La brune grimaça. Elle venait de rappeler à la rousse que ce qu'elle venait de lui dire était impossible. James ne pouvait pas être revenu, il ne pouvait pas lui parler. Elle savait autant qu'elle qu'une fois mort, on ne pouvait pas revenir, peut-être en fantôme mais Alyssa ne savait même pas comment en devenir un. Si James en avait été un, il se serait surement manifesté depuis un moment. Elle l'avait dit de la manière la plus douce possible pour ne pas la faire sangloter à nouveau mais ce fut un échec. La Serdaigle eut un nouveau sanglot puis ferma les yeux. Bravo Alyssa, tu venais de lui rappeler quelque chose de mauvais et peut-être même de la blesser. De toute façon, il fallait bien que quelqu'un lui dise. Il ne fallait pas la laisser dans cet état. Laissant ses mains sur les genoux d'Amber, Alyssa bougea un peu le pouce, comme pour la caresser doucement afin de la rassurer. Elle faisait comme elle pouvait. Elle n'avait pas pour habitude de rassurer les gens chaque jour que Merlin faisait. Elle ne voulait pas la presser mais elle pensait aussi qu'il ne fallait pas rester là. Son « ils veulent me tuer. » l'avait vraiment fait flipper. Elle ne voulait pas mourir, elle était trop jeune, elle n'avait encore rien fait de sa vie. La Serpentard lui avait donc demandé de qui elle parlait mais la réponse ne fut pas vraiment satisfaisante. Elle lui disait qu'elle n'avait rien vu. Alyssa fronça les sourcils, se demandant quel mal ils avaient bien pu lui faire. La menacer ? Ça serait un comportement typique d'un Serpentard de se cacher et de lancer des menaces à travers dans le seul but de faire peur. Les Serpentard étaient lâches et certains étaient même complètement stupides. Il fallait le reconnaître, parfois, ils avaient un comportement de gamin de onze ans. C'était pas si facile que ça d'être préfète de cette maison parce qu'en plus de s'occuper des autres maisons, il fallait s'occuper de la sienne sans lui retirer des points. C'était déjà plus difficile de se faire respecter si on ne peut pas retirer de points. Mais bon, elle n'avait pas à se plaindre de ce côté là, la plus part l'écoutait, sachant très bien que c'était dans leur intérêt.

    « Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? »

    Oh oui, elle allait les massacrer. Ou du moins les envoyer chez Rogue pour qu'ils se fassent massacrer. C'était plus facile. Au pire des cas, elle pourrait même se venger personnellement plus tard, lorsqu'ils ne seraient plus en bande. Les prendre un par un et les faire regretter. Oh oui, c'était une excellente idée.

    D'après Amber, ils étaient toujours là. Alyssa se retourna encore une fois. Elle n'était pas connue pour son courage, loin de là.

    « Montrez-vous bande de gamins sans cervelle. »

    Elle était persuadée que ce n'était qu'une bande d'idiots, et très certainement des élèves de sa maison. Mais bon, elle se trouvait un peu bête, c'était pas en disant ça qu'ils allaient se montrer. Surtout que personne ne se montra. La préfète se tourna à nouveau vers Amber avec la peur que quelqu'un l'attaque par derrière. Elle voulait partir. Ça tombait bien, elle aussi. Rester dans cette pièce commençait à lui filer la chair de poule. Elle remarqua la tentative d'Amber pour se relever et grimaça à nouveau. Si elle ne pouvait pas tenir sur ses jambes ça n'allait pas être compliqué. Se relevant, elle jeta un coup d'œil autour d'elle. Toujours personne. Elle se positionna accroupie à côté d'Amber. Au cas ou elle n'arrivait pas à se relever, elle pourrait toujours prendre appui sur Alyssa.

    « On va sortir, je vais t'emmener à l'infirmerie. »

    Elle ne voyait pas de meilleur endroit pour elle. Elle pourrait prévenir un professeur qui pourrait peut-être faire quelque chose pour retrouver les imbéciles qui s'étaient amusés en lui faisant peur. Des menaces de mort, c'était peut-être pas une chose à prendre à la légère par les temps qui courent. Même si Alyssa ne croyait pas qu'il pouvait y avoir des mangemorts à Poudlard, surtout des élèves, on ne savait jamais.

    « Tu peux te relever et marcher ? »

    Elle se tenait toujours à côté d'elle au cas où. Et dire qu'elle avait faillit ne pas faire sa ronde ce soir, heureusement pour Amber qu'elle n'avait pas écouté son côté flemmard. En même temps, elle aimait tellement donner des ordres aux autres préfets, croiser Rogue dans les couloirs et son titre de préfète en chef qu'elle écoutait rarement son côté flemmard et son envie de dormir. Même s'il lui arrivait de le regretter le lendemain matin.


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Amber I. Simmons
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MessageSujet: Re: L'abîme du Rêve { Alyssa   Sam 28 Aoû - 14:20
    Il faisait mal de dire la vérité. Qu’il était mort, qu’il n’allait jamais revenir. Mais elle n’en aurait pas voulu à Alyssa de lui rappeler. Elle savait au plus profond d’elle-même que cette voix ne pouvait être réelle. Mais pourtant, elle ne cessait d’y croire, car cette voix revenait la hanter depuis un moment, déjà. La première manifestation de cette voix n’avait été qu’un faible souvenir, un souvenir du passé. Elle se souvenait encore clairement de ce moment ; dans le dortoir, quand, par un accès de rage après avoir rencontré sa pire ennemie, elle avait frappé trois fois dans le mur, se cassant les jointures de la main, l’os et la peau, fracturant certainement une veine au passage, sa main qui saignait abondamment… Elle avait tant pleuré, après s’être assise sur son lit, après avoir réalisé ce qu’elle avait fait… Après que sa voix, aussi audible que s’il avait été juste à côté d’elle, s’est fait entendre, inquiète. Un fragment d’un souvenir. Comme si elle se forçait à se rappeler un moment de sa vie. Si lointain. Jamais elle n’aurait pu oublier son air contrarié quand il l’avait vu revenir, ensanglantée, pendant l’été, après que son père l’ait sauvagement massacrée. Ses traits, ses yeux. Il avait été si triste de la voir dans cet état misérable.

    Et en relevant les yeux, elle croyait revoir ses yeux bruns et ses traits tirés par l’inquiétude, dans ceux d’Alyssa. Alyssa… Avait des yeux tellement semblables aux siens. D’un brun noisette si différent. Et ce regard qu’elle lui lançait… Oh, ce regard pouvait rappeler tellement de choses à la mémoire de la Bleue et Bronze. Elle fut hypnotisée pendant un moment par ces ressemblances, ses yeux d’émeraude figés dans ceux de la Préfète en Chef. Jusqu’à ce que celle-ci reprenne. Alors la Serdaigle reprenait une respiration, manquant presque son coup, le souffle coupé. Et alors elle parlait, de cette voix tellement différente qu’à son habitude.


      «Je… Les couloirs… Je marchais d… Dans les couloirs… »


    Elle regardait alors la porte pendant un court moment, avant de se retourner vers la Serpentard.

      « Et ce rire… ce rire glacial… Je me suis retournée…. Il n’y avait … Personne. Rien… »


    Elle avala difficilement sa salive avant de continuer.

      « Et cette voix… Plusieurs voix… Ils veulent me tuer… Ils veulent… Ma… »


    D’autres larmes coulèrent alors sur ses joues et elle trembla de toute part au souvenir récent des voix qui l’avaient hantée. Son récit était étrange. Ces gens… N’avaient pas des voix d’étudiants. Des voix adultes, menaçantes. À la limite, elles pouvaient même être considérées comme démoniaques. Elle avait même cru entendre la voix de son père. Peut-être que tout cela n’était en effet qu’un rêve éveillé. Peut-être qu’elle perdait la tête à cause de son manque de sommeil extrêmement élevé. Pourtant, elle en doutait trop pour que ce soit réellement ça. Tout ça avait semblé si réel. Ça ne pouvait être un rêve. Non… Les rêves… Ils ne sont pas si réels. Elle n’était pas dans son lit, en train de dormir, pour une fois. Ce n’était pas un cauchemar. Oh, mais comme elle aurait aimé que rien de tout cela soit réel. Alyssa se retournait alors, pointant de sa baguette le coin sombre qu’elle n’avait cessé de regarder depuis un moment, comme hypnotisé. Il n’y avait rien. Rien. Que du vide. L’armure qui gisait au sol. C’était si incompréhensible. Peut-être étaient-ils partis. Ils avaient fui. Pour revenir plus tard. Plus tard, l’avoir elle, et elle seule. Elle prit une grande respiration avant d’expirer, tremblant encore. Non, ils ne pouvaient pas être partis. La belle rousse sentait encore leurs regards posés sur elles.

    Elle voulait partir… Elle ne se sentait pas en sécurité, même si Alyssa l’avait rejoint au plus profond de sa démence. Oh, comme elle était soulagée de la voir, là. Elle n’aurait pas pu demander mieux que ça. Et toutes deux, elles avaient peur, elle le voyait bien, dans les yeux de la jeune brunette. Mais au moins, elles n’étaient pas seules. Mais que valaient-elles contre plusieurs … Ennemis ? Il y en avait beaucoup plus que deux. Et Amber ne savait pas si elle pourrait utiliser sa baguette. Ses mains tremblaient tellement… La tenir serait presque impossible. Et après qu’elle ait dit qu’elle voulait partir, Alyssa eut tôt fait de répondre qu’elles partaient d’ici, qu’elle l’emmenait à l’infirmerie. Elle hocha lentement de la tête, approuvant ce qu’elle disait. Elle n’allait certainement pas refuser. Ça serait stupide de rester ici.

    Et dire que tout cela avait été causé par cette personne qui la regardait dans la Salle Commune des Serdaigles. Peut-être… Peut-être que cette personne faisait elle aussi partie de ceux qui l’avaient ‘attaqué’. Peut-être était-ce une bande de Serdaigles qui voulaient sa perte. Ils l’avaient suivi dans les couloirs pour lui faire peur, pour lui faire du mal. Que de sombres pensées. La nuit s’annonçait atrocement longue. Pourquoi devait-elle subir ça ? À la dernière question d’Alyssa, tandis qu’elle s’était levée, prête à partir, elle hocha une autre fois de la tête.


      « … Oui… Je crois… »


    Amber enlevait ses mains de ses genoux pour se donner un meilleur appui quand elle tenterait de se lever, car elle savait que ce serait difficile. C’était comme si la jeune Simmons était au courant que ses genoux lâcheraient une fois qu’elle serait debout. Mais tout cela était bien normal. Elle tremblait tellement qu’il lui était difficile de faire quoi que ce soit. La pièce était froide, elle avait peur. Tellement peur qu’elle avait même réussi à contaminer Alyssa de celle-ci. Elle tentait alors encore une fois de se lever, appuyant sa main oh combien tremblante sur le mur de pierre. Il était si froid, semblait si humide. Ou peut-être que ses mains étaient moites. Qu’importe la raison, elles glissèrent encore une fois du mur. Une autre tentative ratée. Mais elle devait se lever. C’était comme sa seule chance de partir d’ici. De sortir de cette affreuse pièce. Et Merlin sait comment elle avait envie de quitter cet endroit. Elle réessaya encore une fois, donc, de se relever. Reposant sa main sur le mur, l’autre par terre, elle se hissa difficilement sur ses pieds. Elle ne sentait qu’à peine ses genoux qui continuaient de trembler. La sorcière retourna la tête vers son interlocutrice, agrippant son épaule pour ne pas retomber, son autre main toujours sur le mur.

    Un étourdissement. Ses pensées se tournaient en un épais brouillard, comme s’il bloquait tout ce qu’elle pouvait faire. Elle sentait un courant d’air derrière son dos, et frissonnait encore une fois. Il lui fallait encore tenter de mettre un pas devant l’autre, aidée de la Verte.

    Le murmure. Celui d’un autre de ces rires glacials semblait résonner dans la pièce froide.

    Amber sursauta violemment en l’entendant, perdant pied, presque en retombant par terre, mais retenue par la Préfète. Sa respiration se refaisait alors haletante, et des larmes se remettaient à couler sur ses joues.


      « Non… ! Laisse-nous… Laisse… »


    Elle prit une grande respiration, fit d’autres pas, vers la porte, entrouverte, qui donnait sur le couloir. Une douce lumière semblait en sortir, douce lumière qui n’éclairait cependant pas la pièce.

    Trois autres pas.

    Elle s’effondrait.


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L'abîme du Rêve { Alyssa

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