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 Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]

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Griffith Harftly
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MessageSujet: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Lun 29 Mar - 21:43

Enfin. Cela faisait une semaine et onze heures que Griffith n’avait pas vu Anaconda. Et les deux amants avaient rendez-vous ce jour même. Lui n’en avait pas dormi de la nuit tellement la hâte de voir celle qu’il aimait l’animait. Il sentait déjà leurs peaux se toucher, leurs lèvres s’embrasser. Durant toute la nuit il n’avait pensé qu’à ça. Aussi, à peine le soleil avait-il montré le bout de son nez que Griffith était sauté de son lit. Aucun cerne ne creusait son regard, aucun signe de fatigue n’habitait son visage. Bien au contraire, car un immense sourire étirait ses lèvres. Saluant chaque personne qui se trouvait face à lui lors de son avancée vers les douches –soyons clairs qu’ici, « personne » peut aussi désigner un mur, une table, une porte…-, c’est avec un cœur battant à toute allure qu’il se rendit sous un jet d’eau froide. Il l’aimait comme ça, la douche. Gelée. Il aimait le frisson qui parcourait son corps entier lorsque les gouttes d’eau éclataient sur sa peau, il aimait sentir ses muscles se crisper suite à ce contact glacial. Puis passé les quelques minutes de surprise, une fois que son corps s’était habitué à cette température négative, il pouvait alors se délecter de ce moyen dynamique de se mettre en forme. Lorsqu’il eut fini, Griffith fonça dans son dortoir. Car maintenant se trouvait face à lui un dilemme énorme. Comment s’habiller ? Devait-il se la jouer classe avec une veste de costar qu’il gardait pour les grandes, pour les immenses occasions ? Non, trop réglementaire. Sa tenue de sorcier ? Non, sûrement pas en week-end ! Le Poufsouffle tergiversa ainsi durant une bonne dizaine de minutes, farfouillant dans sa valiser afin de dénicher l’habit qu’il trouverait approprié pour ce rendez-vous. Puis finalement, il enfila une chemise blanche sous un fin gilet en laine gris-clair. Il décida de ne rien mettre de plus sur son buste, car le temps semblait enclin à la chaleur. Un simple jean suffit à combler ses jambes nues, et il décida de clore le tout avec une paire de baskets grise. Histoire d’assembler le haut et le bas et de ne pas être totalement dépareillé devant cette si parfaite Anaconda. Les idées du garçon divaguèrent une nouvelle fois vers elle. Il se demandait alors comment elle allait être habillée, essayant de deviner ce détail avec le peu de chose qu’il connaissait d’elle. Il imagina le regard qu’elle porterait sur lui. Et rien qu’à y penser, le cœur du garçon rata un battement.

Il était à peine huit heures du matin, tous ses camarades étaient encore profondément endormis sous leurs couettes, et Griffith ne savait plus quoi faire pour s’occuper. Chose rare, il fit son lit, puis retourna dans la salle de bain dans laquelle il inspecta chacune de ses dents après les avoir soigneusement brossées, et enfin il s’occupa de sa coiffure. Un ébouriffage de cheveux puis un posé de chapeau furent largement suffisants. Finalement, après avoir longuement hésité entre s’asseoir dans un canapé de la salle commune ou retourner sur son lit, le garçon choisit la seconde option. Comme ça, il pouvait rêver éveillé plus confortablement.

A onze heures pile il était dans la Grande Salle, attablé. Griffith guettait la table des Serpentard ainsi que les grandes portes afin de peut-être la voir avant l’heure. Mais rien n’y fit, elle n’était pas là. Et il commença son repas goulûment. Quelques cuisses de poulet bien grillées et des pommes de terre firent l’affaire. Puis le garçon quitta hâtivement la Grande Salle après s’être bien rassasié. Il fit un tour par sa salle commune afin de passer par un dernier brossage de dents. Enfin, il se jugea définitivement prêt et… en avance. Il n’était même pas midi, et ils s’étaient donné rendez-vous aux alentours des deux heures. Tant pis, il préparerait le terrain. Montant deux autres étages, Griffith se rendit dans la salle abandonnée. C’était l’endroit qu’ils avaient tous deux choisis, afin d’y trouver un peu de calme durant les rares moments pendant lesquels ils avaient du temps pour eux deux. Dans un couloir, une porte en bois creusée par le temps. Les rainures du bois s’étaient agrandies, et l’on avait l’impression que cette porte pouvait se briser suite à un coup un peu trop puissant. C’était bien la porte qu’un ami lui avait décrit. Après avoir regardé autour de lui si personne ne le voyait, Griffith posa sa main sur la poignée de cette vieille porte. Puis, après avoir délicatement relevé le loquet, il poussa doucement et avec mille précautions le bois de peur qu’il ne se brise. A sa grande surprise, la couche de chêne qui constituait cette entrée était bien plus épaisse qu’il ne l’avait pensé. Et donc autant dire que la porte avait encore de belles années devant elle. Posant doucement un pied sur le sol de cette sombre pièce en faisant un bruit feutré, Griffith pénétra dans cette étrange salle. L’impression qu’il ressentit lorsque la porte se ferma derrière lui et qu’il se retrouva seul dans cet antre éclairée par la seule lumière que deux faibles torches offraient fut tangible. Il se sentait aussi mal que bien.

Puis, ayant pas mal de temps devant lui, Griffith inspecta tous les recoins de cette pièce aussi vide d’objets physiques que pleine de monstres imaginaires. Ici et là se trouvaient divers objets que le Poufsouffle ne regarda pas spécialement. Sauf l’un qui attira son attention. Il attrapa ce qu’il restait d’une couverture, soulevant un paquet de poussière étouffante à la fois. Toussotant, il sortit sa baguette et offrit une seconde vie à ce plaid en laine. La question « Mais qu’est-ce qu’un plait fout ici ? » n’entra même pas en son esprit tellement il était heureux d’avoir trouvé quelque chose sur quoi s’asseoir de plus confortable que ce sol de pierre dur et froid. Après avoir vérifié que son chapeau se trouvait bien là où il se devait d’être, autant dire sur son crâne, il étala le plaid au sol. Voulant tester la chose, Griffith s’assit sur ce qu’il imaginait être un minimum confortable. Il s’avéra qu’il avait raison. Du moins c’était toujours mieux que le sol. Il décida de rester assit sur ce plaid en attendant l’entrée de son amour. Les torches offraient une lumière tamisée qui n’était pas assez puissant pour éclairer la pièce entière. Griffith ne voyait donc pas la porte. Attendant le grincement qui signifierait l’entrée d’Anaconda,Il prenait son mal (de fesses) en patience. Et puis il savait que de toutes manières, quand Anaconda entrerait dans cette pièce, il en oublierait toutes ses sensations. Alors, où était l’importance ?







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Anaconda Lewis
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mer 31 Mar - 18:43
« Quatorze heures dans la Salle Abandonnée, mon amour. »


Après une semaine interminable, c'était exactement ce dont elle avait besoin... le revoir. Il lui avait tant manqué que c'en devenait insupportable, pour elle qui n'avait jamais ressenti autant de sensations en si peu de temps: amour, évidemment, mais aussi passion, confiance et sécurité. Il était tout pour elle, désormais.
Depuis leur première rencontre, la jeune fille avait changé. Physiquement, elle rayonnait: ses yeux bleu comme un ciel de juillet sans nuage brillaient en permanence, sa peau blanche était fraîche et lumineuse, et enfin, elle respirait la grâce et la sérénité. Mentalement, c'était autre chose: elle était moins froide avec les inconnus, plus décontractée, et surtout, elle aimait. L'amour qu'elle ressentait et que lui donnait son amant la comblait à un point qu'elle n'aurait jamais cru possible. Elle n'était plus seule, elle avait trouvé sa moitié. Aussi; sa magie et sa musique bénéficiaient des effets extraordinaires de l'amour: chaque sort lancé était appliqué et réalisé avec douceur, et chaque note qui émanait de ses doigts de fée, au piano surtout, devenait aussi mélodieuse qu'un chant de sirène.
Bref, elle était terriblement amoureuse, il lui manquait atrocement... mais enfin, elle allait le revoir.

Anaconda se leva d'un bond agile, ce matin-là, aux aurores. Son corps entier vibrait d'excitation, et le joli sourire qu'elle affichait si tôt en surprit plus d'une. Seules quelques unes de ses amies savaient qu'elle sortait maintenant avec Griffith Harftly, et bien qu'elle ait eu à essuyer quelques remarques désagréables sur la Maison de son amour ou sur ses fréquentations, Anaconda se fichait royalement de l'avis des autres, plus qu'autrefois, en tous cas. La joie euphorique dont elle était imprégnée parut s'étendre à son entourage: les rares élèves, comme elle déjà réveillée, avaient l'air pleines d'entrain, ce qui se révélait plutôt rare pour des élèves de Serpentard. Mais bon, passons.
La jeune brune se dirigea d'un pas pressé vers la Salle de Bains, où elle fit couler l'eau tout en se déshabillant. Elle rentra dans la douche, et soupira en sentant les gouttes brûlantes glisser sur son corps: quoi de mieux qu'une douche chaude et assurément relaxante pour bien démarrer le matin?
En sortant de la douche, les cheveux lavés, Anaconda retourna à son dortoir, une odeur de Jasmin la suivant partout. Le soleil était lui aussi sorti de son lit et ses rayons étaient paresseusement filtrés par les fenêtres de la Salle Commune. Ainsi, une douce chaleur commença à envelopper doucement la pièce, et Anaconda reposa le pull vert qu'elle avait sélectionné. Il allait probablement faire chaud, et la Serpentard préférait ne pas trop se couvrir. Elle se demanda aussi comment Griffith serait vêtu, et elle esquissa un sourire involontaire en pensant au jeune homme... torse nu.
Finalement, la jeune femme choisit une robe légère, noire et plutôt sobre, mais qui mettait en valeur ses yeux bleus et ses lèvres rouges. Elle enfila des ballerines, hydrata ses jambes grâce à une crème de beauté prêtée par sa soeur Elladora. Côté vestimentaire, elle était prête.
Ses camarades commençaient à se lever lorsque la jeune fille attaqua le côté mise en beauté - soin capillaire. Sous le regard étonné des autres filles (d'habitude, Anaconda portait de simples jeans le week-end), la fille aux yeux saphir se sécha les cheveux, et les coiffa un peu à la manière d'une célèbre femme moldue des années 50... Marylin Baker, non... Norma Monroe... ou quelque chose dans le genre. Ensuite, elle passa du baume à lèvre sur les siennes, puis enduisit ses cils de mascara noir, très discrètement, afin de les allonger.
Une fois les dix minutes consacrées à ce travail minutieux écoulées, Anaconda Lewis se recula un peu du miroir afin d'avoir une vue d'ensemble d'elle-même. Et elle fut plutôt agréablement surprise. Son reflet lui renvoyait l'image d'une jeune fille d'environ seize ans, fine et élancée, parée d'une fine robe noire qui soulignait sa poitrine et s'évasait au niveau des genoux, mettant en valeur sa taille de guêpe. Les deux points bleu électrique qui ressortaient dans l'ensemble n'étaient autre que ses yeux, que la Vert & Argent avait superbement marqué. Simple mais raffiné, séduisant mais loin d'être vulgaire, en somme.

Il était maintenant plus de huit heures, et la jeune femme, toute prête, trépignait d'impatience. Toutes ses pensées étaient tournées vers la seule et même personne; Griffith. Que faisait-il en ce moment? Où était-il? Pensait-il à elle comme elle pensait à lui? Avait-il quitté son chapeau? Esquissant un léger sourire, Anaconda se dirigea vers les confortables canapés de la Salle Commune et se saisit d'un livre pour faire passer le temps. Mais, n'arrivant pas à se plonger dans sa lecture comme elle le souhaitait, elle reposa l'ouvrage et sortit faire un tour dans le Château. Encore... six heures. C'était si long, si long! Anaconda se promena dans le Premier Etage, puis alla faire un tour du côté des Poufsouffle. Extrêmement déçue, elle constata que Griffith n'était pas sorti. Puis, elle retourna dans sa Salle Commune et tua le temps tant bien que mal en faisant ses devoirs pour la semaine.
Absorbée dans son travail, la jeune femme fut soudainement tirée de ses révisions par la nuée des élèves qui se rendaient dans la Grande Salle pour déjeuner: il devait être midi moins vingt, peut-être. Avec entrain, Anaconda les suivit, se joignant à eux pour un repas. Pourtant, elle ne cessait de guetter les cheveux dorés qu'elle connaissait si bien, mais en vain. Elle toucha à peine son assiette, et remonta assez vite dans son dortoir. Dernières retouches. Evacuation des doutes. Et réflexion logique: Griffith n'était pas dans les couloirs, il n'était pas à la Grande Salle. Il devait l'attendre. Il n'y avait pas d'autre possibilité!
Il était midi et demi, désormais, et la jeune Vert & Argent ne se sentait pas le courage d'attendre encore plus. Alors, elle monta impatiemment les escaliers qui la séparaient de son lieu de rendez-vous. Elle arriva quelques minutes plus tard au Cinquième Etage, puis adressa une courte prière à Merlin pour que tout se passe correctement.

Devant la porte marquée par le cours du temps, Anaconda retint sa respiration. Sa main blanche se posa sur la poignée, qu'elle tourna dans un grincement assez sonore. Puis, elle poussa la porte et étouffa un cri surpris. Il était déjà là! Il l'avait attendu... Tout à coup, l'aspect poussiéreux et glauque de la pièce lui parut dérisoire et sans importance. Peu importe la faible luminosité; il était là, elle le voyait, assis, devant elle...
La sorcière reprit contenance et s'avança vers le jeune homme, en lui adressant un clin d'oeil:

- Alors, l'homme au chapeau... on m'attendait?

Puis, elle s'approcha de lui en souriant.



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Griffith Harftly
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mer 31 Mar - 20:38
Assis sur son improvisation de matelas, Griffith s’était adossé au mur et fixait la porte inlassablement. Lorsque la porte s’entrouvrit, il reconnut immédiatement le bras qui la poussait. Ayant perdu toute notion du temps dans cette salle sans fenêtre, il ne put savoir si Anaconda avait été aussi pressée que lui ; si elle aussi n’avait pu fermer l’œil de la nuit. Mais ces questions s’évaporèrent dès lorsqu’il vit la silhouette de la jeune femme. Le contre jour que la lumière du couloir contre la noirceur de la pièce malgré les deux torches offrit à Griffith une silhouette noire. Il ne pouvait pas voir les expressions qui passèrent sur le visage d’Anaconda lorsqu’elle le vit, mais il savait celles qui passaient sur le sien. Ses yeux s’illuminèrent, et sa bouche se fendit en un immense sourire. Il remarqua qu’elle portait une robe et avant même de l’avoir vue à la lumière, il savait à quel point elle était magnifiquement bien portée. Il se leva hâtivement, manquant de se prendre les pieds dans le vieux plaid, et se dirigea vers son amour. Il sentit son odeur bien avant de la toucher. Cette odeur de jasmin qu’elle laissait partout où elle allait, au plus grand bonheur de Griffith. Cela lui était d’ailleurs déjà arrivé une fois, alors qu’il marchait simplement dans les couloirs de Poudlard, de reconnaître ce parfum tant aimé. Et son cœur de s’emballer.

Il se rapprocha lentement d’elle, et tendit les bras bien avant de l’y retrouver. Son cœur semblait vouloir déchirer sa cage thoracique, et son sourire était si grand qu’il aurait pu s’étendre sur l’ensemble de son visage. Ses mains tremblaient d’envie d’entrer en contact avec celles de son amour, de retoucher cette peau si douce. Aussi, lorsqu’enfin leurs corps se rencontrèrent, Griffith ne l’embrassa pas. Il dans ses bras celle qu’il aimait au-delà de tout ce qu’il pouvait aimer, et la serra contre lui. Il s’imprégna de son parfum, toucha ses boucles si belles et bien coiffées, puis embrassa son cou de plusieurs petits baisers tout en se déplaçant vers son visage. Il frôlait la peau de son nez, et son souffle était heurté tellement le bonheur emplissait ses poumons, emplissait son cœur. Tellement le bonheur l’emplissait entièrement. Ses lèvres finirent enfin par rencontrer celles de son amour, et au lieu de les poser rapidement, d’embrasser passionnément Anaconda, Griffith prit le temps. Il prit le temps de caresser ses lèvres de ses doigts, de plonger Ambre dans Océan. Le plaisir était si intense qu’il en aurait pleuré si la vue de l’aimée ne le rendait pas si heureux.
Toujours sans un mot, Griffith-le sourire ancré sur ses lèvres- était en elle. Il inspectait son regard comme il avait inspecté la pièce, cherchant le moindre trait de tristesse, de peur ou d’autre sentiment péjoratif. Rien. Autant que lui, Anaconda semblait au summum du bien-être. Cela suffit à Griffith pour parfaire le tableau, et enfin il prit la parole. L’émotion nouait sa gorge, et il du chuchoter de peur de dérailler.

_Griffith Tu es enfin là, mon Ange

Et enfin, il posa passionnément ses lèvres sur celles de sa moitié. Il tenait la jeune femme par la taille d’une main, et l’autre était posée au creux de son cou. Une vague de frissons le parcourut et il du séparer leurs bouches pour reprendre son souffle. Puis il l’embrassa de plus belle non sans l’avoir regardée dans les yeux avant. D’un geste de la main, Griffith rattrapa son chapeau qui manqua de tomber lorsqu’ils s’embrassèrent. Il le replaça rapidement sur son crâne.
Après quelques secondes, le Poufsouffle rompit une fois de plus le contact. Une nouvelle fois, il fut déçu de cet arrêt bien qu’il soit voulu. Montrant d’un geste de la main le plaid posé au sol sous la lueur romantique que dégageaient les torches, il conduit Anaconda jusqu’à ce fauteuil de fortune.

_Griffith Désolé, j’ai trouvé que ça... Mais personnellement, je pourrais être assis sur un tas de piques que cela me ferait le même effet, tant que je suis avec toi le reste n’est que détail. Si tu veux qu’on aille ailleurs dis le moi, mon cœur.

Ils s’assirent tout de même l’un en face de l’autre. Griffith se positionna en tailleur, et il attrapa les mains de sa moitié. Aussitôt la bulle, leur bulle se créa autour d’eux. Il le sentit automatiquement autant qu’il sentit le bien-être l’envahir. Il était inconditionnellement amoureux d’elle. Avoir été séparé de son amour durant une entière semaine avait totalement brisé son cœur, et ne pas la voir durant une période encore plus longue l’effrayait comme rien d’autre. C’était pourquoi Griffith avait préféré s’empresser de s’asseoir avec elle. Il ne voulait pas faire partie de ce genre de couple qui n’échange aucune parole lorsqu’ils se retrouvent et passent leurs journées à s’embrasser. Certes, il aimait, il adorait embrasser Anaconda ; il aimait ce contact intime et si chaleureux. Si beau. Or il n’aimait pas la jeune femme pour ses divins baisers.
Le temps qu’ils avaient en commun était si limité que Griffith voulait tout savoir d’elle. Il avait besoin de prendre le plus de nouvelles que possible lorsqu’il se trouvait en sa compagnie pour se rassasier durant un temps –aussi infime était-il-. Alors, face à elle, après avoir embrassé le front de son aimée, Griffith lui fit comprendre ce qu’il attendait d’elle et de leur couple.

_Griffith Alors, tu as eu une bonne semaine ?

Il avait décidé de ne pas y aller par quatre chemins. Et le fait était qu’il était alors persuadé que la Serpentard aurait le même à priori en ce qui concernait la conception du couple que lui. Lâchant une des mains d’Anaconda, Griffith repositionna son chapeau sur sa tête.
Son cœur ne cessait d’enfreindre la vitesse cardiaque autorisée. Et lui nageait encore. Il était fou. Fou amoureux d’elle.






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Anaconda Lewis
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Jeu 1 Avr - 19:03
Euphorique. C'était le mot. Un torrent de bonheur déferla en elle à l'instant même où elle vit le jeune homme se lever et s'avancer vers elle. Il était si beau dans ses habits pourtant aussi sobres que les siens, mais qui le soulignaient encore plus son côté exceptionnel. Comment avait-elle pu tenir une semaine sans le voir? L'impression de mourir à chaque fois qu'elle croyait l'apercevoir au détour d'un couloir l'avait presque rendue folle, son coeur ratait un battement à chaque fois qu'un élève de Poufsouffle s'avançait vers elle: peut-être portait-il un message de la part de Griffith? Mais non. Lui et elle s'étaient courus après sans se trouver, jusqu'à maintenant. Du regard, elle caressa sa peau mate, ses prunelles dorées et manqua de se jeter dans ses bras. Une telle démonstration d'affection n'était pas commune à la jeune fille, qui était en somme assez réservée. Pourtant, avec lui, tout était différent... elle osait désormais le toucher, l'embrasser, et même courir vers lui comme une folle ne lui faisait pas peur. Plus peur.
Lorsqu'il tendit les bras en sa direction, les jambes d'Anaconda fonctionnèrent sans même l'accord de son cerveau - encore focalisé sur la vision divine que lui offrait le jeune Poufsouffle, un Dieu apparu au milieu de nulle part - et elle alla s'y blottir. Cette sensation si réconfortante de se savoir en sécurité, et aimée... Ils s'étreignirent maintes fois avant de s'embrasser. Elle n'était pas de ces filles qui bouffaient littéralement la bouche de leurs copains, non, elle voulait profiter un maximum de la sensation de leurs deux corps collés l'un contre l'autre. Enfin, leurs lèvres entrèrent en contact, et un courant électrique traversa le corps fin de la Serpentard. De la racine de ses cheveux au bout de ses ongles, elle sentit l'exquise sensation que lui procurait la caresse des lèvres de Griffith sur les siennes.
Puis, leurs yeux se rencontrèrent, et Anaconda faillit défaillir. Son regard ambre et doré, si lumineux, était tellement rempli d'amour et de sincérité qu'elle eut envie de pleurer.

- Tu es enfin là, mon Ange…
- Je n'aurais pas pu attendre une minute de plus, lui répondit-elle de la même manière, en parlant à voix basse.

Finalement, leurs lèvres se joignirent une nouvelle fois, et de nouveau, cette fantastique explosion de sentiments eut lieu dans l'esprit d'Anaconda. Enfin, le jeune homme rompit leur étreinte, et conduit la Serpentard jusqu'à un plaid étendu sur le sol. S'excusant de cette installation de confort rudimentaire, il lui proposa d'aller ailleurs.
La brune tourna la tête vers lui, et un sourire fendit ses lèvres rouges.

- Je ne veux pas aller ailleurs... Nous sommes ensemble, et c'est tout ce qui compte. Toujours.

Puis, ils s'assirent enfin, et d'un geste pareil à leur première rencontre, Griffith attrapa les mains graciles de son aimée. Ils ne faisaient plus qu'un; et dans ce monde magique où les Ténèbres commençaient à prendre emprise sur la société, détruisant tout sur leur passage, il existait quelque part une bulle de bonheur indestructible: l'univers de Griffith & Anaconda. Cette dernière ne pouvait s'empêcher de le dévorer du regard, il était beau, si beau... ce prince dont elle avait toujours rêvé sans jamais se l'avouer, ce prince qui la libérerait, qui briserait ses chaînes et l'emmènerait loin avec lui, comme dans ces contes pour enfants moldus. Pourtant, la réalité n'était pas si différente: Anaconda se sentait plus forte et plus indépendante que jamais. Elle n'avait besoin que de lui, pour vivre. Le plus rassurant était de savoir qu'il ressentait les mêmes sentiments pour elle avec la même intensité; il n'y avait pas de doute permis, leur confiance en eux était absolue.

Alors, tu as eu une bonne semaine ?

Une bonne semaine? C'était peut-être un peu exagéré comme terme. Juste une... agréable semaine. Elle avait bel et bien reçu quelques réflexions désagréables, mais elle les avait toutes envoyées balader. Pour elle, la Maison de celui qui emplissait son coeur n'avait pas d'importance, pas plus que la nature de son sang ou ses amis à lui. Seul comptait l'amour indéfectible qu'elle lui portait.
Anaconda sourit, dévoilant des dents parfaitement blanches.

- Pas mal, on va dire. Certains Serpentard ne se privent pas de commentaires, mais ce n'est pas un souci pour moi... il a suffit que je leur règle leur compte. La jeune femme eut un sourire étrange. Et toi, mon amour?

La jeune fille plongea ses yeux parfaitement bleus dans ceux si flamboyants de Griffith, et tandis que ce dernier repositionnait son chapeau sur sa tête, le coeur passionné d'Anaconda loupa un battement. Elle l'aimait tant...



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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Jeu 1 Avr - 23:12
Enivré par l’amour. Griffith pensait Anaconda, voyait Anaconda, sentait Anaconda, mangeait Anaconda, vivait Anaconda. Elle était omniprésente en lui à chacun de ses gestes, chacune de ses pensées. Il ne se passait pas un jour sans qu’il ne se demande où pouvait se trouver son aimée, ce qu’elle faisait. Griffith avait un besoin constant de savoir ce qu’elle faisait et quand elle le faisait. Des fois même il se demandait avec quel garçon elle pouvait être, et comment il pouvait bien la regarder… D’un naturel frivole, Griffith était devenu jaloux dès qu’il avait rencontré Anaconda. Dès qu’il avait réalisé que son cœur ne battait que pour elle, le sexe masculin était devenu un rival. Chaque homme qui croisait la route du Poufsouffle était étudié minutieusement de façon à tenter de deviner si oui ou non il pourrait intéresser Anaconda. Mais à chaque fois, Griffith haussait les épaules en se disant un « Non, elle n’aime que moi. » rassurant puis finissait la journée de bonne humeur. C’est fou ce que la jalousie pouvait le transformer. Mais devant elle, il faisait en sorte de ne pas se montrer sous ce jour. Ce mauvais jour.
Anaconda ne connaissait d’ailleurs que Griffith sous un angle parfait. Devant elle il n’avait jamais été méchant, jamais il n’avait montré une partie de lui-même. Il fallait aussi dire qu’ils n’en avaient pas eu vraiment le temps… Mais lui était gêné de cacher quelque chose à son aimée. Il voulait tout lui dire. Lui dire la relation qu’il avait eue avec Celian quelques mois auparavant, et donc la bi-sexualité. Mais ce n’était pas un sujet dont le garçon se sentait près de parler. Il avait immensément peur de la réaction de la jeune fille lorsqu’elle l’entendrait lui avouer cela. Maintenant qu’il l’avait trouvée, il ne comptait pas la lâcher. Mais être honnête faisait partie de ses principes. Il devait lui dire. Anaconda devait l’aimer pour ce qu’il était, pas pour ce qu’elle croyait qu’il était. De plus, il ressentait pour elle une confiance qui dépassait toutes les limites du normal. Il savait qu’elle était apte à tout entendre et à tout comprendre. Il savait qu’elle l’aimait. Alors, prenant une grande inspiration comme s’il espérait que dans l’air inspiré se trouvent des traces de courage, il se lança. Le garçon avait entendu la jeune fille parler de sa semaine, mais lorsqu’il avait réalisé qu’elle ignorait cette partie de sa vie, Griffith avait été obnubilé par le fait de lui dire.

_Griffith Je… Oui, j’ai passé une bonne semaine. Chez moi personne ne se doute de notre relation, et personne ne m’a rien demandé. J’espère que les mesquineries ne dureront pas, quand même…

Rien. Ce qu’il venait de dire ne servait strictement à rien. Conscient de son échec, il fit tout de même en sorte de ne rien laisser paraître. Tant pis, si cela n’avait rien donné la première fois, peut-être que la seconde serait la bonne. Une nouvelle fois il prit une bonne bouffée d’air mais, alors qu’il ouvrait la bouche prêt à tout dire dans une seule et même phrase, Anaconda l’embrassa. Il en fut à la fois contrarié et heureux. Car un baiser de son aimée était toujours le bienvenu. Mais il devait avouer que ce n’était pas le meilleur moment. D’autant plus que la jeune fille s’était approchée rapidement de lui pour le prendre dans ses bras tout en posant ses lèvres sur les siennes. Et Griffith, trop concentré dans les paroles qu’il s’apprêtait à débiter pour voir venir le coup, n’avait pas amorti le contact du corps féminin sur le sien. Suite au choc des deux corps, la tête de Griffith fit un mouvement assez rapide pour que le chapeau s’en détache. Aussitôt, le temps sembla s’arrêter autour du garçon. Sans ce soucier de la barbarie avec laquelle il stoppa leur baiser puis se retourna violemment pour chercher le chapeau des yeux. Au même moment, les deux torches perdirent de leur intensité et plongèrent la pièce dans une obscurité presque totale. Et l’esprit de Griffith s’éteignit. Son palpitant battait à une vitesse fulgurante et ses mains tremblaient. Tâtant le sol autour de lui dans le but de retrouver ce cuir, il manqua plusieurs fois de tomber à terre. Le garçon était si paniqué qu’il en avait presque oublié qu’il était seul avec son amour. Que personne ne le voyait. Il se sentait si timide et si nu devant toute cette foule imaginaire que le souvenir de l’endroit où il se trouvait lui échappa totalement. Ce ne fut que lorsque sa main entra en contact avec le cuir que les lumières retrouvèrent de leur éclat et son esprit de plus belle. Il posa la chose sur son crâne et toucha sa poitrine en voulant calmer son cœur qui se perdait dans cette course folle.
Griffith fit demi-tour et se rendit alors compte qu’il avait traversé toute la salle alors que son chapeau se trouvait juste derrière l’endroit où il était assit. Mais même s’il avait traversé un océan, cela lui aurait fait le même effet. Il avait son chapeau. Il était bien. Il était mieux.
Retournant près de son aimée aussi rapidement que possible, Griffith reprit sa place initiale sans un mot. Ses mains tremblaient sans sembler vouloir cesser leurs convulsions. Et son cœur peinait à retrouver la sérénité. Griffith, lui, réalisait peu à peu le ridicule de la situation. Il n’osait pas regarder Anaconda de honte, et son regard s’était donc posé sur ses mains. Aucun mot ne lui venait à l’esprit tant il ne savait comment expliquer son comportement. C’était la première fois qu’il était en présence de quelqu’un lorsque son chapeau tombait de sa tête.
Le Poufouffle avait honte de lui. Il venait de montrer une de ses plus grandes –si ce n’était pas la plus grande- faiblesse à son amour. Son amour propre venait d’en prendre un sacré coup.

_Griffith Je… Excuses moi…

Il en aurait pleuré tellement la situation était pitoyable. Griffith n’osait toujours pas relever la tête, et même si ses mains ne tremblaient plus son cœur lui ne cessait de trembler. Il pleurait les larmes que ses yeux ne laissaient couler. En cet instant, il se sentait aussi faible que pouvait se sentir quelqu’un face à un dragon. Ici le dragon était le chapeau. Cet objet lui portait préjudice autant qu’il pouvait l’aider dans les moments pendant lesquels Griffith avait besoin de réconfort. Le chapeau avait une signification à double tranchants pour le garçon qui malgré ce désavantage n’avait jamais imaginé se séparer de son cuir. Il était à ses yeux trop cher pour pouvoir être abandonné. Griffith avait vécu depuis enfant avec ce chapeau sur la tête. Il n’était pas prêt à se séparer de son outil de réconfort, de ce qui calmait son esprit et l’aidait dans les moments difficiles. Mais le garçon était loin de penser que cela n’était en réalité qu’un artifice…






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Anaconda Lewis
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Lun 5 Avr - 21:52
Le bonheur qu'Anaconda éprouvait en cet instant était tellement intense qu'elle était persuadée que rien ne pourrait venir le gâcher. Griffith et elle agissaient en parfaite synchronisation, le résultat de la fusion de deux âmes qui se sont trouvées. Elle ne pouvait pas le lâcher... l'abandonner serait comme tuer une partie d'elle-même. Cependant, la jeune femme brune, loin d'être sotte, savait pertinemment que, tout comme elle, il y avait quelque chose qui le tracassait. Et, ne pouvant deviner la nature de ce quelque chose, elle était obligée d'attendre qu'il eut envie de lui en parler. Car brusquer les autres n'était pas dans les habitudes de cette Serpentard, qui préférait toutefois user d'une délicate manipulation pour arriver à ses fins. Mais avec Griffith, avec son aimé, elle se refusait à toute suggestion, même implicite. D'ailleurs, elle-même ne se sentait pas encore tout à fait prête à lui parler de sa famille. Sa maudite famille.

Il lui parla ensuite de sa semaine à lui; que personne à Poufsouffle ne connaissait la nature de leurs relations. Anaconda ne remarqua pas le mal aise qui s'était emparé de son amant, tant elle était occupé à profiter de la douce chaleur de son corps, caressant du bout des doigts sa joue, ses lèvres, jouant avec les quelques mèches dorées qui dépassaient de son chapeau. Elle ne plongea pas ses yeux bleu comme la mer dans ceux, ardents du jeune homme, sans quoi elle aurait immédiatement pris connaissance du désarroi qui s'emparait de lui. Elle était tellement, tellement heureuse avec lui, près de lui, contre lui... Pour une fois, elle ressentait pleinement l'exquise sensation que procurait l'amour; ses doutes pervers mais aussitôt tus par l'absolue certitude de la franchise de l'autre.

Depuis une semaine, la Vert & Argent n'avait pu goûter aux douceurs infinies des lèvres de Griffith Harftly; sauf au début de leur rencontre secrète il y avait quelques minutes de cela, si bien qu'elle ne put s'empêcher de l'embrasser une nouvelle fois, passant ses bras de poupée autour du cou de son amour.
Ce ne fut qu'au moment où leurs visages entrèrent en contact que la belle brune prit soudain conscience qu'une vicieuse tension régnait dans l'atmosphère. Griffith, inhabituellement tendu et distant, eut un mouvement de tête qui fit tomber son chapeau. La Serpentard sourit un instant, surprise de sa propre maladresse, mais son sourire se figea soudainement lorsque son Prince Charmant rompit leur étreinte en la repoussant.

En la repoussant.

Sur le moment, elle ne comprit pas, sa bonne humeur laissant place à une naïveté enfantine. Qui disparut bien vite quand elle se rendit compte qu'il cherchait son stupide couvre-chef. Une légère brise passa par la mince ouverture de la porte entrebâillée, et fit vaciller la flamme des torches, qui s'éteignirent presque.
Dans l'obscurité, Anaconda Lewis perdit toute sa douceur trouvée au cours des retrouvailles avec son petit ami. Elle prit une longue inspiration, une fois, deux fois, trois fois, se forçant à se calmer. Se sentant trahie, délaissée et vulgairement mise de côté, le visage de la jeune fille se métamorphosa peu à peu, d'une manière glaçante. Sans le vouloir, elle devenait la fille dont le caractère l'avait conduit à Serpentard. Depuis sa Première Année, Anaconda s'était toujours définie comme différente de ses camarades. Côtoyer un né-moldu ou un sang-mêlé ne lui faisait rien, et se moquer des Gryffondor ne lui apportait aucun sentiment de jouissance triomphale. Elle n'avait jamais eu la sensation d'être plus importante, plus belle ou plus intelligente que les autres; ne se voyait pas d'ambition particulière et n'avait jamais considéré la mesquinerie comme faisant partie de son caractère. Mais là... ses yeux, devenus de glace et impitoyables, fixaient froidement la silhouette fébrile du jeune homme à la recherche de son chapeau. Sa bouche se tordit en un rictus de douleur, et ses membres se raidirent. Brusquement, elle eut envie de quitter la pièce, de tout envoyer balader, de le laisser sur le carreau, lui et son accessoire imbécile. Pourtant, elle fut retenue par l'envie de l'explication. Oui, elle voulait une explication. Une bonne raison de ne pas se mettre en colère.

Abandonnée au profit d'un bête chapeau. Sa soeur Ella se serait méchamment moqué d'elle, tandis que Roma lui aurait conseillé de le larguer et de passer à autre chose. Mais dans ses joies, l'amour apportait aussi de la douleur, une douleur atroce qui fit monter les larmes aux bords des yeux bleus d'Anaconda. Elle était inexplicablement liée à Griffith et ne pouvait pas le quitter, elle l'aimait trop, d'un amour inconditionnel qui faisait de la simple idée de la rupture un fait inexistant. Une vieille habitude l'empêcha de pleurer, mais l'intention n'y était pas. Malgré la faible luminosité, Anca se tenait droite et digne dans sa fine robe noire, attendant le retour d'un infidèle. Car elle l'avait deviné à présent, elle n'avait rien à craindre des autres filles, mais d'un simple objet de cuir, qu'elle avait pris pour un plaisant accessoire. Anaconda avait toutes les peines du monde à y croire, et elle en aurait rit si on lui avait dit qu'un homme pouvait oublier les femmes à cause d'une pièce de cuir. Pourtant, elle voyait cette absurdité se dérouler devant elle.
Finalement, le feu des torches murales se raviva et illumina de nouveau la pièce. L'ennemi de nouveau sur la tête, Griffith se tenait debout, à l'autre bout de la pièce. Il revint prestement vers son aimée, mais celle-ci ne lui accorda pas un seul regard. Elle vit ses mains trembler, la culpabilité l'envahir, mais elle ne montra rien en retour. Sa propre colère avait disparu, laissant place au goût amer de la déception.

- Je… Excuses moi…

Après un court silence, la Serpentard daigna lever les yeux sur le jeune homme.

- Non. Je ne peux pas t'excuser. Ces mots déchiraient la jeune femme, mais elle ne laissa rien paraître. A la place, elle soupira, et reprit la parole d'un ton froid. Je veux que tu me dises pourquoi tu préfères le contact du cuir sur tes cheveux à celui de mes lèvres sur les tiennes. Je veux une explication, Griffith Harftly. Je veux avoir une bonne raison de ne pas me sentir trahie. Délaissée. Humiliée.

Ces paroles étaient dures, Anca en était consciente. Mais si il ne lui disait rien que ne justifiât son geste, elle allait s'effondrer sur le sol, sans pouvoir retenir ses larmes. Ce qu'elle voulait éviter à tout prix...



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Griffith Harftly
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mar 6 Avr - 19:41
_Anaconda Non. Je ne peux pas t'excuser. Je veux que tu me dises pourquoi tu préfères le contact du cuir sur tes cheveux à celui de mes lèvres sur les tiennes. Je veux une explication, Griffith Harftly. Je veux avoir une bonne raison de ne pas me sentir trahie. Délaissée. Humiliée.

Griffith en perdit son souffle. Il avait l’impression qu’un couteau venait de se planter en lui, venait de déchiqueter ses organes. Et sa raison avec. Aussitôt les larmes menacèrent de couler. Il voulait partir, quitter cet endroit clos et par conséquent l’amour de sa vie. Se jeter sous un train et ne laisser derrière lui qu’un corps désarticulé et écartelé. C’était ce qu’il était moralement en cet instant. Ecartelé. Son esprit ne semblait même plus capable de rassembler assez de mots pour former une phrase tant la surprise et la douleur effaçaient le reste.
Expliquer, il ne pouvait pas. Griffith Harftly ne pouvait pas se trouver une excuse valable au fait que venait de lui imposer Anaconda. Jamais le garçon n’avait été confronté à un problème du genre concernant son chapeau, car jamais personne ne lui en avait parlé. C’était devenu pour lui naturel, banal, vital de porter ce bout de cuir sur son crâne. Cet objet qui signifiait tant à ses yeux sans raison qui vaille la peine d’être expliquée. Sur le moment, la réflexion que lui fit son amour le blessa au plus profond de son être. Heurté de plein fouet, il faillit exploser. La colère qui naquit en lui manqua d’altérer son jugement et ses dires jusqu’à en perdre son amour. Jusqu’à elle aussi peut-être la blesser et le briser. Mais au dernier moment, alors que Griffith allait laisser jaillir la haine que lui avaient inspirée les paroles d’Anaconda, il se mordit la langue. Jusqu’au sang. L’effet fut immédiat et le garçon descendit d’un cran. Il devait se calmer, réfléchir à la situation dans laquelle il s’était engouffré. Posant machinalement une main sur son chapeau, il ferma les yeux. Plus de peur de voir Anaconda pleurer que par réel besoin de se calmer.

Calme, il l’était. La haine qui avait faillit mettre en l’air son histoire d’amour venait de s’évacuer, laissant place à la honte. Une immense et dominante honte prenait désormais place en lui. Elle se plaça de partout, traversant son thorax en lui coupant le souffle, s’étalant jusqu’au bout de ses mains en faisant trembler ses doigts. Il avait l’impression de mourir, de s’éteindre comme avaient manqué de s’éteindre les torches. A cause d’une brise aussi légère soit-elle. L’incapacité qu’il avait à formuler une excuse le tuait. Autant que l’assassinait la culpabilité.
Son regard s’était à nouveau dirigé vers le sol car Griffith ne pouvait pas la regarder. Il ne voulait pas lire en elle les sentiments de déception et de colère qu’elle devait alors ressentir. Il ne voulait pas lire en elle à quel point il était minable. A quel point son comportement avait pu etre blessant pour elle, à quel point elle était triste et humiliée. Car c’étaient là précisément les sentiments qui empêchaient Griffith de parler, de prononcer un seul son tant ils l’habitaient. Et tant son souffle saccadé ne retrouvait pas son calme d’antan.
Imbécilement naïf. Les mots s’insinuèrent en lui comme pouvait le faire un poison tant leur rudesse et leur réalité étaient touchantes. Il réalisa alors enfin son acte, et réfléchit. Griffith Harftly prit enfin la peine de réfléchir. Au fait que jamais il n’avait réfléchit. Jamais depuis que son Grand-père lui avait offert ce chapeau il ne s’était posé la question du pourquoi. Pourquoi ce morceau de cuir sans valeur apparente prenait une place flagrante dans son cœur et dans sa vie ? Pourquoi ressentait-il une telle honte lorsque sa tête n’était pas ornée de ce couvre-chef ? Pourquoi était-il si… blessant envers son entourage plus qu’il ne pouvait l’être envers lui-même ? Et surtout pourquoi un bête bout de cuir pouvait générer en lui de tels questionnements et de telles réactions ?
Un immense vide aurait suffit à répondre à ces questions et à leur donner un sens. Rien. Rien n’expliquait l’addiction qu’il avait pour ce chapeau, rien ne pouvait expliquer les misérables actes qu’il avait commis. Et c’était ce rien qui acheva Griffith.

Son souffle se fit de plus en plus heurté, si bien que le garçon crut à une crise d’asthme. Et une fois de plus il se rendit compte de l’emprise que pouvait avoir cette… chose. Maléfique. Griffith sentait le mal que lui procurait ce chapeau et pourtant il ne pouvait pas faire l’unique geste qui pourtant lui aurait permis d’arranger les choses. Il ne put contraindre son bras de se tendre vers le cuir et de l’ôter de son crâne. Les forces lui manquaient autant que lui manquait l’envie et la motivation. Il n’était plus qu’une loque capable uniquement de se lamenter. Et tout ça, tous ces misérables états à cause de ce qu’il portait sur la tête. Rien.
Incapable de calmer les tremblements qui habitaient ses mains, le garçon réussit néanmoins à se tenir la tête avec ces deux membres. Fou. Il devenait fou.
La situation aussi désespérante que désespérée dans laquelle le garçon se trouvait ne pouvait inspirer que pitié à Anaconda. Griffith se sentait nul, crétin, incapable et autant d’adjectifs aussi péjoratifs qu’au possible. Il se sentait tout tellement il n’était rien. C’était à en perdre la tête. Malgré l’emprise sous laquelle le Poufsouffle vivait, il releva la tête. Sans réellement penser à ses gestes. Puis ses yeux cherchèrent le regard fuyant d’Anaconda. Regard qui le blessa plus qu’il ne l’était déjà, regard qui enfonça le couteau dans la plaie tant il était froid. Tranchant. Cette dureté permis cependant à Griffith de reprendre contenance. Un minimum suffisant pour qu’il puisse enfin parler. Enfin tenter d’expliquer le pourquoi du comment qui, bien sûr, correspondait au néant.

_Griffith Je… Je ne sais pas !

Les larmes coulèrent et il tenta aussitôt d’arrêter ce flux avec une de ses mains. Comme il espérait arrêter le temps avec sa volonté.

_Griffith Je ne peux rien te dire, Anaconda. Non pas parce que je ne le veux pas mais parce que j’en suis incapable. Je suis incapable d’expliquer ce qui fait en moi que ce chapeau me soit si cher, si vital. Je n’en ai absolument aucune idée. Il… a toujours été une partie de moi. Depuis le jour où mon Gr…

Impossible.

_Griffith Mon Gr… Grand…

Grand-père. Ce simple mot était interdit d’accès pour Griffith. Il se força maintes fois à prononcer ce nom qu’il avait pourtant pensé si souvent. Mais, passant encore plus pour un attardé si c’était possible, il en était incapable. Une fois de plus. Mais cette incapacité lui ouvrit alors une porte. Son Grand-père, Aymeric Harftly, décédé d’une simple crise cardiaque. Cet homme qui avait tant compté pour Griffith. Ce dernier se voyait encore à côté de ce monsieur qu’il aimait tant. Qui lui avait tout apprit. Celui qui avait permis à Griffith de grandir dans le bonheur, celui qu’il avait presque considéré comme son propre père. Aymeric venait chercher le Poufsouffle chaque soir à l’école. Tous les soirs il lui faisait un « bisou esquimau » en frottant leurs deux nez l’un contre l’autre. Et tous les soirs il l’accompagnait chez lui où il l’aidait à faire ses devoirs avant de partir faire une balade d’une heure durant laquelle il lui apprenait les bienfaits de la nature, les comportements des animaux. Mais Griffith se fichait de ce que lui racontait son grand-père. Lui ne faisait qu’observer l’homme, et imiter ses gestes. Admiration maladive qui avait manqué de le conduire à la mort morale lorsque le cœur du vieillard avait lâché.

Griffith n’essayait plus de retenir ses larmes. Il fondit.

_Griffith Mon grand-père… ! Je suis si désolé, Anaconda. Rien ne peut m’excuser et rien ne m’excusera jamais. Je t’aime...

Tout comme le firent ses derniers mots, il s'effondra.






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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mer 7 Avr - 12:37
Faire le mal est une chose, tant qu'on ne prend pas conscience des conséquences qu'il engendre. Peu importe de faire souffrir ou de briser, tant que nous ne ressentons pas cette déchirure de l'âme que nous infligeons. Justement, ressentir le mal que nous faisons en est une autre. Soudainement voir que l'être, que nous sommes en train de réduire à néant, est le seul qui puisse apporter de la lumière dans notre obscurité retourne cette insurmontable douleur contre nous. Et nous fait crever.
Anaconda mourait. Elle voyait, froide et superbe comme une statue de glace, la seule personne qui l'ai jamais soutenue souffrir. A cause d'elle. En un seul bloc, une énorme quantité d'images afflua soudain dans la mémoire de la jeune fille. Images de son enfance, son enfance éclatée et détruite à jamais par son père. Il la torturait, lui infligeait d'affreux tourments physiques ou moraux: brûlures diverses, coupures, sortilèges, coups violents. Elle avait encore de gros hématomes sur les bras, les jambes, qui, avec le temps, s'étaient un peu taris. Mais les plus durs avaient été l'isolement, les allusions perverses à sa condition de prisonnière des ténèbres. Pour une enfant, de sept à onze ans, c'était insurmontable. Pendant quatre ans elle avait pleuré, hurlé, s'était débattue et avait gémi sur elle-même, priant pour que quelqu'un vienne la délivrer. Ce quelqu'un n'était jamais venu, et Anaconda avait arrêté de se révolter. Elle s'était murée dans un silence impénétrable que les Doloris et les sorts les plus vils ne pouvaient délier. Puis, Théophilius en eut marre de son "aînée", cette tête de mule, cette infâme tare dans sa lignée. Il l'avait rayée de sa vie.
Mais elle n'avait jamais oublié la haine irrationnelle qu'elle vouait à son géniteur en ces instants-ci. Elle l'avait gardé, bien intacte dans un recoin de son coeur, en grandissant, prête à la lui ressortir dès que le moment serait venu. Elle voulait avoir la satisfaction, la jouissance malsaine d'éliminer cet homme qui l'avait privé d'une partie de sa vie.
Les images s'insinuaient sournoisement en elle, lui faisant revivre ses sentiments de l'époque: son incompréhension à voir la mine intéressée d'Elladora; le regard fuyant et lâche d'Harmonica. La mine butée de sa mère, qui ne faisait que de la prendre dans ses bras décharnés en guise de réconfort. Et Anaconda, âgée désormais de seize ans, blêmit. Elle se revoyait, à huit ans, le visage en sang, étendue dans un couloir de son Manoir, agonisant. Comprenant que personne ne l'aimerait jamais assez pour lui permettre d'échapper à sa condition... jusqu'à cette année, où elle avait croisé Griffith Harftly par pur hasard.
Elle était tombée, sans s'en rendre réellement compte, follement amoureuse de lui. Et par un miracle sans nom, ses sentiments à lui étaient réciproques. Et maintenant, alors qu'ils n'étaient encore qu'un tout jeune couple, elle s'arrogeait le droit superbe de le faire souffrir, de le torturer.
Pourquoi? Il se sentait déjà affreusement coupable, et elle ne faisait que remuer le couteau dans la plaie. Les paroles du jeune homme la firent chanceler.

- Je… Je ne sais pas ! Je ne peux rien te dire, Anaconda. Non pas parce que je ne le veux pas mais parce que j’en suis incapable. Je suis incapable d’expliquer ce qui fait en moi que ce chapeau me soit si cher, si vital. Je n’en ai absolument aucune idée. Il… a toujours été une partie de moi. Depuis le jour où mon Gr…

Il s'arrêta, haletant. Achever sa phrase lui paraissait impossible, et Anaconda se sentait au bord de l'évanouissement. De quel droit, de quel droit, merde, avait-elle le droit d'enfoncer celui qu'elle aimait?

- Mon Gr… Grand…

Le jeune garçon s'effondra soudainement.

- Mon grand-père… ! Je suis si désolé, Anaconda. Rien ne peut m’excuser et rien ne m’excusera jamais. Je t’aime...

La carapace de glace de la Serpentard vola en éclats, mettant à nu cette petite fille fragile qui se cachait derrière les apparences. Sa peau, naturellement pâle, avait perdu toutes ses couleurs, et ses immenses yeux bleus ne reflétaient que de la détresse. Avec une douceur infinie, elle s'approcha doucement de son aimé et le prit dans ses bras, dans une tendre étreinte. Elle aussi pleurait, mais sans un bruit, comme si elle avait peur de souiller le chagrin de Griffith en sanglotant bruyamment.
Elle baisa son front, le serra contre elle. Et dut se faire violence pour arriver à lâcher ces mots, hachés, entrecoupés par son souffle haletant.

- Griffith, tu... tu n'y es pour rien, c'est ma, faute, je suis... tellement égoïste! Je m'en veux tellement, tu n'a pas à souffrir à cause de moi! Je ne savais pas que ça serait aussi douloureux, je t'en prie... Tu n'as pas à t'en vouloir, ce ne sont que mes torts...!

La jeune femme enfouit sa tête dans le creux de l'épaule de Griffith, s'accrochant à lui, priant pour qu'il reconnaisse ses fautes à elle, et qu'il lui pardonne.

- Je t'aime... t'infliger ceci est tellement atroce, j'en supplie, excuse mon égoïsme...



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Griffith Harftly
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mer 7 Avr - 21:22
_Griffith Non. Je n’ai pas à t’excuser. Il n’y a pas d’égoïste entre nous. C’est terminé, Anaconda. Fini. De ce chapeau ne reste qu’un souvenir amer. Plus jamais il ne se mettra entre nous ! Rien ne se mettra plus entre nous.

L’étreinte dans laquelle son amour l’avait serré avait permis à Griffith de recouvrer ses esprits. Comme un antidote, la chaleur de la peau de la fille avait électrisé son corps comme pour lui permettre de se remettre en place. Une sorte de défibrillateur pour corps entier. Le Poufsouffle sécha ses larmes du revers de la main et plongea son regard dans celui d’Anaconda. Désormais seule la détermination pouvait y être lue. Prenant une grande inspiration tout en gardant ce contact avec Anaconda qui lui donnait toutes les forces dont il avait besoin pour affronter le geste qu’il s’apprêtait à faire, Griffith leva son bras sur sa tête et attrapa le chapeau d’une main hésitante. Après quelques secondes d’hésitation, le garçon puisa les forces qui lui manquaient dans le regard de son amour, puis ôta le cuir de son chef. Un frisson parcouru son échine, et il serra la mâchoire. Or cette fois, aucun sentiment de honte ne le transcenda. Aucun mal-être ne tarit son humeur déterminée. Il était avec Anaconda, il était bien. Rien en cet instant ne pouvait troubler le garçon dans sa paix intérieure. Puis malgré le besoin qu’il avait de ne pas quitter le regard Océan de son amante, Griffith regarda son chapeau. Sans une once de regret seule la tristesse résidait en lui. Puis dans un mouvement plus significatif que nécessaire, il jeta le cuir au loin. Comme un adieu. Un adieu à celui qui avait une emprise évidente sur lui, un adieu à celui qui désormais n’était qu’un souvenir. Aussi heureux fût-il.

Puis, après avoir soufflé de contentement et de soulagement, le Poufsouffle se retourna vers Anaconda. Il plongea plus profondément qu’il ne l’avait jamais fait en elle, il fusionna leurs deux regards. Scellés. Leurs rôles s’étaient inversés, et c’était maintenant en cette jeune femme que résidaient de tristes sentiments. Griffith la sentait fébrile, meurtrie. Il avait l’impression qu’une seule chose aurait en cet instant brisé la Serpentard à tout jamais. Lui aurait ôté toute l’envie de vivre qui pouvait lui rester. Et sans savoir pourquoi, sans être conscient de toutes les horreurs que son amour avait pu vivre, il savait être la personne sur qui cette vie tenait. Griffith portait en lui le poids du bonheur de quelqu’un ; tout comme ce quelqu’un pouvait porter son propre bonheur. Plus que liés, ils étaient un. Une et unique personne. Leurs âmes séparées n’aspiraient qu’à la rencontre de l’autre, et leurs cœurs battaient en cadence. Anaconda et Griffith, Griffith et Anaconda.
Elle avait été là pour lui. Même si les paroles de la jeune femme avaient blessé le Poufsouffle plus que quiconque ne l’avait blessé, elle avait su panser la plaie aussi naturellement qu’efficacement. Il n’avait besoin que de ces contacts vitaux à son bien-être, il n’avait besoin que de ces échanges passionnels et francs, leurs regards amoureux, froids, perdus, tranchants, tendres. Ils n’avaient l’un pour l’autre aucun secret, aucune honte.

Elle avait été là pour lui, et c’était désormais son tour.

Griffith n’avait pas séparé leur étreinte, il n’avait pas ôté Anaconda qui s’était logée dans le creux de son cou lors de sa séparation avec le cuir vicieux. Il avait juste écarté leurs deux corps. Détail rassurant pour le garçon qui ne savait que faire. Griffith n’avait aucune idée de la façon avec laquelle il allait devoir aborder le sujet d’Anaconda. Il ne savait tout d’abord pas à quoi s’attendre, et forcer quelqu’un à parler ne faisait pas partie de ses habitudes. Lui, jeune homme rendu naïf par l’amour que ses parents lui offraient, ne donnait aucun réel sens au mot « souffrance ».A part les vilaines blessures que lui offrait sa maladresse légendaire, il n’avait aucunement ressenti un tel sentiment. Jamais Griffith n’avait même pensé à partir de chez lui. Il avait été habitué à une ambiance d’amour et de solidarité, de rires et de blagues-à-deux-balles de son père. Et il était loin de penser l’horreur avec laquelle elle avait cohabité durant toute son enfance, la douleur qui l’habitait sûrement chaque jour. Aussi était-il obligé de constater l’impasse dans laquelle il se trouvait. Une fois de plus, les mots semblaient refuser de se joindre à lui pour l’aider dans ce moment difficile. Mais, décidant de prendre les choses en main, avec la même détermination qu’il avait eue pour se séparer de son chapeau, Griffith embrassa son amour sur le front, puis se perdit dans son regard abyssal. Et les mots vinrent d’eux même.

_Griffith Je n’ai pas peur, Ana’. Jamais au grand jamais tu ne m’effrayeras. Je t’aime ! Quels sont donc les sentiments qui scindent ton regard aussi brutalement… ?

Il attendit une réponse, un geste, un regard qui lui permettrait de réagir du mieux possible. Prêt à tout, repoussant l’idée même de la peur, Griffith nageait.







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Anaconda Lewis
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Jeu 15 Avr - 20:15
Une fierté indescriptible s'empara d'Anaconda lorsque Griffith ôta le chapeau de sa tête, puis le balança à travers la pièce. Un immense sourire éclaira le visage de poupée d'Anaconda, et pendant un instant, elle oublia tous ses tourments. Elle mesurait, plus que jamais, l'intensité de l'amour que le Poufsouffle ressentait pour elle: abandonner un objet cher, familial qui plus est, pour une fille... c'était la plus belle chose qu'on lui ai jamais offerte, la garantie d'un amour indestructible. Malheureusement, la fin d'un des soucis (?) de Griffith lui rappela que les siens étaient loin d'être terminés. Pourtant, pour une fois, elle n'avait pas peur de les affronter. Elle savait ce dont elle était capable, et épaulée par son Ange comme elle l'était, elle se sentait invincible... ou presque.
Puis, leurs regards fusionnèrent, à tel point que leurs âmes entrèrent presque en communion. D'une étrange manière, Anaconda sentit Griffith s'immiscer au plus profond de son esprit; effleurer ses peines sans vraiment les saisir, comprendre qu'elle était terriblement brisée, et essayer de la protéger. Elle, de son côté, sentait bien que le jeune homme était capable d'assumer la lourde tâche qu'elle lui confiait: l'aider à devenir heureuse, pour qu'enfin elle puisse saisir pleinement le goût de la vie.
La fille aux cheveux corbeau savait aussi que cet Ange allait achever de la détruire... pour mieux la reconstruire, comme elle l'avait fait précédemment. Il allait devoir la forcer à parler, à exterminer le mal qui est en elle, ses peines et ses horribles souvenirs pour ne laisser que le blanc, le pur, la sérénité. D'ailleurs, après avoir embrassé son front; il amorça cette lente guérison par une phrase pleine de tact, ce dont la Serpentard lui fut reconnaissante.

- Je n’ai pas peur, Ana’. Jamais au grand jamais tu ne m’effrayeras. Je t’aime ! Quels sont donc les sentiments qui scindent ton regard aussi brutalement… ?

Anaconda esquissa un demi-sourire. La naïveté touchante de son amant l'étonnait toujours un peu, la faisant souvent rire. Le demi-sourire se transforma en un quart de sourire, puis disparut totalement. La Vert & Argent posa ses mains sur les épaules de Griffith, et ses doigts agrippèrent machinalement sa chemise.

- Je... c'est compliqué, douloureux et... tellement... horrible...

Une boule d'angoisse se forma dans la gorge de la jeune fille. Sa voix n'était plus qu'un murmure, et elle se demanda brièvement si elle aurait la force de continuer. Mais elle se remémora le geste quasi-héroïque de Griffith, ses paroles rassurantes, ses gestes tendres et surtout, son amour. Puis, elle leva son regard de fillette perdue et le plongea dans l'ambre incandescente des prunelles dorées de celui à qui elle devait tout.

- Je vais te raconter une histoire qui n'a... presque rien d'un conte de fées. Elle prit une grande inspiration. Il était une fois, quelque part en Angleterre, dans le monde sorcier, trois petites filles - des triplées. Leur... père - une nuance de dégoût se fit entendre - est un sorcier d'ascendance Sang-Pur, très riche et pas mal influent. Leur mère est une simple moldue emprisonnée dans une cage dorée, où elle meurt petit à petit.

Si le début avait été particulièrement éprouvant, désormais, les mots coulaient à flots dans la bouche d'Anaconda. Elle n'avait probablement jamais autant parlé de sa vie.

- Ces triplées n'avaient aucun secret les unes pour les autres. Pendant leurs trois premières années de vie sur Terre, tout allait plutôt bien. Elles suivaient déjà une éducation stricte suivant un but bien spécifique, mais elles étaient alors trop petites pour le comprendre, se contentant de vivre ensemble. Ces filles, Anca, Roma et Ella, communiquaient simplement par des regards, des gestes. A l'époque, elles ne formaient qu'une seule et même personne.

A présent, la fille aux yeux bleus était lancée. Cette histoire, son histoire, prenait vie au fur et à mesure qu'elle parlait, et elle, elle s'était réfugiée dans les tréfonds de sa mémoire. Ses yeux étaient toujours posés sur Griffith, mais elle n'était plus là...

- Puis, elles grandirent. Et changèrent. La dénommée Ella prenait réellement goût à ce mode de vie. Elle commençait déjà à se croire supérieure, à donner des ordres et à se comporter en Lady Ténébreuse. De son côté, Roma suivait tout avec une espèce d'indifférence, elle s'en fichait un peu: elle n'était pas d'accord avec tous les principes inculqués, mais se taisait. Quant à Anca... c'était différent. Elle se démarquait de ses deux soeurs en commençant à contester et à refuser ce qu'on lui apprenait. Elle ne comprenait pas pourquoi elle devait se conduire de cette façon. Un jour donc, elle sut enfin quel était le véritable but de tout ça. Son père, une immonde ordure, était sous les ordres d'un certain Mage Noir, qui faisait régner la terreur à cette époque. Et il aurait été tellement bien vu d'apporter trois jeunes recrues fraîches et bien endoctrinées à ce camp! Cela révolta la jeune Anca, qui ne supportait pas de se laisser vulgairement utiliser. Elle se rebella alors... et le paya très cher. Ses leçons étaient de véritables séances de torture, et elle voyait, au loin, ses soeurs la regarder sans bouger. L'une était fascinée par ces méthodes sadiques et barbares, et l'autre était trop lâche pour dire quoi que ce soit.

Sans qu'elle ne s'en soit rendue compte, Anaconda pleurait, maintenant. Son récit devenait difficile, et sa respiration était hachée.

- A onze ans, les soeurs ont été envoyées à Poudlard, l'école de Sorcellerie la plus célèbre de tout le Royaume Uni. Et, pour bien marquer leurs caractères respectifs, les triplées ont été séparées. Anca s'est retrouvée, à son grand désespoir, chez les fourbes de Serpentard. Ella a échoué chez les Serdaigle où elle fait sa loi, et Roma est à présent à... Poufsouffle. Cinq années ont alors passé pour Anca, qui ne voyait pas tellement ce qu'elle faisait chez les Serpents...

Il n'y avait que des larmes sur les joues d'Anaconda. Elle avait depuis longtemps cessé de regarder Griffith, ne voulant surtout pas voir l'horreur qui habitait sûrement tout son être.

- Mais lors de sa Sixième Année, elle est tombée, par pur hasard, sur un charmant jeune homme dont elle est tombée follement amoureuse. Anca est devenue Ana, et a enfin réussi à avoir un aperçu du Paradis... Mais elle ne peut pas être totalement heureuse avec son Ange, car... elle le met en danger à chacune de leurs rencontres! Entre mon père qui m'envoie des lettres menaçantes et Elladora qui va rejoindre les rangs des Ténèbres, je ne sais pas où me placer pour... vivre avec toi, de toi, à travers toi!

La jeune fille était passée à la première personne; son récit prenait fin et devenait réalité. Anca, Ana, Anaconda: une seule et même personne, qui, de personnage d'un conte, était passée à une fille bien vivante. Tout était dit, même si c'était grandement confus. Son absence d'enfance, les tensions de sa famille, son désir d'être avec Griffith. Il avait toutes les clés pour la reconstruire, la prendre dans ses bras et l'embrasser, en lui disant qu'ils seraient un jour heureux ensemble...
Elle leva vers lui ses immenses yeux océan, baignés de larmes. Elle avait tellement peur qu'il la rejette, à cause des tendances à la Magie Noire de sa famille, à cause de ce qu'elle représentait pour eux.

- Je t'aime si fort... s'il te plaît... pardonne-moi.



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Griffith Harftly
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Lun 19 Avr - 1:41
Griffith se tu dès lorsqu’Anaconda prit la parole. Il sentait dans sa voix une infinie tristesse qu’il ne se permit pas de brouiller. Pas un geste, pas une parole ne la dérangerait dans ce récit qui semblait lui demander tout le courage du monde. Cette impression se confirma quand elle prononça la première phrase de son histoire, car la personne qu’Anaconda employait parlait pour elle. La Serpentard semblait vouloir s’éloigner le plus possible des personnages qu’elle décrivait, elle voulait ne pas s’identifier dans ce conte d’horreur. Griffith n’en dit rien, il ne pouvait rien dire. Car au fur et à mesure que son amour parlait, les mots quittaient l’esprit du garçon. Il était bouche-bée d’entendre une telle aberration qu’était l’enfance de son amante. Lui qui n’avait jamais connu la souffrance, qui avait grandi dans une famille débordant d’amour et de tendresse se sentait trop loin de tout cela pour avoir à y redire. Mais malgré l’incapacité dans laquelle il se trouvait à réfléchir aux paroles qui affluaient en lui, Griffith sentit une larme perler le long de ses joues. Le garçon n’avait pas senti le regard d’Anaconda qui se détachait du sien au fur et à mesure de son récit car lui-même se sentait absent.

Et pourtant, il pleurait.

Sa main droite vint cueillir la boule d’eau salée avant qu’elle ne dépasse la pommette. Il ne comprenait pas pourquoi, mais des jumelles prirent le même chemin que cette larme. Peut-être était-ce parce qu’il venait d’imaginer Anaconda torturée. Seule, encore enfant, sur un parquet gelé. Griffith n’avait aucune idée des tortures qu’elle avait pu subir, et il n’avait même pas envie d’en voir l’ombre d’une. La seule qui lui vint à l’esprit fut alors la violence physique, même s’il était conscient qu’un père sorcier ne devait presque plus se servir de ses muscles. Et pourtant, voir cette enfant recroquevillée, et croulant sous les coups le tua. Les larmes d’Anaconda devinrent les siennes, et Griffith ressentit presque la douleur physique que sa moitié avait connue.
Lorsqu’elle acheva son histoire, son cauchemar éveillé, un silence s’installa dans la salle. Non pas pesant, car tous les deux étaient trop touchés pour être gêné. Non, ils écoutaient le silence de l’autre, brisé de temps à autres par quelques reniflements et mouvements destinés à stopper le flot de larmes qui s’échappait des yeux des deux élèves. Griffith, heurté au plus profond de son être malgré le fait que l’histoire ne le concernait absolument pas fit tout de même attention au changement de personne qui s’opéra. Finalement Anaconda rejetait tout de son enfance, mais désirait croire au présent : il en avait la preuve. Et lorsqu’elle leva ses yeux baignés de larmes vers lui, le suppliant presque de la pardonner, le garçon prit une grande inspiration. Il comprit alors que les larmes qui coulaient de ses yeux étaient comme destinées à alléger Anaconda, à lui montrer qu’elle n’avait besoin de pleurer qu’à moitié puisqu’il se chargeait de l’autre.

_Griffith Mais enfin, de quoi dois-je te pardonner Ana’ ? De cette histoire tu es bien celle à qui l’on doit un millier d’excuses, celle à qui l’on doit tout mon Amour. Il est inutile et même absurde que tu me demande de faire quelque chose de ce genre. Tu es ma vie, Anaconda. Ma vie, celle pour qui mon cœur prend la peine de battre chaque matin et tout au long de la journée, celle qui occupe mes pensées quelle que soit l’heure du jour et de la nuit. Celle à qui je donnerais tout, absolument tout ce que je peux avoir. J’aimerais pouvoir te dire que je vais aller trouver ce qui te sert de père et annihiler chaque parcelle de peau qui le constitue, mais je me dois de garder les pieds sur terre pour toi, alors je ne te dirais jamais rien de tel. Je me fiche d’être en danger, mais alors à un point. Si jamais c’est toi qui te trouve en danger, alors… Je renoncerais à toi. Quitte à me tuer de désespoir, je ne veux pas être la cause d’un malheur pour toi. Je suis là, et je me battrais avec toi s’il le faut. Si je croise une de tes sœurs… Bref. Je t’aime, Ana’. Et tous les « Je t’aime » du monde ne suffiraient pas à égaler ceux que je te dis. N’aie pas peur, je suis là.

Il la prit tendrement dans ses bras après avoir posé sur son front un baiser délicat. De ses pouces, Griffith avait effacé les larmes de son amour pendant qu’il lui parlait, son regard planté dans le sien, son âme jouant avec la limite qui la séparait de celle de son amour.

Il la berça, lentement, amoureusement. Sans cesser de répéter des « Je suis là mon Ange, je suis là ». Et son cœur qui ne se calmait pas.






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Anaconda Lewis
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mer 28 Avr - 20:43
Anaconda n'avait jamais autant parlé d'elle. Tous ces mots qui relataient son passé; sa vie, tout était venu naturellement, sans qu'elle n'ai jamais ressenti le besoin de se taire ou de mentir. Et seul un Amour nommé Griffith en était la cause. Anaconda avait bien entendu déjà parlé de ses problèmes, mais jamais à ce point... et elle n'avait eu jusqu'à présent aucune raison de le faire. Mais maintenant, plus qu'une évidence, cela s'imposait devant elle: elle voulait un vrai avenir avec Griffith. La jeune femme savait pertinemment qu'il n'y aurait peut-être pas de Happy End à leur histoire, mais l'amour qu'elle éprouvait était plus fort que tout, et elle ne voulait pas se sentir coupable d'avoir omis une part importante de sa vie pour le protéger. Soit ils se protégeraient ensemble, soit, dans son cas, pas du tout. Anaconda n'avait pas envie de croire à une simple amourette adolescente, aussi forte soit-elle, et si le jeune homme ne le comprenait pas...
Non.
Ne doute pas.
Ne doute plus jamais.

Un silence respectueux succéda aux paroles de la jeune fille. Puis, ils entremêlèrent leurs regards et leurs âmes, comme ils aimaient à le faire, et elle comprit instantanément, dès l'instant où leurs prunelles se rencontrèrent. Elle comprit qu'elle ne serait plus jamais seule, et qu'elle pourrait toujours compter sur lui. Elle comprit tout ça même avant qu'il ne parle, et tout sentiment de honte et de culpabilité abandonna peu à peu cette délicate mais si forte poupée de porcelaine, pleurant des larmes de nacres dans les bras d'un Ange.

Et tous les « Je t’aime » du monde ne suffiraient pas à égaler ceux que je te dis. N’aie pas peur, je suis là.

Elle sourit doucement, et laissa échapper un petit rire. Un souvenir, plus heureux, vint éclore dans sa mémoire et déposa encore un peu de joie dans le coeur léger de la jeune fille: elle, dans un champ avec une amie lors d'une excursion à Pré-Au-Lard en Deuxième Année. Les deux Serpentard s'étaient roulées dans les herbes hautes, riant et se bagarrant comme deux petites lionnes. Et puis, après, elles s'étaient allongées sur le dos, et Anaconda, fixant les nuages, avait alors déclaré que plus tard, son amoureux l'aimerait tant, qu'il n'aurait pas besoin de lui parler pour la rassurer, pour l'assurer de son amour. Son amie avait éclaté de rire; parce-que ça ne voulait rien dire, selon elle. Mais aujourd'hui, Anaconda était convaincue que son souhait avait été exaucé. Ils s'aimaient. Comme quand elle était gamine, et qu'elle jouait avec des pâquerettes: « Il m'aime, il ne m'aime pas. Il m'aime, il ne m'aime pas... il m'aime! Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et moi aussi je l'aimerai comme cela. » Mais son petit coeur s'était rapidement assombri et avait considérablement durci, jusqu'à l'arrivée de son Miracle.

Peut-on tomber amoureuse d'un Ange?

L'Ange en question, dont les yeux or reflétaient une immense tendresse, la berça comme une enfant. Ses cheveux de bronze, désormais délivrés de l'emprise d'un chapeau quelconque, caressaient de temps à autre le front d'Anaconda, car leurs têtes étaient toutes proches l'une de l'autre. Elle avait besoin de lui, comme un ciel a besoin d'étoiles. Illumine-moi, mon amour.
Illumine... moi?

Et là encore, il l'avait fait. Maintenant, elle n'avait plus rien de sombre en elle. Toute sa rancoeur, sa haine et ses larmes silencieuses avaient été mises à nues et purifiées. Elle se sentait comme un nouveau-né dans les bras de Griffith, et il passait son temps à la reconstruire, sans jamais se lasser de l'embrasser, de l'écouter, de la comprendre. En quelques semaines, il avait rattrapé seize ans de douleur et d'indifférence.
A la manière d'un automate, celle aux cheveux de corbeau murmurait des « Je t'aime », qu'elle faisait jouer dans sa bouche et durer sur sa langue afin d'en apprécier tout le sens, toute la mélodie. Cette mélodie qui vous rend inexplicablement heureux, cette mélodie du bonheur causée par trois petits mots qui viennent du plus profond de nous.

- Merci, souffla-t-elle, un sourire authentique sur ses lèvres. Je n'aurais plus jamais peur, Griffith, pour la seule et unique raison que tu m'aimes, et que je t'aime aussi. Je t'aime, pour tes yeux, pour ton âme, pour tes attentions, pour ce que tu es et parce-que tu comptes tellement. Je t'aime parce-que pour la première fois de ma vie, je suis vraie. Tu m'as sauvée...!

C'était une prière. Une prière pour remercier quelqu'un d'avoir un jour permis à ce garçon magnifique de vivre, et d'avoir fait leur chemins se croiser. Et d'avoir donné à ce jeune homme le pouvoir de lui offrir une renaissance, un second souffle, une nouvelle chance. Dont elle pouvait dès à présent le faire bénéficier.

- Tu me connais désormais mieux que quiconque. Et je t'offre mon coeur tout entier. Mon âme aussi, et les moindres de mes sentiments.

Son sourire était étincelant. Elle embrassa délicatement Griffith plusieurs fois, sur la joue, sur les lèvres, sur le nez, dans le cou, toujours avec ce même sourire triomphal. Et intérieurement, elle daigna accorder une pensée à sa famille et à son passé: « J'ai enfin gagné. Tu ne peux plus rien contre moi. J'aime. »

Oui, on peut. Et en ressortir guérie de tous les maux du monde.



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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Ven 30 Avr - 1:22
    Griffith observait scrupuleusement Anaconda, observant l’hésitation de ses lèvres pulpeuses, l’émotion qui envahissait son regard, les larmes qui perlaient sur ses joues. Il avait prit les mains de son aimée dans les siennes et caressait leur peau avec ses pouces, dans des mouvements en arc de cercle. Le souffle du garçon s’était apaisé, tout comme c’était calmé celui d’Anaconda. Un silence respectueux suivit la dernière déclaration de la fille. L’émotion s’était emparé du corps de Griffith, et déversait des doses d’adrénaline dans son corps à chacun des battements de son corps. Cette adrénaline qui faisait trembler ses mains, qui le poussait à ne pas lâcher son amour. A passer sa vie entière avec Anaconda.
    Un sourire étirait les extrémités des lèvres du Poufsouffle, plus attendri que jamais. En cet instant, il aimait tellement qu’il pouvait en mourir. Griffith crevait d’amour.

    Dans l’incapacité d’exprimer clairement ses sentiments oralement, il misa sur le jeu de regard pour transmettre l’ouragan d’émotions qui tournoyait en lui. Impulsivement son regard se planta dans celui de la Serpentard, et il fut aussitôt noyé par les profondeurs abyssales qui y régnaient. Leurs âmes se côtoyaient, à la limite de la fusion. Intuitivement, l’un comprenait l’autre comme l’autre pouvait comprendre l’un. D’un rétrécissement de pupilles, Griffith pouvait transmettre l’amour, d’un clignement de paupières trop vigoureux il pouvait faire passer la tristesse. D’un abaissement de regard, la déception. Ils avaient établi une sorte de code inexpliqué, ce genre de secret que vous-même ne comprenez pas, mais que pourtant vous traduisez sans problème. Ce genre de cryptogramme qui vit en vous depuis toujours en attendant qu’un semblable le réveille, trouve la force de briser les chaînes qui entravaient son évolution.

    Et comme pour briser ce moment intense, comme pour sortir Anaconda et Griffith de leur bulle, la porte s’ouvrit violemment sur deux élèves hurlant de rire. Le Poufsouffle ne prit même pas la peine de leur jeter une once de regard tant il était perdu dans celui de son amour. Lorsque les deux individus, les deux intrus remarquèrent qu’ils gênaient, ils lancèrent une remarque stupide qui passa largement au dessus de Griffith, trop obnubilé par celle qui lui faisait face. Quand la porte claqua derrière les deux élèves, il ne bougea pas. Ne fit même pas un sursaut de surprise au vu de la violence avec laquelle l’entrée avait été close. Ne cligna pas deux fois des yeux plutôt qu’une. Le sceau qui les entourait était si puissant qu’il stoppait les bruits parasites.
    Puis Griffith ne put se retenir plus longtemps.

    Lâchant les mains de son amour, il passa ses bras autour de la taille de la jeune femme, caressant son dos de ses mains pour finalement les poser sur son bassin. Leurs lèvres se rencontrèrent, et le frisson parcouru l’échine de Griffith. Ne se laissant plus impressionner par cette sensation, il continua, penchant son buste sur celui de son aimée. Lentement, il coucha le corps de la jeune femme tout en continuant de goûter à ses lèvres, son cou, son visage. Se délectant de chacun de ces contacts, tout en parcourant lentement et délicatement le buste d’Anaconda avec sa main droite, tandis que la gauche était là pour soutenir le corps du garçon au dessus de celui de la Serpentard. Ne voulant pas brusquer les choses, Griffith mesurait chacun de ses gestes et les accompagnait de toute la douceur du monde. Sa main droite termina sa course dans la chevelure d’Anaconda. Il aimait ses cheveux bouclés, immensément doux. Un de ses doigts s’amusait à enrouler une mèche, comme il avait l’habitude de le faire. Puis Griffith mit fin à leurs baisers passionnés, et d’un mouvement lent il écarta les mèches de cheveux qui s’étaient mises en travers du visage d’Anaconda.

    _Griffith Mes sentiments sont les tiens, mon amour. Ta peine est la mienne, mon bonheur est le tien. Je t’aime plus qu’il ne le faudrait, plus que ne le permet la limite de la décence. Mais entre nous, ce mot n’a aucun sens. Je t’aime !

    Il ressentait ce besoin constant de répéter ces mots infiniment, comme pour les graver en elle, comme pour lui faire le serment que jamais il ne briserait cette promesse. Que quoi qu’il puisse se passer, il l’aimerait. Qu’il serait là pour elle jusqu’à son dernier souffle, son dernier regard. Que l’amour qu’il ressentait pour elle était à la fois un remède et un poison. Qu’il soignait ses blessures mais le tuait à petit feu. Que la puissance de ce sentiment brûlait sa conscience.

    Mais Dieu, que cette douleur était jubilatoire !






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Anaconda Lewis
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mar 11 Mai - 13:21
Il lui aurait demandé l'impossible qu'elle l'aurait fait. Il lui aurait demandé de sauter par la fenêtre qu'elle serait tombée sans poser la moindre question... il lui aurait dit qu'il l'aimait qu'elle se serait mise à pleurer. Anaconda ne vivait plus qu'à travers Griffith. Son seul amour. La jeune fille souriait et pour rien au monde elle n'aurait abandonné cet instant. Comme à chaque fois qu'elle se retrouvait avec Griffith, rien d'autre n'avait d'importance et elle pouvait aimer à en mourir sans se soucier des conséquences. L'amour que le jeune homme lui prodiguait en retour comblait amplement les attentes et les demandes de la Serpentard, qui ne se séparait qu'avec regrets de son amour.
Une fois encore, ils se regardèrent, firent se rencontrer leurs prunelles ardentes, brillant d'un éclat doré pour les unes; azur pour les autres. Comme si souvent, ce simple geste donnait à Anaconda la jouissive impression de n'être plus qu'une plume légère, dont rien ne venait troubler la lente chute, cet abandon qu'elle offrait à Griffith à chaque fois qu'il se voyaient. A travers leur regard, sans aucun secret l'un pour l'autre, ils se comprenaient sans avoir besoin de parler. Ils anticipaient leurs gestes, lisant l'un dans l'autre aussi facilement qu'on lisait un livre pour enfants.
Ils avaient inventé, inconsciemment, leur propre langage, si particulier aux couples qui ne font qu'un. Chaque geste, même infime, prenait soudain un nouveau sens que l'autre décodait sans peine; et chaque nouveau signe se déchiffrait comme s'ils avaient toujours su ce qu'il voulait dire.

Et ce que la jeune fille remarqua chez son amant à la beauté divine lorsqu'on ouvrit la porte, ce fut simplement un calme serein. Elle sourit. Les imbéciles riaient peut-être, elle ne savait pas, et ne le saurait jamais. Les deux élèves partirent avant même qu'Anaconda ait remarqué leur présence. Entièrement concentrée sur son Coeur, la poupée de porcelaine expérimentait quelque chose de nouveau.
Jamais elle n'avait aimé de cette manière, et jamais elle n'avait voulu se donner ainsi. Mais ce que Griffith lui offrait était purement inédit, et pour la première fois, elle voulait sentir le contact de sa peau contre la sienne.

Elle laissa échapper une exclamation de joie lorsqu'il l'enlaça par la taille; lorsqu'il parcourut de ses mains son buste; lorsqu'il l'embrassa avec tout l'amour du monde. Il posa ses lèvres sur le visage de la jeune fille, sur son cou, sur son nez, la couvrant de milliers de baisers, de ces trois mots si précieux. Les doigts de Griffith dans ses cheveux lui arrachèrent un sourire tendre, puis le jeune homme dégagea les mèches folles de son visage.

- Mes sentiments sont les tiens, mon amour. Ta peine est la mienne, mon bonheur est le tien. Je t’aime plus qu’il ne le faudrait, plus que ne le permet la limite de la décence. Mais entre nous, ce mot n’a aucun sens. Je t’aime !

Elle rit, de ce rire tendre et complice à la fois, emprunt d'amour propre aux femmes heureuses. Anaconda rit puisque les mots de Griffith; « Je t'aime plus qu'il ne le faudrait, plus que ne le permet la limite de la décence » n'avaient aucun sens pour elle. Si il y avait bien quelque chose sans aucune limites, c'était ce lien qui les unissait, qui faisait fusionner leurs âmes à chacune de leurs rencontres. Leur Amour. Leur passion. Leur destin... elle lui avait offert sa vie.
Elle l'embrassa fougueusement, mordillant ses lèvres à lui, jouant et le taquinant. Puis, elle passa ses mains autour du cou de son Ange, approcha son oreille de ses lèvres pulpeuses. De ces mêmes lèvres sortirent alors les mots suivants:

- Nous n'avons aucune limite, mon coeur. Ma seule limite, c'est toi... ce que tu veux ou ne veux pas, ce que tu ressens, ce que tu désires. Je t'aime tellement fort... tellement fort, Griffith!

Puis, en un mouvement, elle se retrouva dans ses bras puissants. Comme à la fin d'un tango renversé, elle se cambra, tenue par son amour. Gracieusement, elle se redressa, faisant de leur petite danse un ballet somptueux où ils menaient la danse, mus par le même désir de s'aimer. Il était son roi; son ange; son coeur... Elle l'embrassa encore.
Dans le même temps, sans qu'elle n'en soit réellement consciente, elle commença lentement à détacher les boutons de la chemise de son amant. Une partie d'elle s'offusquait de ce geste, l'autre partie ne cessait de se répéter que la décence n'avait aucun sens pour eux...



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Griffith Harftly
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Lun 17 Mai - 20:37
    Leur étreinte n’en terminait plus. L’un comme l’autre semblait espérer que cet instant dure une éternité. Griffith le premier. Savourant chacun des baisers d’Anaconda, frissonnant à ses caresses, son contact, il ressentait malgré tout une appréhension qui gagnait en force au fur et à mesure que le temps filait. Tous les mots d’amour du monde n’auraient pu annihiler cette peur. Et il ne le souhaitait pas. Car bien qu’elle fût gênante, elle signifiait au combien Griffith était heureux d’être dans cette salle. Au combien il n’aurait cédé sa place pour rien au monde.
    Ses mots l’atteignirent en plein cœur, flèches acérées qui brûlent. Qui touchent. L’organe semblait sur le point d’exploser. Il tambourinait la poitrine du Poufsouffle d’une force proportionnelle à l’amour qui pulsait en lui, faisait trembler ses mains, brisait sa voix. Face à Anaconda, ses yeux Océan, ses lèvres pulpeuses, son corps élancé et gracieux, il était maître du Monde. De son monde.

    Délicatement les mains de la Serpentard se posèrent sur son torse et s’attaquèrent aux boutons de la chemise du garçon. Lentement. Lui ne se cessait de parcourir son buste, de gestes hésitants, passionnés. Puis tout se brisa. L’image de Celian s’insinua en son esprit avec une rapidité déconcertante, et le souvenir de leur dernier échange qui n’avait été que pulsion décida de se loger en lui. Repoussant ces images, ignorant ce qu’elles signifiaient, Griffith continuait tant bien que mal à se concentrer sur Anaconda. A se délecter de chacun de ses murmures, de ses souffles… Et pourtant, il ne put résister plus longtemps. Excédé, ses muscles cédèrent sous la fatigue et la peine qui l’accablèrent. Son corps se fit plus lourd, et il se colla sur celui d’Anaconda. Griffith fit attention à retenir son poids lorsqu’il s’affaissa, afin de ne pas peser trop lourd sur la Serpentard. Sa tête se logea dans le creux du cou de la jeune femme, et le Poufsouffle prit une bouffée de son odeur. Les yeux fermés.
    Celian Roméo Khaim. Celui qui avait toujours troublé Griffith. Ils s’étaient rencontrés il y avait deux ans, et ils étaient presque aussitôt sortis ensemble. A l’époque, le Poufsouffle ne se connaissait pas encore, et il était tombé sous le charme viril de Celian. Leur relation avait duré quatre mois. Quatre mois durant lesquels Griffith avait été immensément heureux. Puis un mal-entendu, et la rupture. Déchirante. Le Poufsouffle avait commis une erreur qu’il n’avait réussit à se pardonner qu’au moment où enfin Celian l’avait écouté. Ce jour où, dans les cachots, les garçons avaient eu des retrouvailles… animales. L’un comme l’autre brisé de cet amour déchu, heureux de pouvoir à nouveau sentir le corps de l’autre sur le sien. Griffith sentit presque les lèvres de Celian se poser sur les siennes.
    Et dès cet instant, il sût. Une onde de détermination parcourut tout son être, âme comme corps. Après une dernière bouffée de l’odeur d’Anaconda qui était désormais son seul oxygène, il se détacha du corps de la jeune femme. Sépara leur étreinte dans un geste mêlé de douleur et de culpabilité. De regrets. L’immense honte d’avoir attendu tout ce temps pour lui avouer cette partie de lui, l’infinie peur qui attaquait chacune de ses cellules.

    Adossé contre le mur, les yeux fermés, Griffith tentait vainement de trouver les mots. Choisir avec prudence les mots qui feraient le moins de mal à Anaconda. Estimer les phrases qui ne risquaient aucune interprétation. Sur le fil du rasoir, conscient qu’un mot mal choisit, qu’une explication hasardeuse pouvaient mettre fin à leur relation, le Poufsouffle se lança.


    _Griffith Je ne peux pas te le cacher plus longtemps. Je veux que tu me connaisse, Ana’. Comme jamais personne ne m’a connu. Après une profonde inspiration dans laquelle il décela une note de jasmin, il plongea Ambre dans Océan. Et leurs âmes se rencontrèrent. Peut-être es-tu déjà au courant, mais je préfère te le dire par moi-même. Il y a un an, je suis sorti avec Celian Khaim. Nous formions un couple qui a duré quatre mois. C’est évidemment terminé, nous avons mis nos affaires au clair. Il me semblait important que tu connaisses ce moi.

    Peu à peu, la peur qui faisait flancher sa voix se dissipait, comme emportée par le flot de paroles qui s’écoulaient de sa bouche. Peu à peu, la détermination brillait dans ses yeux, et ses paroles se faisaient ciblées, claires. Définitives. Rien dans sa voix ou dans son regard ne pouvait trahir un quelconque mensonge, car seule la vérité y sonnait. Libéré d’un sacré poids, Griffith se permit un soupire. De satisfaction. De confiance. Presque inconsciemment, il savait qu’elle comprendrait. Elle devait comprendre. Devait se rendre compte de l’amour qui faisait fusionner leur âme, de cette passion qui lui faisait exploser le cœur. Du sourire qui illuminait le visage de Griffith lorsqu’elle apparaissait dans son champ de vision, de leurs bouches qui se cherchaient. Qui se trouvaient. Sans qu’aucun des deux ne s’en lasse. Des mots doux qu’ils se répétaient à l’oreille, des caresses ; des frissons.

    Serein, son regard ne se détachait pas de celui de son amour. Sa main se tendit vers celle d’Anaconda.






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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Mer 11 Aoû - 14:51
C'était mieux que tout ce qu'elle avait vécu jusqu'à présent, Anaconda en était consciente. Elle s'imprégnait de Griffith comme ce n'était pas permis. Elle se consumait d'amour, savourant intensément chaque contact que lui offrait sa peau sur la sienne. Jusqu'à présent, elle avait toujours cherché la promesse d'un avenir meilleur, et maintenant qu'elle l'avait au creux des mains, elle ne comptait pas la lâcher. La jeune fille brune se sentait comme Juliette face à son Roméo: un amour brûlant, une passion dévorante qui finirait sans doute par avoir raison d'eux... Mais pour le moment, seul comptait l'instant présent. Seuls comptaient les baisers de Griffith, qui effleuraient sa peau, les caresses de ses mains qui la faisaient frissonner et le fait d'entendre battre son coeur. Ce dernier semblait avoir perdu la notion de la normalité et battait à n'en plus pouvoir, d'excitation, de joie et d'amour.

Soudain, Anaconda sentit Griffith flancher. Cet instant d'abandon aurait été imperceptible pour n'importe qui, mais Anaconda avait vendu son âme au jeune homme, et en contrepartie, pouvait sentir le moindre de ses gestes. Cependant, le magnifique Poufsouffle se reprit, comme si de rien était. Ce fut à cet instant qu'Anaconda anticipa l'effondrement de son âme-soeur. Et lorsqu'il se rendit dans ses bras, la jeune femme l'étreignit, pour lui apporter son soutient. Il avait besoin d'elle, et elle serait à ses côtés pour toujours. Pour chaque instant de doute, pour chaque deuil ou chaque peine, la jeune femme espérait et souhaitait pouvoir être là pour l'aider. Elle n'avait aucune idée des pensées qui le tourmentaient, mais elle était certaine d'une chose: elle voulait que les secrets qui les rongeaient tous les deux soient sortis de leurs coeurs. De toute façon, Anaconda aimait tellement Griffith qu'elle aurait pu lui pardonner le crime le plus affreux.

La jeune homme se détacha d'elle, et elle put déceler des émotions qu'elle ne voulait plus voir en lui. De la douleur, immense. De la culpabilité, aussi, et pire que tout, des regrets. Si la jeune femme appréhendait ce qu'elle allait entendre, elle ne le laissa pas paraître, sa détermination étant plus forte que tout. Pour Griffith.
Alors, il se livra. Anaconda écouta avec toute la tendresse dont une femme est capable. En effet, depuis qu'elle avait rencontré Griffith, Anaconda s'était littéralement transformée. Elle n'était plus l'adolescente fragile et hautaine qui ne savait pas où elle en était, ni ce qu'elle était vraiment. Non, elle était devenue une jeune femme déterminée, et à présent, elle savait où était sa place.
Aux côtés de son Ange.

Lorsqu'il eut fini de parler, la jeune fille sourit tendrement. Elle prit la main que son amour lui tendait, et la serra fort. « J'ai confiance en toi. Je t'aime pour ce que tu es, pas pour ce que tu as fait, ou ce que tu as été. Seul compte ce que nous serons. Nous deux, juste nous deux. »
Il savait qu'elle comprendrait, et elle comprenait. Puis, soudainement, Anaconda se mit à rire. Ce n'était pas un rire nerveux ou un rire forcé, c'était juste le son de son bonheur. Elle se sentait si légère! Plus rien ne se mettait en travers de leur chemin, désormais. Ils étaient libérés de leurs tourments.

Elle attira Griffith contre elle, et approcha ses lèvres douces de son oreille. Puis, elle lui murmura doucement, entre deux rires insouciants:

    Je t'aime.




« So I smiled and tried to mean it, to let myself let go
Cause it's all in the hands of a bitter, bitter man
Say goodbye to the world you thought you lived in »


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Griffith Harftly
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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Dim 15 Aoû - 14:35
    Il était si simple de lui promettre que tout était terminé avec Celian. De lui dire que le Serpentard ne lui inspirait rien d'autre qu'une grande amitié. Il était vrai que Griffith faisait tout son possible pour tourner cette douloureuse page, mais il était question d'autre chose qu'une simple amitié lorsque les deux garçons se trouvaient face à face. Jamais il n'avouerait à Anaconda l'attirement qu'il avait pour Celian, car il faisait tout son possible pour se convaincre qu'il s'était envolé dès lorsqu'il l'avait rencontrée, elle. Les essais répétés pour mettre définitivement fin aux espoirs de Celian étaient d'ailleurs la preuve que Griffith croyait plus à son avenir avec Ana' qu'avec lui.

    « J'ai confiance en toi. Je t'aime pour ce que tu es, pas pour ce que tu as fait, ou ce que tu as été. Seul compte ce que nous serons. Nous deux, juste nous deux. »

    Le regard qu'elle lui offrit fit passer ce message limpide en lui, et un imperceptible sourire figea ses lèvres. Son coeur se desserra et il put enfin pleinement respirer. Il ne fut même pas surprit de l'entendre rire, car lui même se sentait capable de mourir de rire en cet instant. De mourir de bonheur. Il savoura son "Je t'aime" comme s'il l'entendait pour la première fois. Les frissons habituels parcoururent son échine jusqu'à sa nuque, et il attrapa le visage de son aimée délicatement. L'embrassa fougueusement.

    Peut-on mourir de bonheur? Peut-on se laisser consumer par le regard de l'âme soeur, suffoquer sous le poids de l'amour, étouffer de trop dire je t'aime? Il voulait juste mourir avec elle. Peut lui importait la façon dont ça devait arriver, il voulait juste avoir comme dernière image de la vie son visage. Son regard océan dans lequel il se noyait avec tant de délectation. Il voulait vivre pleinement sa vie à ses côtés, avoir plein d'enfants qui lui ressembleraient tous, voir des rides apparaître sur son visage et l'aimer pour ça. L'aimer pour l'avoir rendu heureux durant sa vie entière et finir vieux, complètement gâteux jusqu'à ne plus pouvoir marcher et passer ses journées dans un vieux fauteuil, les yeux dans le vague. Passer ses nuits avec elle jusqu'à la fin de ses jours et être imprégné de son odeur à chaque seconde de sa vie.


      Je devais avoir environ 1% de chance que tu me parles, ce jour. Et pourtant tu l'a fais. Si tu savais comme je t'en remercie...


    Que serait advenu de Griffith si elle avait simplement continué sa route sans se soucier de lui le jour de leur rencontre? Certainement serait-il encore célibataire, ou avec Celian. Mais la question ne se posait pas, car il l'avait, avec lui. Pour toujours. Son Amour, son Coeur, son Ange. Sa Vie.

    Il avait entièrement perdu la notion du temps. Ce ne fut que lorsqu'un Préfet passa devant la salle en donnant l'ordre à des élèves qui devaient traîner de rejoindre leur salle commune qu'il se rendit compte qu'il était l'heure de se séparer. Le couvre feu avait été grandement avancé à cause du monstre qui inquiétait le corps enseignant de Poudlard, et leurs rendez-vous se voyaient tristement écourtés. Il aurait aimé dormir avec elle dans cette salle, mais des rumeurs courraient sur le fait que les professeurs vérifiaient chaque soir si des élèves imprudents ne tentaient pas de contourner les règles. Et se faire virer de Poudlard faisait parti des choses à ne pas faire. Il se leva en soupirant puis prit Anaconda par la main. Ils quittèrent la salle en silence, puis descendirent les escaliers. Griffith caressait la main de son aimée de son pouce, et lui jetait quelques regards amoureux quand il ne vérifiait pas que les couloirs étaient libres. Il n'était pas question de se faire surprendre. Lorsqu'ils arrivèrent au troisième étage -après maints détours dans l'unique but de glaner quelques secondes ensemble-, Griffith se tourna face à elle. Il attrapa son autre main, puis lui sourit.

    C'était le genre de moment qu'il détestait. Il aurait tout donné pour qu'elle l'accompagne dans sa salle commune et qu'il finissent la journée ensemble, qu'ils débutent celle du lendemain tous les deux. Et ainsi de suite. Mais ils devaient se séparer pour mieux se retrouver.


      Passe une bonne nuit, Amour. Tu me manques déjà.


    Dernier baiser, dernier regard. Dernière image, et il lâche les mains d'Anaconda puis se détourne d'elle lentement, douloureusement. Ses jambes le pèsent, et sa marche est lente. Alors qu'il va tourner pour définitivement se couper d'elle, il fait une dernière fois volte-face et la regarde une dernière fois avant au moins une semaine. Une putain de semaine. Retient son corps si fin, élancé, magnifique. Un dernier sourire et il tourne dans un couloir, et rejoint sa salle commune.

    Ce soir, il sera de bonne humeur. Anaconda dans la tête, Anaconda dans le coeur, sur les mains. Il sera intensément heureux.


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MessageSujet: Re: Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]   Aujourd'hui à 23:49
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Tu es enfin là, mon Ange... [Anaconda ]

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