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 Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]

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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Mar 23 Mar - 23:32

Jeudi. Par miracle, Dante bénéficiait de son après-midi de libre ce jour là à cause de l’absence de son professeur de botanique pour une raison qui n’avait pas été communiquée aux élèves. Le Serpentard avait donc décidé de mettre à profit le beau temps qu’il faisait dehors et ses heures disponibles pour travailler un peu. Toujours dans le même but : avoir de bon résultats et devenir quelqu’un. Aussi, il s’était directement rendu dans la Grande Salle pour manger. Aussi rapidement que possible. Il détestait la Grande Salle et tout ce monde qui y grouillait. C’était un de ces endroits où on peut vous poignarder tranquillement, car la foule est si dense qu’il est impossible de sentir venir le coup. Alors tous les matins, tous les midis et tous les soirs, Dante engloutissait rapidement quelques aliments et s’empressait de quitter cet endroit.

Ce jour-ci, il dû retourner dans sa salle commune pour chercher les affaires de cours dont il avait besoin pour travailler. Rasant les murs, car sa différence sanguine lui avait déjà joué des tours, le garçon avait attrapé rapidement ses livres, puis était parti. Il avait constamment l’impression de fuir tout et tout le monde. Chaque geste qu’il entreprenait se devait d’être réalisé avec une précision et une rapidité à toute épreuve, le plus discrètement possible. On pouvait dire qu’il menait une vie de fantôme tellement il était absent pour le reste des élèves. Depuis son entrée, à ses onze ans, Dante n’avait quasiment jamais adressé la parole à quiconque. Sauf pour se défendre des attaques et des moqueries des autres élèves. Joseline, sa tante, avait pourtant essayé à maintes et maintes reprises de lui expliquer que non , le monde n’était pas aussi obscur et rempli de sombres crétins qui avaient pour seul but de détruire un maximum de personnes. Mais il était comme ça, et il faudrait longtemps, très longtemps avant qu’il ne change et ne guérisse de son ancienne vie. Il lui faudrait de l’aide, de l’aide extérieure. Et pour le moment, il n’avait pas déniché la personne à qui il accorderait ce droit et par conséquent sa confiance.

Il marchait lentement dans les couloirs, en regardant droit devant lui. Car la peur que Dante ressentait n’incluait pas la honte. Il était méfiant mais pas lâche. A chaque situation difficile, Dante faisait preuve d’un calme froid. Jamais le garçon n’avait perdu patience et s’était énervé. Il se contentait juste de fixer son adversaire et de lui lancer de simples pics. La violence le répugnait. Rien que le geste de lever la main sur quelqu’un le faisait frissonner. Il repensait à la puissance de frappe qu’avait son père, au bruit de l’impact du poing sur la mâchoire, du pied dans les côtes. Ces souvenirs lui emplirent toute la tête, si bien qu’il manqua de rentrer droit dans un mur. A la dernière seconde, un réflexe l’arrêta juste avant l’impact, le sortant en même temps de ses pensées. Au fil du temps, Dante avait regardé les choses sous un nouvel angle, et la douleur s’insinuait en lui lorsqu’il y réfléchissait. La culpabilité prenait peu à peu la place de l’indifférence.

Lorsqu’il sortit du château, Dante fila directement vers son coin. Un arbre reculé des autres, qui offrait ombre et solitude à celui qui le prenait comme dossier. Mais en cours de route, Dante remarqua un groupe de Serpentards qui ricanaient suspicieusement. Aussitôt, il analysa la situation en scrutant les moindres gestes des garçons. Ils étaient soit de son âge soit d’un an ses aînés, semblaient en manque de bouc-émissaire. La façon tonitruante avec laquelle ils rigolaient indiqua à Dante que leur seul et unique but était de se faire remarquer. Il faisait beau, tout Poudlard passait l’heure de pause du déjeuné au soleil, c’était le moment idéal pour se pavaner. Le garçon ne les jugea pas dangereux, mais alors qu’il allait détourner son regard de leur groupe pour observer les personnes qu’il allait bientôt croiser, il remarqua un doigt tendu dans sa direction. Aussitôt, Dante accéléra le pas. Il fallait éviter une confrontation. Ils étaient trois, il était seul. Le danger était grand, trop grand. Il entendit une voix grave l’appeler. Puis un garçon se pointa devant lui, à court de souffle. Apparemment, il venait de courir pour le rattraper et laisser le temps à ses deux amis de venir. Dante le jugea larbin, et détourna son attention de lui. Il prit la peine de faire un pas sur le côté afin de ne pas se retrouver en sandwich entre les trois garçons. Lorsque les deux autres amis du bouffon qui transpirait à côté de lui arrivèrent, l’un deux affichait un rictus.

_inconnu Oh, mais c’est notre ami le sang de bourbe ! Le choixpeau a fait une erreur flagrante en t’intégrant parmi nous. Tu le sais, que tu n’es pas comme nous. Comment oses-tu te montrer ?

Ce qui gênait Dante n’étaient pas les grossièretés que débitaient ces crétins, car l’insulte « sang-de-bourbe » ne l’avait jamais touchée. C’était sa position qui l’inquiétait. Toujours en silence, il fixait tour à tour ces trois individus, pesant le pour et le contre. Soit il s’excusait et faisait profil bas, soit il leur répondait au risque de les mettre en colère. Le choix fut rapide. Il n’était pas lâche. Il n’était pas comme son père.

_Dante Dites moi, c’est parce que vous espérer vous faire remarquer par la bande de pouffiasses qui se trouve là bas que vous essayez de vous la jouer virils, ou bien c’est juste que vous n’avez rien d’autre à faire de votre heure de pause ?

L’un deux voulut attraper Dante par l’épaule, mais il se dégagea à l’instant où la main de l’individu effleura le tissus de sa robe de sorcier. L’âne grogna suite à cet échec, puis ils échangèrent un regard. Et leurs trois corps se rapprochèrent un peu plus de Dante.

Il ne fuirait pas.
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Mer 24 Mar - 21:11
    Adossée contre un arbre, un stylo dans la main et son livre d'histoire de la magie devant elle, Kate semblait être en pleine concentration. A l'intérieur de son cerveau, ses pensées se mélangeaient de telle manière qu'elle n'arrivait pas à se concentrer, s'obligeant à ne penser qu'à ses cours, alors qu'elle n'y arrivait pas. Elle rageait intérieurement, incapable de fixer ses idées plus de cinq secondes sur la même chose, même idiote et inutile. A vrai dire, elle avait passé une nuit agitée, et s'était réveillée, allongée sur le sol, ce qui n'était en soit pas la meilleure manière de commencer une journée de cours. De plus, une migraine pointait insidieusement le bout de son nez, et elle sentait que malgré toute la bonne volonté du monde, elle n'y échapperait pas. Ce qui était plus qu'agaçant. Alors qu'elle se prenait la tête dans les mains, tant par lassitude que par douleur, un son parvint jusqu'à elle, assez fort pour qu'elle l'entende.

      « Oh, mais c’est notre ami le sang de bourbe ! Le choixpeau a fait une erreur flagrante en t’intégrant parmi nous. Tu le sais, que tu n’es pas comme nous. Comment oses-tu te montrer ? »


    Un instant, Kate se raidit avant qu'elle ne se rende compte que cette tirade, certes très recherchée pour un cerveau à ce point limité, ne lui était pas destinée. Oubliant son mal de crâne, elle rangea ses affaires dans son sac avant de tourner la tête et de contourner l'arbre derrière lequel elle était assise. Devant elle, ou du moins à quelques mètres, trois Serpentards avaient l'air de ne pas apprécier celui qui se tenait devant eux, bien contre son gré, c'était évident. Ce qui était étrange, c'était que la jeune fille l'avait déjà aperçu, et qu'il était de leur maison. Depuis quand des Serpentards s'en prenaient aux leurs, bien qu'ils puissent être des nés moldus ? Se sentant concernée par ceci, car elle était également une "sang de bourbe", comme les autres n'oubliaient pas de lui rappeler, elle s'avança pour ne plus se trouver qu'à deux mètres de l'altercation, sans que personne ne remarque son manège. Celui qui semblait ne pas faire partie de leur bande n'hésita pas à leur répondre vertement, ce qui n'était sûrement pas la meilleure chose à faire dans ces conditions.

      « Dites moi, c’est parce que vous espérez vous faire remarquer par la bande de pouffiasses qui se trouve là bas que vous essayez de vous la jouer virils, ou bien c’est juste que vous n’avez rien d’autre à faire de votre heure de pause ? »


    Un mince sourire étira les lèvres de Kate ; il était rare que quelqu'un de menacé, car il fallait bien avouer qu'il était, ose répondre avec ce ton à ses agresseurs. En réponse à sa tirade, les corps des trois Serpentards se rapprochèrent, enserrant peu à peu les quatrième qui n'allait bientôt plus avoir une quelconque liberté de mouvement. Bien que leur maison soit un quelque sorte "l'ennemi" de la sienne, Kate n'hésita qu'un instant avant de resserrer sa prise sur son sac et de s'avancer, pour être face aux quatre garçons. L'air profondément méchant des trois premiers ne donnait pas envie de les regarder, et encore moins de leur parler, mais la jeune fille devait donner une raison à sa subite présence. Cependant, elle mit sa main dans sa poche, tenant sa baguette du bout de ces derniers. Au cas-où. Avec ces imbéciles, tout pouvait très vite dégénérer.

      « Si je pouvais vous donner un conseil, les filles qui se trouvent juste là ne sont vraiment pas pour vous, elles sont bien trop cultivées. Par contre, celles qui se trouvent de l'autre côté sont plus accessibles. Donc, si vous voulez les impressionner, il faudrait plutôt aller voir le garçon qui se trouve à côté d'elles. Et ne me dîtes pas merci surtout, c'était avec plaisir. »


    Alors que trois regard acérés se posaient sur elle en même temps, elle frissonna, mal à l'aise, puis se contenta de l'insulte qu'ils lui lancèrent avant de s'éloigner. Visiblement, ils n'avaient vraiment rien d'autre à faire que de lancer des piques aux gens qu'ils croisaient, sans réelle intention. Quand Kate songea soudain qu'elle se tenait toujours à côté du quatrième Serpentard, elle s'éloigna de quelques pas, indécise. Engager la conversation n'avait jamais été un problème pour elle, mais là... Elle se contenta donc de la fixer dans les yeux, une lueur de farouche détermination ancrée dans ses prunelles.


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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Jeu 25 Mar - 19:31
Les corps des trois garçons étaient si près du sien que Dante ne remarqua pas la silhouette qui se rapprochait d’eux lentement. Ce n’est que lorsque les buffles tournèrent leur tête vers la voix féminine qui s’était élevée qu'il la remarqua. Ces minutes passèrent en une seconde pour le Serpentard. Lorsque les trois partirent non sans les avoir insultés, Dante se senti… Nu. Il réalisa alors ce qu’il venait de se passer. Elle l’avait aidé. Une fois de plus, il avait été incapable de sortir d’une difficulté par ses uniques moyens. Et comme d’habitude, il se retrouvait complètement perdu.

Après avoir évité ce moment jusqu’à la dernière seconde, le regard de Dante se posa finalement sur celle qui venait de l’extirper d’une position on ne peut plus embêtante. Aussitôt, il reconnut ces traits, et il fit directement le lien avec celle à qui ils appartenaient. Kate Clayton, Gryffondor. Elle était dans les mêmes cours que lui la plupart du temps, car ils avaient le même âge. Il se souvenait du jour où il avait entendu pour la première fois le nom de cette fille : C’était durant un cours de vol. Kate papotait avec une amie à elle, et le professeur l’avait reprise d’un « Miss Kate Clayton, écoutez donc mon cours au lieu de frétiller. ». Elle s’était excusée, et Dante l’avait tout de suite enregistrée. Comme pour chacune des personnes qu’il regardait d’ailleurs. Il avait une mémoire époustouflante, et il pouvait se souvenir de n’importe quel détail si l’envie lui venait. Son cerveau classait chaque chose qu’il voyait et analysait, et retenait chaque visage avec le nom qui lui était associé. Inutile de préciser l’inutilité de cette mémoire au vu de la sociabilité du garçon. Mais cela lui avait déjà servi, et cela lui servirait sûrement. Et puis de toute façon, il était comme ça.

Il la fixait toujours. La gêne qu’il ressentait prenait possession de ses moyens, et son corps tout entier s’était raidi. C’était la première fois. La première fois qu’il se sentait si désemparé devant quelqu’un lorsqu’on l’aidait, la première fois que son regard ne lui obéissait plus, et gardait la même personne en vue. Ses pensées tournaient elles aussi autour de Kate. Il ne savait pas s’il devait partir sans rien dire, ou la remercier. Son cœur battait rapidement, et Dante peinait à se calmer. Perdre ainsi tout le self-contrôle qu’il était habitué à avoir le mettait sur les nerfs. Il ne comprenait pas pourquoi cette fille le faisait autant réfléchir. Alors agissant sans réfléchir –il avait tergiversé pendant cinq bonnes minutes pour arriver à ce minable résultat.-, il lança un regard noir à la fille qu’il regardait sans scrupules depuis que les gorilles s’en étaient allés.

_Dante Je n’ai pas besoin de ton aide !

Il n’avait pas crié. Non, loin de là. La voix qui était sorti de sa bouche avait été calme et tranchante. Mais peu crédible. Il avait manqué peu de choses pour que le garçon ne bégaye. Et cela l’hallucinait. Et enfin, son regard se détacha de ce corps étranger. Il se sentait impuissant, faible. Désemparé. Et il l’était. Le garçon regarda ses pieds quelques instants. Il voulut s’excuser, et partir en courant, mais quand sa bouche s’ouvrit, aucun son n’en sortit. Il était incapable de demander pardon. Jamais il n’avait ressenti le besoin de s’excuser auprès de quelqu’un, et il était loin d’imaginer le bien que pouvait procurer un simple « Pardon ».

Il était faible, et avait besoin d’être seul. De ne plus penser à rien, et d’écrire à sa tante. Il avait envie de revoir cette femme et de lui parler, parler comme il ne faisait avec personne d’autre. Elle était la seule personne au monde qui connaissait le vrai Dante. Celui qui correspondait avec sa bouille d’ange, celui qui était drôle et affectif. Celui caché au plus profond de son être. Elle seule réussissait à le faire sortir de cette armure qu’il avait construite avec une facilité déconcertante mais qu’il ne briserait pour rien au monde devant quelqu’un d’autre que Joseline. C’était ce qui définissait son intimité, sa sécurité. Grâce à ce masque, Dante pouvait penser librement et était parfaitement isolé du monde extérieur. Il ne comprenait pas les personnes qui avaient absolument besoin de se « confier », comme ils disaient. Ces personnes mettaient en danger leurs secrets, car ils les mettaient dans les mains de personnes autres qu’eux-mêmes. Qui pouvaient alors facilement les divulguer à autrui ou pire, s’en servir contre eux. Il était facile de se rapprocher de quelqu’un jusqu’à acquérir sa confiance. A partir de ce moment, on pouvait faire ce que l’on voulait de l’autre. Et ça, Dante ne le savait que trop bien. Il avait accordé toute, absolument toute sa confiance à son père et même plus : son admiration et son amour. Il n’avait jamais aimé quelqu’un autant que Gabriel, et lui n’avait fait que réduire en neutrons ces sentiments. Ainsi que le cœur de Dante au passage.

Ce dernier regardait toujours le sol devant lui. Sans le regarder. Cela lui arrivait fréquemment de se perdre dans ses pensées jusqu’à perdre pieds. Et lorsqu’il retomba sur le sol et la dure réalité, Dante leva les yeux vers la fille, toujours là. Elle était la première qui le voyait après qu’il venait de se remémorer ces durs souvenirs. Dans ces cas là, le Serpentard était toujours meurtri jusqu’au plus profond de son être. Rien que le prénom « Gabriel » le blessait comme rien ne pouvait le faire, quand il se souvenait de ce que la personne à qui appartenait ce prénom lui avait fait, c’était pire. Sans rien ajouter, il pivota et commença à marcher loin d’elle. Loin de cette fille qui en savait déjà trop. Il fuyait une fois de plus. Mais on n’était plus à une fuite près.



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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Sam 27 Mar - 15:36
    Exiger d'un Serpentard qu'il prononce un seul mot aimable devait sans doute faire partie des cinq choses qui ne se réaliserait jamais. Aussi, quand Dante, car Kate se souvenait de son prénom, ne dit rien et resta sur place, silencieux, elle n'en fut pas plus étonnée que cela. Bien qu'elle aurait aimé qu'il dise quelque chose, qu'il se manifeste, il sembla se plonger dans un profond mutisme. Durant plusieurs minutes, elle resta là, à l'observer, tentant de comprendre un seul des sentiments qui l'habitaient, mais il était tellement renfermé sur lui-même qu'elle n'y arriva pas. Une ride de contrariété plissa un instant son front, et elle fut tentée de partir définitivement, car elle commençait à perdre patience. Au moment où elle levait un pied pour s'en aller, Dante releva se décida enfin à prononcer quelques mots, qui n'en restaient pas moins désagréables.

      « Je n'ai pas besoin de ton aide ! »

    Alors qu'elle aurait juré qu'il n'hésiterait pas à l'insulter à son tour, il n'en fit rien, et se contenta de lâcher cette phrase d'un ton froid, mais calme, presque hésitant, ce qui contrastait étrangement avec les mots qu'il venait de prononcer. Surprise, les lèvres de la jeune fille se pincèrent en une moue indécise, mais il ne lui laissa pas le temps de répliquer, et tourna les talons. Il s'éloignait d'un pas modéré, et ce fut sans mal que Kate le rattrapa en forçant l'allure. Elle fit quelques pas à ses côtés, tentant à nouveau de percer la bulle en acier renforcé qui devait le couper du monde, sans doute. Comment pouvait-il être ignorant à ce point ? Au mieux, il aurait tout simplement pu ne rien dire, mais il se permettait encore de la rabrouer. Bien que Kate soit connue pour sa patience qui pouvait être parfois exemplaire, quand elle n'était pas agacée, là, ce n'était pas vraiment le cas. A tel point qu'elle aurait peut-être préféré que les 3 idiots malmènent un peu celui qu'elle avait en face d'elle. Pourtant, s'il l'avait énervé à ce point, elle ne serait pas restée là, et serais à son tour repartie là où elle se trouvait auparavant. Mais elle restait là, à marcher près de lui. Au bout de quelques secondes, n'y tenant plus, elle aggrandit ses foulées et se plaça devant lui, de manière à le stopper. Provisoirement. Sans attendre, elle prit ensuite la parole.

      « Je ne te demande pas de me remercier, et encore moins de prononcer une parole. Mais ne dis pas que n'avais pas besoin d'aide ! Tu penses qu'ils t'auraient laissé tranquille aussi rapidement, si je n'étais pas intervenue ? »


    Sa voix, d'abord posée, s'était faîte dure et glaciale, à tel point qu'elle écarquilla d'elle-même les yeux. Elle n'avait pas l'habitude de parler avec autant de fougue, surtout aux Serpentards à qui elle n'adressait presque pas la parole, et était donc étonnée du poids qu'elle avait mis dans cette phrase. Une fois l'instant de surprise passé, elle croisa les bras, redevenant muette et patiente en attendant un signe de vie de la part du jeune homme. Maintenant qu'il l'avait cherché, il devrait en répondre ; Kate ne laisserait pas penser cette occasion de tenter de le comprendre. Mais à première vue, l'impression qu'il dégageait était tellement étrangère à ce qu'elle ressentait qu'elle doutait de comprendre ce qu'il tenterait de lui dire, si jamais il se décidait à ouvrir la bouche. Lorsqu'il avait tourné les talons, elle avait bien vu qu'il avait failli dire quelque chose, mais qu'il s'était défilé. A présent, elle ferait tout pour qu'il lui dise les mots qu'il voulait auparavant prononcer, même si ces derniers devaient être insultants. Pour dire vrai, elle avait elle-même du mal à appréhender ce qu'elle était en train de faire, n'ayant jamais volontairement porté secours à un Serpentard, ni même parlé à une personne de cette maison de son plein gré, à part pour répondre à des insultes ou des moqueries du fait de son sang.

    Peut-être était-ce parce qu'elle s'était sentie concernée par le mot "sang de bourbe" qu'elle était intervenue, elle n'aurait su le dire. Quoi qu'il en soit, si ce n'était que cela, pourquoi n'avait-elle par tournée aussitôt les talons après que les gêneurs soient partis ? Sans doute parce qu'elle était d'une curiosité maladive, et qu'elle souhaitait en apprendre plus sur celui que les autres ne considéraient pas comme eux, et qui l'avait envoyé paître alors qu'elle l'avait aidée... Tandis qu'elle aurait dû être agacée, énervée, pourquoi pas furieuse, ce n'était pas le cas. Le seul adjectif qui aurait pu la qualifier en ce moment-même devait être chamboulée, qui correspondait le mieux à ce qu'elle ressentait. Sa curiosité mêlée à son incompréhension de l'agissement de Dante la mettait mal à l'aise, et ce fut sans comprendre ce qui lui arrivait qu'elle frappa nerveusement du pied par terre, soulevant un nuage de poussière plus épais qu'elle l'aurait souhaité. Gênée, elle toussota et fixa ses yeux dans celui de son interlocuteur, qui, pour l'instant, n'avait pas décroché un mot.



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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Sam 27 Mar - 21:04
Dante marchait à vive allure, tout en faisant son possible pour ne plus y penser. Oublier les dernières minutes et les évènements qu'elles contenaient. Mais alors qu'il tentait vainement de penser à ces deux oiseaux qui jouaient ensemble dans les airs, il entendit des pas. Et il ne fallut pas quinze minutes à Dante pour deviner que Kate le suivait. Dès lors, il accéléra son allure en faisant mine de ne pas l'entendre. Elle le suivit durant un bon moment pendant lequel il du fournir maints efforts pour ne pas tourner la tête vers elle et analyser son comportement afin d'y déceler une animosité quelconque. Car il était certain que la jeune fille ne pensait pas que du bien que lui. Renonçant à regarder une fois de plus Kate, Dante continuait sa route pensant qu'elle abandonnerait rapidement sa chasse. Cependant, elle fit tout le contraire et accéléra le pas pour passer devant lui. Il s'arrêta net, et plongea son regard chocolat dans le sien.

_Kate Je ne te demande pas de me remercier, et encore moins de prononcer une parole. Mais ne dis pas que n'avais pas besoin d'aide ! Tu penses qu'ils t'auraient laissé tranquille aussi rapidement, si je n'étais pas intervenue ? "

Dante haussa un sourcil. Il était fatigué de devoir répondre à ça, mais elle semblait ne pas vouloir le laisser quitter ces lieux sans explication. Alors il lui parlerait. Il n'expliquerait rien mais se contenterait de répondre méchamment en espérant qu'elle s'énerve et parte. Comme il le faisait à chaque fois. Et il fallait dire que cette technique était infaillible, car à part une ou deux personnes qui avaient persisté jusqu'à obtenir leur place dans la catégorie "danger" de Dante, personne ne restait avec lui quand il répondait de cette façon. Et quelque chose lui disait que Kate craquerait bientôt.

_Dante Ils seraient partis. Et peu m'importe le temps que ça aurait pris. Ils auraient fichu le camp avec ou sans ton aide.

Mentir n'avait jamais été dans les habitudes de Dante. Il détestait la mauvaise foi et le mensonge. Pour lui, c'était comme trahir. Trahir la personne à qui l'on s'adresse. Mais en cet instant, Dante eu du mal à avouer son tord. Il était du genre "Règle n°1: J'ai toujours raison. Règle n°2: si j'ai tord, se référer à la règle n°1". Alors prendre conscience que non, sans l'aide de Kate il ne serait pas sorti indemne de cette rencontre avec les trois Serpentard était impossible pour lui. Il aurait pu éventuellement avouer l'aide dont il avait eu besoin face à une personne qui...Non, il n'aurait pas pu. Mais dans ce cas là, Dante n'aurait alors rien dit et serait parti. Et la personne, énervée, serait partie. Tandis que Kate l'avait suivit. Alors il avait eu besoin de lui répondre vu l'air qu'elle avait prit. Il savait qu'elle ne lâcherait pas l'affaire. Alors, dans le besoin de voir cette personne partir, il avait dit n'importe quoi. Au risque de mentir.

Et maintenant que c'était fait, Dante se sentait encore pire qu'avant. Il avait l'impression d'être sale, de s'enfoncer plus bas qu'il ne l'était déjà. Et en plus, il faisait ça pour quelqu'un d'absolument pas important, pour quelqu'un qui ne méritait pas son attention. Pour quelqu'un de peut-être dangereux. C'est alors que Dante remarqua que Kate ne lui demandait rien. Elle n'avait visiblement pas besoin qu'il la remercie ou qu'il s'excuse, elle semblait juste vouloir qu'il admette l'aide dont il avait eu besoin. Etrange...

_Dante Si tu ne veux ni remerciements ni excuses de ma part, pourquoi t'évertues-tu à me courir après ainsi?

Il ne voulait pas qu'elle lui réponde. Il voulait juste qu'elle pète un bon câble et parte. C'était tout ce qu'il voulait. Etre seul. Parce que cette fille venait à la fois de le voir après un flash back, mais aussi de le faire mentir. Chose non banale pour quelqu'un comme Dante. Or ce dernier voulait aussi savoir pour quelles raison elle le suivait, pourquoi elle continuait à lui parler malgré les réponses peu engageantes qu'il lui offrait. Il voulait écarter définitivement le danger qu'elle signifiait envers lui, il avait besoin de savoir à quel point elle voulait le connaître. Mettre les choses au clair autant avec lui même qu'avec Kate. En clair, il voulait qu'elle parte en restant. Autant dire l'état de Dante à l'heure qu'il était.

Soupirant, il passa une main dans ses cheveux blonds. Il ne savait même pas la forme qu'avait sa coiffure tellement la dernière fois qu'il s'était regardé dans un miroir remontait à longtemps. Mais il se fichait de son physique. C'était un des détails de la vie auquel il ne portait aucune importance. Puis Dante regarda Kate une fois de plus. Toute trace d'hésitation s'en était allée.

_Dante Que me veux-tu?



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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Mar 30 Mar - 19:41
    Contre toute-attente, il n'avait pas tenté de franchir le barrage que lui imposait le corps de la jeune fille, et elle s'en étonna. S'il l'avait voulu, il aurait sans aucun problème pu partir en la contournant, et pourquoi pas, la bousculer pour lui faire comprendre qu'elle l'énervait au plus haut point. Mais il ne l'avait pas fait, et cela gênait presque Kate. Maintenant qu'elle l'avait empêché de partir, de fuir ce qu'elle pouvait lui dire, et qu'elle avait déversé sur lui l'agacement qui l'habitait, elle ne savait pas ce qu'elle aurait pu rajouter pour combler le vide évident qui les séparait. Heureusement, il ne lui laissa pas cette tâche et se contenta de prendre la parole, tout trace d'hésitation l'ayant quitté.

      - Ils seraient partis. Et peu m'importe le temps que ça aurait pris. Ils auraient fichu le camp avec ou sans ton aide.


    Kate lâcha sa baguette qu'elle tenait toujours serrée dans sa main, et quand elle fit jouer ses articulations, ses jointures passèrent du blanc au rouge sans prévenir, ce qui ne put que la faire souffrir. Cependant, ce n'était pas assez pour la détourner de Dante, qui n'avait qu'un but, c'était évident : la faire craquer. Peut-être voulait-il éviter une autre fuite et préférait-il qu'elle s'en aille de son plein gré. Ce qu'elle n'était pas du tout prête à faire, en tout cas pas tant qu'elle n'aurait pas obtenu une raison suffisante à ses mensonges effrontés. Ou du moins à ce qu'il ne voulait pas avouer, préférant penser qu'il n'avait toujours raison et que le contraire était tout bonnement impossible. Habituellement, les gens comme cela insupportaient la jeune fille, mais à présent, elle voulait comprendre ce que recherchait exactement le Serpentard. Il n'avait pas joué des poings, n'avait pas tenté de la menacer, ou encore moins de la frapper violemment, pourtant, il souhaitait qu'elle s'en aille. Sans doute ne se rendait-il pas compte qu'elle n'avait aucunement l'intention de vider les lieux sans réponse. Peut-être que les autres personnes qui lui avaient posé des questions avaient fini par perdre patience, mais elle ne serait pas dans ce cas-là ; elle avait tout son temps, d'autant plus qu'elle n'avait pas plus envie que cela de retourner à ses bouquins, surtout celui d'histoire de la magie. L'après-midi était à peine entamé, et des heures pouvaient s'écouler avant que le parc ne se vide peu à peu. Sans se référer au regard que lui portait Dante dans le but de l'éloigner, elle soupira, peu avant qu'il reprenne la parole, ce qui la désarçonna. Elle n'aurait pas pensé qu'il puisse parler seulement quelques minutes après lâché ses derniers mots, mais c'était peut-être possible, finalement.

      - Si tu ne veux ni remerciements ni excuses de ma part, pourquoi t'évertues-tu à me courir après ainsi ?


    Formulée comme cela, cette question ne plaisait pas à la jeune fille. Si Dante n'avait pas pris le loisir de s'éloigner alors qu'elle l'avait aidée, elle n'aurait jamais eu l'idée de lui courir après, et l'aurait sans doute laissé seul dès qu'elle aurait obtenu ce qu'elle voulait. Le fait que Dante pense qu'elle lui courait après lui était presque insupportable, tant elle détestait que les gens se fassent de fausses idées d'elle, mais aussi qu'ils inventent des choses tout bonnement ridicules. Jamais une Gryffondor ne courrait après un Serpentard. Ce n'était pas prévu, et cela ne se passerait sans doute pas ; Kate n'avait pas l'intention de déroger à la règle. Qu'il eut été un Poufsoufle ou un Serdaigle, elle aurait réagi de la même manière, car il n'était pas ici question de maison, mais de principes. Que le jeune homme ne connaisse pas les bases de la politesse agaçait sérieusement Kate qui commençait à se demander de nouveau si elle ne devrait pas s'en aller définitivement, histoire d'éviter de trop s'énerver pour rien. Ou en tout cas, pas pour lui. Mais derrière tous ces sentiments négatifs perçait une pointe de curiosité qui n'avait de cesse de revenir se placer en avant, taraudant la jeune fille. Elle n'arrivait toujours pas à percer la carapace qui semblait entourer Dante, et malgré qu'elle ne souhaite pas le bousculer en lui faisant penser qu'elle n'était là que pour lui faucher des informations, elle souhaitait donéravant comprendre pourquoi il avait réagi avec tant d'insouciance, alors qu'elle l'avait "soutenu".

    Puis, sa timidité refoulée n'ayant pas décidé d'apparaître à ce moment précis, elle faisait preuve d'un agacement qui ne lui était pas familier, bien qu'elle en soit régulière atteinte. Son corps avait beau lui expliquer qu'il ne servait à rien de parlementer avec pareil individu et que la décision la plus sage était de s'éloigner, son esprit, lui, criait son désir d'en savoir plus. Et surtout, de ne pas fuir comme l'avait fait le Serpentard quelques minutes plus tôt. Courageuse, la fuite n'était pas dans ses habitudes, et ne le serait sans doute jamais, tant que ce ne serait pas vital. Contrairement à elle, Dante semblait se joindre à cette idée pour échapper aux situations qui ne lui plaisaient pas, et c'était d'autant plus étrange que ceux de sa maison était habituellement connus pour aller à l'affrontement, ou pour le créer. Interrompant ses pensées, Dante passa une main dans ses cheveux blonds, sans doute plus pour effectuer un mouvement que par envie de les remettre en ordre, ce qui ne semblait pas être sa préocuppation première. Intriguée, Kate l'observa minutieusement pour voir ce qu'il préparait. Sans plus tarder et évitant ainsi, involontairement bien sûr, d'inquiéter la jeune fille, il prit à nouveau la parole.

      - Que me veux-tu ?


    Les mots avaient retenti, clairs et tranchants, en ayant perdu leur ancienne hésitation. Kate le fixa quelques secondes, les yeux plissés, avant de se décider à répondre, alors qu'elle ne l'avait pas fait pour sa précédente question. Elle avait beau vouloir le faire mariner, bien qu'elle doute que ce soit le cas, elle n'était tout de même pas sournoise au point de ne pas prononcer une parole tant qu'elle ne l'aurait pas décidé. Sa voix se fit dure quand sur le premier mot, avant de s'assouplir, ce qui était volontaire. Ce n'était pas en criant ou en réprimandant le Serpentard qu'elle finirait par avoir une réponse, même minime.

      - Je ne veux rien, à part te faire reconnaître que tu n'as pas toujours raison. Et ne pas avoir raison n'est pas forcément un tort, au contraire, ça te permettra d'avancer beaucoup plus vite dans ton estime de soi. Quand j'ai tort, je n'hésite pas à le dire, et à avouer mes défauts. Personne n'est parfait, et cette règle s'applique aussi à toi. Tu ne penses pas qu'il faudrait que tu évolues maintenant ? D'accord, tu es insensible aux insultes des autres, tu te fiches de ce qu'ils pensent de toi, tout ça, c'est bien, mais il faut peut-être que tu songes à toi, et à toi seul. Ce n'est pas en te fermant aux contacts extérieurs et en refluant ce que tu penses que tu réussiras à avancer, où que ce soit. Et pour répondre à ta première question, je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas. La curiosité, puis l'agacement aussi, en partie.

      Maintenant, si tu veux t'en aller, vas-y. Ne m'écoutes pas et oublies-moi dans ce cas, je crois que c'est la meilleure solution. Mais saches que tu n'iras pas très loin en faisant cela.


    Sans prononcer le moindre mot, elle se décala, de manière à se trouver à la droite de Dante, sans pour autant s'être éloignée ou rapprochée. Son bras effectua un léger mouvement vers l'arrière, pour lui signifier qu'elle ne le retiendrait pas s'il voulait réellement ne plus la voir tellement elle l'insupportait. Ses yeux se plantèrent dans ceux du garçon, espérant une déceler la moindre trace de doute, bien qu'elle pense qu'il ne le ferait pas voir s'il souhaitait s'en aller. Immobile, elle poussa un soupir, avant de fermer un instant les paupières et de les ouvrir, son regard ancré dans celui du Serpentard.


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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Mer 31 Mar - 15:36
_Kate Je ne veux rien, à part te faire reconnaître que tu n'as pas toujours raison. Et ne pas avoir raison n'est pas forcément un tort, au contraire, ça te permettra d'avancer beaucoup plus vite dans ton estime de soi. Quand j'ai tort, je n'hésite pas à le dire, et à avouer mes défauts. Personne n'est parfait, et cette règle s'applique aussi à toi. Tu ne penses pas qu'il faudrait que tu évolues maintenant ? D'accord, tu es insensible aux insultes des autres, tu te fiches de ce qu'ils pensent de toi, tout ça, c'est bien, mais il faut peut-être que tu songes à toi, et à toi seul. Ce n'est pas en te fermant aux contacts extérieurs et en refluant ce que tu penses que tu réussiras à avancer, où que ce soit. Et pour répondre à ta première question, je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas. La curiosité, puis l'agacement aussi, en partie.
Maintenant, si tu veux t'en aller, vas-y. Ne m'écoutes pas et oublies-moi dans ce cas, je crois que c'est la meilleure solution. Mais saches que tu n'iras pas très loin en faisant cela.


Dante écarquilla les yeux de surprise. Jamais au grand jamais quelqu’un ne lui avait parlé de la sorte. Il déglutit difficilement, tentant de refouler les sentiments qui insurgeaient son esprit. Ne laissant rien paraître, il fit mine d’être calme et se contenta de lui lancer un regard noir. S’il avait pu, il se serait volatilisé, mais Dante ne maîtrisait pas encore le transplanage. Il aurait voulu creuser un trou dans lequel se jeter, il aurait même aimé que quelqu’un attaque le château pour bénéficier d’une inattention de Kate et pouvoir ainsi partir de cet endroit oppressant et de cette situation plus que gênante. Dante repassait en boucle les paroles de la jeune fille. Il la regardait sans vraiment la voir, car son esprit était occupé à tourner en boucle et à se trouver des excuses. Car il savait pertinemment à quel point les paroles qu’il venait d’entendre étaient justes. Il était tout à fait conscient que les sentiments que le gentil Dante pouvait ressentir étaient cachés au plus profond de son être et qu’il faisait tout pour les refouler et ne pas les laisser paraître. Que seule Joseline l’avait vu rire et qu’elle était la seule à avoir réussit l’exploit de le laisser abaisser son armure, son masque. Qu’elle était l’unique personne au monde devant laquelle Dante cessait de jouer. Il avait en elle une confiance absolue. Et il savait bien que si quelqu’un était capable de le faire évoluer, c’était bien elle. Mais Dante ignorait alors que son tord se trouvait ici même. Joseline était loin d’être l’unique personne qui était dans la possibilité de l’aider à le sortir de cette armure. Au contraire, car s’il espérait un jour réussir à se montrer tel qu’il l’était vraiment devant les personnes qui lui parlaient, Dante devait utiliser chaque élément qu’il voyait. Il devait apprendre à réutiliser les gestes d’honnêteté que chaque jour des personnes faisaient devant lui. Or pour le moment, son esprit ne les traduisait que comme des rituels inutiles.

Sans voix, le garçon respirait lentement. Son esprit marchait à toute allure tandis que son corps ralentissait la cadence de vie. Il était totalement au ralenti tellement la lutte interne était puissante. Il était face à cette fille qui venait de creuser en lui un creux immense rempli de milliers de questions. C’était la première fois que quelqu’un semblait s’intéressait à lui, et qu’il ressentait que cette envie était réelle. Lorsqu’il sortit de ses pensées et qu’il réalisa que la jeune fille n’avait pas bougé, il comprit. Plus, il ressentit. Dante réalisa alors qu’elle ne mentait pas. Que la fille qui se tenait face à lui quoique légèrement vers sa droite –il venait de le remarquer- n’avait aucun intérêt à lui mentir en ce qui concernait ses dires. Qu’il n’y avait aucune raison pour qu’elle ne raconte des pitreries.
Si, il y en avait un. Peut-être désirait-elle appâter Dante pour le manger et le détruire. Peut-être attendait-elle de lui qu’il se livre pour ensuite jouer contre lui et raconter sa vie, sa si dure vie à tout Poudlard. Non, elle n’était pas comme ça ! Si ! Non !

…Inutile de narrer dans quel état se trouvait Dante. Il décida de fermer les yeux, de fermer son esprit et de faire le vide. Entièrement. De retrouver la sérénité avec laquelle il attaquait chaque journée avant de répondre à Kate. Avant de chercher quoi lui répondre. Aussi il s’exécuta, osant fermer les yeux de l’ennemi et ne plus faire attention à ce qui l’entourait. Totalement déboussolé, Dante était totalement à la merci de quiconque lui voulait du mal pendant cet instant de stress. Mais il était tellement mal que cela ne l’importait pas. Il était obnubilé par le besoin de se retrouver en totale osmose avec lui-même avant de faire quoi que ce soit. Une fois qu’il ressentit cette concordance des envies avec les pensées, Dante ouvrit les yeux comme un nouveau né ouvre les siens sur le monde. Il prit une grande inspiration.

_Dante Je ne sais pas qui tu es pour te permettre de me conseiller alors que tu ne sais rien, strictement rien de moi. Ne pas se fier aux apparences, ce n’est pas ce qu’on dit tout le temps ? M’avouer à moi-même que j’ai fais une erreur m’est simple. C’est devant les autres que je préfère ne pas montrer mes faiblesses. C’est un choix. Que je me ferme aux autres en est un autre, et il n’est pas de ton ressort d’abaisser ces barrières.
Ne prends pas la peine de m’aider, je suis un cas à part qui restera toujours au point mort.


Il ne bougeait pas. Il n’en avait pas envie. Pour la première fois, Dante ne fuyait pas. Il faisait face à la difficulté, en parti parce qu’elle le concernait. Et surtout car Kate venait de le toucher, chose qu’il ne trouvait pas banale. Alors, faisant un pas sur le côté pour se retrouver parfaitement en face de la fille, Dante plongea une nouvelle fois dans son regard. Cette fois, il n’y déchargea aucune agressivité, aucun éclair. Il avait retrouvé son harmonie mentale. Il était prêt. Dante respirait calmement, heureux d’être en paix. Ses mots n’avaient eu aucune sonorité tranchante et violente. Ils s’étaient déversés de sa bouche avec le rythme calme de celui qui sait ce qu’il dit, de celui qui croit en ce qu’il dit. Et pour se rassurer –car malgré tout il n’était pas si sûr de lui qu’il pouvait le penser-, il inspecta le regard de Kate. Il la sentait un peu sur la défensive mais malgré tout sûre d’elle. Elle aussi était entièrement en accord avec ses pensées et ses mots.

Ils étaient là, tous les deux. Dante était si concentré qu’il en avait oublié l’environnement dans lequel ils se trouvaient. Il n’entendait plus les nombreux élèves qui riaient dans le parc, qui discutaient bruyamment ; il ne voyait plus les oiseaux voler au dessus de leur tête ni le soleil qui chauffait sa peau dissimulée par sa robe de sorcier ; il ne sentait plus la chaleur qui brûlait son corps. Il ne vivait plus, il pensait. Ses yeux chocolats ne voyaient que ce qu’ils décidaient de voir, et ses oreilles n’étaient focalisées que sur le son de la voix de Kate. Le cœur du garçon n’avait pas de rythme régulier. Il battait au fil de ses pensées. Au fil de l’attente. Dante attendait une réponse. Un mot, un souffle, un geste. Quelque chose qui le conduirait sur le chemin à emprunter dans ce cas là. Car il venait de dévoiler une infime partie de lui-même en avouant se dissimuler derrière ce masque, et qui dit dévoiler dit danger. Or il n’avait auparavant jamais pris un tel risque, et Dante se trouvait dans l’incapacité de prendre une autre solution. Il était, au plus profond de lui-même, terrorisé. Mais cette terreur était pour l’instant apaisée par la paix par laquelle il pensait être habité. Mais ce calme et ce sentiment de bien-être n’étaient que le calme avant la tempête.




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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Dim 4 Avr - 20:31
    Au delà du fait qu'elle était profondément étonnée et agacée par l'attitude de Dante, elle ne put s'empêcher d'esquisser un mince sourire quand elle vit sa surprise après la longue tirade qu'elle avait prononcé. A l'observer, il ne devait pas souvent faire face à ce genre de situation, pour ne pas dire jamais, et c'était très intéressant de voir jusqu'à quel point pouvait aller sa réaction. Parfaitement consciente que la situation de départ qui tournait vraiment à son désavantage était en train de s'inverser, elle continua à rire intérieurement tant que la surprise fut visible sur le visage du jeune homme. Pourtant, contre toute attente, Dante donna, extérieurement en tout cas, une impression de calme qui se dégagea dans ses paroles.

      - Je ne sais pas qui tu es pour te permettre de me conseiller alors que tu ne sais rien, strictement rien de moi. Ne pas se fier aux apparences, ce n’est pas ce qu’on dit tout le temps ? M’avouer à moi-même que j’ai fais une erreur m’est simple. C’est devant les autres que je préfère ne pas montrer mes faiblesses. C’est un choix. Que je me ferme aux autres en est un autre, et il n’est pas de ton ressort d’abaisser ces barrières.

      Ne prends pas la peine de m’aider, je suis un cas à part qui restera toujours au point mort.


    Avant qu'elle ne puisse répondre, ou simplement envisager de répondre, Dante se décala pour se placer à nouveau devant elle, semblant attendre quelque chose. Sans doute la démonstration d'un réponse à ses paroles, ou peut-être une réaction toute autre. Malgré l'envie qu'avait la jeune fille de démentir ce qu'il venait de dire, et de lui prouver son agacement, elle ne put s'empêcher, durant un instant, d'envisager de ne rien dire. Juste pour voir la frustration de Dante en comprenant ce que pouvait signifier l'expression "être invisible". Lui qui se targuait d'être insensible aux remarques des autres, les laissant ainsi dans l'ignorance des réponses à leurs questions, il devrait un jour apprendre que cela aussi pouvait lui arriver. Pourtant, elle ne put s'empêcher de lui répondre, car elle ne souhaitait pas faire partie des personnes qui pouvaient prendre leur entourage pour des objets, ou pour rien, et donc ne pas leur porter d'attention


      - Il y a une énorme différence entre ce que tu dis et ce que tu fais. Même si tu t'efforces de me faire comprendre que tu n'as pas besoin d'aide, une partie de toi-même veut démentir cette affirmation, et c'est pour cela que t'es replacé devant moi. Et si, pendant un instant, je décidais de faire comme toi, d'ignorer ce qui m'entoures, que se passerait-il ? Tu n'aurais pas de réponse à ta question, et même si tu oublieras ensuite très vite cet "incident", tu n'auras pas avancé d'un centimètre. Un instant, j'ai voulu ne pas te répondre, juste pour que tu éprouves cette frustration, quand les autres décident de t'ignorer, de te fuire.

      Plusieurs personnes ont déjà dû d'aborder de cette manière, mais comme d'habitude, tu les as chassé, n'imaginant pas une seule qu'elles pourraient t'aider d'une manière ou d'une autre. Si tu faisais un tant soit peu attention à ton environnement, tu n'aurais pas à te renfermer sur toi-même, et donc pas à te poser ces questions qui n'ont aucun sens. Tu ne souhaites pas te dévoiler devant les autres, mais montrer une infime partie de toi serait trop te demander ? Je ne te demandes pas de répondre, juste d'y réfléchir...


    Bien qu'elle eût prononcé ces phrases avec lenteur, appuyant sur les mots et les syllabes importantes, Kate ne put pas s'empêcher d'inspirer une longue goulée d'air, légèrement essoufflée. A cours de mots, elle aurait pourtant voulu faire comprendre à celui qui se trouvait en face d'elle que tout n'était pas terminé, et que rien n'était encore joué, mais son imagination en matière de formulations de phrases semblait s'être épuisée. Prêtant un instant attention au monde qui continuait à évoluer autour d'elle, son regard se posa un instant sur des élèves de première année qui s'amusaient à jouer dans l'herbe tels des chatons. Même si elle aurait souhaité trouver une comparaison plus flatteuse, celle-ci était la première qui lui venait à l'esprit. Peut-être parce qu'à leur naissance, ces animaux restaient insouciants jusqu'à ce qu'ils deviennent grands, et quittent leur mère, leur famille. A voir les étudiants de première année, jamais personne n'aurait pu imaginer qu'ils auraient un jour à faire face aux problèmes personnels ou familiaux. Malheureusement, cette dure réalité n'avait mis que peu de temps à rattraper Kate, et dès l'âge de treize ans, les relations qu'elle entretenait avec sa famille s'étaient faîte plus tendues, et son plus jeune frère avait commencé à ne plus la supporter, trop jaloux qu'elle possède le don de la magie alors que lui non. Il n'avait pas su faire la part des choses, et toute la famille en avait pâti, malgré les efforts de chacun pour éviter cela.

    Comme cette nuit, peu de temps auparavant, où elle n'avait plus supporté de ressasser autant de choses dans son esprit, et qu'elle avait été contrainte de quitter le dortoir, de peur de réveiller les autres si elle se laissait emporter dans un sommeil qui serait à coup sûr agité. Ceci avait sans doute marqué un tournant, autant dans son esprit que dans son corps, qui était fréquemment agité de tics nerveux, sans qu'elle puisse songer à les contrôler. Comme si, tout à coup, elle se devenait la spectatrice de sa propre déchéance, impuissante face à ce qu'elle subissait, ignorée d'elle-même. L'idée même qu'elle puisse ne plus réellement habiter son corps l'inquiétait au plus haut point, mais c'était également les questions qu'elle se posait, la nuit, quand elle était seule, qui reflétaient vraiment son mal-être. Mal-être qu'elle cachait sans mal pendant la journée, réussissant à oublier tout cela en compagnie de ceux qui lui étaient chers. Peut-être était-ce ce qui manquait à Dante. Lui ne s'ouvrait pas autant aux autres, et n'acceptait pas que l'on se penche sur son cas, bien que le but soit louable. Ou alors, son problème était tout autre. Mais Kate devait tenter de lui faire comprendre qu'il fallait vraiment dissocier les deux parties de lui-même qui s'affrontaient, et qu'il devait, comme elle, refluer ses sentiments, sans pour autant montrer un sourire forcé.

    Bizarrement, elle n'avait aucun mal à ne pas songer à ses problèmes pendant la journée, car le divertissement qui l'emportait quand elle était avec ses amis l'empêchait de se couper du monde, et cette facette de sa personnalité était aussi vraie et naturelle que celle qui se questionnait en permanence. Soudain, un oiseau poussa un piaillement à proximité, et Kate sursauta légèrement, son regard voilé reprenant peu à peu l'éclat qui le caractérisait habituellement. Elle évalua son environnement durant quelques secondes, mais sembla s'apercevoir qu'elle n'avait en aucun cas bougé de l'endroit où elle se tenait auparavant, car elle plongea à nouveau ses yeux dans ceux de Dante. Puis, calmement, elle se lança.

      - La vie, c'est une longue courbe qui n'est pas toujours droite et qui traverse parfois des périodes difficiles, sans pour autant s'arrêter en cours de route. La vie c'est dur, c'est ignoble, c'est malheureux, c'est désespérant. Mais la vie, c'est aussi agréable, joyeux, intéressant et inoubliable. Ces phrases, on les répète, encore et toujours, jusqu'à ce que la personne que l'on cherche à toucher avec cela comprenne ces paroles. Tu ne les as pas comprises. Moi non plus d'ailleurs, ou du moins je ne pense pas. Mais si tu ne cherches pas à t'extirper de la carapace dans laquelle tu te renfermes, tu n'arriveras à rien. A rien du tout.

      Je ne suis pas le parfait exemple d'une vie "positive", et sans doute pas la meilleure personne pour en parler, mais au moins, je tente d'oublier mes problèmes. Je n'y arrive pas toujours, mais je n'abandonne pas. Aucun cas n'est à part, et aucun cas ne restera au point mort, s'il prend la peine de dépasser les obstacles qui le bloque. Tu ne te sens pas le force d'avancer, avec ou sans aide ?


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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Jeu 8 Avr - 21:45
Encerclé, enfermé. Dante se sentait comme une souris dans une cage à laquelle on venait de bloquer les dernières issues. Condamnées. Malgré le calme apparent, il sentait la tempête reprendre son cours en son fort intérieur. Les sentiments s’acharnaient sur le bâillon qui les avait tus, menaçant à chaque instant de l’envahir. Elles étaient comme des monstres pour Dante. Des monstres qu’il évitait au possible. Le garçon détestait sentir son cœur accélérer et sa respiration devenir saccadée lorsque quelqu’un avait un geste brusque à côté de lui, il détestait serrer inconsciemment sa mâchoire emporté par le démon de la colère. Et ce dernier était bien le pire de tous. La colère était ce qui avait poussé son père à porter la main sur Dante lorsqu’il s’était rendu compte que Millie ne bougeait plus. La colère était ce qui engendrait la violence. C’était pourquoi le Serpentard était si calme, si paisible. C’était pourquoi il calibrait chacune de ses paroles avant de les rendre publiques, pourquoi chacun de ses gestes était longuement préparé. Le couteau que son père avait si profondément enfoncé dans le dos de son propre fils résidait encore dans le corps, meurtrissure imaginaire mais non moins efficace. Cette trahison avait été de trop pour Dante, et il ne pouvait plus rien laisser au hasard de peur qu’un individu n’attrape le tranchant et ne l’enfonce encore plus si c’était possible.
Mais Kate ne faisait pas partie des dangereux. Dante avait l’impression que cette fille était totalement inoffensive. Et cette impression l’effrayait. La Gryffondor semblait si sûre d’elle, si mûre qu’elle faisait immensément peur à Dante. Il était submergé par l’impression d’avoir en face de lui quelqu’un qui résumait ses actes et sa façon de vivre en moins de temps qu’il ne fallait pour monter sur un balai. Lui qui avait mit plus de six ans à se construire, à définir son comportement, et elle qui résumait ces années de recherche en à peine deux minutes. La stupeur était si grande que Dante se perdait dans ses pensées. Immobile, il forma une nouvelle fois le cocon qui lui permettait de ne parler qu’à lui-même.

Or il fut bien vite tiré de sa stupeur, car Kate sursauta pour une raison que Dante ignorait. La réaction du garçon ne se fit pas attendre car aussitôt il fit un bond en arrière, puis courba l’échine en levant les bras devant sa tête. Cette position, il l’avait eue la fois où Gabriel l’avait frappé. Et depuis ce jour, depuis ce qui avait marqué au fer rouge sur le cœur de Dante la haine qu’il entretenait pour son misérable paternel, le garçon réagissait ainsi au moindre geste brusque. Dès lors qu’une ombre entrait rapidement dans son champ de vision trop rapidement, les bras du garçon se levaient tendus devant son visage pour le protéger.
Visiblement, Kate n’avait pas remarqué la frayeur de Dante – et cette foutue peur qui accélérait son cœur-, car elle enchaîna, imperturbable.

_Kate La vie, c'est une longue courbe qui n'est pas toujours droite et qui traverse parfois des périodes difficiles, sans pour autant s'arrêter en cours de route. La vie c'est dur, c'est ignoble, c'est malheureux, c'est désespérant. Mais la vie, c'est aussi agréable, joyeux, intéressant et inoubliable. Ces phrases, on les répète, encore et toujours, jusqu'à ce que la personne que l'on cherche à toucher avec cela comprenne ces paroles. Tu ne les as pas comprises. Moi non plus d'ailleurs, ou du moins je ne pense pas. Mais si tu ne cherches pas à t'extirper de la carapace dans laquelle tu te renfermes, tu n'arriveras à rien. A rien du tout.

Je ne suis pas le parfait exemple d'une vie "positive", et sans doute pas la meilleure personne pour en parler, mais au moins, je tente d'oublier mes problèmes. Je n'y arrive pas toujours, mais je n'abandonne pas. Aucun cas n'est à part, et aucun cas ne restera au point mort, s'il prend la peine de dépasser les obstacles qui le bloque. Tu ne te sens pas la force d'avancer, avec ou sans aide ?


Dante hallucinait. En quelques phrases la jeune fille baissa dans son estime aussi brutalement qu’elle y était montée. Le garçon était bien largement perdu face à elle. Une fois elle l’impressionnait de maturité et l’autre de ringardise. Il soupira, puis plongea son regard dans le sien. Las.

_Dante La vie est loin d’être quelque chose qui se résume en une phrase aussi bidon. Si j’étais sensé « comprendre » cette phrase et l’adapter à ma propre vie, mon état serait bien pire qu’il ne l’est. Personne ne peut mettre un pochoir sur ce mot qui diffère tant selon les personnes. Ma carapace, comme tu l’appelle si bien, c’est tout ce que j’ai. Et rien –ou du moins pas des imbécilités du genre- n’aura d’effet dessus. La force d’avancer, je l’ai, et sache que rien que le fait de ne pas avoir fuit, rien que le fait de t’avoir affrontée est un immense pas en avant. Rien que le fait que tu ne t’en rendes pas compte me prouve que malgré les efforts que tu engage pour me faire croire que tu me comprends, tu es loin de moi.
Sache que je n’ai jamais prétendu essayer d’oublier mes problèmes. Si toi tu fuis tes problèmes et moi je me fuis. Il n’y a pas de plus lâche entre nous deux. Tu es comme toutes les personnes qui ont essayé de me sauver. Au début ça fait mine d’être persévérant, et puis ça baisse les bras. Je ne m’en plains pas. Tu peux donc continuer ton rôle et partir, énervée par l’agacement que je t’inspire. Car moi, que l’on me plante à un endroit en me laissant seul ne m’inspire qu’une chose : le sourire.


Il ne cillait pas du regard. Sa voix était parfaitement calme, posée. Tout comme son esprit.



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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Dim 18 Avr - 15:42
    Tandis que les minutes s'écoulaient, indifférentes à toute chose, l'esprit de Kate bouillonnait. Ses pensées étaient loin de la considérer comme celle ayant raison dans la conversation qu'elle avait engagé, et ceci la mettait à l'aise. Elle ne cessait de se demander si elle avait raison de vouloir à tout prix faire comprendre quelque chose, qui plus est qu'elle n'arrivait pas à expliquer, au Serpentard. Il semblait réellement fermé à toute vérité qui pourrait le gêner et trouvait toujours une répartie justement choisie pour rétorquer le contraire de ce que lui disait la jeune fille. Après sa question, Dante n'avait pas hésité à lui faire clairement comprendre qu'elle n'était qu'une fille comme les autres, qui tentait de s'intéresser à lui sans vraiment vouloir l'aider d'une quelconque manière. Ses mots étaient empreints de fermeté, Dante étant certain, sans doute, de ce qu'il avait affirmé.

      - La vie est loin d’être quelque chose qui se résume en une phrase aussi bidon. Si j’étais sensé « comprendre » cette phrase et l’adapter à ma propre vie, mon état serait bien pire qu’il ne l’est. Personne ne peut mettre un pochoir sur ce mot qui diffère tant selon les personnes. Ma carapace, comme tu l’appelle si bien, c’est tout ce que j’ai. Et rien – ou du moins pas des imbécilités du genre - n’aura d’effet dessus. La force d’avancer, je l’ai, et sache que rien que le fait de ne pas avoir fuit, rien que le fait de t’avoir affrontée est un immense pas en avant. Rien que le fait que tu ne t’en rendes pas compte me prouve que malgré les efforts que tu engages pour me faire croire que tu me comprends, tu es loin de moi.
      Sache que je n’ai jamais prétendu essayer d’oublier mes problèmes. Si toi tu fuis tes problèmes et moi je me fuis. Il n’y a pas de plus lâche entre nous deux. Tu es comme toutes les personnes qui ont essayé de me sauver. Au début ça fait mine d’être persévérant, et puis ça baisse les bras. Je ne m’en plains pas. Tu peux donc continuer ton rôle et partir, énervée par l’agacement que je t’inspire. Car moi, que l’on me plante à un endroit en me laissant seul ne m’inspire qu’une chose : le sourire.


    Cependant, et malgré qu'elle ne sache quoi répondre à cela, le jeune homme ne bougea pas, ce qui étonna profondément la Gryffondor. S'il la trouvait à ce point ringarde et totalement dénuée d'intérêt, qu'avait-il à gagner en restant campé sur ses positions, devant elle. C'était vraiment déroutant, même pour Kate, habituée à devoir supporter les pluies de méchancetés et de vérités dérangeantes que son plus jeune frère déversait régulièrement sur elle, sans se soucier de l'effet que cela lui faisait. Fort heureusement, ce qu'elle venait d'entendre ne lui faisait pas aussi mal, ce qui était plus que compréhensible, mais elle commençait à saturer, comme si elle devait se justifier pour quelque chose. Elle avait aidé le Serpentard, et avait tenté de lui faire comprendre quelque chose auquel il était sourd, que pouvait-elle lui dire de plus, à part l'insulter pour lui faire comprendre à quel point il était agaçant.

    Toutefois, elle réfréna ses envies et resta calme et silencieuse, toujours plantée au milieu du parc, telle une statue cherchant un unique moyen de percer une carapace de pierre. En ce qui concernait Dante, la sienne avait sûrement dû être forgée en acier, et renforcée avec les années, si bien qu'il fallait s'armer de patience pour tenter de la craqueler, ou, du moins, de la toucher du doigt. Ou alors, peut-être était-ce elle qui n'avait rien compris depuis le début, et qu'elle tentait vainement d'éveiller une réaction chez Dante. Réaction qui ne viendrait sans doute jamais, car elle n'arrivait pas à s'expliquer correctement et à trouver les bons mots pour lui faire comprendre ce qu'elle pensait. Si, en apparence, il se faisait rejeter par les autres élèves de sa maison, il était sans aucun doute un digne héritier du comportement de son fondateur, froid et inaccessible. N'y tenant plus, Kate se lança, butant sur quelques mots, signe de son indécision en ce qui concernait ce qu'elle devait dire et ne pas dire.

      - En fait, tu es loin d'être aussi « inoffensif » que l'on pourrait le penser au départ. J'ai beaucoup de mal à t'imaginer t'en prendre à des élèves plus jeunes pour t'amuser, mais tu ressens quand même une certaine... joie quand tu décourages les gens à te parler. Malheureusement, je crois que je préférerais encore faire n'importe quoi plutôt que de m'en aller et de te laisser le loisir de sourire, comme tu le dis si mal. Je ne vois pas ce que peux te procurer le fait de voir quelqu'un être agacé par ton comportement. C'est pathétique et... enfantin. Je suis lâche, mais je ne tiens pas à déstabiliser les autres qui ont assez de problèmes comme ça. Alors que toi...

      Alors je reste là, et ne compte pas sur moi pour m'en aller. Tu as éveillé ma curiosité et tu parviens même à me faire douter de moi-même, ce que je n'aurais pas imaginé. J'ai fait la bêtise de venir t'aider, parce que je pensais ça utile, et maintenant, la situation est en train de changer du tout au tout, alors que moi, je voulais juste que tu avoue que mon aide n'était pas réellement inutile. C'est par ta seule faute que l'on s'enlise dans cette conversation, pas de la mienne. Alors n'essaie pas de me contredire ; si tu ne voulais plus me parler, il te suffisait de prononcer un seul mot, mais tu préfère encore t'exposer à toute sortes de questions. Ton comportement est incompréhensible, c'est... nul.


    Ce dernier lui avait échappé, elle aurait préféré trouver quelque chose de plus approprié, mais elle n'y arrivait pas. Peut-être aurait-elle dû partir comme il le lui avait proposé, finalement. Elle ne savait pas. Elle ne savait plus.
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Lun 19 Avr - 1:02
Il était planté devant Kate. Face à cette fille qui s’acharnait à le faire parler, à tendre un bras vers lui dans l’espoir d’effleurer le fort qui le protégeait. Il soupira, car malgré tout ce qu’il aurait alors pu dire (il aurait juré sur l’honneur ne pas être touché par les propos de Kate), Dante était comme prisonnier des phrases qui pénétraient ses oreilles. Elles entraient en lui et refusaient de quitter sa conscience, l’entraînant dans des réflexions qui n’avaient jamais eu lieu en lui précédemment.

_Kate En fait, tu es loin d'être aussi « inoffensif » que l'on pourrait le penser au départ. J'ai beaucoup de mal à t'imaginer t'en prendre à des élèves plus jeunes pour t'amuser, mais tu ressens quand même une certaine... joie quand tu décourages les gens à te parler. Malheureusement, je crois que je préférerais encore faire n'importe quoi plutôt que de m'en aller et de te laisser le loisir de sourire, comme tu le dis si mal. Je ne vois pas ce que peux te procurer le fait de voir quelqu'un être agacé par ton comportement. C'est pathétique et... enfantin. Je suis lâche, mais je ne tiens pas à déstabiliser les autres qui ont assez de problèmes comme ça. Alors que toi...

Alors je reste là, et ne compte pas sur moi pour m'en aller. Tu as éveillé ma curiosité et tu parviens même à me faire douter de moi-même, ce que je n'aurais pas imaginé. J'ai fait la bêtise de venir t'aider, parce que je pensais ça utile, et maintenant, la situation est en train de changer du tout au tout, alors que moi, je voulais juste que tu avoue que mon aide n'était pas réellement inutile. C'est par ta seule faute que l'on s'enlise dans cette conversation, pas de la mienne. Alors n'essaie pas de me contredire ; si tu ne voulais plus me parler, il te suffisait de prononcer un seul mot, mais tu préfère encore t'exposer à toutes sortes de questions. Ton comportement est incompréhensible, c'est... nul.


Les poings du garçon se serrèrent malgré tous les efforts d’inspiration/expiration qu’il mit en œuvre pour ne pas perdre son sang-froid. Elle ne comprenait rien. Ne touchait même pas du bout du doigt l’acier de sa carapace. Mais dans toute cette naïveté et dans tout ce découragement, le Serpentard lut malgré lui l’acharnement qui poussait Kate à dire ce qu’elle disait. Il sentait le poids qu’elle donnait à chacun de ses mots, il sentait l’envie qu’ils traduisaient. Une envie de comprendre, et d’aider. Mais même si les sentiments commençaient à l’envahir, Dante lutta. Il ne pouvait pas se laisser aller à être sentimental, ou c’était sa fin. La fin de tout ce qu’il avait construit jusqu’ici, la fin de ses espoirs de tranquillité. Alors il faillit lâcher la peur qui serrait ses poings. Il faillit détendre ses muscles en passant cette colère, cette frayeur dans des mots blessants. Il voulait presque faire pleurer Kate, la dégouter de lui pour qu’elle parte loin. Et le laisse seul avec son incompréhension.
Il ne comprenait pas. N’avait aucun sens à donner à la phrase qui pourtant faisait vibrer chaque parcelle de sa peau lorsqu’il se la disait : « Kate a un effet sur moi ». Relaxant, l’effet. Aux côtés de la fille, il se sentait… En confiance. Confiance. C-o-n-f-i-a-n-c-e. A Kate.

Impossible.

C’était juste absurde, pittoresque. Il faillit en rire, mais quelque chose lui interdit de le faire. Il n’en avait finalement aucune envie. Le Dante intérieur, le lui abandonné était déterminé. Sa voix tonna dans la carapace, résonnant lorsque les sons se cognaient sur les bords incassables de l’acier. Et les poils de Dante se hérissèrent sur ses bras, ses jambes, sa nuque. Il voulait parler, il voulait se taire. Il voulait rester, il voulait fuir. La lutte intérieure faisait rage, et il s’y perdait. C’était trop dur, et trop tentant à la fois. Parler de son père, de sa vie était une honte monumentale. C’était la principale raison pour laquelle Dante n’en avait jamais fait part qu’à sa tante. La peur de dévoiler ses faiblesses n’était rien devant la honte qu’elles représentaient.
Mais devant Kate, devant le mal qu’il lui faisait, il ne tint plus. Plantant son regard dans celui de la fille, Dante hésita longuement avant de dire ces quelques mots. Très longuement.

_Dante … Je… Je n’en ai jamais parlé à personne. Cela représente pour moi toute la honte du monde. Et la peur, aussi. Je ne sais même pas comment aborder le sujet, je ne sais pas si je dois tout te dire d’un coup ou par bribes de courage. Quoique je n’en ai jamais eu beaucoup.

N’arrivant pas à tenir son regard, il baissa les yeux. Les mots venaient par dizaines mais ne trouvaient pas l’ordre qu’il jugeait convenable. Une fois c’était trop dur, l’autre trop mou, trop lent ou trop rapide. Trop tout. Dante n’était même pas certain d’être conscient de ce qu’il faisait. Son esprit était comme endormi, et le vrai Dante prenait place tout doucement.

_Dante Mon père… Il m’a brisé. J’avais en lui une confiance absolue mêlée à une admiration et à un amour sans borne. Ma mère n’était qu’une incapable naïve, qui n’a même pas pensé à protéger son gosse. Il a perdu son boulot et l’alcool a été la solution qu’il jugea la meilleure… On a finit dans un taudis dans lequel mon « père » passait ses journées et ma mère les rares nuits où elle n’était pas dans des hôtels avec d’autres hommes pour payer sa bouffe et résister malgré les coups de son épave de mari. Moi, je n’étais rien qu’un fantôme. Que je suis toujours, d’ailleurs.

Cela s’abattit sur lui sans prévenir. Un immense mal-être s’empara de chacune des fibres de son corps, et il sentit les larmes monter jusqu’à ses yeux. Jamais au grand jamais il ne recommencerait. C’était trop. Dante avait l’impression que ses forces le quittaient. Ce ne fut pas qu’une impression, car il s’effondra avant même de sentir le malaise venir. Mais avant de tomber, il avait prononcé bien distinctement ces mots.

_Dante Je suis désolé, je… vais partir. Loin, très loin.

Puis, après cinq minutes inconscient, il ouvrit les yeux. Vidé. Totalement privé de sensation et de sentiments.



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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Mer 28 Avr - 14:35
    Il lui arrivait rarement de faire face à de telles situations, d'arriver à de telles extrémités. Pourtant, elle n'avait pas esquissé un pas pour s'enfuir, et encore moins pour tenter de bouger d'un centimètre, de peur de briser l'immobilité totale qui avaient saisi les deux élèves. Ou du moins, la jeune Gryffondor qui s'était immobilisée après avoir prononcé des mots qu'elle espérait utiles. Pourtant, l'effet de ses paroles ne parut pas immédiat, et Kate songea une fois de à l'incapacité totale qui la saisissait quand elle tentait d'expliquer un tant soit peu ce qu'elle ressentait, ce qu'elle voulait transmettre. Tout ce qu'elle pouvait dire glissait sur la carapace de Dante, insensible à ses mots, du moins à l'extérieur. Rivée sur ce qu'elle pouvait observer sur son visage, elle n'avait pas connaissance de ce qu'il pouvait se passer en lui, et encore moins des projets qu'il pouvait envisager de mener, que cela soit pour son bien ou son mal.

    Donc, tandis qu'elle tentait de rassembler ses esprits et de trouver une ultime phrase qui pourrait le toucher d'une manière ou d'une autre, qui aurait le don de le faire réagir, même si elle devait être la victime de mots blessants, elle ne vit pas qu'il semblait hésiter sur la conduite à tenir vis-à-vis d'elle. Aussi fut-elle extrêmement surprise et un peu perdue quand il se décida enfin à parler, ou plutôt à envisager de parler. Son regard changea, se fit moins dur, ou du moins c'était ce qu'elle pensait, et l'espace d'un instant, elle crut enfin qu'il allait oser lui parler. Le temps d'attente fut long, et durant celui-ci, elle maintint ses yeux dans ceux du garçon, persuadée qu'il n'allait pas se défiler, pas cette fois.

    Il prenait juste le temps de trouver ses mots, de les accorder à ce qu'il voulait vraiment faire passer. Elle tenta de rester impassible dans son regard, ne laissant pas passer la curiosité avant sa préoccupation première, l'aide qu'elle pouvait apporter au Serpentard. Les minutes s'éccoulaient, et, au fur et à mesure qu'elle pensait ses espoirs envolés, elle se persuadait qu'elle pensait juste, qu'il se préparait, et que c'était tout. Alors, quand il prit enfin la parole, elle se calma d'un coup, ses doutes dissipés, la laissant libre et attentive. Le temps de sa première phrase, elle pensait qu'il se fichait purement et simplement d'elle, mais quand elle capta l'émotion qui se peignit peu à peu sur son visage, elle compris que ceci n'avait rien d'une blague.

      - Je… Je n’en ai jamais parlé à personne. Cela représente pour moi toute la honte du monde. Et la peur, aussi. Je ne sais même pas comment aborder le sujet, je ne sais pas si je dois tout te dire d’un coup ou par bribes de courage. Quoique je n’en ai jamais eu beaucoup.


    Figée quelques dizièmes de seconde, elle se détentit dès que les mots commencèrent à affluer, pensant qu'elle ne devait pas prendre un air outré, curieux ou tout simplement surpris. Si elle montrait à Dante que son histoire n'avait d'autre but pour elle que de la divertir, c'était perdu d'avance, et elle ne souhaitait pas que cela se produise, surtout qu'elle ne voyait pas les choses comme ça. Elle voulut parler, mais ses paroles à elle restèrent coincées dans sa gorge, poussées par son instinct à sortir alors que son esprit les retenait, prêchant qu'elle ferait mieux de se taire au risque de passer pour quelqu'un d'inintéressé. Les mots semblaient ne pas plaire au Serpentard, et même si elle n'était pas sûre et certaine de cela, elle trouvait qu'elle avait déjà abusé de ces derniers pour le faire parler, et que c'était amplement suffisant.

      - Mon père… Il m’a brisé. J’avais en lui une confiance absolue mêlée à une admiration et à un amour sans borne. Ma mère n’était qu’une incapable naïve, qui n’a même pas pensé à protéger son gosse. Il a perdu son boulot et l’alcool a été la solution qu’il jugea la meilleure… On a finit dans un taudis dans lequel mon « père » passait ses journées et ma mère les rares nuits où elle n’était pas dans des hôtels avec d’autres hommes pour payer sa bouffe et résister malgré les coups de son épave de mari. Moi, je n’étais rien qu’un fantôme. Que je suis toujours, d’ailleurs.


    Si, peu de temps auparavant, elle avait douté du courage que pouvait porter le garçon en lui, elle était à présent plus que sûre qu'il était beaucoup moins lâche qu'il voulait le faire paraître. Malgré les pressions qu'elle avait exercé et le fait qu'elle n'aurait peut-être pas dû en demander autant, il n'était pas obligé de lui avouer ce qu'il venait de lui révéler. C'était sa vie, ses parents, et jamais elle ne lui en aurait demandé autant, d'ailleurs, elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise la moitié de ce qu'il avait dévoilé. Puis, soudain, alors qu'elle allait enfin tenter de prononcer une parole réconfortante à son égard, il se mit à tanguer, si bien qu'il tomba presque immédiatement à terre. Le temps que Kate réagisse, il avait déjà eu le temps de sentir ce qu'il lui arrivait, et lui avait dit quelque chose, avant de s'écrouler.

      - Je suis désolé, je… vais partir. Loin, très loin.


    Touchée bien que profondément inquiète maintenant qu'elle ne savait plus sur Dante, elle s'accroupit près de lui tandis qu'il était inconscient, mais décida de n'appeler personne ; le Serpentard aurait sans doute peu apprécié de se réveiller au milieu de dizaines de regards curieux. Elle n'avait pas envie d'essayer de trouver une excuse bidon pour justifier qu'il soit allongé par terre, et préféra donc attendre que cela passe, ce qui arriva au bout de plusieurs minutes qu'elle passa sans bouger, silencieuse. Quand il ouvrit enfin les yeux, elle s'abstint tout d'abord de tout commentaires, lui laissant le temps de retrouver ses repères, et lui dit enfin.

      - Tu ne vas pas partir, pas maintenant. Pas après tout le courage dont tu as fait preuve.


    Soulagée qu'il se soit enfin réveillé, elle lui adressa un sourire sincère.
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Ven 30 Avr - 21:12
    Eveillé, il l’était. Cependant, Dante prenait garde à ne rien en laisser paraître. Il profitait de ce moment pour réfléchir aux évènements. Se rendre compte de ce qu’il venait faire lui était impossible, impensable. Il ne voulait même pas mettre de mots sur ce qu’il venait de dire, et sur la réaction que cela avait pu causer en lui. Il lui était inimaginable d’avoir osé raconter sa vie à quelqu’un, d’avoir dévoilé une partie de lui-même à quelqu’un qu’il ne connaissait que depuis quelques minutes. D’avoir lui-même brisé la carapace qu’il aimait tant, qu’il avait construite si consciencieusement. Dante ne savait même pas comment il était sensé se comporter lorsque ses paupières s’ouvriraient sous ce nouveau monde duquel il venait lui-même d’ouvrir la porte. Devait-il être agressif envers Kate et lui en vouloir de dégager cette impression de confiance ? Devait-il s’excuser et partir ? Creuser sa tombe ? Car maintenant il était vulnérable. Plus jamais il ne pourrait se cacher derrière son maque, plus jamais il ne pourrait ne rien dire et simplement ignorer les autres. La sensation de sécurité qui l’habitait normalement avait disparue, et il avait l’impression d’avoir les nerfs à vif. Sa vie venait de prendre un tout autre tournant.

    Puis il ouvrit lentement les yeux. Ses pupilles scrutaient le sol, le parc, ses mains, Kate. Accroupie à côté de lui, Dante fut rassuré de ne pas la voir comme un monstre. La peur qu’il avait de découvrir un tout autre monde que celui dans lequel il vivait depuis ses onze ans venait de se dissiper, puisque rien n’avait changé. Une légère brise souleva ses cheveux et il en inspira une grande bouffée, s’imprégnant de l’environnement dans lequel il devrait se reconstruire. Des oiseaux volaient loin au dessus des deux personnes et brisaient le silence qui avait suivit la déclaration de Kate de piaillements aigus. Il n’avait aucunement envie de se lever. L’herbe semblait exercer sur lui une attraction à laquelle le Serpentard ne pouvait résister. Ou peut-être était-ce la peur.
    Peur. Ce mot prit plus de sens qu’il ne l’avait déjà en Dante. Il sentit son cœur accélérer la cadence de ses battements, et ses yeux se fermèrent une nouvelle fois. C’était comme si deux personnes l’habitaient. Deux Dante qui avaient toujours mené une guerre sans merci, afin de prendre l’ascendant sur l’autre. Depuis que Joseline l’avait récupéré dans le taudis de ses parents, Dante le méchant avait prit le dessus sur Dante le gentil. Depuis ce jour, il n’avait été qu’un corps mené par une conscience sombre et menaçante. Depuis toujours, il avait vécu sa vie comme il la voyait, niant ce qu’il refusait de croire. Elle était belle, la vie, ainsi. Tout ce qui lui paraissait impossible ou trop dur à accepter était simplement renié, et jeté hors de sa mémoire. Il construisait d’immenses barrières autour de lui, et entre ses barrières se construisait un monde bien trop différent de la réalité.

    Nier la vie qui l’entourait était un fait. Dante avait également prit l’habitude de se méfier de tout et de tout le monde avant même de les rencontrer. Pour lui, chacun n’avait dans ses intentions que de se rapprocher de sa personne pour la détruire plus qu’elle ne l’était déjà. Tout tournait autour de sa propre intimité, tous n’avaient envie que de le briser. Et là, il réalisait les erreurs qu’il avait faites. Il réalisait que la race humaine pouvait ne pas être parfaite, mais qu’elle n’était pas aussi détestable que ce qu’il se l’imaginait. Qu’il existait des personnes comme Kate qui avaient leurs problèmes personnels bien assez suffisants pour avoir besoin de provoquer le malheur des autres et de s’en réjouir. C’était comme si les deux Dante fusionnaient. Mettaient fin à des années de discordes, car enfin une terre d’entente venait d’être abordée.

    _Dante Je ne sais pas faire. Je ne sais pas comment je dois parler aux gens que j’ai pu blesser, comment faire pour m’excuser ou même leur parler. Je ne sais rien de tout ça. Absolument rien.

    Ses paupières avaient levé leur voile aveuglant, et lorsque ses yeux se posèrent sur Kate, une infinie reconnaissance s’empara de Dante. Elle l’avait littéralement sauvé. Elle avait réussit à lui faire parler de son passé, et cela avait brisé sa carapace. L’avait réduite au néant. Le garçon appuya ses mains sur l’herbe et releva son buste qui lui parut peser une tonne suite à la chute qu’il avait faite en s’évanouissant. Son estomac fit le grand huit et une sensation de nausée explosa dans le ventre du garçon qui porta une main à son abdomen. Une fois les symptômes passés, il prit une grande inspiration et tourna la tête vers Kate qui n’avait pas bougé. Ses yeux cherchèrent le regard de la fille, puis une fois qu’ils se rencontrèrent, il fit passer tous ses sentiments à travers son regard. C’était ce qu’il savait faire de mieux, parler grâce à ses yeux. Cela devait être la suite de ses années d’observations qui lui avaient permis de mieux traduire les cillements de regard, les mouvements des pupilles qui pouvaient signifier la joie comme la tristesse. Et au fur et à mesure qu’il observait, le Serpentard avait apprit à mettre en pratique ce que ses yeux détaillaient si souvent. De ses années de déchéances, il ne retenait que cet acquis comme un avantage.

    Et la gratitude qui était au combien présente dans les yeux du garçon.
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Mar 4 Mai - 20:58
    Peut-être était-ce dû au moment lui-même, qui semblait irréaliste tellement elle n'aurait osé imaginer que cela se produise, mais Kate ne comprit pas le sentiment qui s'affichait à travers les yeux du garçon. Après tout ce qu'il avait tenté de lui cacher, après toutes les fois où il avait voulu qu'elle disparaisse, il... la remerciait, en quelque sorte. C'était tellement improbable que la jeune Gryffondor eut un moment d'arrêt, intérieur du moins, car elle continua à afficher un sourire discret à l'extérieur. Comment un individu normal, comme l'étaient tous les élèves à leur manière, pouvait subir un revirement aussi impressionnant ? A croire que le fait qu'il se soit évanoui lui avait permis de réfléchir et de comprendre certaines choses. Cependant, et malgré qu'il ai changé d'avis, elle n'était pas assez sadique pour être heureuse qu'il soit tombé à terre. Un relent d'inquiètude l'envahit, et lorsqu'elle comprit que, malgré le fait qu'il se soit réveillé, Dante était toujours à terre, elle se demanda s'il ne s'était pas fait réellement mal. Toutefois, elle ne tenta pas de lui poser des questions aussi banales les unes que les autres et se tut, faisant juste paraître une pointe d'inquiètude dans son regard, essayant de le rendre aussi vivant que possible, elle qui n'avait que rarement essayé de parler avec ses yeux et qui préférait de loin les longues phrases. Peut-être le moment était-il au changement ? Quoi qu'il en soit, elle ne dit rien, préférant qu'il prenne la parole en premier, ne voulant pas bousculer la confiance nouvelle qu'il pouvait ressentir.

      - Je ne sais pas faire. Je ne sais pas comment je dois parler aux gens que j’ai pu blesser, comment faire pour m’excuser ou même leur parler. Je ne sais rien de tout ça. Absolument rien.


    Dante étant maintenant mi-relevé, Kate se redressa elle aussi et tangua quelques secondes avant de se stabiliser entièrement sur ses pieds. Ainsi, elle hocha la tête pour faire comprendre au garçon qu'elle avait compris sa phrase, mais qu'elle ne savait pour l'instant quoi y répondre. Détournant la tête pour la énième fois, elle observa les oiseaux toujours présents dans les arbres sans réellement les voir et contempla un moment le ciel limpide, pensant sans doute que cela allait accentuer son inspiration, alors que ça ne faisait que l'anéantir. Face au bleu de la voûte céleste, elle avait l'impression d'être écrasée par les problèmes, et pourtant de se plaindre plus que de raison, elle qui n'avait en soit pas à se morfondre sur son sort. La vie lui sembla si injuste dura ce moment-là qu'elle en oublia la réponse qu'elle devait fournir à Dante. Lorsqu'elle fut enfin en mesure de soutenir son regard et de lui montrer qu'il n'avait pas tort de commencer à lui faire confiance, elle le fixa, impassible. Enfin, elle souffla et lâcha dans le même temps des paroles improvisées mais sincères, n'ayant pas eu le temps de réfléchir à quoi dire au Serpentard qui attendait une réponse de sa part, c'était certain. Des fois, elle était prise d'une certaine envie de changer de comportement, car son organisation était souvent remise en cause par le fait qu'elle soit distraite.

      - Je... Très honnêtement, je ne vais pas te servir une phrase tout prête, car j'ai remarqué que tu ne les appréciais pas. Donc, je peux juste te dire que tu n'auras pas besoin d'en faire trop pour prouver aux autres que tu es prêt à voir les choses sous un autre angle, et à changer. La sincérité est vraiment ce qui marche le mieux, dans tous les domaines, et tu n'auras pas forcément à t'excuser auprès de ceux que tu as blessé, il te suffira de ne plus leur parler comme tu le faisais avant.

      Après, je ne vais pas te dire quoi faire, tu es libre de tes choix. Entièrement libre.


    Elle n'était pas certaine que ce qu'elle avait pu dire était satisfaisant, et c'était justement pour cela qu'elle avait rajouté ses deux dernières phrases, au cas-où. Kate ne voulait pas risquer de gâcher le peu de confiance qu'avec le Serpentard en sa personne en lui disant de faire quelque chose qui allait s'avérer mauvais, et qui pourrait les éloigner aussi vite qu'ils s'étaient rencontrés. Renforcant son sourire, elle gratifia le jeune homme d'une oeillade discrète et se leva, droite comme un piquet. Elle tendit une main vers Dante et lui fit signe de se lever à son tour, ne le contraignant tout de même pas à le faire, bien qu'elle n'aurait que peu apprécié de se retrouver seule au milieu du parc en train de tendre une main... inutile. Sa confiance, également nouvelle, vacilla un instant, puis elle se persuada que si, par un malheureux concours de circonstance, elle se retrouvait la main en l'air, ce ne serait que de sa seule faute. Comme elle ne voulait pas le bousculer, elle lui posa une question qui lui servirait tout autant qu'à, pour vérifier qu'il tiendrait bien ce qu'il avait en quelque sorte dit.

      - Maintenant, je pense que ça ne serait pas mal que tu te lèves, non ? Si tu ne veux pas de mon aide, dis-le moi tout simplement, car je me sens de plus en plus idiote à tendre une main vers le vide.


    Observatrice, elle garda ses yeux fixés dans ceux de Dante, mais n'oublia pas d'essayer de comprendre ce qu'il pouvait ressentir et montrer à travers ces derniers. Après la gratitude, elle doutait qu'il puisse s'offusquer à nouveau et refuser son aide, mais elle préféra rester vigilante. Pourtant, elle se persuadait peu à peu qu'il ne la lâcherait pas, pas maintenant. A travers ses yeux, elle lui fit comprendre qu'il n'avait rien à craindre et qu'elle avait confiance, elle aussi. Enfin.
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Jeu 6 Mai - 13:21
    Sans une once d’hésitation, Dante attrapa de sa main celle de Kate. Elle semblait douter de lui, le craindre. Cette méfiance rassura le garçon qui préférait que leur relation évolue peu à peu plutôt que d’un coup sec. La pente ascendante que prenait leur future amitié-il préférait ne pas considérer comme tel sa rencontre avec Kate, jugeant la situation trop précipité- l’étourdissait déjà. Il était indéniable qu’il avait peur. La terreur de s’engager dans une relation de confiance et l’inaptitude qu’il avait à contrôler ses émotions entravaient son jugement. En réalité, Dante avait plus peur de sa propre personne que des autres.
    Lorsqu’il se releva, le Parc perdit tout sens. Dante semblait avoir perdu son centre de gravité. Il avait l’impression d’être sous l’emprise d’une drogue, d’un sortilège. Quelque chose qui lui aurait mit les idées à l’envers, qui aurait annihilé tout ce qu’il avait d’équilibre. Fermant les yeux, il attrapa sa tête de ses deux mains, et se campa sur ses jambes. Au bout de plusieurs secondes, son corps retrouva une certaine stabilité, et Dante se risqua à ouvrir les yeux. Le sol n’était plus à la place du ciel, les arbres semblaient droits. Enfin, il vivait.

    Prenant une grande inspiration, goûtant à l’air frais qui enveloppait Poudlard, il s’imprégna de cet environnement nouveau dans lequel il allait désormais évoluer. Apprendre à vivre, assimiler les bases de la vie en communauté. Il se sentait nourrisson. Comme si son œuf venait d’éclore sur le moment et que l’éducation du nouveau-né restait à faire. Il fit craquer ses doigts machinalement, comme s’il avait besoin qu’un tel acte prouve que cette vision des choses était bien réelle. Lentement, Dante étira ses membres engourdis par la chute, puis se tourna vers Kate. Dans un profond mutisme, il s’avança vers elle d’un pas hésitant. Deux mètres à peine les séparait, et il avait pourtant l’impression de devoir traverser le lac avant d’arriver à elle. Un mètre les rapprochait désormais. Les poings du garçon se serrèrent, ses sourcils se froncèrent.

    Jamais il n’avait commit un tel acte. Jamais il n’avait même osé s’imaginer entrain de le faire. Et pourtant, déterminé, Dante avançait dans l’inexploré. Il mettait les pieds sur cette terre vaste et dangereuse, immense et terrible. L’inconnu. Sa vie n’avait été que calculs, méfiance et défiance. Peurs et pleurs. Il y avait une semaine, Dante aurait rit au nez de celui qui lui aurait annoncé ce qu’il allait devenir. Ou bien serait-il parti, sûrement aurait-il fuit et manigancé toutes sortes de plans qui lui permettraient de ne plus jamais croiser à nouveau la personne. Mais c’était fini. Terminé. Jamais plus il ne prendrait la fuite. Jamais plus il ne contournerait les conflits. Au contraire. Il allait les combattre. Anéantir tout ce qui pouvait lui poser soucis et avancer sur la voie de la vie du mieux qu’il le pouvait. Même si pour cela il devait blesser quelqu’un. Cette idée s’inscrivit en lui comme une marque au fer rouge. Avancer. Quelque soit le prix à payer.
    Ses pas hésitaient encore, ralentis par la peur qui grandissait. Il ne savait même pas pourquoi il agissait ainsi. Pourquoi les jointures de ses doigts blanchissaient sous la pression de ses poings serrés. Pourquoi son cœur battait si vite. Il se sentait hors temps, hors lui.

    Peut-être même que Kate prendrait mal son geste, peut-être qu’il ne signifiait que l’inverse que ce qu’il s’imaginait. Peut-être que pour eux, pour les gens normaux –Dante ne se considérait pas comme tel, depuis toujours- ce geste, ce contact était un signe de violence. Peut-être qu’elle allait hurler de peur, se dégager de lui, pleurer de rage. Et agrandir le gouffre qu’il portait en lui.
    Ce gouffre. Ce connard de père qui s’était amusé à creuser en son fils avec une facilité déconcertante. Dante s’estimait heureux d’être encore en vie en ce jour, car il était certain que si son père lui avait demandé de se jeter sous un train ou encore de sauter par la fenêtre, l’enfant aurait obéit. Sans un mot, il aurait fait ce que son père voulait qu’il fasse. N’importe quoi. Gabriel n’était plus marié avec la mère de Dante mais avec sa bouteille de Whisky. Cet alcool qui avait détruit leurs vies. Un instant, le Serpentard se surprit à penser que Kate serait bien la seule à qui il donnerait le fil et l’aiguille qui seraient nécessaires pour refermer cette plaie béante.

    « Après, je ne vais pas te dire quoi faire, tu es libre de tes choix. Entièrement libre. ». Libre, il l’avait toujours été. Depuis son enfance Dante avait eu accès à cette liberté comme le reste des êtres vivants de la planète. Le problème qui se posait était toujours le même. C’était lui. Il s’était enfermé lui-même dans une bulle noircie par la rancœur et la déception. Et jamais il n’avait essayé de tendre une main vers la liberté, jamais il ne s’en était préoccupé. Mais aujourd’hui, elle s’offrait à lui, belle et rayonnante de douceur. De ses yeux bruns, Kate ne le quittait pas du regard. Et Dante ne quittait pas Kate. Il était accroché à la prunelle de ses yeux comme à un radeau. Une bouée de secours qui était apparue devant lui comme un être mystique. Une personne qu’il n’avait osé imaginer.

    Le dernier pas fut fait. La dernière barrière fut franchit. Et leurs corps se collèrent dans une étreinte timide, hésitante et silencieuse. Puissante.
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Ven 7 Mai - 20:23
    Jamais elle n'aurait osé imaginé que quelques pas soient aussi difficiles à faire. Kate cherchait cependant à cacher ses émotions quant au fait que le Serpentard paraissait avoir du mal à franchir la distance, pourtant minime, qui les séparait. Elle ne l'obligeait en aucun cas à se rapprocher d'elle, et quand elle observait les efforts plus développés que de nature que produisait le garçon pour le rejoindre, cela ne pouvait que la blesser, même de manière infime. Pourtant, elle savait qu'au départ, rien ne les aurait prédestiné à s'accepter, et qu'ils n'étaient, si chacun respectait l'ordre des choses, pas destinés à se fréquenter. Malgré cela, elle s'était doutée, dès le départ, que cela prendrait du temps, mais elle n'avait pas songé que le manque d'assurance de chacun, ou de tout autre sentiment, puisse la toucher à ce point. Sans doute n'avait-elle jamais vécu quelque chose de semblable, ayant l'habitude que les amitiés ou que les connaissances qu'elle avait maintenant se soient multipliés au fil du temps qu'elle passait avec les autres élèves. En toute logique, et si l'on tenait compte du caractère réservé de Dante, ils auraient dû mettre des semaines à pouvoir se parler sans se disputer, et à se supporter sans se forcer à accepter l'autre. Le fait qu'ils aient pu, en quelques minutes ou quelques heures, dépasser une montagne de préjugé et d'isolement avait bousculé sa manière de voir les choses.

    Pourtant, elle n'aurait pas dû se poser autant de questions et profiter du moment présent, considérant à quel point il était unique. Mais elle ne cessait de revenir à la question principale. Pourquoi elle, pourquoi ce changement d'attitude aussi important de la part du Serpentard ? Elle finie cependant par laisser tout cela de côté et esquissa un sourire tandis qu'elle voyait Dante se rapprochait peu à peu, un pas après l'autre. L'espace les séparant se réduisait rapidement, et Kate se força à accepter la situation telle qu'elle était, sans trop se monter la tête en questionnements inutiles. Soufflant entre ses lèvres, comme si cela avait une chance d'évacuer son "stress", elle resta silencieuse tandis que ses yeux suivaient toujours le mouvement des pas de Dante, qui restaient aussi lents, mais qu'elle acceptait ainsi. Peut-être qu'elle n'avait jamais trop osé espérer quelque chose d'un Serpentard, et que le revirement soudain de Dante la laissait indécise ; cependant, elle ne montra à aucun moment le moindre doute ou la moindre question qui pouvaient l'habiter. Ses yeux restaient rivés à ceux du jeune homme, maintenant qu'elle avait en partie eu la confirmation que le Serpentard semblait lui faire confiance, et son cerveau sembla s'anesthésier de lui-même, faisant taire le flots incessants d'interrogations qui déboulaient dans son esprit à chaque seconde.

    Quelle ne fut pas sa surprise quand elle sentit le corps du garçon entrer en contact avec le sien, aussi timidement que s'il avait demandé la permission, ou qu'il lui avait réservé le droit de refuser son pas en avant. Bien qu'elle eut observé ses jambes avancer peu à peu, elle n'avait jamais, au grand jamais, songé que tout cela était effectué dans un seul but. Elle ne recula cependant pas, non parce qu'elle avait peur de blesser Dante - bien que ce fut également vrai - mais parce que son étreinte permettait de confirmer à la jeune Gryffondor qu'elle se confondait trop en questions et en doutes, et qu'elle aurait mieux fait de vivre le moment présent tel qu'il venait. Se débarrasser de sa façade suspicieuse et peureuse pendant un court instant, ou pendant un laps de temps bien plus long ne la gênait en rien, et cela lui permettait de s'exprimer pleinement sans avoir peur des répercussions possibles à long terme. Durant le temps où elle n'eut pas besoin de cacher ce qu'elle pensait à Dante qui ne pouvait pas observer son visage, elle laissa ses émotions y transparaître et se libéra ainsi d'un poids tel qu'elle aurait presque pu se sentir plus légère.

    A aucun moment, elle ne chercha à repousser Dante, ou, au contraire, à le maintenir près d'elle. Comme elle lui avait dit auparavant, il était entièrement libre et elle se contenta donc de lui rendre son étreinte, tout en lui laissant un champ de retraite. Elle ne le retenait pas, et il avait donc tout loisir de s'extirper de cela s'il jugeait tout à coup sans initiative mauvaise. Avant que leurs corps finissent par s'éloigner, elle lui souffla quelques mots à l'oreille, veillant toutefois à ne pas trop s'approcher pour que son geste ne soit pas mal interprété. Pourtant, elle fut certaine que Dante l'avait entendue, et lui sourit à nouveau lorsqu'il fut de nouveau face à elle. Le sourire qu'elle lui offrait avait perdu de son éclat, mais provenait du plus profond d'elle-même, cherchant à prouver à quel point il était sincère au possible. Ses yeux, en revanche, malgré tout ce qu'elle tentait de faire passer à travers ces derniers, n'exprimait qu'une confiance limitée, Kate n'ayant jamais réellement réussi à parler avec ses yeux. Lorsque sa voix retentit, elle la trouva exagérément rauque, mais ne s'interrompit pas pour autant.

      - Pourquoi moi ?

    Elle savait qu'elle n'aurait pas apprécié que quelqu'un lui pose cette question, elle qu'elle aurait eu beaucoup de mal à y répondre. Ce n'était cependant pas par pure méchanceté qu'elle la posait à Dante, mais parce qu'elle avait besoin de cette réponse. Réellement besoin. Après, elle ne se poserait plus de question, mais il lui manquait une dernière chose, aussi difficile à obtenir soit-elle. Parfois, sa manière de procéder l'énervait au plus haut point, mais elle n'arrivait pas à s'y soustraire, malgré tout le mal qu'elle se donnait pour être plus sociable et cesser de questionner les autres à tort et à travers. Puisant dans ses réserves, elle tenta à tout prix de faire comprendre à Dante qu'elle était profondément désolée par ce qu'elle lui demandait, mais qu'elle en avait besoin. Elle fut donc prise de l'espérance que cette question ne soit pas complexe pour le garçon, malgré qu'elle se persuade d'un autre côté qu'elle aurait dû se taire.
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Lun 10 Mai - 22:05
    Kate ne bougea pas. Elle ne fit aucun mouvement pour attirer le corps de Dante sur elle plus qu’il ne l’était, n’écarta pas leur étreinte dans un geste violent. Elle laissait au garçon qui avait prit l’initiative le choix de se défaire ou non. Dante apprécia discrètement son odeur, apprécia doucement le contact qu’avait son corps sur le sien. Et pourtant, pour rien au monde il ne se le serait avoué. Jamais le Serpentard n’aurait osé ne serait-ce que supposer l’idée de se sentir bien dans les bras d’une personne autre que sa tante. Il était impensable, inadmissible et surtout bien trop flagrant que Kate faisait s’écrouler toutes ses certitudes. Malgré tout, ne voulant pas perdre pieds, il se permit de ne pas y penser tout de suite et de profiter de l’instant présent. Profiter de ces sentiments inconnus qui pénétraient en lui lentement, lui insufflant nombre de contradictions qu’il ne maîtrisait pas. Et pour la première fois, il appréciait ce sentiment d’impuissance. Cette agonie de force. Cet abandon.

    L’interrogation de Kate lui fit l’effet d’une douche froide. Le genre de courant si glacé que la seule sensation qui en résulte est la douleur. Des millions de pics gelés s’infiltrèrent dans chaque parcelle de son corps, et les muscles de sa mâchoire se raidirent sous la pression. Il semblait prit d’une crise de tétanie. Ce moment de bonheur à l’état pur brisé d’une seule et unique question comportant trois mots. Cette déchirure et le retour brutal à la réalité qui s’enchaînaient le sortit de son euphorie et il retomba sur terre malgré tous les efforts qu’il avait mis en œuvre pour ne pas la quitter.
    Et ce vide qui habitait son esprit. Aucune réponse ne se présentait à Dante. C’était comme lui demander pourquoi le ciel était bleu. Cela lui semblait évident, presque banal. Il n’en savait rien, strictement rien.
    La question ne lui avait à vrai dire jamais traversé l’esprit. Il n’avait pas envie de réfléchir, pas envie d’encombrer son esprit d’idées perverses qui interféreraient dans son jugement et ses actes. Et les voilà qui revenaient, malines et vicieuses. Il voulait les chasser, les tuer. Anéantir tout ce qu’elles représentaient et flotter quelques temps encore, qu’elles le laissent dans son ignorance naïve.
    D’un geste vif, il agita ses bras au dessus de sa tête, comme si un moucheron s’obstinait à tourner autour de lui et qu’il avait dans l’intention de s’en débarrasser. Mais cela ne fonctionnait pas, et il sentait presque physiquement les interrogations revenir à la charge.
    Faisant un pas en arrière, il capitula et fit tomber ses bras le long de son corps. Ses yeux couleur chocolat se plantèrent dans ceux de Kate. Dante ne lui en voulait pas. Il n’avait pas dans l’intention de la blâmer à cause du fait qu’elle se posait elle aussi mille et unes questions. Que l’esprit de la Gryffondor puisse être aussi dévasté qu’était le sien à présent était un fait qu’il acceptait totalement, et jamais il ne lui en voudrait d’oser poser les questions qui remuaient sa matière grise.


    _Dante Et si l’idée me venait de te poser la même question, serais-tu capable d’y répondre ?

    Ce fut tout. Tout ce que l’apathie de son cerveau lui permit de répondre, tout ce que son encéphale se contenta de créer. Il avait l’impression de perdre le contrôle de sa propre personne, d’échapper à son destin. Comme s’il sentait glisser entre ses doigts les ficelles qui lui permettaient de contrôler sa vie, de faire les bons choix, de choisir les bons mots. Dante avait toujours prit un soin fou à trier chacun des verbes, des adjectifs qui s’offrait à lui. Les mots étaient une arme qu’il avait toujours su manipuler avec une dextérité de langage folle. Son seul problème était de les mettre en œuvre. Il ne s’hasardait jusque là que très rarement dans de longs discours qui pourtant étaient parfaitement élaborés en lui. Il savait jusqu’au dernier mot de liaison ce qu’il voulait dire quand il voulait le dire. Néanmoins, Dante avait eu un mal fou à les laisser sortir de son esprit.
    Mais aujourd’hui, il était prêt. Il savait que pour une fois, il pourrait enfin dire ce que reflétait ses pensées, ce qui titillait sa langue et sa bouche. Ce que son cœur mimait dans une accélération, un battement raté. Une convulsion.

    Une inspiration lui insuffla la force dont il nécessitait.


    _Dante Ta question n’a aucun sens, Kate. Comment veux-tu que j’y réponde? C’eut-été possible si chacun de mes mouvements eut-été prévu longtemps à l’avance. J’aurais pu te dire pourquoi mon choix s’est arrêté sur toi et pourquoi tu es la seule qui ait réussit à me mettre à nu. Il m’est malheureusement impossible de t’aider sur cette question. Sache cependant que ce n’est pas l’envie qui manque, car après ce que tu viens de m’offrir, je ne peux que vouloir te rendre la pareille. Mais ce ne sera pas dans cette réponse que se trouvera le bien que je te rendrais. Je m’excuse.

    Dante Luc Cadym venait de s’excuser, et cet acte ne lui fit rien. Il était trop concentré à guetter Kate pour se rendre compte du chemin qu’il faisait.Ses yeux conservaient leur ardeur, une lueur nouvelle les habitait cependant. Se sentant presque victorieux d’une telle hardiesse, il prit grand soin de cacher ce sentiment, prenant garde à ne pas montrer à Kate cette victoire. A ne pas passer pour un individu qui ne croyait pas en ses paroles. Enfin, il sentait son esprit retrouver peu à peu le calme d’antan. Ce silence respectueux qu’il appréciait tant.

    Un rayon de soleil se posa sur la peau du garçon qui sentit avec plaisir la chaleur de l’astre s’étendre dans son corps. Ses yeux s’éclaircirent, et malgré l’envie qui le tiraillait de quitter le regard de Kate pour se risque à regarder le soleil, il ne lâcha pas prise, attentif à la moindre réaction de la jeune femme. Il s’attendait à tout, conscient que son étreinte ait pu surprendre la fille au plus haut point, il se permit de ne pas appréhender un geste. Seulement de se laisser guider par le temps et les secondes qui filaient à une allure ahurissante.
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Dim 16 Mai - 17:49
      - Et si l’idée me venait de te poser la même question, serais-tu capable d’y répondre ?

    Déjà profondément chamboulée, Kate ne resta que plus indécise quand Dante lui dit cela. Evidemment qu'elle n'aurait su que répondre, et le problème se tenait sans doute là, car, ne sachant rien de ce qu'elle aurait pu répondre à cette question, elle voulait voir ce que pouvait soumettre le Serpentard. Le fait de chercher ses faiblesses à l'intérieur des autres étaient égoïste et la jeune fille fut un instant tentée de lui dire de ne pas se prendre la tête avec ses interrogations inutiles. Au lieu de cela, elle resta silencieuse. Et se maudit intérieurement.

    Heureusement, le garçon ne semblait pas lui en vouloir, et cela lui redonna un peu de contenance. Ne laissant rien paraître, elle continua de sourire, et ceci malgré Dante qui avait l'air désemparé. Quand il leva les mains et les baissa rapidement, elle comprit enfin à quel point elle s'empoisonnait la vie et celle des autres avec son esprit trop carrée, trop surfait. Elle ne vivait pas dans l'instant, ou du moins ne le pensait pas, et ne comprenait pas comment elle pouvait changer du tout au tout en quelques secondes. Passer d'un éclat de rire à un doute persistant l'ennuyait, mais elle ne savait que faire face à cela. Elle dut donc se résoudre à attendre, encore et encore. Elle n'attendait pas une autre réponse, pensant que c'était à son tour de s'expliquer, à son tour de dire quels mots elle aurait pu prononcer pour expliquer ce qui se tramait dans son esprit. Baissant un instant les yeux, elle fut surprise de voir que quand elle les releva, Dante reprenait la parole. Néanmoins, elle cacha bien vite ce qu'elle pouvait ressentir et l'écouta avec attention.

      - Ta question n’a aucun sens, Kate. Comment veux-tu que j’y réponde ? C’eut-été possible si chacun de mes mouvements eut-été prévu longtemps à l’avance. J’aurais pu te dire pourquoi mon choix s’est arrêté sur toi et pourquoi tu es la seule qui ait réussit à me mettre à nu. Il m’est malheureusement impossible de t’aider sur cette question. Sache cependant que ce n’est pas l’envie qui manque, car après ce que tu viens de m’offrir, je ne peux que vouloir te rendre la pareille. Mais ce ne sera pas dans cette réponse que se trouvera le bien que je te rendrais. Je m’excuse.

    De la grande tirade du Serpentard, Kate ne garda qu'une seule idée principale en tête. Il s'excusait, lui, le jeune homme renfermé et inaccessible, se fichant éperduemment de ce que pouvait lui dire les autres. Les yeux de Kate s'écarquillèrent, même s'ils gardèrent une taille raisonnable tout de même, ceci étant juste ce qu'elle ressentait à l'intérieur, et son sac qu'elle tenait d'une main se mit à glisser sur ses doigts. Elle ne prit pas garde au fait qu'il tombe peu à peu, et ne releva même pas le bruit qu'il produisit en tombant à terre. Elle était réellement surprise et ne faisait, cette fois-ci, rien pour le cacher. Néanmoins, elle s'abstint bien de tout commentaire et se contenta d'observer Dante comme s'il venait de lui pousser un troisième oeil. Il lui était plus que compliqué d'imaginer que le Serpentard qu'elle avait vu des semaines plus tôt, et à qui elle avait adressé la parole un peu auparavant puisse être le même que celui qui se tenait en face d'elle à ce moment même. C'était juste impossible. Et complètement incroyable.

    Fixée sur un point bien au delà du visage du jeune homme, elle finit par se reprendre, baissa brièvement les yeux ainsi que la tête, avant de la relever. Les excuses que lui avait servies Dante avait enfin suffit à tarir de le flot d'interrogations noyant son esprit. Elle ne tenait en aucun cas à poser d'autres questions pour que le Serpentard doive ensuite s'excuser à nouveau, ce qui n'était sans doute pas un moment de pur bonheur pour lui. Surtout que c'était pas à lui de s'excuser. Kate lui avait posé une question, et avait un peu de mal à comprendre qu'il ressente le besoin de s'excuser. Non qu'elle rejette ce manière de procéder mais c'était tellement... étrange. C'était comme si elle devait s'excuser un jour auprès de quelqu'un qui aurait l'idée de lui proposer un gâteau. Ce n'était pas normal.

    Enfin remise de sa surprise, elle ne répondit pas dans l'immédiat, la tirade de Dante n'étant pas une question, mais tint tout de même à lui prouver qu'il n'avait pas à s'excuser, et que c'était entièrement sa faute s'il ne savait que répondre.

      - Tu n'as pas à t'excuser, tout est de ma faute. Je me pose des questions, et je ne trouve pas d'autres solutions que de te les soumettre, ce qui vraiment égoïste. Tu n'as rien à m'offrir ou à vouloir me rendre, il me suffit déjà de voir que tu es heureux. Mais pardonne-moi, je ne recommencerais pas. J'aurais au moins retenu qu'il vaut mieux prendre l'instant comme il vient.

      Maintenant, je crois que je vais rentrer, le soleil commence à se coucher. Je penserais à tout ça pendant la nuit, et je viendrais te voir quand mes idées seront plus claires !

    Sur un dernier signe discret, elle ramassa son sac tombé à terre sans qu'elle ne se souvienne comment et se détourna, non sans avoir adressé un sourire au Serpentard. Le temps qu'elle finisse son devoir d'histoire de la magie, son esprit se serait calmé, et elle pourrait enfin réfléchir calmement à son changement d'attitude. Pour ne plus paraître aussi indécise la prochaine fois qu'elle croiserait Dante, ce qui vaudrait mieux si elle voulait pouvoir l'aider en quoi que ce soit, car en n'étant pas sûre d'elle-même, elle ne pourrait aider personne, c'était évident. Avant qu'elle ne rentre dans le château, un rayon de soleil caressa ses cheveux, et elle ferma les yeux. Heureuse.
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Emily Bradsburry
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MessageSujet: Re: Je n'ai pas besoin de ton aide! [Kate]   Lun 17 Mai - 23:05
    _Kate Maintenant, je crois que je vais rentrer, le soleil commence à se coucher. Je penserais à tout ça pendant la nuit, et je viendrais te voir quand mes idées seront plus claires !

    Ah oui tiens, il se couchait. L’astre du jour avait entamé sa douce descente, ses rayons prenant une couleur plus orangée. Plus douce. L’air frais qui annonce la nuit souleva la chevelure de Dante qui tombait de plus en plus dans le brun, délestant le garçon de son blond qu’il avait toujours trouvé trop enfantin. Mais en cet instant, le Serpentard ne se souciait guère de l’apparence qu’il avait, concentré sur Kate qui avait pivoté vers le château duquel elle se rapprochait à une allure calme. Tout comme il n’avait guère porté attention au temps qui filait. Malgré la vitesse à laquelle les secondes s’écoulaient, Dante était persuadé que son esprit avait une cadence plus rapide encore.
    Les émotions se chamboulaient en lui. Autant de surprise que de sérénité, d’incompréhension que de joie. Ses yeux ne quittaient pas la silhouette de Kate qui rapetissait au fil des minutes. Qui n’avait pas jeté un regard en arrière.

    L’idée même de rattraper la jeune femme n’avait pas traversé l’esprit du garçon. Il se savait aussi perdu qu’elle, et l’envie de solitude qui déchirait ses entrailles tant elle devenait prenante siégeait certainement aussi dans le ventre de Kate. Une sensation stressante et peu supportable qui obligeait le garçon à serrer et desserrer ses poings dans de frénétiques mouvements. Lorsqu’enfin Kate ne fut plus qu’une pensée, Dante respira enfin. Il prit une longue et puissante inspiration en fermant les yeux, puis entreprit de s’asseoir sur l’herbe qui avait déjà perdu de sa température. Il sentait pourtant encore son contact tiède, chauffé par les rayons brûlants du soleil, qu'il avait ressenti lorsque son corps s'était affaissé sur ce sol sans mise en garde. Cette fois, ce même contact fut plus froid. Dante accueillit ce revirement avec un sourire aux lèvres. Ses yeux suivirent la fin de la journée sans jamais quitter le soleil du regard. Se délectant de ce spectacle apaisant, des pensées qui avait ralenti leur allure effrénée. De son sang-froid qui étendait son empire.

    Le ciel s’assombrit ensuite rapidement, les nuages laissant place aux étoiles. Aux milliers d’étoiles. Surplombant le parc, intimant le silence. Ce fut ainsi que Dante se coucha dans un mutisme total, obnubilé par cette atmosphère presque féérique. Ses bras se croisèrent derrière sa tête, sa respiration devint régulière. Un sourire béat ne quittait pas son visage, scotché par les évènements de la journée.
    Et dans tous ces changements, devant les ruines du fort que Dante piétinait fièrement, une ombre planait. Sombre. Tentatrice. Conscient de sa présence, il ne fit que la caresser, décidant d’y faire face plus tard. Les problèmes méritent d’être réglés les uns après les autres, et il avait choisit de solutionner celui-ci plus tard.

    Seule comptait la délectation de cet état nouveau. La célébration de cette découverte. L’intime jonction qui s’était créée avec son âme. Cette métamorphose.

    Ses yeux s’entrouvrirent.


    _Dante Quel beau jour pour naître, n’est-il pas?

    Aucune réponse ne suivit ces paroles. Seul un souffle lointain lui offrit une réaction. Seul le vent osa briser le silence immense qui s’était installé sur le parc au fur et à mesure que le jour tombait. Seule sa symphonie profonde pouvait se permettre de virevolter dans l’atmosphère taciturne de l’étendue verte sans en altérer le calme qu’elle dégageait.

    Dante céda au sommeil qui attaquait son esprit depuis quelques minutes. Il sombra, le même sourire attaché aux lèvres. Persistant. Finalement, l'aide de Kate s'était avérée indispensable.


-Fin du RP-


"Who am I to disagree?
I Travel the world and the seven seas
Everybody's looking for something"

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