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 Monster [PV Kate]

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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Monster [PV Kate]   Mar 25 Mai - 19:56

Kate & Dante
    Il l’avait cherché ! Ce n’était pas de sa faute si ses poings frappaient sans relâche, si son corps ne ressentait pas la douleur des coups que le garçon lui lançaient pour se défendre. Il n’était pas responsable du sourire carnassier qui animait son visage, des étoiles qui brillaient dans ses yeux dès que son ennemi gémissait, dès qu’il le suppliait. Le garçon l’avait cherché, il n’avait que ce qu’il méritait ! Tout s’était passé vite, trop vite.

    Dante se souvenait à peine de la raison qui avait poussé le démon qui vivait en lui à se réveiller. Il n’avait pas eu le temps de sentir la colère naître, de fulminer. De résister.
    Il marchait tranquillement dans les couloirs, profitant de ce jour de week-end pour se changer tant bien que mal de se changer les idées. Il essayait de se sociabiliser tant bien que mal. Plutôt mal que bien, il fallait l’avouer. Car avec ses maladroites phrases de salut, les personnes à qui il s’adressait lui jetaient un regard étonné avant de l’ignorer avec une condescendance qui le démotivait petit à petit. Depuis son entrevue quelque peu… brutale avec Kim Brown, Dante restait sur ses gardes. Cette fille, cette peste n’avait fait qu’enfoncer le clou qui semblait ne pouvoir se détacher de lui. Cet handicap qui empêchait le Serpentard à apprécier les élèves, de quelque maison qu’ils soient.
    Et le Serpentard qui désormais gémissait en essayant de se protéger le visage des poings de Dante n’avait visiblement pas bien fait de se frotter à lui. Il ne savait pas qui sommeillait dans son fort intérieur. Quel monstre il aspirait à réduire au néant.
    Une remarque acerbe avait fait déborder la coupe. Une insulte par rapport au sang, probablement. Les mots s’étaient plantés dans le cœur de Dante avec une perfidie vicieuse, le touchant brutalement. Si brutalement que le garçon n’avait pas prit la peine d’analyser la phrase. Il était juste conscient qu’elle faisait mal. Pourtant, jamais il n’avait été touché par les différences que certain faisaient entre les Sangs-Purs, les Sangs-Mêlés ou les Nés Moldus. Jamais il n’avait éprouvé de rancœur envers ceux qui l’attaquaient à ce sujet. Mais le démon lui, n’appréciait pas.

    Et son poing avait fouetté l’air avant de s’abattre violement sur le nez du Serpentard qui se brisa dans un craquement écœurant. Dante eut l’impression qu’un voile se posait devant ses yeux, obstruait sa vue. Puis lorsqu’un clignement a évacué ce désagrément, le plaisir a prit le dessus sur l’étonnement. Il se fichait désormais de cette réaction disproportionnée, se fichait de la douleur qui incendiait son poing au fur et à mesure qu’il frappait. Ne faisait pas attention au sang qui s’étalait sur sa peau, autant le sien que celui du garçon qui croulait sous ses coups.
    Le Serpentard au nez cassé se débattait, Dante le savait. Il sentait ses jambes qui cherchaient un endroit à cogner, une partie de son anatomie à blesser suffisamment fort pour qu’il le lâche, pour qu’il fuie. Il entendait bien ses cris de détresse, de douleur ; la peur qui faisait briller son regard dès que le bras de Dante se levait pour lui assener un nouveau coup. Rien de tout cela ne comptait. Seul le plaisir et le soulagement avait de l’importance. C’était mal, il le savait. Il était conscient que le garçon n’avait cherché qu’un petit divertissement pour égayer sa journée et qu’il ne s’attendait sûrement pas à finir comme ça. Il ne voulait pas lui faire tout ce mal. Mais ce foutu sourire carnassier ne quittait pas son visage. C’était presque s’il entendait une voix qui le congratulait, qui appréciait cette situation. « C’est bien fait pour lui. Et tu as vu comme ça fait du bien, Dante ? Tu sens ce plaisir qui pulse en toi ? Continue, et délectes toi de ce spectacle… Oui, c’est ça, continue… ». Cette voix doucereuse l’exaspérait autant qu’elle l’apaisait. Il voulait qu’elle parte, qu’elle dise à ses bras d’arrêter leurs mouvements, d’arrêter tout ce mal. Il ne fallait pas que ça se passe comme ça, il ne pouvait pas devenir cet homme-là !


      _Dante Vas-t’en ! Laisse moi tranquille!


    Il fut comme éjecté. Son corps heurta le mur d’en face, et il s’affaissa. Son hoquet de surprise lorsque son souffle fut coupé avait résonné dans le couloir, accompagné de l’interminable plainte du Serpentard qui tenait son visage à deux mains. Dante écarquilla les yeux en remarquant la sombre tache qui souillait l’habit du garçon. Il retint son souffle lorsque ses yeux se posèrent sur le nez gonflé du garçon, sur ses pommettes ensanglantées. Ses yeux descendirent sur ses propres mains, maculées de sang. Les jointures de ses doigts étaient écorchées et douloureuses après avoir frappé avec tant d’acharnement. Dante fut prit de tremblements incontrôlables. Son regard alternait entre le garçon qui lui faisait face, pleurant, souffrant ; et ses mains poisseuses. Plus il s’attardait, plus ses yeux se révulsaient et plus l’envie de hurler s’emparait de lui.

    Peut-être était-il fou. Malade mental. Sans prendre la peine de s’excuser ni d’aider le garçon à se rendre à l’infirmerie, Dante se leva en s’aidant du mur –laissant au passage des traces écarlates un peu partout- et prit la fuite. Ses jambes chancelaient et semblait refuser cette lâcheté, mais la terreur prenait le dessus et offraient à ses membres les forces qui leur manquaient.
    Le Serpentard jetait des coups d’oeils affolés derrière lui, tout en courant le plus vite qu’il pouvait. Ses poumons étaient en fusion, sa gorge asséchée et ses jambes tremblaient. Lors d’un de ses furieux coup d’œil derrière lui –on ne savait jamais, un élève qui venait de se faire tabasser était peut-être capable de courir dans tout Poudlard, après tout-, il ne vit pas la silhouette féminine qui s’était dressée devant lui. Il ne se rendit compte de sa présence qu’à l’instant où leurs corps entrèrent violemment en contact, projetant les deux élèves au sol. Dante atterrit lourdement, mais l’odeur qu’il reconnut suffit à lui faire oublier toute douleur.
    Il voulait partir. Loin. Aussi loin que possible, fuir rapidement sans que Kate ne le reconnaisse, sans qu’elle n’ait le temps de regarder ses mains maculées, son regard terrorisé. Il voulait rester celui qu’il représentait pour elle, le Dante courageux qui avait réussit à briser son armure, le Dante qui faisait un pas vers l’avant, celui qui vivait une nouvelle vie partie pour être heureuse.

    Kate avait été celle qui l’avait délivré. Sauvé. Mais malheureusement, elle avait également prit le rôle du bourreau. Dante avait toujours su qu’un autre lui vivait au tréfonds de son âme. Il avait toujours senti sa présence qui voulait gérer ses émotions, ce lui vivace et instable qu’il avait réussit à contrôler durant une durée de temps qui dépassait ce qu’il pourrait désormais faire. Onze ans durant il s’était tu. Mais dès lorsque le fort avait sombré, dès que les murailles qui protégeaient Dante s’étaient écroulées, il s’était réveillé. Comme si le bruit qu’avait enclenché ces dégâts dans le Serpentard étaient arrivés jusqu’à lui et l’avaient tiré de son sommeil. Et depuis le jour de cette naissance, il était plus présent que jamais. Scrutant les sentiments de Dante avec une rigueur implacable. Dès que de la colère grandissait dans le garçon, il s’appropriait cette rancœur et lui donnait des proportions démesurées. Comme ce qu’il venait de se passer.

    Il ne put que ramper. S’écarter d’elle un maximum, même s’il était conscient qu’elle ne mettrait pas longtemps à le rattraper s’il gardait cette misérable allure. Cédant à la panique, il colla ses jambes sur son torse et les entoura de ses deux bras. Sa tête enfouie entre ses genoux, Dante gémissait à son tour. Il cognait sa tête sur ses articulations avec de plus en plus de force, comme s’il espérait se libérer. Son corps se balançait, comme un enfant qui venait d’être puni.


    _Dante Ce n’est pas moi, je te le promets Kate! Je n’ai rien fait!



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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Ven 28 Mai - 14:25
    A force d'habitude, tout finit par passer, avec plus ou moins d'aisance, cependant. C'était exactement ce à quoi songeait Kate quand elle sortit de sa chambre, un livre à la main, tentant tant bien que mal de faire croire à qui voudrait bien l'entendre qu'elle était une élève modèle. Elle n'interpellait pas les autres élèves, qui se retournaient cependant à son passage, plus par moquerie que pour écarquiller les yeux devant une jeune fille qui avait le courage de réviser pendant une belle journée de week-end. A dire vrai, elle aussi se posait des questions, et bien qu'elle fût consciencieuse en cours la plupart du temps, elle n'arrivait pas à concevoir qu'elle puisse passer des heures enfermée dans la bibliothèque. C'était légèrement bizarre, mais Kate tenta de relativiser en se disant que les remarques des autres finiraient bien par s'atténuer avec le temps, et qu'elle réussirait peut-être, un jour, à savoir ce qu'elle voulait réellement. Elle n'était pas particulièrement sensible à ces moqueries, mais devait avouer que marcher dans un couloir silencieux était bien plus agréable de voir des gens la pointer du doigt.

    "Ne pense pas à eux, oublie tout ce qui se trouve autour de toi." Pour une fois que la jeune Gryffondor écoutait la petite voix qui résonnait dans son cerveau de temps à autre, elle l'écouta un peu trop, justement. Alors qu'elle pensait pouvoir marcher tranquillement dans le couloir menant à la bibliothèque sans être dérangée, ce ne fut pas le cas, et elle fut heurtée par un élève d'une quinzaine d'années environ, qui ne se retourna pas après l'avoir poussée sur le côté. Elle murmura quelques injures silencieuses qui ne pourraient cependant être entendues de personne et entreprit de ramasser son livre qui était tombé au sol dans la bousculade. Grognant à nouveau devant cet effort peu gourmand en énergie mais beaucoup en bonne humeur, elle le plaqua ensuite à elle de telle manière qu'il aurait été impossible de le lui arracher, en toute logique.

    Les yeux bas et les jambes molles, elle s'avança sans grand intérêt dans le dédale de couloirs qui la mèneraient là où elle voulait aller. Il était inconcevable de penser qu'elle se rendait à la bibliothèque alors que c'était un jour de week-end, et encore plus qu'elle le fasse sans envie. Mais elle n'avait strictement rien d'autre à faire, alors elle devait se contenter de ce qui lui passait par la tête, au risque que ce ne soit pas forcément adapté au moment. Cela ne renforçait en rien son humeur assez médiocre depuis le matin même où elle avait décidé de ne pas être souriante et bienveillante toute la sainte journée, et d'arrêter de montrer une façade à ses amis. Le mieux, dans ce cas-là, était encore de pas rester avec ses amis, et de laisser transparaître ses sentiments. Exactement ce qu'elle avait choisi de faire. La Gryffondor ne savait si c'était une bonne idée, mais elle était seule et ne pourrait que s'agacer elle-même, si cela devait arriver.

    Complètement ahurie par son attitude illogique, elle ne vit pas qu'un autre élève lui fonçait dessus. Alors qu'elle relevait la tête, elle voulut parler, d'abord pour l'alerter, puis pour crier qu'elle en avait marre de servir de punching-ball à tout le monde, mais n'en eut pas le temps. Son corps fut projeté en arrière et vint rebondir contre un mur avant qu'elle ne tombe au sol, indemne. Déboussolée, elle sentit ses mains se refermer sur du vide et eut le premier - et étrange - réflexe de chercher où était passé son livre. Quand elle le trouva enfin, ce dernier ayant glissé à quelques mètres d'elle, elle se releva, tendit une main pour l'attraper, et... s'arrêta. La couverture du livre était maculée de sang.

    Plus étonnée qu'horrifiée, elle laissa pendre sa main dans le vide et se tourna vers celui qui venait de la bousculer, pour se rendre compte qu'elle connaissait la personne qui l'avait percutée. Les yeux presque écarquillés, elle ne put s'empêcher d'avoir un geste d'aide envers Dante qui semblait vouloir s'incruster dans le mur pour y disparaître. Puis elle se rendit compte qu'il la fuyait. Kate ne put s'empêcher de se laisser elle aussi glisser contre le mur, une main sur le front, complètement déboussolée. Elle ne comprenait pas la réaction du Serpentard, et ne voyait pourquoi elle ne voulait pas qu'elle l'approche pour l'aider, alors qu'il semblait saigner abondamment. Mais quand les mots rententirent, la jeune fille eut un temps d'arrêt.

      - Ce n’est pas moi, je te le promets Kate ! Je n’ai rien fait !

    Ainsi, il avait donc fait quelque chose pour lui dire qu'il n'avait rien fait, sinon il n'aurait pas prit la peine de l'en informer. Silencieuse, Kate baissa les yeux sur le livre couvert de sang pourpre et brillant avant de les relever et de les planter dans ceux du garçon, le fixant d'un regard glacial. Toute l'empathie qui s'était emparée d'elle quand elle l'avait reconnu, toute la joie qu'elle avait pu ressentir lorsqu'elle l'avait vu avaient désertés son corps, maintenant immobile. Son cerveau tournait à son maximum, tentant de faire le lien entre le sang et le juen homme, mais n'y parvenant pas cependant. Elle ne pouvait pas imaginer qu'il aurait pu être quelqu'un de violent, qui aurait décidé de frapper un autre élève au point de s'entailler jusqu'au sang. Malgré la certitude que le Dante qu'elle avait rencontré venait de changer, elle n'arrivait pas à s'en convaincre. Les mots refusaient de pénétrer en elle, de se graver dans son esprit.

    Pourtant, et pas un seul instant, elle ne pensa qu'il pourrait la frapper à son tour. Au delà du fait qu'elle avait confiance en lui, sa position d'enfant meurtri recroquevillé contre le mur lui indiquait qu'il n'avait aucune mauvaise intention à son égard. Prudente, elle s'approcha de lui, gardant néanmoins une distance de deux mètres pour les séparer. Ses lèvres tremblèrent un instant devant le spectacle à la fois surprenant et bouleversant que lui offrait sans plaisir le garçon, mais elle se ressaisit vite et plaça elle aussi ses mains autour de ses genoux, gardant tout de même la tête droite. Ses yeux se firent plus doux, puis, comme s'ils venaient se rendre compte de quelque chose, ils redevinrent froids et distants - ou autant que des yeux pouvaient l'être. Puis elle se décida enfin à parler, aussi sûre de ses mots que jamais elle ne l'avait été. Chose surprenante, compte tenu de son esprit d'esprit actuel.

      - Qui es-tu ?


Dernière édition par Kate Clayton le Sam 12 Fév - 23:27, édité 1 fois
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Sam 29 Mai - 1:38
    La question était particulièrement bien placée. Correspondait avec précision au contexte. Dans ces mots, la seule chose qui aurait pu le toucher – si il avait pu en prendre conscience- était le ton employé. Kate avait parlé avec une détermination sans faille qui, accompagnée du regard glacial qu’elle lui lançait, aurait pu l’abattre. Mais Dante ne la voyait pas. Ne voulait pas le voir. Il avait peur de lire l’effroi qui était sûrement peint sur son visage, la peur qu’elle devait ressentir rien qu’en le regardant.
    Attitude au combien justifiée, car Dante paraissait effectivement effrayant. A force de tenir son visage entre ses deux mains maculées de sang, des traces d’hémoglobine tâchaient sa face. Il n’était plus coiffé que par une touffe de cheveux sans ordre particulier, certains collés sur son visage transpirant, d’autres emmêlés les uns aux autres. Sa main droite saignait abondamment, tandis que sa gauche n’était ouverte que de petites écorchures qui ne souillaient pas plus son membre. La douleur lui incendiait les mains, maintenant qu’il la sentait. C’était venu d’un coup, comme si on lui avait planté un couteau dans chaque main. La douleur était à couper le souffle, mais il n’avait pas gémi. Il n’avait que ce qu’il méritait, après tout. Il avait été un monstre, un être inhumain qui ne méritait que de souffrir pour avoir démoli quelqu’un.
    Dans un mouvement rageur, il écrasa son poing droit sur le mur de pierre. Sentit l’onde de choc traverser tout son bras, secouant ses muscles. Il eut l’impression que sa main se brisait, que ses biceps se déchiraient et que son épaule se déboitait. Sous le coup, il ne put retenir un gémissement accompagné d’une larme. Honteuse larme.

    Puis il recroquevilla son corps meurtri sur le sol et s’endormi. Littéralement. Il n’eut même pas le temps de sentir son esprit s’envoler que déjà il voguait dans le pays des songes. Or cette balade ne dura pas, car il ouvrit les yeux au bout de cinq minutes.

    Dante s’assoit, bâille. Il étire ses membres qui lui semblent engourdis, violemment douloureux. Ses yeux refusent de s’ouvrir, agressés par la lumière pourtant peu vive que diffusaient les torches dans le couloir. Dans un grognement endormi, il se frotta les yeux en soupirant. Puis enfin, il les ouvrit. Dante fut d’abord ébloui, puis ses pupilles s’acclimatèrent assez rapidement à la luminosité ambiante. Il ne lui fallut pas deux secondes pour reconnaître les couloirs de Poudlard. Il ne savait pas à quel étage il se trouvait, ni ce qu’il faisait ici. Ses yeux parcouraient l’endroit, écarquillés. Il ne sentait plus ses mains qui étaient comme atrophiées à cause de la douleur qui les parcourait. Puis son regard se posa sur Kate. Il ouvrit la bouche pour exprimer sa surprise, mais le regard qu’elle lui jetait lui intima le silence.
    Fronçant les sourcils, il sentit un picotement à la main gauche. Il réprima un cri. Tout ce sang ! Etait-ce le sien ? Celui de Kate ?
    Dante se leva d’un bond, n’écoutant pas les plaintes de ses mains qui semblaient grincer tant leurs articulations étaient usées, comme rouillées par le sang qui séchait sur sa peau.
    Elle ne saignait pas, ne semblait pas souffrir.


      _Dante Kate ? Mais qu’est-ce qu’on fait là? Et c’est quoi ce que j’ai sur les mains? Cela me fait un mal de chien… Tu es blessée ? Tu as mal ?


    Il s’agenouilla à côté d’elle sans faire attention à son visage. N’osa pas la toucher. Cependant, l’absence de sang près d’elle le rassura sur ce fait. D’un pas souple, il s’écarta d’elle pour mieux réfléchir. C’était incompréhensible. Il se voyait encore marcher dans les couloirs, d’une humeur assez joviale, saluant les élèves qu’il croisait sans se rendre compte de l’expression étonnée qui naissait sur leur visage lorsqu’ils se rendaient compte que lui, Dante Luc Cadym leur disait bonjour avec un sourire aux lèvres. Il fallait dire que la plupart des personnes présentes dans Poudlard devaient soit ne pas avoir remarqué son existence, soit s’être rendus compte qu’il était une réelle forteresse lorsque son armure était encore d’actualité.
    Et avouer qu’il avait changé était bien peu dire lorsque l’on se rendait réellement compte de la réelle métamorphose qui était résulté de sa rencontre avec Kate.

    Quelque chose lui disait qu’elle n’allait pas bien, qu’il venait de se passer un évènement suffisamment bouleversant pour qu’elle le regarde ainsi. Peut-être était-elle malade, ou bien avait-elle été en danger et une sorte d’instinct avait alors prit le contrôle de Dante le temps de la sauver ? Il se plantait dans les grandes largeurs, mais ne pouvait savoir que le problème venait de lui. Dante avait oublié jusqu’à s’être mis en colère. Une amnésie passagère. Inquiétante.


      _Dante Que s’est-il passé?



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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Lun 31 Mai - 19:21
    La Gryffondor était bouleversée, et malgré qu'elle ne laisse rien paraître sur son visage qui ne laissait transparaître aucune émotion, il suffisait de regarder ses yeux qui se voilaient à intervalles réguliers, laissant filtrer son incertitude quant à la position à tenir dans cette situation. Une part d'elle s'était déchirée et avait, au tout début, décidé d'aider Dante sans vraiment savoir comme lui proposer de l'aide. C'était là que son autre part avait compris qu'il ne s'était pas seulement écorché en tombant ou en tapant une fois sur un mur. C'était plus grave, et même si Kate ne connaissait pas la nature exacte du problème, elle voyait bien que le jeune homme saignait abondamment, mais ne pouvait rien faire pour l'aider. Pas dans l'état de "choc" où elle se trouvait.

    Si ses cils ne bougeaient pas régulièrement et que sa poitrine ne se soulevait pas pour témoigner de sa respiration, il aurait été facile de croire qu'elle n'était plus en vie. Enfin, pour autant qu'un cadavre puisse tenir assis avec ses mains entourées autour de ses genoux, ce qui paraissait peu plausible. Ses yeux n'avaient pas bougé et continuaient de fixer le jeune homme qui ne paraissait pas dans son état normal., mais elle n'osait bouger. Quand il tapa rageusement contre le mur, Kate eut un sursaut mais ne proféra pas un mot, encore et toujours silencieuse. Sa vocation soudaine de statue lui convenait très bien, et lorsque Dante se recroquevilla sur le sol après avoir laissé une larme franchir la barrière de ses cils, elle se contenta de le regarder, abandonnant peu à peu le voile de froideur qui se tenait devant ses yeux pour le remplacer par des doutes immuables et une infinie tristesse. Que s'était-il passé pour qu'il en arrive là ?

    Kate résista et ne s'approcha pas de lui pour l'apaiser d'un quelconque manière, car elle craignait que sa réaction du début, sa peur, ressorte de nouveau. Elle soupira quand la respiration de Dante se fit plus lente et moins heurtée, mais ne tenta là non plus aucun geste, que ce dernier soit de secours ou de fuite. Elle se contentait de rester assise, entourée de ses bras comme d'une barrière protectrice qui l'éloignerait des mauvaises choses. Or, il semblait que sa présence ici ne soit pas particulièrement joyeuse, mais elle restait. Elle restait parce qu'elle y avait trouvé là une occupation. Elle restait parce qu'elle n'avait rien d'autre de conséquent à faire. Mais elle restait surtout parce qu'elle ne reconnaissait plus le Dante qu'elle avait rencontré, et que cela la surprenait, l'ahurissait et l'attristait à la fois. Elle souhaitait comprendre ce qu'avait exactement fait le Serpentard et à quel degré de gravité cela appartenait ; même si elle avait peur que lui non plus ne sache pas grand chose, au vu de son état.

    Quand il se réveilla, quelques minutes plus tard, la jeune fille ne laissa cette fois-ci pas son masque de froideur reprendre sa place, car la réaction de jeune homme l'étonna à tel point qu'elle se contenta de garder un air surpris et vaguement suspicieux. La façon dont il examina ses mains, dont il s'étira et dont il la regarda comme si elle venait d'apparaître devant lui ne laissait présager rien de bon, et l'infime once de douceur qui aurait pu transparaître dans le regard de la jeune fille eut vite fait de se dissiper. Dante semblait découvrir tout le sang qui l'entourait comme si c'était la première fois qu'il le voyait, et Kate fronça les sourcils devant cette réaction plutôt... inatendue. Curieuse, elle réfréna néanmoins ce sentiment et observa le Serpentard qui se levait rapidement et s'agenouillait auprès d'elle en l'interpellant d'une voix quelque peu inquiète. Ou du moins, c'était ce qu'elle croyait.

      - Kate ? Mais qu’est-ce qu’on fait là ? Et c’est quoi ce que j’ai sur les mains ? Cela me fait un mal de chien… Tu es blessée ? Tu as mal ?

    Plutôt étrange, voir même très étrange, songea la jeune fille. Elle ne répondit pas tout de suite à la question de Dante mais se contenta de bouger négativement la tête quand il lui demanda si elle avait mal et ne dit rien au sujet du sang. Dante était sans doute assez grand pour voir qu'il était couvert de sang, et que c'était le sien. Elle ne savait en plus pas exactement où il avait mal, et il aurait vite fait de le découvrir par lui-même. Lorsqu'il se releva et ne posa plus de question à propos de son éventuelle blessure, elle sut qu'il avait compris qu'elle n'avait rien et elle espérait donc que, par la même occasion, il en conclurait que le sang venait de lui, ou en tout cas était venu par lui. Après, savoir si c'était celui d'un Serdaigle ou d'un Poufsouffle, c'était autre chose, surtout si Dante ne se souvenait plus de rien. Kate pensait que ceci ne durerait qu'un temps, mais ses fragiles certitudes furent bouleversées lorsque le Serpentard lui posa la question qui prouvait qu'il n'était vraiment pas dans son état normal.

      - Que s’est-il passé ?

    A ce moment-là, Kate plongea sa tête dans ses mains et comprima ses tempes de toute la force de ses mains, tentant là d'évacuer toute l'incompréhension supplémentaire qui s'était emparée d'elle. Son cerveau semblait sur le point d'imposer et elle sentait pointer une migraine qui ne la laisserait sans doute pas dans un meilleur état qu'elle ne l'était maintenant. Cependant, un peu plus ou peu moins, elle n'en était plus à ça près à présent. Elle finit par relever la tête au bout de quelques dizaines de secondes, son cerveau ayant été assez comprimé comme ceci, et se releva gauchement en s'appuyant sur le mur, alors qu'elle manquait de tomber à nouveau au sol. Ses réflexes semblaient comme engourdis, mais elle se fichait pas mal de son corps à ce moment-là, préférant de loin se concentrer sur ce qui s'était passé. Elle s'approcha de Dante, et alors qu'elle sortait une bande de tissu qu'elle venait de trouver dans sa poche, elle entreprit de lui comprimer la main pour éviter qu'il ne perde trop de sang, ce qui était la priorité.

      - Ne bouge pas, précisa-t-elle alors qu'elle commençait à serrer le tissu autour du poignet de Dante. Je ne sais pas ce qui t'a pris, mais tu m'as foncé dessus comme si tu tentais de fuir quelque chose puis... tu as eu peur de moi, alors tu t'es éloigné et tu t'es tout simplement endormi. Quand tu t'es réveillé, et bien... tu avais tout oublié.

      Y compris comment tu avais fait pour être couvert de sang et t'entailler les poignets
      , dit-elle en serrant le dernier noeud du bandage improvisé et en relevant ses yeux vers ceux de Dante. J'attendais de toi que tu puisses m'expliquer, mais apparemment, ce ne sera pas possible. Tu as choisis de me mentir en me disant que tu n'avait rien fait, et, que tu t'en souviennes ou pas, je ne te sers plus à rien, si ce n'est à écouter des choses fausses. Et je n'en ai vraiment pas envie, surtout aujourd'hui.

    Enfin, elle recula de deux pas, mais resta plus proche du jeune homme qu'elle avait été quelques minutes auparavant, quand il semblait encore se souvenir de quelque chose, aussi compliqué soit-il. Kate était à présent partagé entre l'idée de rester et d'attendre que Dante recouvre la mémoire - ce qui pouvait durer un certain temps -, le bombarder de questions - ce qui n'était sans doute par la meilleure chose à faire, et s'en aller en criant en faisant semblant d'avoir également perdu de la mémoire et de ne découvrir le sang que maintenant. Contre toute-attente, la Gryffondor ne choisit aucune de ces options, se contentant de ramasser son livre qu'elle avait laissé à terre et de se détourner de la scène macabre - du sang tachait à présent les murs ainsi que l'endroit où Dante s'était allongé. Sans rien dire, elle continua le chemin qu'elle avait initialement prévu tout en serrant son livre contre elle, pour se donner le courage dont elle manquait à ce moment-là.

    Elle ne s'arrêta pas, se contentant de regarder fixement devant elle, le visage fermé. Ses jambes avançaient automatiquement, car elle n'aurait sans doute pas eu le courage de les mouvoir si elle avait du le faire. Non, elle aurait de loin préféré attendre que Dante se souvienne de quelque chose pour pouvoir enfin comprendre ce qui s'était passé. Mais elle s'était rendu compte que cela ne marcherait pas, et qu'elle se torturerait l'esprit pour rien. Ayant donc laissé sa curiosité de côté, elle s'était forcée à avancer, espérant que cela opèrerait un déclic dans l'esprit du jeune homme qui lui ferait se souvenir, sinon de tout, au moins d'un détail qui pourraient les mettre tout deux sur la piste des évènements passés et oubliés. Puis, au delà de l'incompréhension était venu le désir de ne pas comprendre ; elle avait peur que lorsqu'elle saurait tout, ses illusions volent en éclat et qu'un autre facette de Dante lui soit révélée, plus sombre. Elle avait en grande partie peur de cela, et fuyait donc les révélations possibles qu'elle pourrait avoir à ce sujet. Deux avis opposés s'entrechoquaient en elle, et cela faisait beaucoup pour une jeune fille de seize ans.

    Soudain, elle stoppa net au milieu du couloir, alors qu'elle n'avait franchi qu'une dizaine de mètres à une allure très lente. Elle desserra lentement ses mains crispées autour de son livre, et ouvrit l'ouvrage à une page qui s'était déchirée et pliée à l'extérieur, dans le but de la remettre droite. Cependant, ses yeux n'arrivaient pas à quitter du regard la tache de sang qui couvrait une page entière et s'étalait par endroit sur la couverture. Kate se retourna lentement vers Dante, alors qu'elle se l'était interdit jusque là et le fixa sans vraiment le voir et savoir où il se trouvait, avant de reposer son regard sur le livre, plusieurs fois de suite. Finalement, sa curiosité avait été plus forte que sa volonté. Elle voulait savoir.
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Mer 2 Juin - 0:49
    Il la regardait enrouler le tissus autour de ses mains, regardant le sang qui tâcha bien vite le textile. Lorsqu’enfin Kate leva les yeux vers lui, il se rendit compte de sa désorientation. De l’incompréhension qui suivait ses évènements. Et à cet instant, Dante s’attendait à tout. Sauf à ça. Il n’aurait jamais imaginé que Kate tourne les talons sans un mot de plus. A la limite, il aurait préféré qu’elle s’énerve, qu’elle le claque s’il le fallait, ou même qu’elle pleure. Il voulait juste qu’elle réagisse, qu’elle ne le laisse pas seul dans cette ignorance.
    Incapable de faire quoi que ce soit, d’esquisser le moindre mouvement pour la retenir, Dante haussa les épaules. Ce fut l’erreur de trop. Se surestimer, imaginer qu’il puisse la laisser partir sans rien perdre. Penser qu’après tout il ne la connaissait que depuis peu, et que c’était bien de sa faute s’il était devenu comme ça fut une funeste erreur.

    Soupirant, le garçon s’adossa au mur puis défit les nœuds qui attachaient le tissu autour de ses mains pour les nouer une nouvelle fois avec plus de force. Comprimer l’hémorragie au maximum pour stopper le flux de sang, et profiter de cette infime protection pour ne plus avoir la chair à vif.
    A l’instant où ses fesses touchèrent le sol, il y eut comme un déchirement. Un éclair blanc. Son corps se tendit une fraction de seconde, puis ses yeux se troublèrent. Il frappe, serre les dents, sens son cœur accélérer de bonheur lorsque la voix gémissante de celui qui croule sous ses coups retentit. Nouvel éclair ; il est dans le couloir, assis, transpirant. Le rythme de son cœur est effréné, sa respiration halète. Déchirement, il voit une nouvelle fois son poing s’abattre, sent la mâchoire de l’autre défaillir sous le coup. Puis le couloir revient, silencieux. Mais dans ce silence, des cris semblaient retentir. Comme une voix qui pleure, qui le supplie de s’arrêter. Une voix qui s’excuse inlassablement. Et entre chacun de ses sanglots, sa propre voix se fait entendre. Victorieuse, heureuse.
    Une vague de dégoût le parcourut. Il replia ses genoux contre son torse, prit sa tête entre ses mains. Dante ne savait pas que Kate était là. Il ne savait pas qu’elle avait renoncé à partir, que sa lassitude apparente n’était finalement qu’une façade. Comme quoi il n’était pas le seul à avoir eu un masque. Cela aurait pu le rassurer. Le convaincre qu’il pouvait lui aussi devenir comme elle, gentil, normal.

    Il étouffa un cri de colère, un cri d’incompréhension. Que venait-il de se passer ? C’était pourtant clair, inscrit en lui, car après tout c’était un flash-back, un souvenir qui fait surface soudainement. Et comme par magie, il comprit l’occupation qui avait créé en lui un tel choc. Il comprit que quelque part dans le château, un Serpentard devait vainement essayer d’arrêter le flot de sang qui devait jaillir de son nez cassé. Il devait gémir de douleur lorsque ses doigts passaient sur son visage enflé, meurtri. Devait espérer que quelqu’un le trouve, l’aide, et cherche Dante. Pour lui faire payer cet excès de violence.
    Mais cela lui importait peu. Il se fichait des représailles comme il pouvait n’avoir rien à faire du garçon qu’il venait de démolir. Après tout, il était aussi blessé. Si quelqu’un venait à sa rencontre pour lui parler de cette histoire, il n’aurait qu’à montrer les bleus qu’il devait avoir à l’abdomen –car il ressentait une douleur aigüe lorsqu’il tâtait quelques endroits de son ventre- et prétendre un cas de légitime défense. Lorsqu’on lui demanderait ce que les jointures de ses doigts avaient, pourquoi elles étaient à ce point écorchées, il n’aurait qu’à affirmer que le Serpentard l’avait poussé au sol alors qu’il tenait un objet qui avait à ses yeux suffisamment de valeur pour décider de sacrifier ses mains plutôt que l’objet en question. C’était un plan huilé.

    De toute façon, il avait dû le chercher. Pour réussir à le mettre dans cet état, ce maudit Serpentard avait du le provoquer de mots écœurants qui avaient du le mettre hors de lui. Cela s’arrêtait là pour le cas de ce garçon. Ce qui préoccupait le plus Dante était son propre cas. Comment et pourquoi ne se souvenait-il pas de ce moment ?

    Il remarqua alors Kate. D’un bond, il fut debout, en quelques enjambées il atteignit son niveau.


      _Dante Je me souviens, Kate. Je te rassure, celui à qui j’ai fais ça l’a bien mérité. Il m’a attaqué en premier, je n’ai fais que me défendre… Mais une chose m’inquiète : pourquoi ne me souviens-je pas de ce moment ? C’est étrange, je…Oh, excuses moi, j’ai taché ton livre. Tu nettoiera ça facilement avec un « Récurvite » !


    Comme c’était simple de mentir ! Lui qui n’avait jamais utilisé ce mode de parole fut surpris de l’aisance avec laquelle cette option s’était présentée à lui, et avec quelle facilité il s’en était emparé. Les mots lui étaient venus presque automatiquement. Si intuitivement qu’il était presque prêt à ne pas considérer ses paroles et ses pensées comme mensonges. De toute façon, il n’aimait maintenant pas ce verbe. « Mentir ». C’était pour lui un terme trop fort, trop accusateur. Avant qu’il ne le mette en pratique, Dante trouvait cette façon de se comporter indigne de lui. Il n’avait d’ailleurs jamais eu à y recourir, à la fois parce que le peu de personnes à qui il adressait la parole ne cherchaient pas à en savoir trop sur lui, mais surtout car sa tante lui avait indiqué qu’il lui serait inutile de mentir. Que cela serait source de conflit s’il osait y avoir recours avec elle. Aussi n’avait-il jamais osé s’y frotter.
    Mais maintenant, tous ces principes n’étaient que néant. Et il se rendit alors compte de tout ce qu’il avait raté. De toutes les occasions que le mensonge aurait pu lui offrir par le passé. Tant pis, il s’entraînerait à cette nouvelle facette de la vie en ce jour, et perfectionnerait sa technique au fil du temps. Cela n’avait pas l’air sorcier.

    Il fermait et ouvrait sa main droite dans de lents mouvements, testant la douleur qui affluait en fonction des mouvements. Comme un tic, une démangeaison. Une envie. Un besoin.



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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Sam 5 Juin - 16:48
    De toute évidence, quand Dante cria, il ne semblait pas être au courant de la présence de la jeune fille. Elle le regarda sans rien dire, pas plus qu'elle ne parla quand il se rendit compte qu'elle se tenait aussi près de lui. Quand il fut auprès d'elle, les mots arrivèrent trop vite, tellement vite qu'ils sonnaient faux pour qui osait en tester la sincérité. Et c'était exactement le cas de Kate. Elle avait confiance en Dante, mais ne pouvait s'empêcher d'avoir quelques doutes tout à fait normaux.

      - Je me souviens, Kate. Je te rassure, celui à qui j’ai fais ça l’a bien mérité. Il m’a attaqué en premier, je n’ai fais que me défendre… Mais une chose m’inquiète : pourquoi ne me souviens-je pas de ce moment ? C’est étrange, je…Oh, excuses moi, j’ai taché ton livre. Tu nettoiera ça facilement avec un « Récurvite » !

    La facilité avec laquelle il avait lâché ces phrases détonnait de son comportement antérieur. Seulement quelques minutes plus tôt, il venait de s'éloigner de Kate comme s'il en avait peur, s'était endormi et avait crié. Tout cela parce que quelqu'un l'avait frappé et qu'il avait riposté ? Ce n'était pas logique, et la Gryffondor ne se laissa pas avoir. Elle pinça les lèvres, sceptique, et attendit qu'il veuille bien s'étendre sur la question pour lui prouver qu'il ne mentait pas. Chose qu'il ne fit pas, alors qu'il avait sans doute remarqué son incompréhension et ses doutes. Comme s'il était tout d'un coup devenu quelqu'un d'autre, comme si une nouvelle transformation était en train de s'opérer en lui. Kate ne put définir exactement ce qu'elle ressentait à son contact, mais la présence, en cet instant, du Serpentard, faisait tout sauf la rassurer. Pour autant, elle n'en avait pas peur, et ce fut pour cela qu'elle osa lui répondre hargneusement, d'une voix laissant pointer une touche d'ironie. Elle espérait que par cela il comprendrait qu'elle était plus que dubitative.

      - Il t'arrive souvent de te plaquer contre le mur quand quelqu'un que tu connais apparaît ? Parce qu'entre nous, je n'avais pas l'intention de te frapper, et tu le sais très bien. Mais tu avais tout de même peur de moi et de mon jugement, alors que si tu n'avais fait que te défendre, je t'aurais soutenu. Si tu croyais pouvoir me mentir sans remords et sans que je le remarque, tu as sonné à la mauvaise porte. Et puis
      , fit-elle en désignant son livre, tu n'en as rien à faire, alors à quoi bon faire semblant ?

    Après un regard accusateur lancé au garçon, elle recula de quelques pas et désigna sa main droite, alors que sa voix fléchissait :

      - Tu comptes me frapper ?

    Après que cette phrase eut été prononcé, Kate se reprit rapidement et effaça de son regard toute trace de tristesse. Car, malgré le geste étrange que faisait Dante avec sa main, elle n'avait pas peur. Au contraire, elle était plutôt triste de devoir arriver à la conclusion que le Serpentard avait changé, ou essayait de le faire. Comme toujours, son cerveau refusait d'y croire et rejetait cette pensée qui n'avait pour lui pas le moindre sens. Pas plus avancée qu'elle ne l'était auparavant, la jeune fille releva les yeux qu'elle avait brièvement baissés et fixa Dante d'un regard dur qui détonnait de celui qui avait accompagné sa question précédente. S'il devait la frapper, bien qu'elle en doute encore, elle préférait qu'il voit bien tout le mal qu'il pourrait lui faire. Pour autant, elle ne dit rien et continua à planter ses yeux dans ceux du garçon, essayant de les rendre plus démonstratifs et de faire passer toute sa colère, sa tristesse et son incompréhension dans ceux du jeune homme. Elle hésitait au comportement à tenir et n'était plus aussi sûre qu'avant de ce qu'elle devait faire pour qu'il réagisse.

    Cela était malheureux à dire, mais quand il n'y avait eu que le problème de la violence du Serpentard, cela avait été plus facile pour Kate qui était cette fois-ci confrontée au mensonge de ce dernier. Elle n'avait jamais pensé qu'il puisse lui mentir, et avait plutôt envisagé qu'il décide, un jour, de ne plus la croiser et de s'enfuir en sa présence. Mais au contraire, il semblait prendre de l'assurance, au point qu'il n'hésitait - en apparence - pas à lui mentir. Bousculée, elle avait du mal à savoir si elle devait tenir le comportement qu'elle aurait eu avec le Dante qu'elle connaissait, où si elle devait l'adapter à la situation. Indécise, car l'une des deux solutions lui semblait un peu extrême, elle décida néanmoins de s'y tenir. Les mensonges du Serpentard, aussi graves soient-ils, n'auraient pas pu changer quoi que ce soit à ce que Kate s'apprêtait à faire. Qu'il lui ai menti sur l'heure d'un de ses cours ou sur le fait qu'il avait commis un meurtre ne changeait strictement. Il lui avait menti, et c'était une raison suffisante.

    Les yeux de Kate brillèrent un instant d'une lueur farouche, déterminée. Puis elle le gifla. Quand sa main retomba près de son corps, une larme cristalline roula sur la joue de la jeune fille.
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Lun 7 Juin - 22:20
    Finalement, il fallait croire qu’il n’était pas si doué que ça pour le mensonge. Kate ne manqua d’ailleurs pas de le lui faire remarquer tout en se permettant un regard agressif. Il soupira bruyamment, voulant précisément montrer à la jeune fille ce que lui inspirait son beau discours. Lorsqu’elle regarda son poing qui s’ouvrait et se fermait dans de lents mouvements, Dante leva les yeux au ciel histoire de parfaire le tableau. Il se rapprocha de Kate rapidement pour n’être qu’à quelques centimètres d’elle. Puis il leva la main droite pour la lui faire voir de plus près, lui montrer grandeur nature ce qu’il advenait de son membre suite aux nombreux coups qu’il avait généreusement donnés.
    Les yeux chocolat du garçon n’étaient habités que par le mépris. Et sa voix par une froideur au fond abyssal. Sans pitié.


      _Dante Jusqu’où iras-tu donc, Kate? A quel moment ton esprit daignera-t-il opter pour la fonction “silence”? Contrairement à ce que tu as l’air d’être persuadée, tu n’es pas le centre du monde. Et encore moins le centre de mon monde. Et puis merde réfléchis un peu, bordel ! Tu n’as donc pas remarqué l’état dans lequel j’étais ? Ce n’est pas une raison suffisante pour que tu comprennes le fait qu’en effet tu aies pu m’effrayer à cet instant ? Si je te mens, n’imagines tu pas une seconde que cela puisse être pour ton bien ? Je ne suis pas un être aussi retord que ce que tu as l’air d’imaginer de moi. Je n’ai pas l’intention de te frapper, Kate. Mais je te demande juste de ne pas me pousser à bout, car je ne peux te promettre de ce qu’il adviendra alors.


    Enervé, il l’était. Mais la présence de Kate suffisait à Dante pour ne pas se laisser aller. Inexplicablement, il réussissait à garder un minimum de sang froid lorsqu’elle était à ses côtés. Et il s’en voulait. Ne pas être à la hauteur pour la garder auprès de lui et la voir lui filer entre les doigts était horrible. Il devait bien y être pour quelque chose, après tout. Sûrement le sang qui souillait son visage et ses mains n’était pas gage d’honnêteté. Sûrement Dante en lui-même ne débordait pas d’une confiance surprenante.

    Aussi la claque ne l’étonna même pas.

    Sa tête pivota sous l’impact, et il dû serrer la mâchoire pour atténuer la douleur aussi infime fut-elle. Plus que sur la douleur physique, elle agit sur le moral du garçon qui baissa les yeux pour ne pas voir Kate pleurer. Il s’efforça à ne pas prendre la fuite lorsqu’un sanglot parvint à ses oreilles. Dante n’avait jamais considéré le fait de pleurer comme une honte. Il ne faisait pas parti de ces hommes qui se cachaient des autres durant ce moment où leurs faiblesses sont au grand jour. Sûrement parce qu’il n’avait pas souvent l’occasion de se mettre à pleurer, il n’en savait trop rien. Toujours était-il qu’il détestait voir les autres pleurer. C’était dans ces moments qu’il se sentait le plus gêné. Il était incapable de savoir quoi faire. Devait-il la prendre dans ses bras ? Se mettre à genoux pour implorer son pardon ?
    Il était indéniable qu’il tenait à elle. Plus qu’il ne pouvait tenir à toute autre chose. Il en était maintenant conscient. Dante savait qu’il devenait une de ces personnes minables qui protègent un être au péril de leur vie. Il savait qu’il allait bientôt lui dire qu’il tenait à elle. Qu’il était désolé de tout ça. Et même lui serait alors incapable de déceler le vrai du faux dans ce qu’il viendrait alors de débiter.
    Le Serpentard cligna des yeux, remarquant que son poing droit avait cessé tout mouvement. Son regard se détacha enfin du sol et il se permit de regarder Kate dans les yeux.


      _Dante Je suis désolé. Vraiment. Je… Tu…


    Incapable, il l’était aussi. Avouer ses sentiments, étaler ses états d’âme n’avait jamais été quelque chose pour laquelle Dante avait été doué. Il ne pouvait clairement pas parler à Kate de ce qu’il pensait d’elle comme il l’aurait fait pour parler à n’importe qui d’autre. Les mots ne venaient pas, et il perdait ses moyens. Au début de sa phrase, il était pourtant déterminer à lui dire ce qu’il pensait. A avouer à cette femme ce qu’engendrait en lui chacun de ses regards. Le brasier qui flambait dans con cœur quand sa voix résonnait. Etait-elle aussi tranchante que de l’acier qu’elle n’avait d’effet sur lui qu’une profonde délicatesse. Les mots pouvaient être dits pour le blesser, pour lui faire du mal qu’ils n’étaient qu’un baume pour lui.
    Et ces minables balbutiements étaient bien tout ce qu’il avait à lui offrir en cet instant.

    Et merde… Comme c’était triste, une telle impuissance. Il ne contrôlait finalement rien, dans cette vie. Lui qui pourtant avait auparavant mesuré chacun de ses gestes se laissait complètement aller. Il y avait plusieurs mois, faire un tour dans le parc était un évènement que Dante préparait des semaines avant le jour J. Il devait savoir à quelle heure y aller, il devait définir un itinéraire qu’il suivrait alors à la trace. Tout était étudié pour qu’il ne rencontre personne, ou le moins de monde possible. Lorsque cela arrivait, que quelqu’un lui adressait la parole, Dante avait toujours réussi à prendre sur lui et à juste partir. Fuir ce qu’il considérait alors comme l’ennemi.
    Désormais, ses balades n’avaient plus rien de préparées, et il croisait régulièrement plusieurs élèves sur son passage. Mais peu lui importait, car il n’était plus le même. Le Dante prévenant avait disparu.
    Et sa clairvoyance avec.


      _Dante Je suis perdu, OK? Complètement paumé. Mais ça, je le sais. Je le sens.



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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Ven 11 Juin - 10:41
      - Je suis désolé. Vraiment. Je... Tu...

    Etait-il simplement possible que deux personnes aussi perdues l'une que l'autre arrivent un jour à se comprendre vraiment ? Kate ne savait trop que penser, et bien qu'elle ai peu à peu recouvré ses esprits et que plus aucune larme ne soit apparente sur son visage, ses pensées n'en restaient pas moins confuses. Aussi fut-elle surprise quand Dante parla de nouveau.

      - Je suis perdu, OK ? Complètement paumé. Mais ça, je le sais. Je le sens.

    Finalement, et bien qu'elle pensât que cela fut possible, Dante ne lui parla en aucun cas de ce qu'elle voulait savoir. Et la phrase qu'il venait de lui servir n'aidait en aucun cas la jeune femme qui venait de comprendre que le Serpentard était bel et bien perdu, et qu'il ne se fichait pas réellement d'elle parce qu'il en avait envie. Son cœur se libéra d'un poids et les doutes qu'elle avait en ce qui concernait le mensonge de Dante se firent moins pressants dans son esprit, ce qui lui permit de sourire, d'un sourire cependant discret et timide.

    La perspective d'un mensonge qui n'en serait pas réellement un, ou plutôt pas utilisé dans un but négatif, lui donna du baume au cœur alors qu'en temps normal cela l'aurait déçu. Mais après l'image du sang sur les mains de Dante, elle trouvait tout ceci plus que subjectif et ne tint plus compte du mensonge que lui avait servi le jeune homme quand elle le regarda. Étrangement, elle avait totalement imaginé le fait qu'il lui avait menti de manière aisée et sans regret aucun, rien que pour la tromper. Avait-il réellement tenté de la protéger en lui révélant pas la vérité, ou avait-il juste essayé, pour voir si cela marchait, de l'orienter sur une mauvaise piste ?

    Trop de questions, trop de doutes. Trop de pleurs, trop de cris. Kate en avait plus qu'assez de toute cette agitation pourtant silencieuse qui se jouait à l'intérieur de son cerveau alors qu'elle était à la base venue dans cette partie du château pour se rendre à la bibliothèque. C'était trop, mais elle ne tenait pas à exprimer cela en criant, de peur que Dante prenne cela pour un accès de colère qui n'en serait pas un, et également parce qu'elle sentait un mal de tête tenter de s'infiltrer pernicieusement dans son esprit, et qu'elle ne tenait pas à ce que cela s'aggrave. Aussi se contenta-t-elle de reculer contre le mur et de s'y adosser confortablement – aussi confortable que puisse être un mur de Poudlard – et ferma les yeux.

    Au bout de quelques minutes, elle les rouvrit d'un seul coup et fixa Dante qui se tenait non loin d'elle, du fait qu'elle ne s'était pas éloignée de plusieurs mètres, mais de seulement quelques dizaines de centimètres. Elle fixa son regard dans le sien, puis se laissa brusquement tomber pour s'asseoir à même le sol, toujours contre le mur imposant et froid qu'elle sentait dans son dos. Apaisée et fatiguée plus que de raison, elle laissa sa tête dodeliner avant de la maintenir droite afin de parler tout en observant Dante et ses réactions.

      - Tu n'est qu'un idiot. Et j'espère juste que tu t'en rends compte. Je n'ai pas besoin de savoir comment tu a démoli l'autre élève, et même si ce n'était pas la meilleure solution, si tu l'as fait, c'est que... Maintenant je me tais, si c'est que tu veux vraiment.

    Malgré la dernière phrase qu'elle venait de formuler, des tas de répliques, et non des questions, brûlaient d'envie de franchir la barrière de ses lèvres, mais elle ne leur en laissa pas le loisir. Pinçant ses lèvres quelques secondes, elle posa ensuite sa tête sur ses genoux qu'elle venait de replier contre son corps dans une position enfantine. Ce n'était pas réellement son intention que de paraître plus jeune que ce qu'elle était réellement, mais elle cherchait juste à faire comprendre à Dante qu'elle n'était pas offensive, et qu'elle avait enfin décidé de l'écouter. Elle espérait juste qu'il la questionnerait pas sur cela, car elle n'avait aucune raison valable. Finalement, elle comprenait combien cela pouvait être agaçant que de devoir répondre à des questions que l'on ne souhaitait pas entendre.

    Mais une chose continuait de la tourmenter, comme si cette dernière s'accrochait au pensées de la jeune fille, décidant qu'elle ne pouvait définitivement pas avoir droit au silence mental. Pas totalement, du moins. Le regard de Kate brilla un instant d'une lueur incertaine quand elle songea au poing de Dante se refermant lentement avant de se rouvrir. Pourquoi l'avait-il approché d'elle, dans le but de lui faire peur ? Car il était évident qu'elle ne s'était pas sentit rassurée en voyant cela. Pourquoi tentait-il vainement de l'éloigner de lui ?
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Mer 16 Juin - 15:21
    En effet, Pourquoi tentait-il vainement de l'éloigner de lui ? Pourquoi ne résistait-il pas à l’appel tentant du désespoir ? Peut-être aimait-il finalement lui concéder de son humanité. Dante ne semblait pas sentir les crocs glacés qui enserraient son cœur, menaçant à chaque instant de faire exploser l’organe.
    Comme il paraissait piteux, ainsi bloqué à quelques centimètres d’elle. Ne bougeant pas à ses réactions, n’essayant même pas de lutter contre la rigidité de son esprit à laquelle il semblait s’être acclimaté. Son incapacité à étaler ses sentiments, ou même à les comprendre avait toujours été une partie de sa vie. Il ne se rendait compte du handicap que cela représentait qu’à l’instant. Du trou béant qui s’appelait « cœur ». Ce vide si intense qu’il donnait l’impression de ne pas exister. Dante ne voulait pas combler ce gouffre. Il n’aspirait pas à devenir quelqu’un d’aimé et d’aimant. Seule la solitude avait réussit à prendre une telle importance dans sa vie qu’elle en devenait presque une personne. Une amie avec laquelle il passait le plus clair de son temps chaque jour depuis plusieurs années.

    Kate s’affalait sur le sol, et Dante ne bougea pas d’un cil. Pas une seule partie de son corps n’avait eu l’idée de lui intimer de s’accroupir pour s’assurer qu’elle allait bien. Il savait au fond de lui qu’elle n’avait rien. Et il fallait dire qu’en cet instant, Kate l’agaçait plus qu’elle ne l’invitait à la prendre dans ses bras. Même si le contact physique de ce genre n’était pas dans les cordes de Dante qui ne savait pas forcément tenir un être dans ses bras sans lui faire de mal. Il y avait cet appel, les frissons qui parcouraient son corps en partant de ses doigts, remontant les bras jusqu’atteindre le cou, puis descendre le long de la colonne vertébrale comme une vague étourdissante. Ses mains se mettaient ensuite à trembler, puis il se contraignait à pousser la personne qui avait voulu lui faire part de son affection. Cela lui était arrivé une fois. Une unique fois. La seule personne avec qui il avait osé ce geste se trouvait d’ailleurs face à lui, et il était bien incapable de tenter une nouvelle fois l’expérience par lui-même. Aussi se contenta-il de prendre place à ses côtés.


      _Dante Ffff tu m’aides pas, là .Tu sais, si je voulais que tu te taises, je t’aurai fait taire. Ou alors je serai parti. Je ne suis pas là pour que tu essaie de me trouver une excuse. Ce genre de comportement m’écoeure tant il est hypocrite.


    Il ne se doutait pas de l’aspect tranchant qu’il donnait à ses phrases. Ne voulait pas voir l’effet que ces lames pouvaient avoir sur son interlocuteur.

    Faisait-il froid ?

    Cela faisait plusieurs jours qu’il n’était pas sorti. Que sa peau n’avait pas goûté aux caresses des rayons du soleil, que ses cheveux n’avaient été ébouriffés par le vent impétueux qui soufflait parfois sur Poudlard. Il avait délaissé ses balades matinales au profit d’une errance sans but dans le château, et faisait tout pour éviter les cours d’extérieur. C’était comme si le dehors l’effrayait. Il ne se sentait plus attiré par la nature, n’aimait plus observer les phénomènes de la Dame. N’avait plus le goût de la vie. Tout semblait fade, dans cet univers. La vision qu’il portait sur les choses semblait munie d’un filtre en noir et blanc qui ternissait le tout, et il ne ressentait plus aucun intérêt à errer ainsi dans l’école.
    Et pourtant, dans toute cette morosité, une chose apparaissait en couleur. Une personne. Il arrivait à voir la couleur de ses cheveux, de ses yeux. Le son de sa voix devenait une mélodie dont il se délectait presque inconsciemment. Il voulait pouvoir rester à ses côtés jour et nuit, veiller à ce que tout se passe bien pour elle. A ce qu’aucun autre garçon ne lui tourne autour, par exemple ce Serdaigle, là. Il voyait bien la nature de son regard lorsqu’il croisait Kate. Le désir qui animait ses pupilles, qui enveloppait la Gryffondor comme un vicieux serpent. Qui ne lâche pas prise.
    Une fois il avait surprit Tim Bishop dévorant ainsi Kate des yeux. Et il avait alors décidé d’ignorer le regard qu’elle lui avait lancé en retour, se concentrant uniquement sur celui qui attirait son attention. Cet homme qui en quelques secondes s’était placé parmi les ennemis de Dante, celui qu’il devait garder à l’œil à tout prix.
    Inexplicablement, Dante ne souhaiter qu’une chose : le croiser. Lui expliquer clairement les choses par quelques paroles bien placées. Et l’éloigner d’elle. Surtout l’éloigner d’elle. Le plus possible.


      _Dante C’est qui ce mec qui te tourne autour, là ? Un Serdaigle, il me semble.


    Comme il était agréable de coincer ainsi quelqu’un. De regarder son visage se décomposer au fur et à mesure que les mots prennent du sens dans son esprit. Puis voir la colère se peindre lentement sur la face, tirer les traits dans d’impétueux mouvements. Se délecter ensuite du silence qui suit ces évènements, pour enfin se satisfaire de n’avoir laissé aucune issue à l’autre.

    Et pourtant, pourquoi ne ressentait-il aucune satisfaction ?



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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Ven 18 Juin - 22:25
    Malgré tous les efforts qu'elle déployait pour comprendre le comportement de Dante à cet instant précis, ce dernier restait inexplicablement trouble, et plus qu'incohérent. Qu'elle le juge trop vite pour ses mauvais gestes ou qu'elle tente de ne plus le questionner sur cela, tout restait vain. A chaque tentative de sa part pour sortir Dante de sa torpeur et pour tenter de le faire parler ou de se montrer compréhensif, il la rejetait. N'avait de cesse de l'éloigner quoi qu'elle fasse, alors qu'elle ne demandait qu'à comprendre, aussi mal que celui puisse lui faire.

      - C'est qui ce mec qui te tourne autour, là ? Un Serdaigle, il me semble.

    Puis, alors qu'elle allait se taire une bonne fois pour toutes et tenter avec persévérance de museler son esprit tortueux, un frisson glacé l'avait parcourue. Pourtant, elle n'avait pas bronché, n'avait esquissé aucun geste qui aurait pu prouver au Serpentard qu'il avait touché un point sensible. Ou du moins, un point qu'elle ne souhaitait pas aborder avec lui. Si elle ressentait bien de la jalousie dans les propos de Dante qui n'étaient pas totalement désintéressés, elle n'en comprenait néanmoins pas la cause. Kate avait cessé le petit jeu qu'elle menait auparavant avec Tim, et si leurs relations étaient à présent amicales, ils restaient très proches et continuaient à se fréquenter assez souvent. Mais Tim avait quelqu'un dans sa vie et la Gryffondor n'en était pas le moins du monde jalouse, n'ayant jamais su si elle avait réellement éprouvé quelque chose pour Tim. Et puis, tout ceci concernait le passé.

    Mais les frissons glacés qui parcoururent le dos de Kate qui resta cependant immobile ne purent s'empêcher de raviver en elle des souvenirs qu'elle ne regrettait cependant pas. Si Dante avait tenté de lui prouver qu'elle était attachée à Tim plus que par de l'amitié, il s'était lamentablement raté. Tout comme s'il avait espéré qu'elle montre ouvertement des signes de honte, de tristesse ou encore de colère. Kate n'avait pas envie de prouver à Dante qu'il avait réussi à l'intéresser en se rabattant sur ce sujet, et elle se contenta donc de rester silencieuse durant les quelques minutes suivant la question de Dante. Une fois de plus, elle n'arrivait pas à cerner le personnage que le jeune homme représentait, et ne savait jamais quand il pensait réellement ce qu'il disait, quand il tentait de se montrer conciliant ou encore quand il cherchait à blesser Kate. Toutefois, ces derniers proposes avaient été blessants envers la jeune femme, et elle décida donc de lui renvoyer la monnaie de sa pièce. Pour la première fois, elle n'hésita pas à lui mentir. Les doutes l'étreignirent un instant, puis elle se reprit et confirma par oral ce que le Serpentard avait sous-entendu.

      - Pour quelqu'un qui essaie de faire croire qu'il n'est pas sûr de ce qu'il dit, tu me sembles bien certain de ce que tu avances. Tim et moi sommes très proches, et je ne vois pas en quoi cela te concerne. Aujourd'hui, tu as décidé de me rejeter, bien que je tente par des moyens toujours différents de te comprendre. Alors, que Tim soit un ami ou plus que cela pour moi, ce ne sont pas tes affaires, et je te défend de t'en mêler. D'ailleurs, je suis avec lui, si c'est ce que tu veux savoir, ce qui ne change rien cependant rien à la donne : tu ne dois pas t'en mêler.


    Alors que Kate s'était légèrement tournée sur le côté pour parler au Serpentard en le fixant dans les yeux, elle reprit sa place initiale et accola une fois de plus son dos au mur. Soudain prise d'une envie un peu particulière, en plus des mots froids qu'elle venait de proférer, elle saisit sa baguette se trouvant dans sa poche et la prit entre ses doigts avant de la fixer intensément. Après quelques secondes d'hésitation, elle murmura plusieurs mots presque inaudibles pour Dante, et une photo apparut dans sa main. Souriant ironiquement, elle porta ses mains tenant le morceau de papier à ses genoux repliés contre elle, et jeta un bref regard à Dante avant de fixer à nouveau ce qu'elle venait de faire apparaître. Une photo figée de Tim en train de rire, Kate à ses côtés.

    La colère bouillonnait en la personne de Kate, mais elle n'était pas plus décidée à le montrer qu'elle ne l'était auparavant. Que Dante soit d'une jalousie maladive au point de la rejetter et de se mêler de sa vie quelques minutes après ne témoignait que d'une chose : il ne savait pas comment s'y prendre avec elle. Ou bien, il avait convenu avec lui-même qu'elle ne devait pas se mêler de ce qu'il faisait et devait pas le questionner, mais qu'il était tout à fait dans ses droits quand il faisait preuve de jalousie et qu'il lui demandait des précisions sur des choses privées. La logique du jeune homme échappait à la jeune femme tout comme les raisons qui les avaient amenées à se rencontrer et à se parler, puis à se revoir. Ils étaient différents, c'était indéniable, et si Kate avait cru pouvoir surmonter cet obstacle par le simple fait de sa compréhension et de l'amitié qu'elle était prête à offrir, le Serpentard avait paré toutes ses tentatives.

    Comme si une brèche s'était tout à coup fissurée en elle, Kate commença à se lever, agacée par l'entêtement du Serpentard à vouloir l'éloigner puis se l'approprier. Cependant, et alors qu'elle était pratiquement debout, une chose la retint contre le mur. Elle se laissa à nouveau couler contre la pierre froide, puis, d'un geste vif et à l'aide sa baguette, elle mit feu à la photo qu'elle avait tenue dans sa main et qui tournoyait maintenant en l'air. Kate regretta ce soudain accès de faiblesse, elle qui avait voulu jouer la carte de la provocation et du mensonge jusqu'au bout. Mais ce n'était pas dans ses habitudes, et elle n'arrivait pas à blesser les gens sans éprouver de remords. Surtout Dante. Elle l'avait incité à se livrer, et même s'il ne montrait aucune bonne foi en cet instant, elle ne pouvait s'empêcher de se songer à ses fautes, et non à celles du garçon. Et puis, elle ne souhaitait pas lui faire du mal. Une fois de plus, ses tentatives pour s'éloigner de lui restaient vaines, comme si elle ne pouvait se détacher de sa présence. Tout ce qu'elle pouvait lui reprocher, elle le faisait également.

    Cependant, elle éprouvait des remords terribles, qui n'avaient pas semblés s'emparer du jeune homme quand il lui avait menti. Mais elle était très bien placée pour savoir que les airs extérieurs que l'on pouvait inventer ne prouvaient rien, strictement rien. Jugeant que ses mensonges avaient trop empiété sur son caractère habituel, elle laissa tomber le masque de froideur qui voilait son visage, et reprit une voie normale, presque douce, ce qui semblait déroutant compte tenu de ses autres phrases tranchantes et dures comme de l'acier. Sa main droite attrapa la photo désormais brûlée et refroidie qui tournait en l'air, et, agilement, la plaça devant les yeux de Dante, un peu en contrebas cependant, de façon à ce qu'il puisse voir tous ses gestes. D'un coup sec, elle referma sa main et la rouvrit quelques secondes plus tard, émiettant ainsi les bouts de cendres qui avaient auparavant montré le Serdaigle.

      - Une fois de plus, je n'ai pas réussi à te faire du mal, alors que tu ne sembles pas soucieux de m'en faire. J'aime Tim, mais d'une autre façon que celle que tu imagines. C'est un très bon ami, et je ne mérite pas d'être jugée pour cela, car nous ne faisons rien de mal. Il y a plusieurs mois, c'était différent, mais à ce moment-là, je ne te connaissais pas, tu n'étais pas entré dans ma vie. Tu comptes pour moi, sache-le.


    Résignée, Kate baissa la tête, prête à encaisser un nouveau rejet qui ne ferait qu'accentuer la tristesse qu'elle pouvait ressentir. Toutefois, malgré que son visage soit tourné vers le bas, elle gardait un œil sur les réactions du jeune homme. Peut-être attendait-elle un signe... Un rejet. Ou autre chose, pour changer. Puis, sans que le jeune homme s'en aperçoive, elle fit à nouveau apparaître une image le montrant lui, le visage serein, presque joyeux. Souriant à la vue de cette photo qui ne ressemblait en aucun cas au moment présent, elle garda néanmoins la tête courbée, la main serrée autour du papier qui ne devrait sa survie qu'aux paroles que prononcerait Dante.

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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Ven 25 Juin - 1:53
    Il savait bien qu’il lui faisait du mal. Que son incompétence sentimentale était accentuée par le côté têtu de son caractère. Les phrases qu’il s’entendait dire sonnaient faux. N’étaient pas en accord avec ce que son cœur émettait. Et pourtant, il ne cessait de proférer ces incohérences, sans ressentir de gêne. Au fil des phrases, le ton de Dante changeait, se faisait une fois plus doux, une fois plus acerbe. Comme s’il testait chacune des possibilités, guettant les réactions de Kate afin de déterminer celles dont il devrait se servir. Et visiblement, la jalousie n’était pas l’une de ses meilleures idées. Il restait impassible face à cette Kate tourmentée, ne sachant que faire pour rattraper son erreur.
    Rien. Que pouvait-il bien faire qui ne la blesserait pas ? Tous ses agissements, toutes ses paroles n’étaient qu’armes qui traçaient sur le cœur de la Gryffondor des lignes de feu. Similaires à celles qui scindaient le sien.

    Il ne broncha pas lorsque le mensonge de Kate parvint à ses oreilles, ne lui montra même pas à quel point la fausseté de ses paroles résonnaient. Ne chercha pas à comprendre leur sens. Après tout, pouvait-il se permettre une quelconque remarque à propos de mensonge alors qu’il avait été le premier des deux à tomber dans cette vicieuse manie ? Pouvait-il ne serait-ce que tenter une allusion à ces affabulations sans s’enfoncer plus profondément dans les sables qui l’attiraient vers le fond ?
    « Tu ne dois pas t’en mêler » furent les seules paroles qui pénétrèrent dans son esprit. Il était évident qu’il allait s’en mêler, pourquoi s’obstinait-elle à vouloir l’écarter d’elle ainsi ? Finalement peut-être que Kate ne souhaitait simplement pas se rapprocher de lui comme il le souhaitait. Finalement les douloureux battements que son cœur subissait à la vue de la jeune femme ne transcrivaient peut-être qu’un avertissement. Un « ne t’approche pas d’elle, il est inutile de t’accrocher » que son handicap sentimental aurait médiocrement décrypté en un « Je veux lui parler ».
    Il suivit l’apparition de la photo des yeux, apathiquement. Presque sans envie. Il pu apercevoir le visage souriant de Tim Bishop, pu observer les traits de son visage, devina son regard. Toujours cette même façon de la dévorer des yeux. Dante n’insista pas, ne souhaitant pas sentir la colère affluer dans ses membres une nouvelle fois.

    Un bout de papier enflammé se posa à côté de lui après avoir tournoyé dans les airs quelques secondes. Au contact de la pierre, les flammes s’éteignirent presque aussitôt. Il passa sa main sur le petit tas de cendres, étalant ces restes éparses d’une photo consumée. D’une photo annihilée. La signification du geste de Kate ne s’inscrivit pas directement dans l’esprit du Serpentard, trop occupé à étaler les cendres sur la dalle. Puis lorsque son index fut enduit de cette poudre grisâtre, il le porta à son nez et en huma l’odeur. Enfin, il concéda un regard à Kate.


      _Dante Ca sent le passé.


    Dante baissa aussitôt le regard, ne voulant pas lire l’expression qui allait se peindre sur le visage de son interlocutrice. Il avait dit ça instinctivement, plus pour lui que pour elle. Humectant ses lèvres, il entreprit de laver un minimum ses mains souillées par le sang qui séchait. La douleur irradiait toujours ses membres, et Dante se permettait de l’ignorer avec une négligence remarquable. Sortant sa baguette, il mouilla le tissus qui entourait ses mains après l’avoir ôté, puis il frotta les plaies avec vivacité, ne laissant aucun caillou dans la peau. Puis il replaça le bandage de fortune autour de ses plaies.
    Puis les mots de Kate le transpercèrent de part en part. Flèche acérée qui fait mal autant qu’elle soulage. Les épaules du garçon se soulevèrent, et sa posture devint plus droite. Le poids de la peur s’était miraculeusement envolé. Les poumons du Serpentard se remplirent pleinement d’oxygène, permettant à son souffle de se réguler, de se calmer. Ses mains cessèrent leurs tremblements incoercibles, et son regard se teinta de légèreté. De soulagement.

    Il aurait aimé se lever et la prendre dans ses bras. Lui susurrer des mots doux, déballer ses sentiments. Comme ce couple qu’il avait longuement observé l’autre jour dans le parc. Il se souvenait encore de l’amour pur qu’il pouvait lire dans les yeux des deux amoureux. Elle était brune, aux yeux si bleus que lorsque le soleil traversait ses iris Dante croyait voir une multitude de reflets bleutés autour de leur bulle.
    Il se situait à une dizaine de mètres d’eux, aussi n’entendait-il pas leur conversation. Mais il se fichait de connaître leurs secrets. Il ne savait d’ailleurs même pas pourquoi il s’obstinait alors à les fixer. Il ne comprenait pas pourquoi ses yeux s’attardaient tant sur les mains du garçon qui parcouraient avec délicatesse le corps fin de la fille. Il ne savait pas pourquoi ses doigts imitaient ceux du Poufsouffle, ni pourquoi le visage de Kate s’était installé dans son esprit à cet instant précis.
    Tout ce qu’il savait, c’était qu’il était bien incapable d’imiter ces mouvements. Incapable de murmurer les mots qui faisaient frémir la Serpentard, incapable d’embrasser Kate comme ils avaient pu s’embrasser.

    Il se leva lentement, ne sachant trop pourquoi ses jambes le dirigeaient ainsi vers la Gryffondor. Lorsqu’il fut arrivé à sa hauteur, il s’assit face à elle. N’ayant pas vu la photo qu’elle tenait, il se contenta de la regarder droit dans les yeux. De ne pas ciller. Ses sourcils s’arquèrent légèrement, ajoutant à son visage un air attendrit. Une commissure de ses lèvres frémit quelques secondes, pâle imitation de ce qu’il considéra alors comme un sourire. Sa main droite se leva lentement, s’arrêtant au niveau du fin visage de la Gryffondor.
    Il avait toujours apprécié son regard aussi brun que ses cheveux, parfois châtain lorsque le soleil y déposait ses rayons. Il aimait l’aura de délicatesse qu’elle dégageait naturellement, aimait sa douce odeur sucrée. Aimait sa peau qu’il imaginait douce, tiède, tendre. Parfaite. Aimait sa mâchoire marquée, contrastant avec ses yeux finement dessinés. Aimait ses cheveux ondulés, qu’ils soient attachés ou lâchés.
    Son index rapidement lavé se posa avec d’infinies précautions sur la joue de la jeune femme, et Dante sentit son cœur perdre le contrôle de ses battements. Elle était comme il l’avait si longuement imaginée. Il se permit une légère et timide caresse, puis sa main dériva vers les cheveux de Kate. D’un geste habile Dante en attrapa une mèche qu’il attira vers lui tout en prenant garde de ne pas tirer sur les cheveux. Il avança sa tête, et sentit leur odeur. Son cœur à la limite de la fibrillation. Puis, gardant cette position si proche d'elle, il murmura une fois de plus. Plus pour lui que pour elle.


      _Dante Ca sent l’avenir.


    Il fallut au garçon une bonne dizaine de seconde pour accepter d'enfin se détacher de cette mèche, de ne plus tenir entre ses doigts l'essence même de ce qu'il aimait.
    Aimait... Pouvait-il réellement s'autoriser un tel constat? Avait-il ne serait-ce que le droit d'aimer, alors que tout ce qu'il avait entrepris jusqu'à présent n'avait servit qu'à blesser, autant physiquement que moralement les personnes de son entourage? Il avait d'ailleurs reçu une lettre de sa tante Joseline récemment. Lettre qu'il avait rapidement parcourue des yeux pour finalement la déchirer. Las de tous les conseils qu'elle s'évertuait à lui donner dans chacune de ses missives, Dante avait répondu à sa tante de ne plus lui envoyer aussi souvent de courrier. De lui lâcher la bride, pour citer l'exacte expression qu'il avait alors utilisé.
    Il était indéniable qu'il aimait la présence de Kate. Indéniable qu'elle était la seule personne qui arrivait à le calmer, la seule personne avec laquelle il se sentait bien.
    Dans un soupir, il écarta son visage du corps de la jeune femme dont il s'était rapproché, puis adopta la même posture droite qu'auparavant. Face à elle, il ne put faire autre chose que la regarder une nouvelle fois dans les yeux.

    Aussi surpris de lui qu'elle ne devait l'être.




Only one person can sometimes combine two others.




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MessageSujet: Re: Monster [PV Kate]   Jeu 22 Juil - 11:58
    Le feu qui monta aux joues de la jeune fille n'avait rien de prémédité, et si elle n'était habituellement pas du genre à rougir, elle ne put éviter que cela arrive. Son dos endolori la faisait souffrir et se plaignait d'avoir été de façon régulière et brutale mis en contact avec la pierre dure du mur, tandis que sa main droite à demi-pliée était parcourue de millions de frissons du fait de la mauvaise circulation du sang dans la position où elle se tenait. Toute la tension qui avait pu s'amasser dans son crâne se libéra brutalement, et le vide qu'elle ressentit tout à coup fut à la limite de lui causer un nouveau mal de tête. Le fait que Dante accepte et croit ce qu'elle venait dire au point de ramener cela au passé la réjouissait et la surprenait en même temps. Après tout ce qu'elle venait de voir et de deviner, elle ne l'aurait pas imaginé aussi posé et aussi calme. Pas à cet instant.

    Figée dans une expression de surprise cependant contrôlée, Kate observa avec une envie grandissante la main du jeune homme s'approcher de ses cheveux. Elle n'aurait su dire ce qu'elle ressentait à présent, ni quelle émotion avait pris place à l'intérieur d'elle, mais elle était sûre d'une chose. Elle voulait qu'il la touche. Elle voulait sentir sa peau entrer en contact avec la sienne. La jeune fille ne savait pas d'où cela venait, ni quel chemin cela allait prendre, mais, pour une fois, elle vivait pleinement l'instant présent et ne se posait pas de questions sur ce qui allait advenir ensuite.

    Lorsque Dante attrapa avec d'infinies précautions une mèche de cheveux châtains, après avoir effleuré du bout des doigts le visage de la jeune fille, Kate sentit une pointe de douleur traverser sa poitrine. Il ne lui fallut que quelques secondes pour se rendre compte que c'était à cause de son cœur qui battait bien plus vite qu'auparavant. Quand le Serpentard s'immobilisa enfin et huma la mèche qu'il tenait entre ses doigts, Kate sentit son cœur arrêter d'accélérer, mais continuer à battre à une vitesse singulière. Kate se ferma pas à un seul instant les yeux, ne voulant pas perdre une miette du visage du garçon qu'elle n'avait jamais vu d'aussi près. Elle n'osa pas lever la main pour effleurer sa peau et voir quelle sensation cela lui procurerait, mais ne se lassa à aucun moment de la vision de ce visage si proche du sien qu'elle sentait le souffle du jeune homme sur sa peau.

    Quand le Serpentard finit par reculer pour se replacer là où il était quelques instants plus tôt, Kate ne bougea pas, ne dit rien, trop occupée à fixer le sol d'un air absent, et à retourner dans sa tête les quatre mots qu'avait prononcé Dante "Ça sent l'avenir." Son regard ne quittait pas le sol et détaillait à présent un gravillon sans vraiment le voir. Assise là, à seulement quelques dizaines de centimètres de Lui, elle ne savait comment réagir. Ne sachant et comprenant pas plus ce qu'elle ressentait, il était difficile, voire impossible, d'envisager une quelconque action de sa part. A présent, elle n'écoutait plus son esprit mais son cœur, pourtant, même ce dernier était confus. Tout allait trop vite pour qu'elle puisse réagir et prendre une décision sensée.

    Au bout de quelques minutes de silence, Kate se leva lentement et vint s'asseoir aux côtés de Dante, assez près pour qu'elle puisse entendre sa respiration. La sienne se fit plus sifflante quand elle repensa à sa joue qui brûlait encore, marquée par les lignes de feu que le Serpentard avait tracé de ses doigts, et à son souffle chaud sur son visage, comme à ses cheveux qu'il avait tenu comme s'ils étaient d'argent. Lentement, elle se rapprocha de Dante et leva sa main gauche qu'elle posa sur le torse du jeune homme, à la place de son cœur. La paume de sa main resta ainsi pendant plusieurs minutes, le temps qu'elle lâche dans un soupir une phrase qui ne devait pas restée cachée au fond de son esprit.

      - Ça sent tout. Tout.

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Monster [PV Kate]

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