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 Se remémorer { pivi again

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Constance Morel
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MessageSujet: Se remémorer { pivi again   Jeu 22 Avr - 21:21

    Sept ans étaient passés. Après sa sixième année, Lacey avait tant bien que mal réussi à accepter à recommencer une deuxième année d'examens afin d'obtenir les diplômes nécessaires. Douloureuse expérience résultant de la lutte sans merci entre Potter et Voldemort. Lacey n'avait profité de son statut de Serpentard pour mener la vie dure aux élèves des autres maisons, c'est juste à peine si, encore, elle paraissait exister aux yeux des autres. L'année se serait sans doute aucun très bien passée si elle avait réussi à occulter la présence de Théodore Chamberlain et de Matt, avec qui elle avait tenu bon. Sa rancune avait atteint des sommets quand elle avait appris qu'il était celui qui avait tué Luxine. D'abord la totale incompréhension l'avait envahie : arriver à expliquer un événement aussi irrationnel que la mort lui était trop compliqué. L'épuisement psychologique dans lequel elle était immergée depuis plus de deux ans l'avait rendue inerte, et c'était ce dont Matt était conscient : elle n'allait rien faire. Elle ne pouvait passer d'une loque apathique à une vengeresse emportée. : autant que lui, elle avait craint que le changement ne se fasse progressivement. La vengeance était un engrenage trop compliqué pour elle. Luxine ne le méritait pas : peu bavard, il ne l'aurait jamais prévenu qu'une soudaine appétence pour la magie noire l'avait forcé à suivre Matt Winstead. Lacey s'était pliée à la pression mentale que Teddy s'amusait à exercer sur elle.

    Elle n'avait pas réel souvenir de l'année qu'elle avait passé, deux ans après la fin du Mage Noir. Lacey aurait aimé disposer d'un de ces sorts qui permettait de modifier la pensée, ainsi, elle aurait pu allégrement supprimer cette période de brume total. Et les rares phases qui lui restaient reposaient en une flou et monotone observation d'un plafond de bois sale. Encore aujourd'hui, elle se demandait ce qu'elle avait pu faire de si grave qui l'eût fait agoniser pendant autant de temps. Jusque.. son hospitalisation pure et simple à Sainte-Mangouste. Elle passait l'essentiel de son temps à manger, médicomages prétextant quoi elle avait perdu beaucoup de poids. Puis, un médicomage lui avait été assigné. Un des meilleurs de leur service, s'était-il présenté. Elle venait de quitter l'hôpital depuis quelques mois. Elle se devait depuis une consultation obligatoire toutes les deux semaines, avec un omnipraticien des plus originaux. Il était plus que professionnel, il l'avait forcée à dépasser les limites humaines de la raison et de l'entendement afin de « résoudre » son problème, qui, après soins basiques et réparation des lésions physiques, était plus mental que physique. Un homme de seulement quelques années plus âgé qu'elle. Un grand misanthrope. Il lui avait été très difficile de s'adapter et d'accepter le fait de se confier à celui qu'elle aimait se surnommer « l'aliéné ». Mais comme son apparition s'était faite alors que la jeune femme était plus faible qu'autre chose, elle avait été plus que forcée à s'adapter. Il la connaissait désormais plus qu'elle-même. Lacey lui avait narré tout ce qu'elle était susceptible de savoir sur sa vie, celle d'antan, celle à Poudlard, et celle qu'elle avait actuellement. Même si elle était célébrée par une potion quotidienne. Elle lui avait confié qu'elle aimait beaucoup le piano, et, un jour, elle avait osé lui jouer quelque chose, cela avait été convenu. Le médecin comptait désormais beaucoup dans la vie de Lacey, qu'elle le voulait ou non, qu'il soit un homme de la pire espèce ou non. Elle avait été contrainte d'abdiquer. Placée sous assistance, elle avait une précise et compliquée liste de potions à prendre chaque jour. Il lui était impossible d'en expliquer les effets majeurs mais elle retenait qu'une lui régulait le sommeil et l'autre canalisait ses crises d'épilepsie.

    Forcée et obligée à prendre soin de son apparence, Lacey avait intégré un bureau moldu il y a peu. Elle continuait cependant à vivre dans le monde sorcier, considérant qu'il était impossible qu'elle se permette un doux glissement vers son ancienne vie tant qu'elle était rattaché à son psychologue. Foncièrement, il lui menait une existence difficile mais elle était plus que contrainte à prendre sur elle-même si elle souhaitait que son plan fonctionne. Elle ne savait cependant pas si son désir de suicide était assouvi ou si elle continuait à espérer un semblant de retour à la normale. Son état mental restait incertain. Elle oscillait entre une relative accalmie intérieure et un fructueux état désespéré. En ce jour de vendredi, elle sortait donc d'une consultation. C'était la raison pour laquelle elle avait préféré voir Carl Bishop à l'extérieur du cercle sorcier. Elle ne savait pourquoi elle éprouvait le besoin de le voir après tant de temps. S'excuser? Se repentir? Le remercier?

    Ou peut-être voulait-elle juste réaliser que le monde autour d'elle continuait de tourner.

    Elle entra dans le célèbre bar, persuadée qu'il ne serait pas aussi bondé qu'elle ne le croyait. Comme elle venait justement de le penser, elle passait juste avant l'heure de pointe. Il était tout juste dix-sept heures quarante-cinq. Lacey était persuadée qu'avoir attendu une réponse de l'ex-Serdaigle était tout à fait dérisoire de sa part. C'aurait montré un trop grand changement, un trop grand bouleversement de son caractère. Qui était sans doute possible dans d'autres circonstances. Habillée d'un lourd manteau de daim noir, portant un simple tee-shirt rouge profond, texturé de multiples phrases sans sens, le jean tout aussi charbonné que son manteau laissait ressortir la maigreur de ses jambes. Ses longs escarpins rouge sang ajoutaient déjà cinq centimètres à sa taille gigantesque. Elle eut un léger sourire pour le barman et s'assit dans un coin à l'abri des racontars et des regards indiscrets. Physiquement, rien ne prouvait qu'elle venait de passer les sept plus difficiles années de sa vie. La jeune femme de vingt-trois ans était très discrètement maquillée et ses cheveux subsistaient, longs, légèrement ondulés derrière son épaule. Elle demanda un simple verre d'eau, dans lequel elle versa une minuscule fiole bleue. Quand elle fut assurée que personne ne regardait dans sa direction, elle l'ingurgita allégrement. C'était un liquide de tonicité. Elle avait besoin de remèdes supplémentaires, ces derniers temps. Elle se resserra dans la carafe d'eau et but avec ardeur.

    Dix-huit heures sonna. Elle leva les yeux, se leva et contourna la table, lui faisant face. Un nœud dans son ventre se forma. Elle n'y prit pas compte.


      « Ton élégance n'a fait que s'accroître, Carl. Je suis heureuse que tu sois ici. »




    Don't listen to a word I say.– Hey !– The screams all sound the same.– You're gone, gone, gone away,I watched you disappear.All that's left is a ghost of you.– Now we're torn, torn, torn apart, there's nothing we can do,Just let me go, we'll meet again soon.– Now wait, wait, wait for me, please hang around– I'll see you when I fall asleep. ✖


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MessageSujet: Re: Se remémorer { pivi again   Sam 24 Avr - 14:23

CARL & LACEY

    Petit à petit, la routine s'était installée. Il n'y avait guère plus de grosses perturbations dans la monde magique, maintenant que la menace de feu le seigneur des ténèbres et ses partisans s'était éteinte. Il restait bien quelques anciens Mangemorts qui continuaient à s'obstiner à vouloir à tout prix rétablir la souveraineté d'un personnage maléfique pour terroriser le monde des sorciers, mais en vain. La Gazette du Sorcier n'avait en ce moment pas d'énormes scoops qui satisferaient ses lecteurs. Carl, par exemple, trouvait son compte uniquement dans la rubrique voyage, celle qui traitait de certains problèmes extérieurs à la Grande Bretagne, et qui le concernait plus ou moins. Lui qui voyageait beaucoup dans le cadre de son travail se devait d'être informé du grabuge alentours, c'était la moindre des précautions.

    Toujours était-il que depuis un mois, il n'était pas parti. Il s'occupait de certaines affaires internes à Gringotts, et cela lui faisait une pause dans tous ces grands trajets épuisants à la longue. D'autant plus qu'il avait sa future femme sur place, et c'était toujours son plus grand bonheur que de pouvoir demeurer à ses côtés maintenant qu'ils étaient réunis pour de bon. C'était indéniablement une des raisons pour lesquelles maintenant, Carl insistait à chaque fois pour rester là à s'occuper de la paperasse plutôt que de repartir dans une de ses aventures autour du globe. Ses supérieurs acceptaient naturellement, du fait qu'en général personne n'était volontaire pour tout ce qui relevait des taches administratives.

    Son quotidien avait été très légèrement bouleversé par une lettre, postée à son domicile en début de semaine par un hibou vraisemblablement, à en juger par les légères traces de serres sur la petite enveloppe depuis laquelle Carl avait extrait ce billet qui émanait de Lacey ; un petit bout de parchemin d'utilisation typique des sorciers. L'ex Serdaigle avait été pour le moins surpris, mais il n'aurait su dire si c'était agréablement ou pas. Il avait préféré ne pas tenir Effy au courant, du moins pour l'instant. Il n'avait pas jugé cela très utile, et il savait qu'elle ne lui en voudrait pas de lui avoir caché ça ; c'était assez insignifiant, dans le fond. D'autant plus qu'il ne savait même pas s'il irait au rendez-vous proposé par son ancienne 'camarade'. Son naturel méfiant imaginait que tout ça cachait quelque chose. Il se faisait certainement des films, mais il avait réellement du mal à deviner pourquoi elle souhaitait le revoir après tant d'années sans nouvelles.

    Vendredi était finalement arrivé. Carl s'était levé sans spécialement avoir la conviction qu'il irait au rendez-vous. Il ne s'était pas donné la peine de renvoyer une réponse, quelle soit négative ou positive. Le silence était son droit le plus strict. Il se leva le matin et sortit de l'étreinte d'Effy qui le serrait fort. Il commençait le travail tôt, pour le finir tôt. Il s'était vêtu sobrement, ce n'était pas la peine de faire des fantaisies pour ses collègues, surtout qu'une majorité était des gobelins. Un pantalon foncé, une veste un peu vieux genre, grise, années cinquante, avec trois boutons. Chemise également très sobre, blanche, avec une cravate fine noire. Sa plus grande manie était de toujours vérifier son nœud et de le resserrer et l'ajuster jusqu'à obtenir quelque chose de parfaitement symétrique.

    Sortit de l'appartement, il atterrit dans la rue moldue, marcha jusqu'au Chaudron Baveur qui n'était pas loin -à quelques rues- et emprunta le passage pour le Chemin de Traverse qu'il parcouru en longueur jusqu'à Gringotts. Le trajet à pied tous les matins et tous les soirs l'aérait, car le reste du temps, le jeune homme restait quasiment toujours enfermé. Quand il entra dans la banque, les gobelins firent preuve de l'amabilité qui leur était tellement caractéristique, et Carl fut orienté vers l'arrière boutique, dans une salle d'archive afin d'y trier certains documents. Il n'allait pas s'en plaindre, s'était son choix. La journée s'écoula relativement vite. Un collègue eut l'opportunité de lui tenir compagnie une bonne partie de l'après midi et à s'atteler à la même tâche que l'ancien préfet. En parallèle de ceci, Carl s'était beaucoup demandé si finalement il devait oui ou non se présenter dans ce bar. C'est quand il s'imagina que ce pouvait être pour une raison grave que Lacey souhaitait le voir qu'il se décida.

    Il était dix sept heures quand il quitta Gringotts. Par malheur, il devait traverser plus de la moitié de la ville pour se rendre au point de rendez vous, et ce n'était certainement à pied qu'il allait y aller. Il n'allait pas transplaner non plus, puisque c'était dans un coin moldu. Il opta pour une solution à l'ancienne, à la moldu justement. Le bus, il n'y avait que ça de vrai dans de pareilles conditions. Carl avait retiré sa cravate et l'avait fourré dans une de ses poches ; il n'allait pas à un entretien d'embauche ou un rencard qui changerait le cours de son existence, et n'avait donc pas besoin de demeurer si bien habillé. En plus de ça, il sortit sa chemise de son pantalon et laissa sa veste ouverte. Il fallait paraître détendu, et il n'avait de toute façon pas envie de subir la contrainte de la tenue vestimentaire plus longtemps, sans quoi il se sentirait étouffé. Il se décoiffa également, passant outre la rigueur de présentation exigée à la banque, mais qui n'avait pas lieu d'être étant donné la non-interaction de Carl avec le public. Il ne fallait pas poser de questions et garder seulement en tête que la paye mensuelle arriverait que s'il était présentable sur son lieu de travail.

    Le bus finit par atteindre l'arrêt le plus proche du Ye Olde Cheshire Cheese à 17 heures 45, et Carl en descendit donc. Posant les mains sur ses hanches, il laissa le transport en commun repartir avant de soupirer et de regarder autour de lui, cherchant un quelconque point de repère. Il ne venait jamais dans ces environs là et se retrouvait donc un peu démuni face à l'immensité et la persistance du monde moldu. Le jeune homme demanda son chemin à un vieux bonhomme qui passait, appuyé sur une canne, et dont l'accent mettait Carl en difficulté pour comprendre. Avec des indications pareilles, trouver le pub relèverait à moitié du hasard et de la chance. Après de longues minutes de vagabondage dans la direction qu'avait indiqué le vieux monsieur, il tomba finalement devant l'endroit convoité. Il sortit le billet d'invitation de Lacey de sa poche intérieur pour vérifier une dernière fois qu'il s'agissait bien du bon endroit, levant tour à tour les yeux sur le parchemin et l'enseigne. C'était bel et bien là.

    Il entra, mains dans les poches à la manière de n'importe quel loubard venant boire un coup après une journée de labeur, et aucun serveur ne l'interpela pour lui désigner une table comme c'était le cas dans bon nombre de restaurants. Ce n'était pas plus mal comme ça ; Carl devait d'abord trouver Lacey si tenté qu'elle soit réellement là. Il scruta les alentours quelques secondes avant de remarquer une jeune femme dans un coin, au profil étrangement ressemblant à celui que l'ancien Serdaigle avait pu connaître dans ses années à Poudlard. Visiblement, elle aimait toujours la solitude et la réclusion dans un espace autre que ceux convoités par le reste des gens. Pour un peu plus d'intimité, le coin était parfait. Sans grande certitude par rapport à la suite des événements, Carl marcha doucement dans cette direction. Il avait pu voir la jeune femme avaler le contenu de son verre, ce qui semblait être de l'eau mais dont la couleur avait étrangement été tournée. Il ne se posa guère de questions, trop concentré sur ce qui se passerait. Lorsqu'il fut assez proche pour qu'elle l'ait remarqué, elle leva la tête, se leva, et le jeune homme s'aperçut de l'exactitude de son intuition.

    Avant même de pouvoir observer son apparence en détails -ou la reluquer, n'ayons pas peur des mots- il retrouva la teneur de sa voix dont l'intonation semblait toutefois légèrement différente de ce qu'il avait connu bon nombre d'années auparavant. Elle, elle avait reconnu Carl sans peine malgré ses différences physiques, ses cheveux moins longs, sa barbe naissante, ses cernes plus creusées. Il restait assez atypique. Ces premières phrases depuis longtemps avait une texture nouvelle. Elle était heureuse... Jamais elle n'aurait dit ça dans les circonstances qui étaient les siennes à Poudlard. D'autant plus qu'elle avait pallié ça d'un compliment. Carl était légèrement méfiant, c'était la moindre des choses. Il lui renvoya tout de même un de ses petits sourires satisfait. Rien que pour se voir vanter les mérites de son élégance, il ne regrettait pas d'être venu, même si justement il avait tout fait pour paraître naturel et pas abuser de classe.

    Elle n'avait presque pas changé, physiquement parlant. Toujours aussi gigantesque, toujours aussi frêle, toujours le même visage. L'érosion naturelle qui altérait l'apparence des gens normaux ne semblait pas avoir d'influence sur elle. Là, il était donné à Carl la possibilité de l'admirer sous un jour nouveau, sans contrainte de robe de sorcier ou autre. Elle était belle, et au final elle l'avait toujours été. C'était seulement que ce petit sourire et cet air plus détendu lui avaient fait défaut lorsqu'elle était à Poudlard. Carl s'assit en même temps qu'elle. Il ne l'avait pas remercié, ça aurait été trop facile. Il se contenta de renvoyer une parole ni éloquente ni vexante, d'une voix amicale et avec un léger sourire qui trahissait un certain degré de joie des retrouvailles.


      « Et toi tu es toujours pareille. Je ne sais même pas pourquoi je suis venu, les raisons de cette rencontre sont un peu obscures, pour tout te dire. »


    Un serveur vint perturber la scène qui débutait à peine, venant prendre en compte le fait que Carl avait certainement soif. Il se serait bien passé de toute boisson, surtout que tout ce qui constituerait les réserves n'aurait aucun caractère magique, mais il ne pourrait pas rester s'il ne consommait pas. Un rapide moment de réflexion eut raison de lui, et s'était accommodé de la vie en centre Londres entourés de personnes pour lesquelles le monde magique était un inconnu de première classe, c'est dans un esprit moldu qu'il parla, commandant un demi-pêche, comme un grand. L'employé ne prit pas de note, sans doute conservant ça dans un coin de sa tête, ce qui laissait penser que Carl n'aurait pas longtemps à attendre avant d'avoir son verre en face de lui. Posant ses coudes sur la table et joignant ses mains, il reporta son attention sur son interlocutrice.
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MessageSujet: Re: Se remémorer { pivi again   Dim 5 Sep - 1:40
Here we are, in the best years of our lives.
With no way of knowing, when the
wheel'll stop spinning cause we don't
know where we're going ...

< moment of truth – fm static >


    Si c'était Carl qui avait pris la responsabilité de la rejoindre et si c'était Lacey qui était désireuse de le retrouver, les deux adultes n'avaient pas manqué au rendez-vous. De ce fait la jeune femme se plaisait à imaginer quelque chose de symbolique : une de ces réminiscences qu'offrait le passé et qu'on aimait cueillir afin d'en humecter le parfum diablement tentateur. Dans les minutes qui avaient précédé leurs retrouvailles, Lacey s'était plu à remuer d'anciens souvenirs, à en analyser la teneur et à en apprécier la légèreté, ceux, où, insatiables, les enfants qu'ils étaient alors luttaient à se reléguer le mauvais rôle. Aussi, quand Lacey s'évertuait à replonger dans les sept années qu'elle avait passé à Poudlard, elle ne s'empêchait de constater que si elle avait été capable d'atteindre le garçon par les mots, il avait triomphé d'elle grâce à l'assiduité et la patience qu'il s'était appliqué à utiliser dans les moments les moins attendus, dans une croyance en des valeurs qu'elle avait alors jugé dérisoire. Sans doute était-il grisé de voir que ses efforts, même après tant d'années, n'avaient servi à rien. Ou était-il juste froid et distant à cause d'une espèce d'importance, que, comme beaucoup, il portait à ces individus qui passaient et trépassaient dans leur vie avec une espèce de complaisance et un mépris écœurant.

    Lacey ignorait si elle devait s'excuser ou le remercier pour ces maigres instants d'incertitude, où, dans l'alcôve d'un couloir désert, en pleine nuit, il avait tenté de pallier sa solitude, même par une parole vaine et modeste. Et elle était de ces femmes qui n'y accordaient pas grande importance, pas simplement par honneur ou par mépris, non … Cela résidait probablement dans le fait qu'elle était incapable de vouer de l'intérêt au déliement des relations humaines- la seule relation sur laquelle Lacey concentrait sa vie était probablement celle qu'elle avait vécu avec Luxine.
    « J'avais juste envie de te voir. » prononça t-elle distinctement comme maigre introduction avant de murmurer, du bout des lèvres : « Même après tout ce temps … Après ces morts et ces batailles. Ces guerres … Je n'espère pas de grands discours, de grandes tirades ou de grandes discussions, tu sais, Carl. Je veux juste pouvoir te remercier dignement, sans que tu te sentes redevable et que tu me recontactes. » Le verre de Carl arriva et Lacey eut un regard contre son verre d'eau vide, qu'elle remplit de nouveau.

    Sortant une fine boîte emplie de comprimés multicolores, Lacey eut un regard d'excuses sur Carl et prit de nouveau un anti-dépresseur. Elle allait très bien, sans conteste. Matthew ne lui avait rien prescrit. Elle agissait seule, se servait dans les pharmacies moldues de sa propre initiative. Lacey savait que ce n'était pas le moment de penser au regard accusateur qu'il lui livrerait lorsque, d'un rapide sort d'analyse, il verrait qu'elle en aurait abusé. Choisi pour sa discrétion, le bar moldu ne promettait aucune contrariété, n'entacherait nullement leurs retrouvailles. Ils en garderaient un bon souvenir parce qu'ils l'avaient choisi, se persuada Lacey en lançant un petit sourire poli à son interlocuteur.
    « J'ai été abominable avec toi. Sans chercher à ce que tu me pardonnes ou que je me confonde en excuses, je veux que tu saches que je le sais, que je sais combien j'ai pu être peste et horrible avec ceux qui se souciaient de mon état. Et .. hum .. Je sais que.. enfin .. ce doit être un peu bizarre que je te rende la pareille de cette façon, un peu trop soudainement, sous prétexte que je trouve un peu de temps pour moi entre ça et le boulot et que .. » La main leste qu'elle passa dans ses cheveux lui rappela le geste machinal et inconscient qui la submergeait alors qu'elle n'était qu'à Poudlard et qu'elle comblait tous les silences d'une même voix nasillarde qu'elle avait d'ailleurs gardé.

    Carl possédait cette espèce de nonchalance dans sa manière d'être qu'à Poudlard il avait tenté de dissimuler par une impeccabilité et une droiture effrayantes. Résorbé de ses contraintes, obligé de faire face aux règles qu'il s'était lui-même imposé, il avait choisi de se détacher de tous les principes auxquels, adolescent, il avait pris un grand soin à sanctifier. C'est ainsi que Lacey n'avait eu de difficulté à le découvrir, départi de tout habit sorcier, s'individualisant inconsciemment.
    Elle rappela le serveur, commandant un yorkshire pudding avec une assiette de riz, sans se départir du sourire poli qu'elle avait adressé à Carl il y a maintenant quelques minutes.
    « N'hésite pas si tu as faim, ils ont des trucs délicieux. »

    Les paumes des mains posées contre le plat de la table, Lacey sut qu'une question aussi anodine que pouvait être celle de l'inquiétude qu'elle pouvait avoir sur son état actuel pouvait, de sa part, ne pas paraître sincère, ou provenir d'un désir convulsif de satisfaire la pesanteur du moment présent. Se rappelant qu'elle n'avait plus rien à perdre, qu'elle ne voulait rien lui prouver- surtout en cet instant- Lacey aborda un sujet tout autre : « Dis-moi … Et niveau boulot, bien sûr, tu es dans le monde magique ? Est-ce que tu penses qu'il y aurait des occasions plutôt sympathiques pour les outsiders de mon genre ? » Les réserves d'eau dans la carafe commençaient terriblement à s'amincir- ce fut la constatation que Lacey fit bien malgré elle. Après tout, elle ne buvait pas tellement, n'est-ce-pas ? Que Carl disposât qu'elle était en fait une droguée au médicaments n'était assurément pas très bénéfique pour leurs retrouvailles.

    Lacey était plus qu'assurée que son progrès était flagrant, que Carl avait au moins constaté son évolution physique- tant bien même était-elle superficielle-, qu'elle parlait certainement plus et mieux qu'il y a sept ans. Mais elle-même ne comprenait pas ce soudain désir de simplicité qui la submergeait, qu'elle puisse avoir envie de retrouver une vieille connaissance alors que les circonstances étaient certainement un peu particulières. Un journaliste affublé de lunettes, non loin d'eux, paraissait absorbé dans l'écriture d'un article de presse, alors qu'encore plus loin, leur serveur était plongé dans une conversation apparemment extrêmement intéressante avec sa collègue. Ajustant son tee-shirt trop moldu, Lacey retira distraitement son manteau.
    « Je .. Je suis parfaitement normale, maintenant. Une femme normale. Je ne suis plus l'adolescente cinglée qui te murmurait que la mort est quelque chose de particulièrement excitant. » Ou sans doute tentait-elle de s'en convaincre.




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Se remémorer { pivi again

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