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 C'est juste la douleur, mon ange. PV

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MessageSujet: C'est juste la douleur, mon ange. PV   Sam 6 Mar - 23:07

My mother was a witch, she was burned alive
Thankless little bitch, for tears I cried
Take her down now, don't wanna see her face
All blistered and burnt, can't hide my disgrace


Elle adorait l’innocence des chérubins que seule l’enfance conférait avec grâce mais elle avait beau chercher dans ses souvenirs elle ne se rappelait pas avoir vu la candeur enfantine épouser un jour le visage de son fils. Il y avait des jours où sa jeunesse lui faisait un peu mal, des jours où sa colère la laissait presque morte. Mais elle était toujours revenue vers lui, oui elle était toujours revenue même quand il ne voulait pas d’elle. Elle se rappelait d’un après midi d’été où il avait attrapé cette gamine aux longs cheveux bouclés et qu’il l’avait trainé dans la boue en poussant le vice jusqu’à lui arracher sa jolie robe virginale, juste parce qu’elle ne voulait pas jouer avec lui. Pourtant, c’était un bon garçon, elle en était sûre. Il était peut-être un peu méprisant et il débordait souvent d’arrogance mais c’était sa chair et son sang alors elle se contentait de l’aimer sans poser de question, sans demander de geste de tendresse en retour. Non, elle ne demandait rien, même pas un peu d’amour, même pas un sourire. Elle prenait tout ce qu’il voulait bien lui offrir même si c’était peu, à vrai dire même un rien de lui était beaucoup pour son vieux cœur usé. Ils n'avaient jamais été proches et ne le seraient jamais. Trop différents. Trop de contentieux entre eux. Le peu d’amour de jadis avait laissé la place à une cordiale indifférence. C'était tout ce à quoi les deux Winstead pouvaient prétendre.

L’aube dessinait ses lumières rosées timidement à travers les persiennes épaisses du dortoir. Elles se faufilaient discrètement entre les brèches du vieux bois et venaient cajoler les corps encore étreints par Morphée. Mais un en particulier semblaient attirer leurs faveurs, il était dissimulé sous les couvertures lourdes et on ne distinguait que son dos nu et son épaisse chevelure brune. Son torse se soulevait doucement à chaque respiration comme les vagues qui venaient s’échouer sur les bancs de sable. Un bruissement d'étoffe sur sa droite se fit entendre suivit de plusieurs cris. Le jeune homme ne sursauta même pas. Tout juste son cœur accéléra-t-il un peu ses battements. Oh, si peu… Le calme du dortoir avait laissé place à un épais brouhaha, des élèves matinaux qui se préparaient pour leur entrainement de quidditch avaient entamés une série de chants païens qui vantait la souplesse d’une certaine bergère. Le serpentard ouvrit un œil avant de grimacer. Il repoussa les couvertures et se leva en silence. C’était étrange comme une simple personne pouvait changer l’ambiance d’une pièce et lui voler toute sa chaleur juste par un regard, Matt Winstead était de ces personnes. D’un accord commun la petite foule qui s’était accumulée sembla se taire. Tout le monde avait compris … enfin non pas tout le monde, il restait juste Eliso Salinger qui s’époumoner seul, cet idiot ne savait jamais quand il était utile de se faire oublier. C’était un élève corpulent au visage rougeaud. Une masse de cheveux blonds, ternes et filasses, tombait sur ses épaules voûtées, masquant en partie des joues gonflées par la gourmandise. A côté de lui, Matt ressemblait à ces réfugiés qui ont tout perdu et qui n'ont plus que leur foi pour les soutenir… L’année dernière, il avait engrossé une poufsouffle de bonne famille, cela avait fait scandale. Mais ce que Matt trouvait vraiment scandaleux c’était qu’un gamin allait se retrouvait avec les gênes de ce retardé. Soudainement, sans que les autres élèves ne s'y attendent, le brun brandit sa baguette magique vers la masse Salinger et s’élança comme un fauve sur lui. Il le plaqua contre le mur et il plongea son avant bras dans sa trachée avant de poser sa baguette contre sa tempe. La brute réussissait avec peine à articuler une phrase mais l’ouïe fine du vert et argent avait semble t-‘il entendu quelque chose comme :


« Lâche-moi putain! »

Il y avait un éclat dangereux dans ses yeux mordorées qui était complètement inconnu à Salinger. Il se demanda si c'était de cette façon qu'il regardait ses ennemis. La pression sur sa trachée se relâcha mais il était toujours coincé entre un mur froid et un Winstead en colère.

« Ouvre la bouche encore une seule fois, Salinger, et je ferais de ton bâtard un orphelin… C’est bien clair ? »

Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes, comme si il voulait aspirer les ondes positives qui lui permettraient de survivre à cette altercation. Finalement, il approuva fébrilement avant que le brun ne se décide à le relâcher. Matt était maintenant d’une humeur massacrante et il ne connaissait qu’un seul moyen de remédier à tout cela…

La tête tournait tout autant que le cœur alors que l’odeur entêtante de la potion s’infiltrait vicieusement dans ses narines. C’était une composition maison et une seule inhalation lui suffisait pour partir s’accrocher aux branches crémeuses des étoiles. Ses doigts tapotaient avec une frénésie inquiétante le haut de sa cuisse. Peu à peu, il sentit ses nerfs tendus se relâcher, et ferma les yeux en s'adossant à la porte de la salle d’eau. N'importe qui aurait pu le surprendre, mais il s'en fichait éperdument. Personne de toute façon n'aurait trouvé à y redire… C’était le moment qu’il préférait, le reste du monde commençait à vibrer autour de lui en laissant ses tympans bourdonner dangereusement. Il massa sa nuque avec un soupir de bien-être. Ses pupilles dilatées, l'accélération de son rythme cardiaque, l'aiguisement de ses sens, c’était le paradis. Il se mordilla férocement les lèvres alors que la dernière vague de chaleur le traversait de part en part. C’était déjà fini mais cela lui suffirait pour tenir toute la journée si Merlin le voulait bien. Il referma le petit flacon argenté et le glissa dans un pan de sa robe épaisse. Il lui arrivait de se demander si Warren ou même le Lord - lui-même - connaissaient son accoutumance à ces potions hallucinogènes mais cette idée farfelue s’envolait des qu’il avait sa dose. Il était temps de retrouver la terre ferme… Le vert et argent rejoignit la salle commune, la tête encore un peu dans les astres. Mais un visage familier le ramena instantanément à la réalité. Lacey. Elle avait l’air perdue des poupées de porcelaine et la fragilité d’un oisillon tombé du nid. Il sentait son regard cherchait le sien et cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : elle voulait lui parler. Il connaissait déjà le sujet et sa respiration s’accéléra légèrement. Il n’avait pas envie de parler de Luxine, pas aujourd’hui, ni demain, jamais. Que pouvait-il lui dire ? « Oui, ma pucelle, j’ai les réponses que tu brûles de savoir. J’ai toutes les réponses au creux de ma main d’assassin. Ton amant, ton amour, mon ami, je l’ai tué comme un lâche. Et tu veux savoir le meilleur dans tout cela ? Je ne regrette rien, le remord ne m’éclabousse même pas». Le brun la contempla, les yeux étincelants. Elle était plus dangereuse que n'importe quelle drogue avec son besoin de savoir la vérité. Mais il n'avait jamais su résister à l'attrait du danger. Il adorait ça. Cette poussée d'adrénaline lorsque l'on plonge au plus profond de soi-même, de sa propre noirceur, et que l'on ne sait pas si l'on va en sortir intact. Cette excitation sauvage, extrême, que procurent les sentiments les plus forts…
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Constance Morel
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MessageSujet: Re: C'est juste la douleur, mon ange. PV   Dim 7 Mar - 5:06
      « Matt.. je.. je.. »


    La jeune femme se mis à avancer vers lui, accélérant la cadence de sa marche à chaque avancée. Alors qu'elle avait naïvement cru s'être préparée à ce moment, qu'elle s'était vainement dit qu'elle verrait sur le moment, que planifier est totalement stupide, en sachant que le stoïcisme n'était pas l'un des points forts du jeune homme. Elle avait tout simplement foncé dans le tas, comme une imbécile. Son regard s'écarquilla sous la peur et l'appréhension, mélangés au terrible mais délicieux besoin de savoir et de comprendre. D'anticiper. D'imaginer. D'obtenir. D'être soulagée. Cette soif de connaissance s'était manifestée il y a peu. C'était en rentrant d'une énième nuit avec Carl qu'elle avait eu vent de son existence, que ses neurones s'étaient connecté entre eux et avaient fait réapparaître l'image éthérée et sublime de Matt Winstead. Un, deux, trois, l'idée, mal assurée, trottinait maladroitement dans son esprit, quatre cinq six, l'idée devenait plus fixe. Cette fin de mois de janvier.. Cinq mois. Elle avait accueilli la nouvelle par une de ses stupides camarades de chambre qui lui avait soufflé la date du jour en lui indiquant que la prochaine sortir pour Pré-au-Lard était pour bientôt. Elle s'était figée mais avait continué à se vêtir dans un silence morbide alors que le souvenir de l'entretien avec Dumbledore réapparaissait, vif ; une douleur poignante lui avait traversé la tête et elle avait lâché la paire de chaussettes qu'elle s'apprêtait à enfiler pour se tordre de douleur sur son lit. Quand les sanglots silencieux qu'elle tentait de ravaler dans le plus profond de sa gorge s'étaient atténués, elle avait tourné la tête pour se rendre compte que la fille qui était présente avec elle quelques secondes plus tôt était sortie, s'enfuyant sans doute dans la chambre contiguë, craignant une crise qui la prendrait par surprise. C'était du tout-vu : Lacey aurait mille fois préféré sombrer dans l'inconscience et passer le reste de sa semaine abrutie (et seule!) par des sorts et des potions à l'infirmerie plutôt qu'assister à sa souffrance, impuissante. Au moins, avec l'épilepsie, elle était relativement assurée. La douleur? Elle n'était plus vraiment là pour la ressentir. Il fallait juste qu'elle soit assez résistante pour supporter les séquelles d'après crise- qui étaient longues à s'estomper.

    Quitte à s'enfoncer dans le pathétique, elle devait le faire avec un minimum de pratique. Elle n'avait aucune clé en main pour le moment et l'idée du plan pour la suite- et fin- de sa vie se concrétisait. En cinquième année, on leur avait vaguement imposé des séances d'orientation, auxquelles Lacey avait été contrainte de ne pas répondre abonnée absente, particulièrement en voyant l'énergumène qui gérait sa maison. Severus Rogue n'était pas réputé pour une patience et un calme irréprochable c'était donc encouragée par Luxine et ronchonnante- il fut effectivement une époque où elle était beaucoup plus vivante du tas auquel elle s'apparentait actuellement- qu'elle avait joint la salle professorale des cachots. Ils auraient pu se fixer dans le blanc des yeux pendant une heure- et elle aurait pu aller le rejoindre, alors qu'il lisait un ouvrage à la bibliothèque- mais l'enseignant en avait décidé autrement et elle avait été contrainte de parler d'elle-même. Il ne devait pas connaître le piano. Rogue n'avait pas fréquenté de moldus, et à sa connaissance, cet instrument n'existait pas chez les sorciers. Que dire sur sa personne? Qu'avait-elle comme ambitions? … elle n'avait rien trouvé à lui répondre. Il lui avait adressé deux remarques implicitement acides sur sa présence à Poudlard et il n'avait pas eu de réponse. Lacey avait été contrainte d'accepter la réalité.

    Elle avait enchaîné sur la tranquillité que pourrait représenter un emploi moldu et ses avantages. Il l'avait jeté dehors-poliment certes- en lui riant- sèchement au nez.

    Elle revint au moment présent, ses yeux s'écarquillèrent devant la présence de Matt près d'elle, toujours plus près. Elle s'éloigna d'un pas, un pas qui sembla bruyant et désordonné alors que depuis longtemps, bien longtemps, son cœur commença à s'accélérer. Elle n'avait aucune raison d'avoir peur. Aucune.


      « Je.. je me demandais si.. si tu.. enfin.. tu avais.. »


    Un pas en arrière. Elle haletait. Beaucoup. Lorsqu'elle sentit le mur froid heurter ses avants-bras, elle retint un frémissement, les yeux toujours posés sur l'homme devant elle. Sa baguette, dans sa poche, tanguait, alors qu'elle ne se rappelait même pas l'y avoir mise. Une cuisante douleur à la cuisse l'empêcha de penser quelques secondes et, brusquement, son regard se voile de rouge. Sa baguette, sa stupide baguette s'amusait à sa guise et contre son gré. Elle avait été enclenchée par une émotion trop forte. La peur qui secouait actuellement ses membres. Lacey n'avait pas de raison tangible et plausible qui justifierait ce sentiment débarqué de nul part. Matt était parfaitement inoffensif n'est-ce-pas? Elle retrouva ses esprits et eut très envie de l'attraper et de la casser en deux. Elle ne hanterait plus Poudlard. Elle retournerait.. Min. Ses promesses d'avenir. Son père déglingué. Le souvenir barbant de sa mère. Un lycée hypocrite et huppé. Les bruits des prostituées en plein orgasme.. La porte qui claquait au petit matin. Cette odeur ambiante apaisante mais écœurante.. Titziana et ses conseils de bonne vieille grand-mère. Ce vase qu'elle avait cassé. Ses premières manifestations de sorcière. Ce secret que gardait sa mère. Cette femme qu'elle se devait de désigner ainsi parce qu'elle aurait pu l'être..

      « Cinq.. cinq minutes à m'accorder. »


    Elle se mordit violemment et brutalement la langue et sentit le sang chaud couvrir toute tentative de continuation afin de paraître normale et bien constituée. Elle l'avala avec regret et sentit un goût sale et acre se prolonger sur toute sa trachée. Peut-être que sa voix ferait ainsi plus adolescente de seize ans? Peut-être que Matt savait quelque chose? Peut-être qu'il allait enfin être celui qui la ferait avancer? Peut-être qu.. que grâce à Malfoy, Amber, Carl, Aaron et Matt, peut-être qu'elle tentait de se chercher un certain équilibre? Peut-être allait-elle..
    Vivre?


      « Tu comprends.. ça fait.. longt.. »


    Le mot se perdit dans sa gorge.


I see through your clothes
Your nerve damage shows
Trying not to feel
Anything that's real
You're losing control

< nerve damage - lifehouse >




    Don't listen to a word I say.– Hey !– The screams all sound the same.– You're gone, gone, gone away,I watched you disappear.All that's left is a ghost of you.– Now we're torn, torn, torn apart, there's nothing we can do,Just let me go, we'll meet again soon.– Now wait, wait, wait for me, please hang around– I'll see you when I fall asleep. ✖


L'ABSENTE.
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MessageSujet: Re: C'est juste la douleur, mon ange. PV   Dim 7 Mar - 23:32
And all I want is something special,
And you can't give it to me,
And all you do is lie to me,
'Cause you're a liar, liar, liar.

Le serpentard réprimait ardemment le rictus agacé qui menaçait de s’emparer de ses lèvres, la soudaine confusion de Lacey l’ennuyait au plus au point. Si elle voulait s’épancher sur le défunt, elle n’avait qu’à aller voir la mère de Luxine. Après tout, c’était une femme charmante et elle pouvait se montrer particulièrement avenante, peut-être même un peu trop... Il se demandait d’ailleurs que dirait son mari si il apprenait que la prunelle de ses yeux, sa parfaite épouse, soupirait après un ami de son fils, que dirait la pieuse grand mère si elle savait que son précieux bijou écartait les cuisses et se donnait du plaisir en pensant à l'héritier des Winstead ? C’était une question périlleuse qui avait le mérite de beaucoup l’amuser. Elle restait une très belle femme et malgré les affres du temps son visage avait gardé cette pureté auquel seules les reines pouvaient prétendre. C’était sans doute pour cela qu’un jour il répondrait à ses avances sans retenue. C’était mal, il le savait, mais quand le démon Asmodée se faisait doux et qu’il se présentait sous la forme exquise d’une femme désespérée, il fallait être fou pour lui tourner le dos et se refuser à lui … Il soupira légèrement et ses doigts s’accrochèrent inconsciemment au bracelet de cuir qui entouré fermement son poignet. C’était à Luxine. Il lui avait prit le soir de l’incident, c’était un trophée de guerre douloureux qui lui enserrait le cœur plus que les articulations. Il lui manquait parfois, ses yeux, son odeur, sa voix. Mais il était persuadé d’avoir fait le bon choix, c’était l’autre qui l’avait trahi en premier, c’était l’autre qui s’était moqué de sa foi en refusant l’initiation, c’était la faute de l’autre et il méritait de mourir. Il l’avait sacrifié sur l’autel de ses croyances et c’était à ce jour son offrande la plus couteuse. Il jeta un regard oblique à la jeune fille et sa main se crispa un peu plus sur le bijou. Il comprenait aisément pourquoi le cœur de son ami était tombé pour elle, c’était une douce nymphe qu’il se plaisait à imaginer pleine de saveur corruptrice. D’ailleurs, elle semblait prendre un malin plaisir à le tenir éloigné de son petit corps frêle. S’il faisait un pas, elle reculait automatiquement. C’était une danse qu’il pouvait mener de front, si elle était prête à s’y donner toute entière.

« Que veux-tu savoir ? Que pourrais-je t’apprendre que tu ne sais déjà ? »

Jouer l’innocent plutôt que le coupable repentant... Elle ne savait rien, du moins il l’espérait… pour elle surtout. Parce qu’il savait très bien jusqu’où il était prêt à aller pour que la vérité se fonde dans ses mensonges. Il l’avait déjà prouvé une fois et il était effrayé de voir qu’une partie de lui n’était pas contre l’idée de recommencer son forfait. Il respira profondément. S’ils devaient avoir cette conversation gênante, elle se ferait dans l’intimité et pas à la vue des curieux de la salle commune. Il chercha du regard Warren qui avait accolée une petite quatrième année contre le mur pour lui compter fleurette et il ne doutait pas du succès de son ami, la pucelle semblait prête à voir le loup. Mais ses affaires frauduleuses passeraient après pour cette fois. Il lui fit un signe de la tête et il n’en fallut pas plus pour que son ami comprenne l’urgence. C’est ce qu’il aimait dans leur amitié, ils n’avaient jamais eu besoin de mots pour s’accorder. Ils n’étaient pas des frères de sang, non, ils étaient mieux, ils étaient des frères d’armes. D’une voix impérieuse, il commanda aux autres de sortir et les petits moutons partirent sans rechigner suivit de près par leur berger. Il le remercia d’un signe de tête avant de le voir quitter les lieux, à son tour. Matt était toujours impressionné par l’autorité naturelle et la facilité que Warren avait à se faire obéir. C’était un leader né. Le serpentard reporta son attention sur sa camarade et lui adressa un sourire étrange. Aussitôt, ses doigts s’enroulèrent délicatement autour de son poignet trop fin et il l’attira doucement vers le divan avant de l’inviter à s’asseoir. Il fût surpris de voir à quel point sa présence semblait l’affecter. Elle continuait d’haleter comme une biche prise en chasse alors que ses membres tremblaient en cadence. La conversation ne s’engerait jamais si elle ne reprenait pas le control, alors la voix de Matt s’éleva et se fit aussi douce qu’une caresse :

« Calme-toi, mon ange… Je ne vais pas te manger, à moins que tu ne me le demandes. »

Il réalisait amplement que c’était loin d’être une manière élégante pour parler à une femme en deuil et que c’était sans doute loin d’être convenable de sous-entendre des choses peu catholiques à la jeune fille en fleur mais tout deux avaient passés le stade des convenances depuis longtemps. Il savait séduire et détruire, et il était presque sûr que ce n’était pas le jour pour abattre cette créature de merlin, alors il se rabattait, sans gêne, sur la première option... Il détenait toutes les réponses à ses questions, le pouvoir, au creux de sa main, ce qu'elle désirait tant, tapie dans les recoins de son esprit malade. Mais ce qu’elle voulait, ses confessions, elle devrait les gagner, le lui voler, le lui arracher. Mais en attendant, il était le maitre du jeu. Serait-il assez cruel pour refuser qu’elle fasse son deuil ? Serait-il assez cruel, pour laisser sa main apaiser ses angoisses, cette même main qui avait commis l’irréparable ? Seul Merlin le savait…

Il réalisa enfin qu’il détenait toujours le poignet de la jeune fille, prisonnier de ses doigts, jugeant ce rapprochement peut-être un peu trop malvenu il dégagea sa main aussitôt… D’un geste de la tête, il encouragea Lacey à parler.
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MessageSujet: Re: C'est juste la douleur, mon ange. PV   Sam 13 Mar - 19:16
Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know

So close no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters

< nothing else matters - metallica >


    La question que posait Matt alors que Lacey se démenait pour faire disparaître le sang acre qui lui déchirait la gorge paraissait presque indécente. Inopportune. Elle fut surprise de le voir réaliser aussi vite qu'elle, à l'affût, presque comme si il avait toujours attendu une visite de sa part depuis Septembre. Il ne lui était jamais venu à l'idée d'approfondir les faibles renseignements fournis par la direction du collège, non, elle n'y avait même pas pensé, et aucun professeur n'en avait été informé, du moins de sa part. Une dérangeante envie de vomir la planta soudain devant lui alors que ses prunelles brillait d'un regard qui ne la laissait pas du tout en confiance. Elle se mordit la langue aussi doucement que possible alors que la salive se mêlait allégrement à tout ce bourbier : elle ferma un œil et soudain, tout se calma. Sa respiration restait tout aussi précipitée, ses battements tout aussi injustifiés mais la nausée avait disparu aussi vite qu'elle était arrivée.

      « Je ne sais rien. »


    L'aisance avec laquelle elle venait de prononcer ces mots, mi-dédaigneuse mi-hautaine la fit d'abord presque sursauter, mais elle se reprit rapidement en fixant son regard insolent, s'apprêta à parler, mais ce qu'elle vit se passer la stupéfia et l'empêcha de prononcer un mot. Tant concentrée qu'elle était par le début de leur conversation, Lacey n'avait pu avoir la joie de constater la tension qui régnait actuellement dans la salle commune ; pis, en y pénétrant, elle avait juste réalisé que Drago n'y était pas et son regard de mort avait directement plongé sur Matt, sans fioritures. Un adolescent qui semblait avoir son âge avait rompu le silence angoissant de la pièce pour obliger ni plus ni moins aux Serpentards qui y étaient de faire demi-tour et d'en sortir. Elle se racla la gorge et la peur revint d'elle-même, comprenant sans trop réfléchir que l'ami venait de les isoler. Pour combien de temps? Elle sursauta une nouvelle fois en sentant une main chaude s'attraper son poignet, et, s'obligeant à attraper un peu d'air, elle respira rapidement à voix haute. Une rougeur diffuse s'empara de son visage et Lacey eut le plaisir de sentir leur contact s'annihiler puisque la chaleur s'était répandue sur son visage. La paume de Matt- comme la plupart des paumes, d'ailleurs- était douce, en plus d'être chaleureuse. Pas que la jeune femme était froide- l'anémie n'était pas désirée en plus de l'épilepsie- mais cette ardeur était extérieure, et il semblait que son degré était différent du sien, qu'il s'en approchait sans l'être complètement, l'impression était étrange et désagréable. Tendue, elle se dandina quelques instants sur sa place puis fut contrainte de se détendre à ce que prononça le jeune homme qui venait de rompre trente secondes de silence. Se détendre était, finalement, un très mauvais terme. Lacey, figée, avait considérablement senti ses membres se durcir et son visage perdre toute chaleur. Elle était en mesure d'affirmer que son léger teint de pêche habituel avait totalement disparu, laissant place à une pâleur équivalente à celle d'un être de la nuit. Tournant son visage vers celui de son interlocuteur, une solide boule lui obstrua la gorge, alors que ses yeux pensèrent au même moment à s'humidifier.

    Elle étouffa sa douleur en baissant les yeux au sol, trouvant un calme relatif à cette étendue plate et insignifiante, une paisible certitude qu'une fois de plus elle n'avait rien à craindre ici. Après tout, il fut un temps où il était son ami, non? Cette peur insondable était tout simplement insensée. Le temps passait trop vite, et Lacey était maintenant contrainte à parler, à l'invitation de son locuteur. Impossible de planifier quoi que ce soit ou de s'autoriser à réfléchir du fond et de la forme, de ce qui pourrait en découler ensuite. De toute façon, elle n'avait jamais appris une telle chose. Avec l'impression que de petits cailloux crissaient entre ses dents- probablement l'effet secondaire du sang-, elle ouvrit la bouche :


      « Si.. Je voudrais savoir si tu savais quelque chose à propos de.. de la circonstance de la mort de Luxine. Si tu l'as vu pendant la journée.. S'il t'a dit quelque chose, où il se rendait ou quoi que ce soit de ce genre. Si tu pouvais me.. me parler de ce que tu sais. »


    Peut-être était-ce dans les situations critiques que l'humain revient à ses origines? Lacey ne prononça pas un merci et aucune lueur de reconnaissance traversait ses yeux mais elle eut l'incongru mouvement d'incliner délicatement la tête vers lui. Une manière orientale. Son père. La Chine. Min. Tout tournait dans sa tête dans un interminable cheminement, c'était différent de la sensation qu'elle éprouvait lorsqu'elle résolvait un calcul particulièrement ardu dans ses formules de Rune, ce n'était pas cette migraine de contentement, non, elle se savait intensément oppressée.

      « Je n'ai pas préféré venir te voir avant. »


    Elle n'en communiqua nullement les raisons, au risque de se faire rire au nez. Il y avait une différence fondamentale entre les êtres de sexe féminin et leurs homologues, les hommes. Qu'allait-elle justifier? Quelle était en deuil? La bonne blague! C'était complètement inconcevable en entrevoyant la mentalité des filles d'ici.. Mais les filles de Poudlard n'avaient dû faire face à un deuil, même, elles ne seraient pas arrêtées sur l'atrocité de la chose, peut-être se seraient-elles battues.. Contre quoi? Pour qui? Afin de chercher? Quoi? Refaire sa vie? Tomber amoureuse? À quoi cela rimait? Panser ses blessures avec quelqu'un d'autre? Non, il n'y aurait pas de recommencement. Lacey demeurerait. Comme elle était. Son père, lui avait réussi à interpréter l'incident de la mort de sa mère à sa manière. Il s'était reconverti dans le proxénétisme. Mais elle, elle avait quoi avec sa baguette? Tueuse à gage? Auror? Ils n'avaient même pas été fichus de lui donner une raison plausible à tout ça. Elle était seule.
    Seule.


      « Je n'arriverais pas à passer à autre chose tant que.. tant que cela restera irrésolu. »


    N'importe quoi. En même temps, elle ne pouvait lui avouer avec le ton de la conversation qu'en même temps, elle planifiait son propre suicide.




    Don't listen to a word I say.– Hey !– The screams all sound the same.– You're gone, gone, gone away,I watched you disappear.All that's left is a ghost of you.– Now we're torn, torn, torn apart, there's nothing we can do,Just let me go, we'll meet again soon.– Now wait, wait, wait for me, please hang around– I'll see you when I fall asleep. ✖


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C'est juste la douleur, mon ange. PV

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